Archives de la catégorie ‘Affaire Mecilli’


Annie Micilli

La direction du FFS a décidé de relancer le journal Libre Algérie, fondé par Ali Mécili. Que pensez-vous de cette initiative ?

Je salue cette initiative qui me touche beaucoup et qui, je n’en doute pas, saura répondre au devoir de vérité que s’était fixé Ali Mécili. Dès son premier éditorial d’août 1986, intitulé «Le devoir de vérité», il fixait en effet l’objectif du journal: «LIBRE ALGERIE se veut un carrefour de toutes les réflexions, de toutes les différences. Nous accueillerons toutes les opinions, fussent-elles les plus controversées, dussent-elles nous déranger et nous donnerons la parole à tous ceux qui n’ont jamais eu le droit de la prendre. Forum du libre débat, LIBRE ALGERIE entend prouver au monde que la confrontation d’idées n’est pas l’apanage des seules sociétés dites développées, mais qu’elle constitue au contraire la seule voie permettant à chaque citoyen de former son jugement politique en s’informant librement afin d’être mieux armé pour imposer le respect des libertés démocratiques et des droits de l’Homme».

Pouvez-vous nous rappelez dans quel contexte feu Mécili a-t-il créé ce journal ?

Ali Mécili a créé ce journal pour répondre à un besoin crucial d’information. Son ambition : «mettre à la disposition de ses lecteurs un journal tout simplement digne de ce nom.» Laissons-le décrire les circonstances de la création du journal : «Cet événement intervient à un moment où nos dirigeants sont contraints de mettre un terme au grand rêve pétrolier. Le modèle de développement algérien que les auteurs du coup d’état militaire du 19 juin 1965 proposaient avec arrogance à tous ceux qui tournaient leurs regards vers l’Algérie révolutionnaire, a désormais définitivement vécu. Sa mort était hier symbolisée par les persécutions subies par les créateurs de la Ligue algérienne de défense des droits de l’Homme et, aujourd’hui par l’expulsion criminelle de milliers de Touaregs, victimes d’un ethnocide inauguré il y a longtemps déjà contre l’un des peuples les plus fiers de la planète. La vérité explose cependant chaque jour davantage. Les slogans creux n’arrivent plus à masquer la triste réalité économique et sociale et la Nomenklatura elle-même craint pour ses propres intérêts. LIBRE ALGERIE arrive à point nommé pour dénoncer ce scandale. Il le fera sans haine mais sans concession d’aucune sorte si ce n’est à son devoir de vérité».

Que gardez-vous de cette expérience ?

Je garde le souvenir de l’enthousiasme d’Ali et de son regard qui pétillait d’intelligence lorsqu’il me lisait les articles qu’il venait d’écrire, je garde aussi le souvenir de nos enfants qui, le dimanche après-midi, le tiraient par le bras et attendaient impatiemment la fin d’un éditorial pour qu’il les amène jouer au jardin du Luxembourg.

Si vous permettez, faisons un petit détour sur la personnalité de Maître Ali Mécili. Comment l’avez-vous connu ? Quels étaient sa meilleure qualité et son pire défaut ?

Nous nous sommes connus à Aix-en-Provence où nous faisions nos études de droit. Ce qui m’a séduit en lui, de prime abord, c’est son regard qui livrait tout de lui, son intelligence, son humanité, sa générosité et aussi son humour.

Sa plus grande qualité, c’était le don de soi, mais c’était aussi son plus grand défaut car en se donnant entièrement aux autres et à son combat, il s’oubliait lui-même.

Comment se comportait-il avec vous et ses enfants, vu son occupation par la vie professionnelle et surtout militante trop chargée ?

C’est vrai qu’il était très pris et, souvent, même quand il était avec nous, je le sentais absent, préoccupé, tout à son combat que ce soit pour la défense de ses clients, je rappelle qu’il était avocat, ou pour la démocratie en Algérie. Il essayait néanmoins de préserver un espace de paix et de trouver le temps de s’occuper de ses enfants.

Vous qui ne connaissez pas vraiment l’Algérie. Quelle image gardez-vous de ce pays, telle que présentée par votre époux ?

