Mondialisation et stratégie de développement

Publié: 25 mars 2011 dans Economie, Recherches et études

Mondialisation et stratégie de développement

Mondialisation et stratégie de développement par Hocine Benissad

Ainsi, adhérant aux conceptions économiques soviétiques, l’Algérie a, dès 1967, parié davantage sur l’industrie lourde pour s’assurer progrès social, économique et technologique avec pour volonté d’autonomiser, à terme, sa croissance, le mot d’ordre d’indépendance obnubilant la pensée des dirigeants du mouvement national et du pays de 1954, au moins, jusqu’aux années 1980 ; certains universitaires s’aventuraient même, dans les années 1970, jusqu’à parler de la nécessité d’une rupture avec le marché mondial, avec l’ordre capitaliste. A cette fin, l’Algérie a déployé une politique économique articulée à une planification impérative, à une gestion centralisée dans tous les domaines, commerce extérieur inclus (qui a fortement marqué les mentalités des dirigeants d’entreprises, de l’administration et du pouvoir politique). « Les déficits récurrents des entreprises publiques, la faible productivité du travail, les luttes politiques, la crise des payements extérieurs (charriant l’ajustement structurel) et le triomphe de la pensée libérale dans le monde ont eu raison de cette stratégie des industries industrialisantes, des « chaînons conducteurs de la croissance », disait F. Perroux.

Depuis la crise généralisée de la dette extérieure et la chute du mûr de Berlin, le dirigisme construit ici, avant ou pendant la Seconde Guerre mondiale, et là, après la victoire sur le fascisme ou l’accession de colonies à l’indépendance, a reculé voire disparu. En Algérie, le marché s’est, depuis 1991-94, imposé comme le seul mécanisme de régulation de l’économie. Une telle évolution n’a rien d’original : en fait, le « laisser-faire – laisser-aller » et le libre-échange sont devenus la norme, se sont largement universalisés. Cette généralisation de l’économie capitaliste libérale (procédant d’une tentative de restauration de l’ordre ancien, remis en cause par la révolution bolchevique puis par la Grande Dépression de 1929-1930) ne disqualifie nullement le concept de développement (contrairement à ce qui s’écrit ou se dit parfois dans les pays industrialisés). Le modèle de développement, en tant qu’expression d’une sélection d’activités économiques, d’une stratégie industrielle demeure bel et bien un concept opératoire, même si les temps présents ont leur propre spécificité, le marché s’étant imposé en régulateur important (parfois exclusif) de l’investissement (y compris dans la sphère longtemps considérée comme non marchande, comme relevant du service public).

Compte tenu de ses performances en Europe occidentale, l’industrialisation a été, depuis la fin du XIXe siècle, érigée en moyen de

Relever durablement le niveau de vie de la population par la création d’emplois (que l’on a crus « permanents » jusqu’à ce que la société civile et, plus spécialement, le monde du travail soient, à nouveau, confrontés à la flexibilité-précarité du travail) ;

moderniser la société, de lui apporter du savoir-faire, de la technologie, la maîtrise de celle-ci et les possibilités d’innover, à terme, afin de rattraper les pays économiquement avancés ;
conforter la croissance grâce à la demande relativement plus intense des biens industriels ;
autonomiser au maximum le pays ou les activités qu’il juge stratégiques. Aussi, la première voie – de type défensif – qui a été dictée aux pays sous-développés par la Grande Dépression de 1929-1930 ou qu’ils ont volontairement choisie (comme la Côte d’Ivoire ou le Nigeria), a été le remplacement des importations (particulièrement industrielles) par des activités locales. Axé d’abord sur les biens d’importation ayant un large marché local (comme les textiles, la transformation des cuirs, etc.) et dont la fabrication requiert beaucoup de main-d’œuvre et des procédés techniques simples et aisément maîtrisables, l’accumulation de capital fixe s’est déplacée de branche en branche, suivant de ce fait la modification de la structure des importations. Dominée au départ par des biens de consommation, celle-ci a fini par être représentée par des biens, de plus en plus complexes, incorporant du savoir et des capitaux considérables et dont le remplacement s’est avéré problématique.

