Kamal NACER
Jeudi 19 Juillet 2012

 

« La lâcheté tend à projeter sur les autres la responsabilité qu’on refuse »
Julio Cortazar

Le Front des Forces Socialistes subit depuis un certain temps une véritable opération de lynchage publique. Sur les colonnes « généreuses » de la presse écrite nationale et à travers certaines chaines satellitaires, des intervenants connus ou anonymes passent sans honte, leur temps à dénigrer le doyen de l’opposition algérienne.

L’extinction de voix qui a touché les principaux acteurs de la société civile, le nombre de sièges « obtenus » par le FLN lors des législatives passées, le pacte conclu à cette occasion en catimini entre le RCD et le MAK, les immolations, les émeutes, les délestages, mais aussi la crise au Mali, le terrorisme résiduel ou eternel, ne subjuguent plus les inspirations. Par contre, tenter de laminer un parti politique de l’opposition démocratique semble faire le consensus au niveau de certaines rédactions.

Tout est parti de la non-compréhension de la décision du FFS de participer aux élections législatives, pour se transformer en un mécontentement sur fond de soupçon.

Pourtant, à ce jour, cela n’a abouti à aucune certitude !

Plusieurs analyses et papiers de presse et des centaines de commentaires sur les réseaux sociaux se sont penchés sur le sens de cette participation. Mais il n’est pas juste de taire que peu d’entre eux ont fait ressortir le fait que cette décision fut le couronnement d’un débat long, large, et profond mené au sein de cette formation politique mais aussi en dehors.
Aucun commentaire ne s’est intéressé au caractère démocratique, consensuel et pédagogique qu’a connu ce débat ; car, au-delà de la pertinence d’une telle décision, il y avait une leçon inédite en termes de pratique politique dans notre pays. Et c’est précisément cela que tout le parasitage médiatique devait couvrir.
Il est vrai que prendre une décision d’une manière consensuelle et démocratique ne peut pas être du gout de ceux qui, durant des décennies, ont imposé des « choix » au peuple algérien par l’arbitraire et dans la violence !

Face à ce « massacre médiatique » qui prend de plus en plus des allures vindicatives, rares sont les plumes, rares sont les consciences et rares sont les voix qui se sont élevées et réveillées pour dire HALTE, BASTA !!! Pour dire simplement, sans être héros ni rebelle, que le FFS est un parti autonome qui peut avoir des stratégies qui le guident et des objectifs qui le motivent et que cela le concerne exclusivement ! Ensuite, au peuple et à travers lui à l’histoire d’être l’arbitre des actes et des choix des hommes.

Comment rester de marbre quand l’un des derniers remparts contre la dictature et la tyrannie essuie des attaques injustifiables qui de surcroit prennent pour cible le dernier historique plutôt que ceux qui ont bradé le pays, massacré leur peuple et hypothéqué l’avenir des générations futures ?

Cette mission qui consiste à briser le seul « miroir » de résistance et de vérité qui demeure, s’apparente à l’exécution d’une vraie feuille de route : En finir avec un parti qui commence à se rendre visible ailleurs qu’en Kabylie.

Mais où sont les démocrates, que deviennent les militants des droits de l’homme ?
Où êtes-vous ?!

La destruction du FFS vous arrange-t-elle autant ?

Préférez-vous vraiment la résignation plutôt que de dénoncer la tentative de mise à mort d’une formation politique qui a perdu les meilleurs de ses militants au service d’une Algérie libre et heureuse ?

Que vous ne soyez pas d’accord avec les choix politiques du FFS peut être parfaitement compréhensible, mais qu’en est-il de votre silence ? De votre inertie face à cette stratégie pernicieuse qui vise réellement à en finir définitivement avec un homme, un parti qui incarnent qu’on le veuille ou non, les rares espoirs pour l’instauration d’une véritable transition démocratique dans le pays.

L’histoire du Front des Forces Socialistes est pleine d’enseignements. Depuis sa création, il a fait l’objet des pires manœuvres et stratégies : assassinats, infiltrations, dénigrements, menaces, intimidations, encerclement et campagnes répétitives de déstabilisation.

Résultat : il fêtera l’année prochaine sa cinquantième année d’existence grâce aux sacrifices et à la valeur de ses militants, grâce à l’amour grandissant que lui manifestent des couches de plus en plus importantes de la société algérienne, mais surtout grâce à sa détermination à rester souverain et autonome !

Quant à ceux qui se taisent, que restera-t-il de votre silence si ce n’est le regret de n’avoir pas eu le courage de dire tout simplement la vérité !

KAMAL NACER
Observateur malheureux de la résignation de l’élite algérienne 

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