J’ai une immense tendresse pour ce pays et pour son peuple. A travers Ali et l’amour qu’il portait à l’Algérie, je garde l’image d’un peuple fier et courageux, très attachant. J’ai toujours une immense tristesse lorsque je repense aux joies de l’Indépendance et aux déceptions qui ont suivi.

Que disait-il sur son choix après l’indépendance de soutenir Aït Ahmed, avec lequel il sera arrêté en 1964, alors qu’il a été l’un des officiers les plus respectés de l’ancienne sécurité militaire ?

Ali est devenu agent des services de renseignement du FLN pendant la guerre de libération, par hasard, je tiens à le souligner, et non par choix ou inclination naturelle. Il s’y est trouvé affecté, sans même avoir été consulté, après avoir subi une sorte de test qui s’est révélé sans doute trop concluant sur son intelligence et son engagement au service de la Révolution. Cette expérience lui a en tout cas permis d’acquérir une parfaite connaissance des services de renseignement et de percevoir très tôt les dérives à venir. Il a compris que cette machine deviendrait «un monstre qui allait dévorer le pays…», et confisquer les acquis de la Révolution. Dès le lendemain de l’Indépendance, il a rompu avec les services et s’est engagé aux côtés de Hocine Aït Ahmed dans le combat démocratique.

Justement, qu’est-ce que représentaient, pour lui, Aït Ahmed et le FFS ?

Sa rencontre avec Hocine Aït-Ahmed est la rencontre de sa vie. Leur amitié n’a cessé de se renforcer au cours des années et cette rencontre de deux êtres exceptionnels était une vraie chance pour l’Algérie: l’émulation entre ces deux intelligences politiques totalement complémentaires, leur tolérance et leur sens de l’ouverture au monde, leur honnêteté intellectuelle, leur probité et leur courage permettaient tous les espoirs.

Ali Mécili a été connu comme celui qui a voulu unifier tous les courants de l’opposition algérienne contre le parti unique. Il était l’artisan des accords de Londres 1985. Pour beaucoup d’observateurs, ces accords ont été l’une des raisons principales de sa liquidation physique. Êtes-vous d’accord avec cette thèse ?

Je dirais que cette thèse est un raccourci simplificateur comme tous les raccourcis d’ailleurs. Il y a, à l’assassinat d’Ali, des raisons profondes qui ont fait de lui une cible privilégiée. Il y a tout d’abord sa conduite subversive, sa volonté inébranlable de servir l’idéal révolutionnaire et le combat démocratique comme le montrent les choix qu’il a faits tout au long de sa vie. N’oublions pas qu’il a démissionné des services de renseignement dès l’Indépendance et que cet acte n’a pu qu’être considéré comme une trahison qui ne lui sera jamais pardonnée. Il y a surtout son engagement aux côtés de Hocine Aït-Ahmed dans le combat démocratique. Ali n’a de cesse de dénoncer l’omnipotence de l’armée dans la vie politique du pays et les violations des droits de l’Homme en Algérie alors qu’à cette époque, comme il le dit dans un discours prononcé à Alicante en 1986, les observateurs tout à leur admiration pour le combat du peuple algérien n’osent pas l’admettre. Ali rompt la loi du silence et casse le tabou. Il est d’autant plus dangereux pour le pouvoir qu’il a un grand charisme et une force de conviction peu commune suscitant l’adhésion. Voilà ce qui explique avant tout l’élimination physique d’Ali.

A ces raisons de fond, s’ajoutent des raisons conjoncturelles qui l’amènent à occuper le devant de la scène et à le désigner comme la cible à atteindre pour «casser ce couple redoutable»: Aït-Ahmed – Mécili. C’est là qu’interviennent les accords de Londres de 1985 qui scellent le rapprochement de Ben Bella et d’Aït Ahmed, mais également la création du journal LIBRE ALGERIE et le succès qu’Ali remporte en faisant échouer l’expulsion par le gouvernement français de treize opposants benbelistes. Autant d’éléments qui vont conduire à son élimination.

A ce moment donné, est-ce qu’il a senti que sa vie était en danger ?

