L’école et la justice, entre ignorance, corruption et délinquance administrative

Publié: 8 avril 2011 dans actualité, analyse & opinion
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L’école et la justice, entre ignorance, corruption et délinquance administrative

Radjef Saïd

Rabelais disait que la science sans conscience n’est que ruine de l’âme. Montesquieu lui aussi disait qu’il n’y a pire dictature que celle qui s’exerce au nom des lois et sous les couleurs de la justice.
S’il est vrai que l’armée constitue le corps de la république, alors il convient de dire que l’école et la justice en sont son âme.
En Algérie, la ligne politique imposée dés 1957 au moment ou le MALG liquidait au su et au vu de toutes et de tous les résolutions du Congrès de la Soummam, a eu des conséquences dramatiques sur l’avenir du pays. C’est en se saisissant du slogan « par le peuple et pour le peuple » inspiré par Périclès et repris par Abraham Lincoln qui préconisait avec force que la démocratie est un gouvernement du peuple , par le peuple et pour le peuple que le MALG à réussi a désapproprier le peuple de sa souveraineté et a le maintenir dans l’ignorance et le mensonge durant plus d’un demi siècle. Dés 1962, l’école symbole fort de la démocratie et de la citoyenneté , a été déviée de sa noble mission pour servir un système pervers, illégitime et corrompu sans même avoir conscience d’être un agent servile de l’ignorance, du mensonge et de la tyrannie. On peut dire sans risque de se tromper que l’école est le premier responsable des drames des drames et des malheurs qui s’abattent sans interruption sur le pays depuis plus d’un demi siecle. C’est à l’école prend gout au mensonge , à la violence et à la corruption ; c’est à l’école que les enfants deviennent à l’âge adulte des cas asociaux et totalement asservis.
Dés 1962, sans préparation ni stratégie politique appropriée, le président Benbella introduira une « arabisation démagogique » à outrance dans l’institution éducative, avec l’apport d’enseignants aux compétences douteuses venus pour la plupart d’Egypte et de Syrie. Cette arabisation dépouillée de sa science et de son savoir, fut lancée avec zèle et fanfaronnades nationalistes, alors que le pays à peine sorti de sa longue nuit coloniale ne disposait ni de manuels scolaires ni d’outils pédagogiques et encore moins de bibliothèques en mesure de susciter l’envie des jeunes pour les vertus que peuvent procurer la science et le savoir. La médiocrité s’installa alors confortablement dans toutes les parties de la république, et au bout de quelques années seulement la dégradation fut telle que l’école forma des bataillons d’analphabètes qui n’avaient plus aucune conscience de la déshérence morale , culturelle et intellectuelle dans laquelle est plongé le pays. L’imposture, le gain facile et le mensonge ont été érigés en grandes valeurs humaines. L’apparition du « rai », du trabendo, de la violence et d’un mode d’existence totalement étranger à nos traditions culturelles et aux valeurs universelles n’y est pas hasardeuse. Elle fut recherchée et soigneusement calculée. Comment un enseignant peut-il enseigner le savoir, la science et la vérité dont il ignore les règles élémentaires et comment inciter un jeune à poursuivre ses études lorsque commettre un attentat, vendre des cigarettes ou des fripes peut être plus lucratif qu’un salaire de médecins ou d’ingénieurs ? L’appât , le gain facile et le nivellement par le bas ont accéléré la dégradation et le naufrage du système éducatif.
Comment donc un gargotier qui occupe de façon illicite un local qui l’exploite sans registre de commerce et sans verser un moindre loyer , peut-il avoir gain de cause devant quatre professeurs en médecine qui veulent transformer leurs biens en clinique privée ? Pourtant ce verdict prononcé par un tribunal au Djurdjura à été confirmé en Appel par la Cour de Tizi ouzou. S’agit –il d’un cas de corruption avéré ou d’un acte de délinquance administrative ? Peut être oui, peut être non. Cependant une chose est sure : les magistrats qui ont prononcé ce verdict traduisent de façon fidele l’image d’un Etat qui ignore tout de ses propres lois, ses propres règlements, ses propres décrets et ses propres jurisprudences. Si l’Etat ne comprend pas sa propre législation, comment exiger d’un citoyen qui ne sait pas ou commencent ses devoirs et ou s’arrêtent ses droits de respecter la loi ? Quel est l’avis de nos illustres avocats sur cette question et de nos amis de la presse bien pensante qui évitent scrupuleusement d’évoquer ce sujet dans leurs articles et leurs chroniques ? Nos avocats sont-ils comme l’affirment de nombreux clients des prédateurs incultes et des rabatteurs vulgaires qui activent pour le compte de magistrats paresseux pour qui la justice se résume au seul mot privilège ?
L’affaire Khalifa à elle seule est un bel exemple de l’ignorance et de l’incompétence qui caractérisent la justice algérienne. A Sidi Said, syndicaliste de circonstance placé par le DRS à la tête de l’UGTA , reconnait dans l’affaire Khalifa devant les juges qu’il est coupable de faux et usage de faux, ayant ruiné des milliers de travailleurs et causant un préjudice de plusieurs milliards de dinars à la caisse sociale des adhérents, n’est même pas inquiété par la justice. Au cours du même procès, un ministre de la république avoue à son tour ne pas b avoir fait preuve d’intelligence et de vigilance patriotique , se retrouve propulsé quelques mois plus tard ministre des Affaires Etrangères. Une promotion à l’algérienne résume en privé un journaliste de la radio chaine 3. Lorsque les magistrats ne savent pas séparer leur mission de celle d’un Imam ; lorsque la justice de nuit (juges cagoulés) sévit et lorsque des bouffons du genre Farouk Ksentini sont placés à la tête des droits de l’homme , il faut bien avouer que la justice, notre justice, va plus mal…que notre école.

Posté in ; lequotidienalgerie.org

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