Les soulèvements populaires et les transitions en cours au sud de la méditerranée sont, sans surprise, dissuasifs, pour les IDE. Pour l’Afrique du Nord, le bilan de l’observatoire Anima-Mipo, montre une chute importante des projets annoncés pour la Tunisie, l’Egypte et la Libye. A contrario, dans les pays où les tumultes politiques restent, encore, de basse intensité, les IDE restent stables (Algérie) ou progressent (Maroc).

2011 est une année de ralentissement pour  l’investissement direct étranger en Méditerranée (IDE) après avoir connu une reprise en 2010. La baisse des annonces de projets dans le pays Med est de 23% par rapport à 2010. Anima-Mipo n’a recensé que 322 projets au cours des six premiers mois 2011, contre 838 au total en 2010, et 430 au premier semestre 2010. Cette baisse est compensée par les montants des investissements annoncés qui sont 15,2 milliards d’euros au cours du premier semestre 2011 contre 14,5 milliards en 2010.  Les projets de partenariat reculent de manière sensible avec moins 38%. Il y a eu 159 projets de partenariats recensés au cours du premier semestre contre 255 au premier semestre 2010. Le chiffre pour toute l’année 2010 a été 513. L’impact des changements politiques en Tunisie et en Egypte  est net. Il se traduit par des baisses très sensibles (- 40%) du nombre des IDE au cours du premier semestre. La Tunisie compense cette baisse du nombre par un maintien en termes de montants. Les investisseurs dans le secteur des hydrocarbures (l’Autrichien OMV, le Britannique BG et l’Italien ENI) ne boudent pas la Tunisie. La tendance est même à l’amélioration depuis juillet, selon l’Agence de Promotion de l’Investissement Extérieur « FIPA-Tunisia ». En Egypte, les annonces d’IDE ont été pratiquement gelées après la chute de Moubarak, mais l’observatoire enregistre depuis le mois de juin 2011 un début de relance. Pour la Libye, les choses sont simples : aucun projet d’IDE n’a été recensé depuis la mi-janvier 2011. Le dernier IDE en date étant  la prise de participation de la Qatar National Bank (QNB) dans la banque libyenne du commerce et du développement.

« Stabilité » en Algérie après une année « médiocre »

Pour l’Algérie, les annonces d’investissements restent stables en termes de nombre de projets. Une « stabilité » qui signifie dans les faits que l’on reste a peu sur le même rythme, médiocre, de l’année 2010. Le chapitre IDE ne bouge, en termes de montants, que du fait de la relance du projet Dounya Park de l’Emirati EIIC après avoir reçu les autorisations. L’autre projet d’investissement étant celui que doit engager ArcelorMittal dans le complexe d’El Hadjar. Petite compensation dans le domaine du partenariat où l’on enregistre 11 projets  au cours des 6 premiers 2011, soit autant que pour toute l’année 2010. Le Maroc est le pays maghrébin et arabe qui a été le plus attractif pour les IDE. Il enregistre la « seule hausse significative du nombre de projets d’IDE au premier semestre 2011 (+23% par rapport au S1 2010) ». Le Maroc, estime l’observatoire « conserve la confiance des investisseurs et se place juste derrière la Turquie et Israël en nombre de projet détectés, confirmant ainsi la dynamique plutôt encourageante enregistrée en 2010 ». Petit bémol : les montants des IDE sont «  nettement en deçà des niveaux d’avant-crise, avec tout juste 500 millions d’euros annoncés entre le 1er janvier et le 30 juin 2011 ».

 

Écrit par Oussama Nadjib    Samedi, 24 Septembre 2011

http://www.maghrebemergent.com

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