Oui, il était inquiet car il avait reçu des menaces à son cabinet et il les prenait au sérieux.

Certes, c’est un épisode douloureux. Mais vous rappelez-vous des derniers moments de sa vie ? La dernière fois que vous l’avez vu, ses derniers mots…

Oui, je m’en souviens très bien. Le matin du 7 avril 1987, nous avons ensemble traversé le jardin du Luxembourg, il allait à son cabinet et les enfants à l’école. Le ciel était gris, il avait l’air soucieux, il a plaisanté avec Yalhane et Léa, puis nous nous sommes séparés. Je lui ai parlé une fois encore le soir même au téléphone, la dernière. Il me disait qu’il allait rentrer tard…

Où en est l’enquête de la justice ? Avez-vous des nouvelles informations à communiquer sur son assassin et ses commanditaires ?

Non, à ce jour, je n’ai pas de nouvelles informations.

Faites-vous confiance à la justice française qui tarde à régler cette affaire?

Je fais confiance et je veille. Je rappelle qu’en 1992, nous avons échappé de peu à un non-lieu dans cette affaire.

Est-ce que les autorités algériennes ont essayé de prendre contact avec vous depuis le lâche assassinat de votre mari ?

Non et elles n’ont pas répondu favorablement à la commission rogatoire internationale qui leur avait été adressée en 1988 en vue notamment d’entendre Abdelmalek Amellou, principal suspect dans cette affaire.

Quel message adressez-vous à l’Etat algérien ?

Je pourrais demander à l’Etat algérien de collaborer avec la justice française pour que toute la vérité soit faite sur l’affaire Mécili.

Ce sept avril, nous célébrons le 27e anniversaire de sa disparition, mais aussi 27 ans d’impunité dont bénéficient ses assassins. Croyez-vous qu’un jour la justice sera rendue ?

Je l’espère en tout cas et nous continuerons à réclamer justice. C’est une question d’honneur et de respect pour la mémoire d’Ali et pour nos deux pays.

* Doctorant en communication et journaliste


À l’initiative de sa famille et de ses amis

RASSEMBLEMENT POUR ALI MECILI

MECILI 1Le dimanche 13 avril 2014 à 14 h 30
Cimetière du Père Lachaise – Entrée principale

Dans son dernier éditorial pour  » Libre Algérie », le journal qu’il avait créé, Ali Mécili écrit : « Habitués qu’ils sont à toutes les farces électorales qui ont émaillé l’histoire de l’Algérie depuis 1830, les Algériens et les Algériennes préfèrent se taire sur le sujet. Lorsqu’ils se déplacent pour déposer leur bulletin dans l’urne, peu importe d’ailleurs ce qui est imprimé sur ce bulletin, ils s’empressent aussitôt de justifier leur geste en brandissant le fameux tampon qu’il faudra peut-être montrer demain pour voir aboutir toute démarche administrative. Si le pouvoir avoue aujourd’hui plus de 25% d’abstentions à Alger et à Oran et au moins 15% de bulletins nuls, c’est tout bonnement pour cesser de se couvrir totalement de ridicule en continuant à faire voter les morts, les handicapés et les malades mentaux qui s’entassent dans les asiles d’aliénés ressemblant fort à des camps d’internement (…) ».

En 2014, à la veille de l’élection présidentielle algérienne, le président d’un parti politique soutient le plus sérieusement du monde: « Oui, je voterais pour Bouteflika mort ou vivant ».

Hier, on faisait déjà voter les morts et, aujourd’hui, on pourrait donc aller jusqu’à voter pour un mort. Les historiens qui, plus tard, se pencheront sur l’histoire de l’Algérie apprécieront à leur juste valeur de telles avancées démocratiques.

Tant de vies sacrifiées pour ça et parmi ces vies, celle d’Ali Mécili, combattant avec Hocine Aït-Ahmed pour la démocratie et les droits de l’homme, assassiné le 7 avril 1987 par la Sécurité militaire algérienne. Il nous manque.

Retrouvons-nous, plus nombreux que jamais, le 13 avril prochain à 14h30, pour conjurer le désespoir et nous recueillir sur sa tombe.

