L’argent

Publié: 14 septembre 2011 dans actualité, analyse & opinion, Economie, international
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L’argent

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Quelques courtes remarques lues sur un portail de blog m’ont suggéré ce billet. Ces remarques concernaient l’attitude face à l’argent. Une en particulier m’a interpellé: «Avoir un toit, manger à sa faim, faire la fête avec des amis, lire des bons livres, élever des enfants, tout cela dépend de l’argent dont on dispose dans une large mesure, la mesure qui sépare la misère de la dignité.»

L’argent est souvent mal vu dans notre société. Une sorte de pudeur. Une pudeur que l’on rencontre surtout chez ceux qui en ont peu ou moyennement. Ceux qui en ont beaucoup n’ont pas la même pudeur. Pourtant ce serait une erreur de leur laisser la prédominance de parole dans ce domaine.
Je souhaite poser quelques balises, avec lesquelles ont peut être d’accord ou non. Nous sommes dans un espace de discussion, profitons-en:

– l’argent est nécessaire, même indispensable pour vivre dans notre monde; c’est grâce à lui que nous pouvons manger, nous loger, avoir une existence décente et ne pas être à la rue soumis aux maladies ou à la faim;

– l’argent est donc une priorité; il n’y a dès lors pas de gêne à en vouloir et à passer beaucoup de notre temps et donner de notre énergie pour en obtenir;

– l’argent est la contrepartie de notre production; paysan, employé, indépendant, nous produisons des biens utiles: alimentation, vêtements, meubles, etc; nous produisons plus que pour notre propre besoin de manière à pouvoir échanger le surplus (par le troc ou contre de l’argent); grâce à cet échange nous pouvons acquérir ce que nous ne produisons pas nous-mêmes mais dont nous avons besoin;

– nous ne refusons pas les augmentations de salaires ou de revenus, mais nous sommes fâchés contre les réductions.
Le temps que nous passons à travailler c’est du temps à chercher de l’argent. Plus nous produisons plus la société vit bien et se civilise. Par exemple les épisodes de réchauffement climatique du passé, au temps des romains ou pendant l’optimum médiéval, ont été des périodes d’abondance et de prospérité. Le refroidissement de la fin du Moyen-Âge s’est accompagné d’insécurité, de criminalité, de racisme, etc.
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Que la prospérité soit due à notre seul travail ou qu’elle reçoive un coup de pouce du climat, ou qu’elle soit la conséquence d’une colonisation, elle consolide la société (ce qui ne justifie bien sûr pas la colonisation). On voit aujourd’hui, alors qu’il y a une paupérisation de l’Europe par exemple, que les tensions sociales s’aggravent et que la morale sociale, le respect mutuel et d’autres facteurs civilisationnels perdent de leur prégnance. Moins d’argent ne signifie pas automatiquement plus de morale.

Pourquoi, si la richesse et la prospérité font avancer les sociétés humaines, y a-t-il fréquemment des jugements très négatifs sur l’argent? «L’argent ne fait pas le bonheur»: cela reste à prouver. Par contre trop peu d’argent ne fait pas le bonheur, à moins d’être moine dans un monastère bouddhiste et de méditer sur le détachement du monde. Et encore: le moine vit de dons faits par ceux qui travaillent et sont dans le monde. Il participe à sa manière à la chasse à l’argent.

La recherche de l’argent est donc légitime. Mais il est difficile de l’assumer, de dire: l’argent m’intéresse. Comme si l’argent et l’intérêt pour l’humain par exemple étaient incompatibles. Ou comme si qualité et business se contredisaient. On dit par exemple de Claude François: il faisait de la musique commerciale. Le mot «commercial» est devenu une opprobre. Pourtant des millions de gens aimaient cela. Même si je ne suis pas fan, je ne peux prétendre que ces personnes n’ont aucun goût ou achètent de la musique moins signifiante parce que commerciale.

Le commerce est le moyen d’échanger le produit de notre travail contre autre chose que nous ne produisons pas. Critiquer le commerce c’est comme se dénier soi-même. Et pour être cohérent, il faudrait alors vivre sans argent. Ou avec très peu. Mais quelle est la norme de besoin?

N’aimerions-nous pas être riches? N’aimerions-nous pas pouvoir réaliser de nouveaux projets, ou des rêves encore en attente? Et si vous étiez paysan et que quelqu’un vous propose 10’000 francs pour acheter votre récolte alors que son prix habituel est de 5‘000 francs, refuseriez-vous? Et s’il vous l’achète 100’000 francs, refuseriez-vous?

Je n’ai pas de conclusion à ce billet. Je le laisse sur cette question.

http://doriot-univers.blogspot.com/

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