Le « Maghreb des libertés » en meeting à la salle Atlas à Alger

Publié: 19 mars 2011 dans actualité, Construction Maghrébine

Le « Maghreb des libertés » en meeting à la salle Atlas à Alger

Driss Oulis, Maghreb Emergent, 05 Mars 2011

La démocratie et le Maghreb. C’est sur ces deux objectifs inachevés de la révolution algérienne que le Front des forces socialistes (FFS) a fait un retour politique remarqué, hier, dans un grand meeting à la salle Atlas à Alger. En présence de partis politiques de Tunisie et de Maroc et devant des militants qui en voulaient, le FFS a appelé à reconstruire les liens au sein d’une société algérienne qui ont été détruits au cours des deux dernières décennies.

Le service d’ordre policier autour de Bab El Oued (Alger) était impressionnant. Plusieurs dizaines de fourgons et d’engins anti-émeutes ont été déployés du Bastion à El Kettani. Le Front des Forces Socialistes tenait hier un meeting à la salle Atlas en présence de représentants de partis maghrébins et d’une assistance des grands jours. Il n’y a pas eu d’incident signalé et la salle Atlas à Bab El Oued (Alger) n’a pu contenir le public venu assister au meeting populaire organisé par le parti du Front des forces socialistes (FFS) ce vendredi. Il y avait les militants et sympathisants du parti, des invités dont des représentants de formations politiques marocaine (USFP, PPS) et tunisienne (FDTL et PDP) qui ont pris la parole. Hymnes nationaux algérien, tunisien et marocain ont résonné dans cette salle qui a communié également en observant des silences à la mémoire des martyrs tunisiens, égyptiens et libyens tombés pour la liberté ces dernières semaines. Des slogans hostiles au régime Kadhafi ainsi qu’au pouvoir local ont fait vibrer la salle, une ambiance ponctuée par « oulech smah ! oulech smah ! » (Pas de pardon !) à chaque fois qu’un orateur évoquait les souffrances subies par les Algériens depuis la décennie 90, dont le calvaire des familles de disparus. Une représentante de ces familles, des étudiants, un enseignant universitaire, un retraité se sont notamment succédé à la tribune pour exprimer leurs préoccupations en appelant les forces du changement à la solidarité et à la concertation pour un changement pacifique de système.

« Sortir de l’exclusion et de l’émeute »

Les premiers orateurs ont été les invités applaudis par une assistance favorable aux thèses du changement et de la démocratie. Le long du pupitre installé à la tribune une banderole avec cette inscription : « Pour le Maghreb des libertés ». Ce fut l’esprit de toutes les interventions dont celles de Hamid Djemahri, dirigeant de l’Union Socialiste des Forces Populaires (USFP, Maroc); Mustapha Labraimi, membre dirigeant du Parti du Progrès et du Socialisme (P.P.S, Maroc) ; de Khallil Ezzaoui, du Forum Démocratique pour le Travail et les Libertés (FDTL – Tunisie) ou de Bouazzi Ahmed, du bureau exécutif du Parti Démocrate Progressiste (P.D.P – Tunisie). Evoquant le vent du changement qui souffle actuellement, le représentant du PPS (Maroc) a estimé en substance qu’il n’y a pas d’exception tunisienne, libyenne ou marocaine a-t-il souligné. A propos de son pays, M.Labraimi a plaidé pour un système parlementaire constitutionnel. Le premier secrétaire du FFS, Karim Tabbou a exposé une analyse politique de la situation actuelle en Algérie en notant que « ce qui a été détruit pendant les deux dernières décennies, c’est le lien entre les algériens dans la vraie vie de tous les jours et c’est celui-là qu’il faut impérativement reconstruire. » Pour le représentant du FFS, il « faut sortir de l’exclusion et de l’émeute » en obtenant « la levée de tous les obstacles à la libre organisation et à la libre expression des algériens ». Selon lui, une réelle ouverture serait « un signal politique fort capable de restaurer la confiance perdue », sans cela estime-t-il « tout le reste ne serait que bavardage ». Il a conclu en affirmant en substance « l’insurrection que nous voulons, c’est celle de l’intelligence…des consciences…des volontés ». En réponse à ceux qui croyaient que le FFS détenait le logiciel du changement automatique de système, K.Tabbou a estimé qu’il fallait d’abord renouer avec l’exercice de la politique. Un appel à retour au travail politique patient car, « il ne suffit pas de capter le changement sur les chaînes satellitaires, il faut le construire ».

 

 

 

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