Paris le 31 mars 2014
Annie Mécili


da ali

Affaire Mecili, 26 ans de quête de la vérité

«La raison d’Etat a primé sur la justice», selon Ali Laskri

Avocat au barreau de Paris, membre fondateur du Front des forces socialistes (FFS) et militant acharné de la démocratie, Ali Mecili est assassiné devant l’entrée de son immeuble de trois balles dans la tête. 26 années sont passées depuis ce lâche assassinat et l’affaire Mecili demeure une plaie ouverte.

Lorsqu’on ouvrira cette lettre, se sera accomplie une destinée qui, depuis ma plus tendre enfance, n’aura jamais cessé d’hanter mon esprit… Je meurs sous des balles algériennes pour avoir aimé l’Algérie… Je meurs seul, dans un pays d’indifférence et de racisme… Je meurs pour avoir vu mourir l’Algérie au lendemain même de sa naissance et pour avoir bâillonné l’un des peuples de la Terre qui a payé le plus lourd tribut pour affirmer son droit à l’existence.» Ce sont quelques phrases écrites par le martyr de la démocratie, Ali Mecili, qui faisait l’objet de nombreuses menaces.

Des menaces qui passèrent à la phase de l’exécution un triste 7 avril 1987, à 22h35, à Paris. Avocat au barreau de Paris, membre fondateur du Front des forces socialistes (FFS), militant acharné de la démocratie, Ali Mecili est assassiné devant l’entrée de son immeuble de trois balles dans la tête. 26 années sont passées depuis ce lâche assassinat et l’affaire Mecili demeure une plaie ouverte. La famille et les compagnons de Mecili s’opposeront à toute fermeture du dossier tant que la justice n’a pas suivi son cours normal et que l’auteur et les commanditaires de cette liquidation d’une grande figure de l’opposition algérienne n’ont pas été jugés. «Il est toujours de notre devoir de rappeler que des militants épris de justice et de démocratie ont créé le FFS pour contrecarrer la dérive autoritaire du régime post-indépendance. Parmi ces hommes qui ont œuvré à sensibiliser les Algériens sur une autre manière de gouverner, il y avait Ali Mecili.

Considéré comme une véritable menace au régime autoritaire, sa liquidation physique a été programmée pour mettre fin au travail politique qui pouvait amener le changement en Algérie», note le premier secrétaire national du FFS, Ali Laskri, dans un message lu, hier, lors d’une journée hommage à Ali Mecili organisée par ce parti. Pour que le crime ne reste pas impuni et pour que la raison d’Etat cède enfin devant la justice, le Front des forces socialistes tient à rappeler continuellement que la vérité finira par triompher. «Depuis avril 1987, la raison d’Etat a primé sur la justice et la vérité. Le crime politique est resté jusqu’à ce jour impuni… Cette date consacrée journée du militant nous amène à œuvrer sans cesse pour que la lumière soit faite, que justice soit rendue à toutes les victimes et aussi pour faire vivre lors de cette journée les principes politiques, démocratiques et rassembleurs qui furent ceux d’Ali Mecili…», note Laskri.

L’hommage rendu à Mecili hier par le FFS s’est décliné en une journé

e de formation au profit des jeunes. Une manière de nourrir cette jeunesse aux mamelles du combat pacifique pour la démocratie et les droits de l’homme, dont se réclamait Ali Mecili. Ce dernier, œuvrait avant sa mort à unir les forces démocratiques algériennes afin d’imposer une alternative démocratique et voir enfin se construire l’Algérie pour laquelle il a milité sa vie durant. Né en 1940 à Koléa, Mecili s’est très tôt engagé dans la lutte pour la libération du pays. A l’indépendance, il continua son combat pour une Algérie libre et démocratique en fondant, avec Hocine Aït Ahmed, le FFS. Il connut les geôles de Ben Bella puis à sa libération en 1965, il part en France où il devint avocat.