Ce modèle a, toutefois, rendu possible (au Mexique, au Brésil, etc.) une certaine diversification de la production manufacturière et une hausse notable du niveau de vie moyen de la population (en dépit d’une concentration aiguë des richesses et des revenus). Selon la taille du marché local, ce modèle de développement a connu, plus ou moins rapidement, ses limites que certains pays n’ont contournées qu’au prix de lourdes dépenses publiques peu respectueuses des règles du marché et de la gestion orthodoxe des finances publiques. En effet, la nouvelle structure des achats à l’étranger (constituée essentiellement de demi-produits et de biens d’équipement) a généré des exigences que les pays concernés n’ont pas été à même de satisfaire sans un alourdissement de leur dette extérieure destinée à financer des projets d’investissement, parfois de prestige, non performants et dont la pérennité était tributaire des subventions de l’Etat. Ces principales exigences étaient :

Disposer d’économies d’échelle importantes, d’un grand marché pour rentabiliser la fabrication de ces biens ;

engager des fonds importants, les nouveaux biens susceptibles de remplacement à l’importation par un output local étant intensément consommateurs de capital ;

posséder une force de travail qualifiée et une « technical building capacity », une capacité scientifique et technique d’innovation. Or, les pays ayant choisi cette voie de développement n’avaient ni capitaux suffisants, ni large marché (du fait, entre autres, des fortes inégalités sociales), ni de capital humain adapté aux nouveaux besoins.

Dans ces conditions, la substitution d’importation, en tant que force motrice de la croissance et du développement, ne pouvait, aux yeux de A. Hirschman, que « s’épuiser », tôt ou tard, selon le pays. Epuisement qui a plongé ces pays (Chili, Argentine, Brésil, etc.) dans des soubresauts économiques et politiques. L’histoire de l’Amérique latine, depuis 1929, est la meilleure illustration de cette expérience inspirée du structuralisme, c’est-à-dire d’une idéologie capitaliste réformiste, accordant à l’Etat une place significative dans la vie économique. Cet épuisement, observé en Amérique latine a, d’ailleurs, été invoqué explicitement par le planificateur algérien des années 1970 pour rejeter le développement par substitution à l’importation. La substitution d’importation, planifiée (Tunisie, Venezuela, Nigeria) ou spontanée (Argentine, Brésil), s’est couramment déroulée à l’abri d’une forte protection commerciale et cambiaire et a été financée par l’endettement extérieur et la création monétaire, l’inflation voire l’hyperinflation (car dans le dilemme inflation ou industrie-emploi, souligné par la Britannique J.Robinson, ces pays ont choisi, sans état d’âme, la promotion industrielle et la réduction du chômage).

Cette politique – induisant une industrie locale peu performante – a aussi séduit marginalement des investisseurs directs étrangers soucieux de préserver leurs débouchés antérieurs ; à titre d’exemple, de grands constructeurs automobiles européens se sont installés, il y a une quarantaine d’années déjà, au Brésil avec pour espoir d’y conserver leurs parts de marché et de bénéficier aussi des avantages d’une possible intégration régionale, dont l’une des premières grandes manifestations remonte à 1960, avec la signature à Montevideo de l’accord créant l’Association latino-américaine de Libre commerce (ALALC). L’introduction de politiques libérales a, à la faveur de la crise « généralisée » de la dette extérieure, conduit à des restructurations drastiques, à une désindustrialisation (plus ou moins accentuée) des pays concernés. Ainsi, le protectionnisme sévère associé à ce modèle (orienté vers le seul marché intérieur), s’il a permis une extension de l’industrie et de l’emploi, au-delà des règles de profitabilité, a fondamentalement été la cause de son abandon : il n’a pas autorisé la montée d’activités compétitives susceptibles de modifier profondément la composition des exportations et de fournir une source de devises, de moyens de payement internationaux plus stables et susceptibles d’aider les pays concernés à mieux faire face à leurs engagements financiers externes. Néanmoins, s’ils ont été quelquefois « créateurs » d’activités nouvelles, cet abandon, l’ouverture au marché mondial et l’articulation accrue de ces économies au processus de globalisation ont toujours été « destructeurs » pour certaines activités, « désindustrialisant », comme l’a suggéré J. Schumpeter. Cette désindustrialisation a affecté les pays à substitution d’importation (Tunisie, Mexique, Brésil, etc.) ; elle n’a pas, non plus, épargné les pays qui ont – en 1989-1991- renoncé à leur stratégie de développement nourrie par l’industrie de base, par l’offre (Bulgarie, Russie, Chine, etc.) et ont démantelé leur arsenal protectionniste.

