9e Festival de poésie amazigh de Aït Smaïl (Béjaïa)

Publié: 29 mars 2011 dans actualité
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Les régions berbérophones représentées

 

Les poètes de plusieurs régions d’Algérie se sont donné rendez-vous, le week-end dernier, à Aït Smaïl pour la 9e édition du Festival de poésie amazigh, organisée par la très active association locale Adrar n’fad en hommage à l’écrivain Mouloud Mammeri.

Durant trois jours, la maison de jeunes de la localité a vu défiler des amateurs de poésie venus de différentes régions berbérophones d’Algérie. Avec pour objectif d’en faire un espace d’expression et de rencontre des poètes, les initiateurs du festival – qui a vu le jour en 2003 – ont réussi leur pari puisque pas moins de 131 poètes des deux sexes et de tous les âges ont pris part à ce rendez-vous. L’occasion a été aussi donnée aux férus de ce genre littéraire de déclamer leurs poèmes sur les différents thèmes et dans les variantes de la pratique de la langue amazigh.Riche en couleur, la manifestation a vu aussi l’organisation d’ateliers d’art, d’expositions de peinture, d’un café philosophique et de conférences-débats sur les thèmes de la poésie et de la littérature en général.

Ainsi, Ouchene Smaïl et Mokrani Nourredine ont exposé leurs œuvres d’art et se sont vu décerner des prix d’encouragement à l’issue du festival. Allaoua Rabehi, membre du jury et enseignant de tamazight à l’université de Béjaïa, a animé une conférence sur «La poésie du chanteur kabyle Lounis Ait Menguellat» et Abdennour Ould Fella a abordé le thème de «Mouloud Mammeri : de la distanciation à la réappropriation de la culture berbère».

Cercle de poètes

L’écrivain journaliste Rachid Mokhtari s’est étalé, pour sa part, sur une œuvre jusque-là méconnue du grand public, à savoir «Mouloud Mammeri, entretien avec Tahar Djaout». Dans une conférence sur le thème «Mouloud Mammeri et Tahar Djaout : empathie et écriture», Rachid Mokhtari a su, dans un langage limpide, disséquer l’entretien qui, selon lui, a servi à «préparer au changement dans l’esthétique littéraire entre deux générations d’écrivains et la transition vers une nouvelle voie romanesque». Aussi, cet échange entre les deux écrivains a, selon le conférencier, «apporté des éléments de réponse concernant la production de l’auteur de La Colline oubliée sur le plan quantitatif, la notion d’engagement et le devoir de vérité chez lui et la dichotomie entre sa production de l’imaginaire et ses travaux de recherche».

Ce festival annuel, qui s’est déroulé dans une ambiance bon enfant et qui a suscité l’engouement du public, s’est clôturé samedi avec la remise de prix aux auteurs des meilleures œuvres poétiques, après évaluation par un jury composé d’universitaires spécialistes.
Ainsi, le premier prix est revenu à un jeune poète, Ibri Hamid de Aïn El Hammam (Tizi Ouzou), alors que des prix ont été attribués pour des poèmes déclamés dans d’autres variantes du parler amazigh, à savoir le zenati, le ouargli et le chaoui.
Malgré la fatigue, perceptible sur leurs visages, due à la longue préparation entamée depuis décembre, les membres de l’association Adrar n’fad ont affiché leur satisfaction suite à la réussite du festival ; ils espèrent néanmoins une aide de la part des pouvoirs publics dont l’apport jusqu’à présent reste en deçà de leurs attentes et des objectifs qu’ils se sont assignés. Ils estiment qu’au delà de la volonté qui les anime, l’apport matériel et financier est de mise pour ne pas céder à la tentation de léthargie qui gagne le mouvement associatif.

Hakim Kebir

 

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