Militants défendez votre parti !

Arezki DERGUINI
Mardi 24 Juillet 2012

Beaucoup de voix se lèvent pour faire appel au président pour gérer la crise que traverse la prétendue crise au FFS. Prétendue, car largement fabriquée, contrôlée. Pour ma part, je tends à croire qu’Ait Ahmed n’interviendra pas maintenant, parce qu’il sait que fasse aux médias, dont les injonctions le laisseront insensibles, il faut pouvoir peser, et qu’il ne veut pas faire l’économie du travail de la société sur elle-même. Travail qui fera la consistance de l’expérience du parti. De plus, il n’a pas attendu la dernière minute pour se préparer à la séparation avec son parti. Il a trop longtemps entendu des amis du parti lui répéter qu’après lui le FFS disparaîtrait. Je peux ajouter que dans la conjoncture mondiale et régionale actuelle, il est fort possible qu’il n’est plus besoin de son parti. Car dans l’opinion publique on admet depuis longtemps qu’il faille distinguer entre le leader et son parti. Les plus anciens militants ne font plus allégeance qu’au maître et non à son instrument. Dans notre régime que j’ai décrit un jour comme « nidham al mekhfi », il n’est pas difficile de se convaincre qu’il faille se méfier davantage de ses amis que de ses ennemis. Ceux-là sont découverts, gardent la distance ou respectent des règles, ces autres cachent beaucoup de travestis en tout genre et usent de toutes les ressources pour vous discréditer, vous éliminer.

Par son silence, ce qu’il m’est donné de comprendre, mais pas seulement, c’est qu’un jour il ne pourra plus répondre, intercéder et que ce sera aux militants de défendre leur parti car ce sont eux bientôt qui le porteront seuls. Et aujourd’hui, antichambre de demain, ce sont eux qui ont et auront besoin de leur parti, devront apprendre à gérer et régler leurs différends. Ceux qui se disputent aujourd’hui la succession d’Ait Ahmedveulent soit détruire le parti et ceux là sont conséquents, soit hériter d’un appareil commode parce que déjà là, pour réaliser leurs ambitions personnelles. Mais ceux-là sont moins conséquents que les premiers car il leur faut un appareil performant pour réaliser leurs objectifs, il leur faut de vrais militants pour tirer une plus value de leur militantisme. Les opportunistes existeront toujours, les contrats resteront toujours imparfaits, il est illusoire de penser les éradiquer. Les opportunistes ont donc besoin du travail des vrais militants dont ils profitent, alors que ceux qui veulent le détruire aspirent au contraire à les priver de cette ressource indispensable. Aussi comprendront-ils rapidement qu’il est de leur intérêt de sauvegarder le parti et de le défendre de ceux qui le disputent au risque de l’anéantir. S’il faut défendre le parti des opportunistes, et particulièrement de ceux qui sont aveugles, ce sont donc de ceux qui veulent le détruire qu’il faut en priorité le défendre.

J’estime que le début de la fin « de la dernière dictature du Maghreb », commencera avec l’épreuve et le résultat des élections présidentielles. Pensez-vous que le régime algérien aurait pu faire ce qu’il a fait en 1998 dans le contexte actuel ? Impossible. Mais lui a besoin de croire le contraire et il a besoin d’en être conforté par la société. Voilà le climat dans lequel nous devrions nous sentir, trouver notre chemin afin que le dénouement ne soit pas semblable à celui de la Syrie ou quelque chose de pas éloigné. Aussi un de ses objectifs sera-t-il de détruire toutes les oppositions qui peuvent menacer le consensus prégnant en son sein (« sans lui point de salut »), et qui pourraient accroitre les dissensions et les défections en son sein. Nous en appelons à la sagesse afin que les présidentielles soient le moment du début d’une véritable réconciliation. Je suis convaincu que le régime et ses profiteurs n’auraient pu tenir s’il n’avait ses honnêtes travailleurs. A mes yeux, ceux qui veulent détruire le parti nous font miroiter l’image d’un pouvoir un. Mystification ! Je peux aller jusqu’à dire, et je ne suis pas le seul, que tout le monde en fait partie mais dans certaines proportions. Et c’est pour cette raison que cela va changer et que le changement pacifique est possible si la trame du pouvoir est bien comprise.

Militants défendez votre parti, vos associations et rappelez vous que nous sommes tous des mortels mais que des combats on survécu aux hommes tant qu’ils n’avaient pas connu leur terme. Abdelhamid MEHRI est parti sans pouvoir voir se lever le jour d’une libération du pays de la dictature, fasse Dieu que Hocine Ait Ahmed connaisse un autre destin !

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