En Algérie, par exemple, l’industrie manufacturière (qui a souffert depuis une vingtaine d’années du désinvestissement et de l’obsolescence de ses moyens de production) ne contribue plus, maintenant qu’à hauteur de 7%, à la production globale (contre 20% en Egypte), la libéralisation, la privatisation avancée de l’économie n’ayant conduit qu’à un certain redressement de l’agriculture et à l’explosion du secteur des services. Ainsi, l’élimination des mesures protectionnistes a, partout, entraîné une restructuration, plus ou moins spontanée, du système productif (porteuse, elle-même, d’un certain coût humain). Cette longue expérience peu convaincante a poussé, assez tôt, d’autres pays à préférer le modèle – moins hétérodoxe – de substitution à l’exportation, c’est-à-dire une industrialisation tirée par le marché mondial et adossée à un cadre institutionnel domestique et à des mentalités favorables à l’investissement local et international. Les « dragons » d’Asie (Corée du sud, Malaisie, Singapour, etc.) ont été les premiers Etats, au sein du Tiers-Monde, à rediriger significativement leurs activités de production domestiques vers le reste du monde ; ultérieurement, ce groupe de pays est rejoint par ceux qui, comme le Maroc et la Tunisie, ont persisté, un certain temps, dans la substitution à l’importation (voire dans un modèle de développement socialiste). La stratégie industrielle, la structure de l’investissement et de la production s’est vu alors imposer, de plus en plus, une orientation vers le marché mondial, vers un développement « dépendant », disait-on dans les années 1970. Cette croissance induite par l’extérieur diffère, toutefois, du « modèle colonial » : les produits manufacturés, élaborés ou non alourdissent maintenant leur poids dans les ventes à l’étranger, leur diversité conférant plus de flexibilité au système productif. Vue de cette façon, cette diversification (assise, sous l’influence des thèses orthodoxes, libéralo-monétaristes, sur une déréglementation du marché et du commerce extérieur, une politique monétaire prudente, restrictive, un contrôle des salaires, une désétatisation du système productif et sa privatisation, une politique souple du taux de change voire une libéralisation financière, etc.) a été élevée (comme du temps des « Chicago boys », conseillers du gouvernement de Pinochet, au Chili) au rang de but stratégique pour consolider la capacité d’importation et atténuer les répercussions, directes et indirectes, des chocs externes sur les équilibres macro-économiques, l’endettement extérieur, le niveau de vie et la pauvreté.

Le déploiement d’une telle stratégie – offensive sur le marché mondial – est inséparable de l’accès, d’une façon ou d’une autre, à une technologie ou à des procédés « up to date », modernes. En effet, la possession et la maîtrise de techniques sophistiquées et l’innovation sont au cœur de la compétition internationale et de la mondialisation ; en d’autres termes, le succès économique et financier est, dans le cadre de la globalisation, tributaire du savoir-faire, de la connaissance. Pour des pays non créateurs de technologie et non dotés d’une capacité organisée d’innovation (comme ceux du Maghreb), les « alliances » industrielles (sous-traitance, joint-ventures, acquisition de licences, etc..), avec des entreprises étrangères avancées techniquement sont d’autant plus indispensables que l’investissement direct étranger (sous forme de création d’entreprises ou de reprise de firmes existantes) n’entraîne pas, comme l’atteste l’expérience chinoise, de diffusion dans l’économie du « know-how » qu’il est susceptible de véhiculer. Ces alliances avec des firmes étrangères (qu’il faut, autant que possible, sélectionner ou encadrer) se justifie, de nos jours, par :

l’internationalisation des marchés ;

le rythme rapide de la création technologique ;

