Pourquoi voter FFS ?

 

  1. Il faut voter, réactiver la politique, car l’heure de la politique est de retour. Les exportations et le prix du pétrole vont baisser, le pouvoir militaire ne pourra comme au début de la décennie noire nous vendre la démocratie en échange de la paix sociale, pour la pervertir ensuite avec le retour des vaches grasses. Nous allons entrés dans l’ère des vaches maigres et de la gestion rationnelle des ressources.

 

La politique sera de retour d’abord pour éviter la catastrophe et la guerre civile. Le pouvoir militaire a entretenu le peuple avec des importations, il ne lui a pas appris à travailler. Quand l’heure des vaches maigres arrivera, la folie s’installera parmi nous. Nos besoins excités (penser à la jeunesse de notre société !) ne trouveront pas à se satisfaire. Les sociétés machinistes convoiteront nos énergies au plus bas prix. Elles profiteront de nos faiblesses. Alors que nous nous enfoncerons dans la guerre civile, elles exporteront notre énergie.

 

2. Pourquoi voter FFS ? Pour préparer la transition démocratique, afin que la résolution de nos problèmes le soit de manière pacifique, de manière politique, afin que nous puissions construire des consensus sociaux, économiques et politiques. Pour rendre l’initiative à la société, après que l’Etat ait monopolisé, centralisé toute l’activité. Pour que la croissance ne soit pas appauvrissement mais développement des capacités de la société.

 

3. Pourquoi participer à des élections locales qui consacrent l’impuissance des élus ? Pourquoi voter pour des élus qui n’auront aucun pouvoir[1] ? Aujourd’hui, l’Etat sait mieux que le citoyen ce dont la société a besoin. Ses statistiques donnent de meilleures informations que nos sentiments, nos expériences. Ses différentes directions s’occupent de nos besoins. Les ressources de l’Etat écrasent les ressources des citoyens, la dépense publique règne en maître. L’Etat seul dépense et il sait mieux que quiconque où il doit dépenser l’argent public. Il le sait mieux que nous, il ne nous le dit pas, mais nous ne pourrons le contester.

 

Où est donc le mal si l’Etat sait où (où) il dépense ? Le mal est dans comment le pouvoir militaire dépense. Le pouvoir militaire prend nos besoins pour prétexte à la dépense, il préfère juste les grands projets aux petits. Les petites infrastructures sont délaissées. Ce qui importe pour lui est dans la manière de dépenser, dans la gestion des marchés publics, où il s’attribue les profits, les parties juteuses de ces projets. Le pouvoir militaire s’est entendu contre la société, en ayant destitué le politique, il peut s’attribuer les profits faciles et faire supporter les coûts présents et à venir à la société, voilà pourquoi il nous nourrit mais ne nous apprend pas à travailler (penser au célèbre proverbe chinois).

 

Sous prétexte de servir la population, le pouvoir militaire la dépouille, la désarme face à la concurrence extérieure. Le peuple algérien est incapable de couvrir ses besoins fondamentaux sans l’aide extérieure. Faut-il attendre que le pétrole ne coule plus, faut-il attendre la catastrophe, pour se rendre compte de cette réalité ? Voilà en quoi consiste la manière de dépenser du pouvoir militaire, voilà en quoi consiste le développement sans et contre la société : s’enrichir et appauvrir la société.

 

Si les élus de manière générale ne peuvent (et ne doivent) plus décider du pourquoi de la dépense, ils peuvent et doivent savoir la manière dont est géré l’argent public, ils peuvent aider la société à s’informer puis à se mobiliser. Ils peuvent et doivent, avec l’aide de la population, soutenir certaines manières de faire et s’opposer à d’autres.

 

Voilà pourquoi aujourd’hui l’enjeu est-il d’abord de l’ordre du savoir : l’élu et le militant, doivent se faire aider par des « experts » afin de savoir quelles sont les destinations finales de l’argent public et le prix qu’il en coûte pour la société. Certains projets sont à peine des maquillages de détournements. Beaucoup cependant résultent d’un grand travail de maquillage. Beaucoup de bureaux d’études sont employés hélas dans ce but. Où va l’argent public ! Telle devrait être notre première exigence. Nos besoins étant connus, où va-t-il en fait ! Il enrichit les uns (ceux qui l’expatrient), et appauvrit les autres (ceux qui ne peuvent quitter le pays). Si nous ne (devons ni ne) pouvons décider (en théorie) où il va, nous pouvons l’empêcher d’aller là où il veut, en fait.

 

Viendra ainsi l’enjeu du pouvoir : il faudra créer les rapports de forces qui puissent aider ou empêcher les flux d’argent et de marchandises de prendre certaines destinations plutôt que d’autres. Ainsi l’argent pourra-t-il aller aux gens qui travaillent, aux entrepreneurs et non aux militaires (certains ont compris cela et se sont transformés en actionnaires). Ainsi la société pourra-t-elle être en mesure de couvrir par elle-même ses besoins de base, d’être in(ter)dépendante et non aliénée.

 

Il faut donc voter FFS pour que dans son cadre, les élus avec l’aide de la population et de ses experts, tout le monde, puisse SAVOIR où va l’argent public et puisse COMBATTRE afin qu’il aille à ses destinataires légitimes : ceux qui accroissent le pouvoir productif de la société, ceux qui enrichissent la société et non ceux qui l’appauvrissent. Un élu séparément, ou un candidat des partis du pouvoir, ne peut être que l’instrument du pouvoir militaire et un vendeur d’illusions. Une commune séparément, ou une wilaya séparément, ne peut parvenir à la maîtrise théorique ou pratique des flux et des stocks.

 

Le retour de la politique est donc proche, faisons en sorte qu’il précède une catastrophe et l’empêche, une catastrophe que nous avons refuser longtemps de voir venir ! Vive la politique, à bas la dictature !

 

Arezki DERGUINI

Bgayet 24/11/2012

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s