Charte pour la réconciliation nationale
Larbi Belkheir n’était pas «enthousiaste»

Le général-major Larbi Belkheir, ancien chef de cabinet du président Abdelaziz Bouteflika, n’était pas enthousiaste pour la charte pour la paix et la réconciliation nationale adoptée par référendum le 29 septembre 2005.C’est ce qui est révélé dans un câble classé confidentiel de l’ambassade américaine à Alger datant du 12 septembre 2005. En dépit de ses réserves, jamais exprimées en public, Larbi Belkheir a confié à l’ambassadeur Richard Erdman que le référendum sur la charte avait pour but de «se déplacer au-delà des divisons causées par plus d’une décennie de terrorisme, isoler et affaiblir ces terroristes dans le maquis». Il a expliqué, qu’une fois votée, la charte (toujours en vigueur grâce à une extension juridique datant de février 2006) pourra donner «un appui» au gouvernement pour prendre «toutes les mesures» devant «promouvoir» la réconciliation nationale. «Elle offrira toute la flexibilité nécessaire pour les autorités. Il est erroné de penser que des étapes majeures seront franchies tout de suite. Il ne serait pas facile pour plusieurs personnes de pardonner et d’oublier», avait-t-il confié. Il avait reconnu que le processus de réconciliation était sensible et difficile à mener. D’après l’ancien militaire, les Algériens étaient «prêts» à tourner la page, y compris 80% des familles des personnes victimes de disparitions forcées.

L’ambassadeur Richard Erdman a, d’après le même câble, remarqué que des Algériens, y compris au sein même du gouvernement, avaient perçu le référendum comme «un jeu» dont l’impact sur l’action terroriste n’était pas assuré. Larbi Belkheir devait répliquer que les autorités savaient déjà que l’adoption de la charte n’allait pas mettre fin au «terrorisme résiduel». «Cependant, la charte affaiblirait le réseau de soutien des terroristes en convainquant plusieurs de retourner à la société. Elle permettrait aussi pour les anciens partisans du FIS, qui ont quitté le pays et qui n’ont commis des actes de terrorisme, de retourner en Algérie, pourvu qu’ils ne se soient pas engagés dans la politique», avait expliqué le général.

Pour sa part, l’ambassadeur américain avait rappelé que d’autres pays, qui avaient fait face à des tragédies similaires avec l’existence de cas de disparitions forcées, avaient pris compte de la nécessité de rétablir la vérité et d’assurer la justice dans les processus de réconciliation nationale. «L’expérience historique a montré que sans ces éléments, la réconciliation nationale réelle ne peut pas avoir lieu. Ces questions ne sont pas claires dans la charte», avait-il observé. Larbi Belkheir avait, en guise de réponse, estimé que le processus se déroulerait progressivement. «Il n’y aurait pas d’impunité. Le référendum n’était pas qu’une amnistie générale, mais un pardon dans certaines circonstances pour certaines catégories», avait-il expliqué.

Fayçal Métaoui

el watan

 

 

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