Il n’a jamais cessé, aux côtés d’Aït Ahmed, de militer pour une Algérie

démocratique. Dans une conférence donnée quelques jours avant sa mort, Ali Mecili évoquait la fameuse raison d’Etat. «Il
y a la raison d’Etat qui fait que les états indépendants ont entre eux des relations diplomatiques, politiques, économiques qu’ils font passer au-dessus de toute autre revendication démocratique», disait-il. Sur une note de dépit, Mecili ajoute : «La Charte des Nations unies appuie la supériorité des droits de l’homme sur toute autre considération. Pourtant, la raison d’Etat triomphe sur tout l’échiquier politique international.» Il en sera victime quelques jours plus tard et 26 ans après, son assassin n’a pas goûté un seul jour d’emprisonnement.

Nadjia Bouaricha

Ali mecili

Dans la vie, il y a des combats qui ne s’estompent pas. Celui d’Ali Mecili en fait incontestablement partie. Bien que son promoteur ne soit pas de ce monde, grâce à la mobilisation de Hocine Ait Ahmed et de sa famille, son sacrifice n’est ni oublié ni abandonné. À ce titre, chaque année, sa famille, le FFS et tous ceux qui sont épris de justice commémorent l’anniversaire de l’assassinat d’Ali Mecili par les services secrets algériens. Cette année, un rassemblement est prévu demain, le 7 avril 2013, à 14 heures 30 au cimetière Pierre Lachaise.

De toute évidence, malgré les 26 ans qui nous séparent de cet ignoble meurtre, la plaie est toujours béante. Et le moins que l’on puisse dire, c’est qu’elle a du mal à cicatriser, car tout est fait, du côté français comme du côté algérien, pour que la vérité ne se sache pas. En tout cas, par sa couverture d’un assassinat perpétré sur son sol, la France, au nom de la raison d’État, a couvert et couvre encore les auteurs de la sale affaire. Malheureusement, la France a choisi le camp des tyrans, en étant peu regardante sur les valeurs qui sont les siennes. En effet, un pays qui affirme son attachement à la justice, au respect des principes humanistes, peut-il bâcler l’enquête en livrant l’assassin au pays qui a planifié une liquidation d’un opposant politique sur son propre sol ?

À moins que le combat d’Ali Mecili pour le changement de régime en Algérie contrarie des desseins occultes. Et pourtant, le combat d’Ali Mecili pour l’instauration de la démocratie en Algérie ne devait pas a priori poser un cas de conscience à un pays qui s’apprêtait à l’époque à fêter les deux cents ans de la chute de la monarchie. En tout cas, pour Ali Mecili, une Algérie libérée par le sang de ses meilleurs fils ne méritait pas de sombrer dans le chaos. Le compagnon de lutte de Hocine Ait Ahmed ne voulait pas assister, après avoir contribué à mettre fin au joug colonial, à une autre forme de domination de son peuple.

Cette probité le rapproche naturellement de Hocine Ait Ahmed, dont le combat pour une Algérie libre, heureuse et épanouie n’est plus à présenter. D’ailleurs, dès l’automne1962, les deux hommes se sont engagés pacifiquement dans un combat politique en vue de restituer sa dignité au peuple algérien. Quoi qu’il en soit, le combat politique à l’intérieur des institutions ayant montré ses limites, ils ont créé, en compagnie d’autres grands militants, le front des forces socialistes, le 29 septembre 1963. Et durant sa riche carrière politique, la devise d’Ali Mecili était la suivante : « la démocratie d’aujourd’hui est également la garantie de la démocratie de demain. »

De toute façon, la persévérance d’Ali Mecili dans son combat est perçue comme une menace sérieuse par le régime d’Alger. D’autant plus que, dans les années 80, Ali Mecili œuvre pour le rassemblement de l’opposition algérienne. Créant son organe de presse, en l’occurrence Libre Algérie, Ali Mecili dénonce les abus du régime algérien et les mesures iniques des autorités françaises à l’égard des opposants algériens en France. Dans ces conditions, comme le feraient tous les régimes dictatoriaux, la liquidation physique devient une nécessité en vue d’éteindre la voix dénonciatrice. Dès lors, le sort d’Ali Mecili est scellé, selon Hocine Ait Ahmed. « « Ali André Mecili a été tué par la conjuration des barbouzes et des maquereaux contre le rapprochement des hommes au sein d’un même peuple et le rapprochement entre les peuples au sein d’un même monde. C’est parce que le FFS s’est inscrit dans la logique d’union nationale, de convergence démocratique, de la lutte pacifique en Algérie et de rapprochement entre les peuples français et algérien dans le respect mutuel qu’Ali André Mecili a été tué », déclare-t-il à l’occasion du 23ème anniversaire de l’assassinat de son ami.

