La disparité salariale cause de la migration Maghreb-Europe, selon un expert espagnol

Hamid Belarbi, Maghreb Emergent, 25 Avril 2011

Ivan Martin est un des meilleurs spécialistes espagnols du Maghreb. Il est le producteur du concept de « la frontière la plus inégalitaire de la planète », lorsqu’il parle du détroit de Gibraltar. Lors de sa récente intervention à l’INSEG, il a également abordé le coût du non Maghreb et son optimisme de voir l’intégration économique avancer en dépit du conflit du Sahara Occidental. Son point de vue sur les « disparités salariales » télescope celui d’un autre spécialiste allemand qui a pointé – Sur ME cette semaine – des salaires algériens « trop élevés».
Si les flux migratoires, en provenance des pays du sud, particulièrement des pays du Maghreb, prennent de l’ampleur, ces dernières années, c’est à cause des « disparités des salaires ». C’est là une des thèses soutenues par Ivan Martin de l’Institut espagnol des compétences et des études internationales (ICEI) lors de sa conférence-débat, autour de la coopération en méditerranée, organisée la semaine dernière à Alger, par l’institut national des études stratégiques globales (INESG). Pour lui, ce n’est pas seulement le chômage qui pousse les jeunes à aller chercher du travail dans les pays du nord, mais aussi, très largement, la recherche de meilleures rémunérations. Pour étayer son propos le conférencier a rappelé que « les salaires rapportés au pouvoir d’achat augmentent de trois pour cent par an, en moyenne, en Europe, alors qu’ils diminuent de 1,7% en Algérie ». Ivan Martin recommande, cependant, que pays du sud et pays du Maghreb doivent coopérer en matière de politique d’emplois, estimant que cela n’a rien à voir avec les questions de « souveraineté ». L’immigration pèse actuellement sur la politique européenne pour deux raisons fondamentales : manque de visibilité en matière d’emploi dans les pays du sud, et divergence autour de la définition de l’immigration en Europe. « Les Européens n’arrivent pas à se mettre d’accord sur une définition commune de l’immigration » etc’est pourquoi d’ailleurs, il y a actuellement cette mésentente entre Italiens et Français, juge-t-il.
Le représentant de l’ECEI trouve anormal le fait qu’il n’y ait pas d’aides européennes destinées à la formation et à l’emploi, dans les pays du sud. « Il n’est pas vrai de dire que cette aide, ce sont les pays de l’Europe de l’Est qui en tirent bénéfice ». Penser que l’UE est « généreuse », voire « sélective », quand il s’agit de programmes d’aides est une idée « tronquée », ajoute-il. Selon lui, la tendance a réellement changé et les pays du sud reçoivent aujourd’hui plus de soutiens financiers de la part des pays européens. Les pays des deux rives de la méditerranée sont en tout cas, obligés de développer de la coopération, de promouvoir le bilatéral et le multilatéral. Les pays du nord ont intérêt à ce que le Maghreb se développe, car le non Maghreb leur coûte «cher », analyse Ivan Martin M. Le non Maghreb coûte également cher au pays de la sous région, appelés à construire « le Maghreb économique », conseille-t-il. Mais, cela est-il possible, alors que la question sahraouie reste pendante ? Pour le conférencier, la construction du Maghreb économique peut se poursuivre même avec un conflit au Sahara non encore réglé. Ivan Martin assure que «le Maroc ne peut se permettre le coût de non-Maghreb ».

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s