brahim tazaghart

Le FFS et (est) la solution à la crise nationale

De la matrice de l’opposition démocratique, le FFS dévoile de plus en plus son ambitionne de vouloir devenir la matrice de la solution à la crise nationale. Cette ambition est toute naturelle, considérant son prestige et son capital politique inestimable.

Surement, l’exercice de se positionner comme tel et de réussir à entraîner dans son élan l’ensemble de la classe politique est périlleux, tant les oppositions qu’elles soient de l’ordre du politique que de l’ordre du culturelle sont fortes.

Les oppositions politiques se structurent autour du refus du pouvoir en place et des segments du pouvoir qui se sont retrouvés exclus de la décision institutionnelle de considérer les partis politiques comme des entités capables de construire le processus de prise et d’exercice du pouvoir.

Les partis sont plus admis comme des associations qui cautionnent telle ou telle autre démarche, sans plus.

Les oppositions culturelles, quant à elles, s’expriment aussi bien par l’incapacité à saisir la démarche du FFS que par le refus délibéré de le faire, sous prétexte de sa complexité ! A croire que le propre du politique est le simplisme… ! Cela qui n’est pas étonnant lorsqu’on observe le populisme dominer le champ du politique et des idées.

A ce sujet, souhaitons que les choses vont évoluer rapidement, que le débat s’installe sérieusement avec l’ouverture médiatique que tout le monde attend. En effet, si les médias publics sont appelés à donner la parole pour tous, les médias privés ont tout à gagner à informer sans prétention de dicter les conduites à suivre !

Embargo médiatique

Ces oppositions multiples et multiformes expliquent, en partie, l’embargo médiatique dont est victime le parti de Hocine Ait Ahmed, -à l’exception des rares moments ou ses positions croisent conjoncturellement celles des forces qui mettent en place les options lourdes qu’on désire imposer-

Devant ces oppositions toutes prévisibles à l’émergence d’une classe politique autonome et d’une scène animée par des idées novatrices qui placent le peuple au cœur de l’action publique, le FFS résiste tant bien que mal. A vari dire, il le fait péniblement et dans la douleur.

Les coups reçus de toutes parts ne sont pas sans conséquences !

Au retrait de Hocine Ait Ahmed qui a laissé un vide terrible, s’est joint une série de défection de cadres qui étaient aux commandes du parti et qui persistent à faire de la politique en usant de la qualité d’Ex. Ces cadres, au lieu d’assumer les bilans de leurs gestions, ont tout rejeté sur l’appareil sous divers prétextes dans un élan d’irresponsabilité étourdissante !

Positionnement stratégique

C’est rare qu’on demande à un parti de maintenir la même stratégie et les mêmes tactiques lorsque son adversaire change les siennes. Chez nous, cette réclamation est devenue une vérité qui évacue le doute et le questionnement.

Face aux événements de 2011, aux réaménagements de stratégie qu’a apportée le pouvoir à sa politique, le FFS était contraint d’adapter la sienne, sans toucher aucunement à son idéologie.

Seulement, au lieu de saisir la chose, d’admettre, entre temps, qu’aucun parti ne peut échapper à la crise lorsque la société elle-même est secouée par celle-ci, nous avons observé un acharnement à culpabiliser le parti et à faire douter sa base.

Seulement, et contre les attentes de ses contradicteurs, le FFS a apporté une preuve éclatante de sa maturité politique lors de la dernière présidentielle, en échappant à tout conditionnement.

A cet effet, il faut reconnaitre que si le FFS a subis des coups au niveau organique et organisationnel, il est resté égale à lui-même sur le plan politique.

La cohésion d’une démarche

Dans la droite ligne du positionnement stratégique du parti de Hocine Ait Ahmed, la participation à la conférence sur la transition démocratique tenue à Mazafrane ce 10 juin sous la présidence de l’ex premier ministre de Bouteflika, M. Ahmed Ben Bitour est toute normale. Elle exprime un souci d’écoute et de concertation qui est au cœur de sa ligne depuis toujours. Cela d’un coté.

D’un autre coté, cette présence à Mazafrane rend utile l’acceptation de rencontrer l’autre ex premier ministre du même Bouteflika, M. Ahmed Ouyehia, actuellement chef de cabinet à la présidence.

Loin d’être une contradiction comme elle peut être saisie et présentée par certains, cette position exprime la cohésion d’une démarche qui privilégie la recherche du consensus au détriment de la confrontation.

Changement avec le système et non pas contre le système, ont à plusieurs reprises répétés ses responsables.

A bien préciser, avec insistance, que ce souci du consensus n’exclue nullement la pression et l’indispensable construction d’un rapport de force qui s’appuiera sur l’adhésion de la société. Car, sans quoi, le FFS perdra sa qualité d’acteur-partenaire au profit de celle de facilitateur, ce qui peut lui couter très cher.

Rencontre avec Ouyahia

A ne pas douter, la prochaine rencontre avec le représentant du président sera l’occasion pour le FFS d’exposer la démarche qu’il préconise et qui s’articule sur la reconstruction d’un consensus politique national, une transition dynamique à définir, et une constitution consensuelle pour donner corps au nouvel édifice…

Face à deux initiatives lancées respectivement par le pouvoir et une partie de l’opposition, initiatives tirées globalement de la feuille de route du parti de Hocine Ait Ahmed, celui-ci est dans l’obligation morale de se faire entendre par tous.

Cette attitude pragmatique et intransigeante, si elle réconforte la demande de changement exprimée lors de la conférence sur la transition démocratique, vise à empêcher le pouvoir d’opter encore une fois pour la politique de la fuite en avant,
option dangereuse pour le pays.

Eviter une nouvelle bipolarisation politique

Par ce positionnement, le FFS empêche la mise en place d’une nouvelle bipolarisation politique qui pouvait largement profiter au système.
Ainsi assiégé de toutes parts, celui-ci finira par se rendre à l’évidence que le moment du changement est venu, que le statut quo est intenable.

Aussi, face à une dynamique irréversible qui s’installe, l’Armée Nationale Populaire ne doit pas rester « à la marge » ! Seulement, il faut préciser qu’au lieu d’intervenir pour enclencher le processus du changement, elle doit, le moment venu, s’impliquer pour le garantir et le sécuriser.

L’engagement indispensable de la société

L’impacte des images de la conférence de Mazafrane regroupant des personnalités de diverses sensibilités politiques et idéologiques est très bénéfique pour l’avenir…
Certes, « que du temps perdu avant de réaliser que seul le dialogue politique peut être un moyen de règlement des conflits », dira l’autre.

Mais vaut mieux tard que jamais…

J’imagine Hocine Ait Ahmed, le plus grand des politiques algériens sourire : « Enfin, le temps a fait son œuvre ! »

« Mettre le mouvement dans le statut quo, mettre le mouvement dans la société ! »

Il est temps que son appel soit écouté !

contribution publiée le 17 juin par le Journal La Cité.

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