En somme, il va de soi que l’assassinat d’Ali Mecili résulte de la bêtise humaine. En un mot, les usurpateurs du pouvoir en Algérie, dès 1962, ne voulaient pas que quiconque les contrarie. Quant aux autorités françaises de l’époque, leur arrangement avec le régime d’Alger en vue d’étouffer l’affaire s’est fait au détriment des valeurs fondatrices de l’État français. Dans ce cas, et en dépit des difficultés tous azimuts, il ne reste aux proches d’Ali Mecili et à sa famille politique, à travers des cérémonies annuelles, qu’à perpétuer son combat, et ce, jusqu’à ce que la lumière soit faite sur ce lâche assassinat. « Nous allons donc continuer et comme chaque année, en avril, nous retrouver pour nous recueillir sur la tombe d’Ali et redire notre espoir de voir un jour la vérité venir d’une Algérie enfin démocratique », écrit en 2010 Annie Mecili, veuve d’Ali Mecili. Enfin, ce jour, où la vérité jaillira, interviendra, espérons-le, avec la réalisation du vœu d’Ali Mecili inhérent à la fin de la dictature en Algérie.

Boubekeur Ait Benali, 7 avril 2013



houari 2

L’Algérie, cette terre maudite, dont le peuple sera condamné à l’oppression et à toute sorte d’injustice pendant presque les deux derniers siècles qui viennent de s’

écouler, verra mourir assassinés ses meilleurs hommes et femmes, pour le seul tord de l’avoir trop aimé et de lui avoir été rester fidèles jusqu’au dernier souffle de leur vie.

C’est ainsi que le 7 avril 1987, Ali André Mécili, l’un parmi ceux-là, fut assassiné par balles au bat de l’immeuble où il résidait en plein cœur de Paris. Il mourra sous des balles algériennes, lui aussi pour avoir trop aimé l’Algérie, pour lui avoir été resté fidèle jusqu’à ce que les balles qui ont transpercé son corps ce jour-là ! avaient eu raison de cet amour.

Une énième tragédie, qui jeta encore une fois l’émoi dans la conscience collective, par la manifestation de cette malédiction injuste, qui continue à poursuivre et à persécuter les amoureux de cette patrie, éternellement confisquée et qui n’a jamais pu offrir à ses hommes et à ses femmes de répit partout où ils se trouvent.  Encore une fois ce jour-là ! coulera le sang de l’un de ses enfants parmi les plus courageux et les plus dignes, poursuivi jusque dans les derniers retranchements de son exile. Ali Mécili est mort ce jour-là pour avoir trop aimé l’Algérie.

Déjà très jeune, il s’était engagé dans le combat pour la libération de l’Algérie de l’occupation coloniale. Après l’indépendance, il va continuer son combat dans l’opposition pour la démocratie dès 1962, qui a débouché, en 1985 sur la proclamation de Londres entre le FFS, dont il était un militant très actif et le MDA. Il dira à propos de cette déclaration, lors de son dernier discours, prononcé à Paris le 21 mars 2007, quelques jours seulement avant son lâche assassinat : « La proclamation de Londres a été l’aboutissement de la fin d’un processus qui a commencé dès l’indépendance et qui était le prolongement naturel du combat qui a commencé avec l’OS et le FLN pendant la lutte pour la libération nationale. »

