FFS

Présidentielle de 2014

Entre la participation et le boycott, le FFS choisi un consensus national

Madjid Laribi, 9 mars 2014

La réaction du FFS à l’élection présidentielle a agacé, voire indisposé, certains acteurs d’un agrégat politico-médiatique. Le conseil national extraordinaire du plus vieux parti de l’opposition est sorti avec une analyse qui ne plait pas à ce conglomérat qui, en réaction, dit en substance au parti d’Ait Ahmed qu’il n’as pas le droit de penser et d’agir autrement qu’eux. Pourtant le FFS a été on ne peut plus clair en abordant le « jour d’après », celui qui suivra le 17 avril 4014. « Le prochain scrutin ne permettra certainement pas de conjurer les risques de vide politique, d’instabilité institutionnelle, de radicalisations possibles et n’effacera pas les pressions économiques, diplomatiques voire sécuritaires qui s’accentuent sur notre pays. Comme ne sera pas effacé le risque de scénarios catastrophiques comme vécus par nombre de pays dans notre aire régionale. ». La réaction est claire, visible et lisible pour peut que l’on veut s y pencher sans aucune arrière pensée politicienne.


Entre constance et versatilités

Ce que la plupart de ces acteurs n’arrivent pas à saisir et qui se trouve dans la démarche du FFS depuis pratiquement sa création, se résume dans son autonomie de décision et la constance de ses positionnements. Que sa lecture de la situation dans sa globalité n’obéit pas à des schémas intégrés dans la « gestion démocratique » de ces mêmes acteurs par le système. Ces acteurs, dans un passé pas lointain, ont eu, à un moment ou un autre, des soutiens actifs pour le gouvernement, même si certains d’entre eux ont préféré garder une certaine distance sur certains sujets, en s’installant dans une position d’aller-retour entre le pouvoir et l’opposition. Ce sont ceux là qui ont permis à Bouteflika de casser le verrou constitutionnel qui lui a permis de se représenter autant de fois qu’il veut à l’élection présidentielle. Alors pourquoi ce retournement de situation ? Souffler le chaud et le froid, dire et faire une chose et son contraire, ne peut être une position politique sérieuse. Un inventaire même rapide, des parcours, profils et positions politiques, montre que ces acteurs ne sont que l’autre revers du système. Ils ont participé et soutenu le pouvoir lorsqu’ils avaient des dividendes à récolter, lesquelles ne sont mêmes pas politiques pour bénéficier d’un certain respect, et se vantent aujourd’hui d’être des opposants lorsque le pouvoir les a remercier. Un système qui se renouvelle, s’ouvre et intègre de nouveaux groupes en son sein pour se donner un sang nouveau, tout en rejetant les factions usées et vidées.

Si le FFS n’a pas opté pour le boycott, il n’a pas aussi choisi la participation et le soutien au système en place qu’il a de tout temps et historiquement combattu au prix de tant de sacrifices. Dans sa résolution, accouchée après un débat houleux entre les membres de son conseil national, il ne va pas du dos de la cuillère avec le système. « Le FFS ne compte toujours pas sauver le système au nom du patriotisme, mais il n’oublie toujours pas le patriotisme au nom de la démocratie. », assène le vieux parti de l’opposition pour qui « toute la problématique est là : comment sauver le pays, consolider l’État, enraciner les libertés et défendre les pluralismes sans sauver le système ? C’est un chemin qui n’est pas facile. Mais peut-être faut-il au moins savoir ce qu’il ne faut pas faire comme refuser les radicalisations violentes. Les expériences que nous avons vécues et celles que nous voyons se dérouler en Egypte, en Libye, au Soudan ou en Ukraine sont édifiantes. Notre choix est irréversible : toutes nos actions s’inscrivent dans une logique de changement pacifique. ».

Pour un consensus national

Ainsi, le FFS n’est ni dans le jeu du pouvoir, ni dans celui des boycotteurs. Mais ce « ninisme » sur lequel certains tentent de mettre en avant n’est pas fermé d’un point, mais suivi d’une proposition de sortie de crise qui ne semble arranger nullement, du moins pour l’instant, les deux revers de la même médaille que sont le pouvoir et les boycotteurs. La troisième voit qu’ouvre le FFS et qui ne se ferme pas après le 17 avril prochain est celle de la construction d’un consensus national. « La préservation des intérêts de notre pays, nous impose la nécessité de prendre le temps qu’il faut pour réunir les conditions de ce consensus. Comme nous devons garder à l’esprit les nécessités économiques et géostratégiques du pays qui nous contraignent à éviter l’effondrement de l’État et le vide politique », explique la résolution qui soutient que « dans l’ordre historique et dans l’ordre stratégique, dans l’étape actuelle, la reconstruction d’un consensus national, autour d’un programme et d’un calendrier de transition, est notre objectif majeur. ».

L’analyse faite par le FFS converge d’une certaine manière avec celle faite par certains acteurs de la scène politique algérienne, que ce soit au sujet de l’élection présidentielle prochaine ou concernant la nécessité d’un large consensus national. La différence est dans le choix des destinataires des discours des uns et des autres, un choix qui peut être nuancé pour éviter des lectures manichéennes vu la gravité de la situation. Le FFS, dans son discours, s’adresse et prends à témoins les citoyens car, au final, c’est à eux, dans les organisations et les institutions, qu’échoit la tâche de rendre irréversible le processus de la construction d’un consensus national.

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