Duels entre chasseurs alliés dans les cieux libyens

Publié: 6 avril 2011 dans actualité

Duels entre chasseurs alliés dans les cieux libyens
Rafales français (es) contre Typhoons européens et F-35 étasuniens

Parmi les « volontaires » qui bombardent la Libye, au nom des « droits humains » et du « droit international » invoqués par le Conseil de sécurité, se trouvent le Qatar et les Emirats arabes unis : deux des Etats du Golfe gouvernés par des monarchies héréditaires, qui non seulement concentrent dans leurs mains tous les pouvoirs et refusent à leurs peuples les plus élémentaires droits humains, mais, au mépris du droit international, ont envoyé des troupes au Bahrein pour écraser dans le sang la requête populaire de démocratie.

Principal sponsor de leur participation à la guerre contre la Libye : la France. Le ministre de la défense Gérard Longuet a qualifié d’ « essentiel » le rôle du Qatar, qui a envoyé six chasseurs-bombardiers Mirage 2000-5 dans la base grecque de Souda, en Crète, d’où ils décollent avec les Mirage français pour attaquer le objectifs libyens. Il y a quinze ans que la France entraîne les forces aériennes du Qatar, à qui elle a fourni les Mirage : ils peuvent enfin maintenant être utilisés dans une action guerrière réelle, sous commandement français. Même chose pour les six Mirage que les Emirats arabes unis ont envoyés à la base de Decimomannu en Sardaigne, avec six chasseurs-bombardiers F-16 et un Airbus avec matériels et personnel logistique. La participation des Mirage des deux monarchies du Golfe dans la guerre de Libye est « essentielle » non tant pour l’issue de la guerre, que pour les intérêts de l’industrie constructrice, Dassault, groupe privé qui opère dans plus de 70 pays

En Arabie saoudite, le Rafale a déjà perdu le duel aérien : c’est Boeing qui a gagné et fournira à Riad 65 chasseurs F-15 et en potentialisera 70 autres dans le cadre d’un « lot » (comprenant aussi 100 hélicoptères de combat) au prix de 67 milliards de dollars. On comprend pourquoi l’administration Obama, quand elle déclarait le 17 mars que le Conseil de sécurité de l’ONU avait « répondu aux cris d’appel au secours des peuples libyens », restait sourde aux cris d’appel au secours du peuple du Bahrein que les troupes saoudiennes, entrées dans le pays trois jours avant, étaient en train de massacrer.

Par Manlio Dinucci

Édition de mardi 5 avril 2011
http://www.ilmanifesto.it
Traduit de l’italien par Marie-Ange Patrizio

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s