L’objectif de cette proclamation était de vouloir la paix civile dans un climat démocratique. Elle visait la démocratisation des institutions en Algérie, en offrant la possibilité au peuple algérien d’élire librement ses représentants à une assemblée nationale constituante, qui elle seule a le droit de définir en toute liberté et dans le pluralisme politique  une authentique démocratie. Elle proclama à cette occasion un certain nombre de principes, qu’elle considère comme indispensables à une véritable démocratie. Il s’agit du respect des droits de l’homme, c’est-à-dire les droits civils et politiques, qui font de chaque citoyen un citoyen responsable : la liberté d’expression, la liberté d’aller et venir, la liberté d’association, la liberté de créer des partis politiques, la liberté syndicale, le droit de sûreté (qui empêche les arrestations arbitraires), les libertés économiques et sociales, le pouvoir d’achat, le droit au logement, le droit à la santé et à l’instruction. Parce que le respect des droits de l’homme permet effectivement au citoyen de pouvoir jouir de sa liberté et s’épanouir pour pouvoir participer à la construction du pays.

Cet appel s’adressait à toutes les forces politiques du pays, sans aucune exclusive, à la seule condition qu’elles respectent les principes démocratiques. Il s’agissait d’ouvrir bien grand les portes du débat démocratique à toutes les personnalités politiques, à tous les partis politiques, à toutes les associations et les mouvements politiques, sur la base d’un texte qui est le plus large et de les inviter à venir pour pouvoir engager une action commune pour l’instauration de la démocratie.

Après l’appel de Londres, Ali André Mécili ne cessa d’organiser des meetings  un peu partout en Europe, pour informer l’opinion algérienne de l’existence de cette proclamation et de faire un travail de conscientisation. Il créera en même temps, avec d’autres militants, un organe  d’information qui s’appelle libre Algérie, à travers lequel il a essayé de poser dans un cadre plus large le problème de la démocratie en Algérie et à donner la parole de façon très  libre à tous ceux qui voulaient la prendre. À ce propos, il n’hésitera pas à manifester son amertume, lors de son dernier discours à Paris, en critiquant la démission de la société et notamment celle des intellectuels, qu’il considère démissionnaires, pour ne pas répondre aux obligations qui devraient être les leurs dans une situation aussi catastrophique que celle que vivait l’Algérie à ce moment. Mais hormis cette déception, il se contentera du parcours qu’a eu l’organe d’information libre Algérie, qui a connu une bonne réussite, aussi bien dans l’émigration qu’en Algérie, lorsqu’il a réussi à passer par les mailles de la censure.

Malgré ces difficultés, il ne s’est jamais avoué vaincu. Il déclara, toujours dans ce dernier discours à Paris, qu’il y a diverses manières de faire de l’opposition politique, il y a l’écrit et il y a les débats au sein d’assemblées citoyennes. Il y a de multiples formes d’expression pour un mouvement politique. Bien que l’écrit reste quelque chose de bien plus important. Le combat de l’opposition est un combat essentiellement lié à l’information. Ce qui fut d’ailleurs comme premier objectif pour l’appel de Londres, par rapport à l’opinion publique, d’engager la bataille de l’information, en se dotant d’un support de communication autonome et ouvert à l’ensemble du peuple algérien, à travers la naissance de ce journal qu’était libre Algérie.

Une autre difficulté, de taille celle-là, va frapper de plein fouet le combat que mené Ali André Mécili et ses camarades, celle de la raison d’État. Elle va tour à tour liquider d’abord libre Algérie, puis le journal l’alternative démocratique qui a essayé de la contourner par son remplacement.Mais le militant sincère qu’étaitAli André Mécili, dont  le combat  pour la liberté a façonné sa personnalité, depuis la guerre de libération nationale déjà et dont l’amour pour l’Algérie était infaillible, ne pouvait se décourager devant de tels obstacles, il en a connu pire, notamment pendant son emprisonnement par la dictature de Boumediene. Il insistait sur le fait, qu’il y a diverses manières de faire de l’opposition politique. Ce qui lui importer était de forgerune opinion politique capable de dynamiser la société et canaliser la mobilisation populaire pour l’instauration de la démocratie, seule forme politique à permettre au peuple d’accéder à sa liberté et à sa dignité.