la nécessité d’un marché (interne et externe) d’une taille critique, (y compris par la Constitution d’espaces multinationaux de libre échange), favorisant la diversification des biens fabriqués,
l’obligation absolue d’être et de rester compétitif par la compression des coûts et la promotion de la qualité afin d’atténuer les risques commerciaux ;

l’accès à de nouvelles sources de financement. Ces alliances (pour être performantes) devraient être accompagnées d’une promotion de nouveaux profils de formation, mieux adaptés aux besoins du marché du travail ; la détention d’un potentiel de ressources humaines qualifiées et expérimentées explique largement l’autonomie technologique relative des pays émergents d’Asie (Inde, Chine, etc.).

Quel que soit le type d’alliance établi, les possibilités d’un véritable transfert de technologie, de partage de savoir peuvent être compromises par le manque de loyauté des partenaires et, notamment, du partenaire détenteur de technologie, celui-ci étant, parfois, enclin à transmettre des savoirs et des procédés arrivés à maturité, dépassés dont il cherche à prolonger le cycle de vie (en prenant, en principe, la précaution de ne pas gêner son associé local sur son marché cible). Restructurer son système productif pour le rendre compétitif sur les marchés intérieur et extérieur n’est cependant pas chose aisée. Le cas algérien est éloquent : on évoque, depuis 1982, la nécessité de construire « l’après-pétrole », de diversifier la production exportable ; or, cette politique (portée, pourtant, par une longue récession pétrolière et une chute drastique du coût réel de la force de travail) n’a pas abouti, faute de produits exportables, d’une mentalité adaptée et d’un environnement institutionnel propice. L’exportation est une opération complexe ; c’est aussi une culture qui n’est pas ancrée dans toutes les économies du sud de la Méditerranée (et notamment, dans les économies « rentières »), même quand celles-ci affichent un avantage comparatif dans telle ou telle activité (hors secteur primaire).

Enfin, force est d’observer que les débouchés potentiels dans le Nord sont fréquemment fermés à la concurrence de pays en développement, spécialement en matière agricole et dans le champ des industries traditionnelles à fort contenu de travail. Le Nord a, souvent, converti ses restrictions quantitatives en droits de douane (qui ont l’avantage d’être transparents). Il y a superposé de façon croissante, selon les déclarations de l’Organisation mondiale du commerce (OMC), des normes de produits ou de process de production qui sont de redoutables barrières administratives à l’exportation des pays en développement, africains notamment. Les restructurations du secteur industriel, sous l’effet des nouvelles technologies et de la compétition mondiale, d’une part, et le gonflement du secteur tertiaire, d’autre part, ont suscité, au niveau des pays de l’OCDE, des interrogations quant à l’avenir de l’industrie et à sa nécessité pour promouvoir croissance et amélioration du niveau de vie des populations. En dépit de ces interrogations surprenantes, tout le monde s’accorde sur le fait que l’industrie a été un puissant vecteur de hausse de la productivité du travail, du niveau de vie et de diversification du système productif et donc de réduction de sa vulnérabilité. Ce sont là des avantages que les pays traditionnellement spécialisés dans la vente de produits primaires (et, particulièrement, les économies pétrolières) ne sauraient négliger.

L’industrialisation, source de bien-être, de savoir, etc., doit rester parmi leurs préoccupations. L’expérience de nos voisins immédiats (Tunisie et Maroc) montre que la globalisation ne devrait nullement signifier la fascination par les seuls débouchés extérieurs ; ces deux pays, dont les produits industriels sont durement concurrencés sur le marché de l’Union européenne par les produits chinois et est-européens, ont fini par redécouvrir l’importance de leur marché intérieur (alors que la phase de démantèlement progressif de leurs tarifs douaniers et autres restrictions dans leurs relations avec l’Union européenne s’achève, respectivement, en 2007 et 2008). Les protagonistes de la mondialisation, eux-mêmes, n’ont jamais cessé d’appeler à la nécessité d’écarter toute discrimination entre marché intérieur et marché extérieur et d’encourager l’unicité du marché, la formation d’un marché planétaire. Une stratégie industrielle saine doit intégrer une telle donnée même s’il est permis aux pouvoirs publics dans certains secteurs dits « stratégiques », de limiter l’impérialisme du marché, y compris au nom du « patriotisme économique ». Compte tenu de cette analyse et du degré de couverture du marché domestique par l’industrie nationale, quelle politique industrielle conviendrait aujourd’hui à l’Algérie ? A notre sens, il faut retenir désormais le besoin (et c’est un impératif politico-social) d’une accumulation de capital industriel, d’une industrialisation immergée dans le processus de mondialisation ; par conséquent, sans négliger l’agriculture, censée procurer un certain degré d’autonomie alimentaire et s’intégrer en amont et en aval au processus industriel, il convient :
1 de poursuivre la substitution à l’importation là où le marché est encore fortement demandeur tant par la mise à niveau des entreprises existantes que par l’encouragement d’investissements nouveaux. La mise à niveau ne doit pas couvrir uniquement le management et l’organisation, mais également le capital humain (dans son ensemble) et le capital physique, condition d’une amélioration significative de la productivité, de la compétitivité et de la profitabilité. Bien que l’accord d’association algéro-européen (entré en vigueur en septembre 2005) autorise la protection temporaire de l’industrie naissante, il est préférable de minimiser – sauf situation particulière – cette protection pour ne pas détourner les entreprises des règles d’efficacité et ne pas compromettre la pérennité de leurs activités, une fois la protection levée ou réduite ; il s’agit donc d’une substitution à l’importation ouverte, compétitive, susceptible, le moment venu, de déboucher sur l’exportation (à l’instar des corps gras, des eaux minérales, des aciers, etc.) ;
2 de sélectionner des activités ou des investissements susceptibles d’être largement tournés vers l’exportation, aidés en cela par des salaires réels faibles et une énergie à prix avantageux. Le besoin d’un développement, systématiquement, ouvert et compétitif, devrait, par conséquent, se traduire par un climat d’affaires véritablement incitatif et une politique économique neutre quant à la nature de l’investissement, substitutif à l’importation ou substitutif à l’exportation. Le succès du modèle libéral ne doit pas, toutefois, faire illusion : le système capitaliste mondial vit paradoxalement une crise structurelle, révélée, entre autres, par les mouvements de révolte de mai 1968 et le premier choc pétrolier ; jusque-là et depuis 1945, il a connu son âge d’or en recourant à une spécialisation forcenée du travail engendrant une hausse de la productivité, des salaires, de la demande globale et donc de la profitabilité, à l’ombre d’un Etat-providence, protecteur de l’entreprise et des acquis sociaux (sous l’influence d’idées réformistes ayant germé dans les années 1930 pour sauver le capitalisme libéral en difficultés). Le surinvestissement et la pénibilité du travail avec son corollaire le recul de la productivité sans baisse des salaires finissent par éroder le rendement du capital.

D’où la quête de chemins nouveaux pour redresser la rentabilité à travers les délocalisations, la course vers une force de travail à bon marché (au Brésil, en Inde, à Taiwan, etc.), et aussi grâce à la multiplication des zones franches et des paradis fiscaux et financiers, ces derniers étant synonymes, pour les entreprises de production et les établissements de crédit, de sièges sociaux fictifs, de secret total des affaires, de moindres charges (fiscales et sociales, par exemple), etc. De plus, la libéralisation financière (fortement étendue au marché des changes depuis le recours des Etats-Unis, en 1973, au flottement du cours de leur monnaie) a ouvert des voies (inimaginables, dans les premières décennies de l’après-guerre, 1939-45) à l’accumulation, spécialement par les entreprises et les institutions financières, de profits considérables à l’aide de la simple spéculation (qui touche même les marchés de produits). Il y a donc bien une transformation du capitalisme libéral qui ne profite guère aux pays pauvres et fragilise l’économie des pays développés ; dans cette évolution, à laquelle tente – ici et là – de s’opposer la société civile, la finance tient un rôle significatif, le monde ayant apparemment oublié que la grande dépression avait pris pour source, dans un univers alors mondialisé, les mouvements erratiques, spéculatifs de capitaux.

Ancien ministre

 

 

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