La raison d’État finit par avoir raison devant la décapitation de ce mouvement de libération du peuple algérien le 7 avril 1987, treize mois après l’appel de Londres, où Ali André Mécili était lâchement assassiné en plein cœur de paris, dont ce crime abject, commis contre tout le peuple algérien, demeure à ce jour non élucidé.

Il a écrit dans ce texte, qui sera trouvé après sa mort : « Lorsque l’on ouvrira cette lettre, se sera accomplie une destinée qui, depuis ma plus tendre enfance, n’aura jamais cessé de hanter mon esprit. […] Je meurs sous des balles algériennes pour avoir aimé l’Algérie. […] Je meurs seul, dans un pays d’indifférence et de racisme. […] Je meurs pour avoir vu mourir l’Algérie au lendemain même de sa naissance et pour avoir vu bâillonner l’un des peuples de la Terre qui a payé le plus lourd tribut pour affirmer son droit à l’existence. »

Youcef  Benzatat


Hommage a Ali Mécilli

Ait Ahmed : Hommage à son compagnon assassiné il y a 25 ans

Dans le cadre de la commémoration du 25e anniversaire de l’assassinat d’Ali Mécili, quelques dizaines de militants et de sympathisants du Front des forces socialistes (FFS) ont rendu, hier à Paris, un hommage solennel à sa mémoire.

«Il devait être quelqu’un qu’on n’est pas prêt d’oublier», a constaté une dame devant l’entrée principale du cimetière du Père Lachaise. Accompagnée de quelques membres de sa famille et des amis, Annie Mécili, veuve du défunt, a exprimé d’abord sa «satisfaction de retrouver chaque année les frères et les camarades de combat» de son défunt mari «toujours en lutte pour la démocratie et la justice». «Je tiens à dire que nous sommes, et pour toujours, en quête de vérité sur la mort d’Ali et nous ne nous rendrons jamais», a-t-elle ajouté. Faisant le parallèle avec le cinquantenaire des Accords d’Evian et de l’indépendance de l’Algérie, Mme Mécili a fait l’éloge du passé révolutionnaire de son époux.

Dans un silence religieux, elle a lu quelques passages de la lettre envoyée par Ali Mécili à un ami italien depuis Tripoli, le 30 mai 1962 : «Dans un mois, notre pays retrouvera son indépendance et sa liberté. Dans trente jours donc, je serai de nouveau chez moi, en Algérie, parmi les miens.» Elle souligne : «Dans cette lettre il se réjouit devant son ami, qui lui a dit au début de son combat que ’la gazelle ne mangera pas le lion’ en disant que ’nous avons mangé le lion, un lion plus que féroce et la gazelle retrouvera sa liberté’. Mais malheureusement la gazelle a rencontré d’autres lions tout aussi féroces et Ali a été assassiné pour s’être opposé à un pouvoir autoritaire qui avait confisqué les idéaux de la Révolution.»

Après les hommages de son épouse, ceux de son compagnon d’armes puis de la lutte démocratique au sein du FFS, le message de Hocine Aït Ahmed a été lu aux présents devant la demeure éternelle d’Ali Mécili. «Comme certains d’entre vous, chaque année je me dis que c’est cette année que la présence d’Ali nous aurait été ô combien utile», ouvre d’emblée le président du FFS, en précisant : «Là ou des hommes vivent, souffrent et résistent de toutes les forces qu’ils arrivent à soustraire à la domination et à l’humiliation, l’esprit de Ali est là. C’est du moins ce que j’aime à croire quand son souvenir revient me hanter au travers de l’actualité brutale, inhumaine, dans ce spectacle de l’exploitation de la misère par ceux-là mêmes qui fabriquent la misère, y plongent les êtres, les encerclent de toutes parts, les poussent à l’innommable et finissent par s’en débarrasser comme de vulgaires parasite.»

Un message qui peut renvoyer à l’affaire Merah ? Et d’appuyer sa colère en disant : «Ali me manque surtout quand la manipulation des horreurs me met en colère, surtout quand l’exploitation des drames vient, encore une fois mettre les ’damnés de la terre’ en première ligne.» A cette occasion, il met encore une fois les pouvoirs français et algérien, qu’il a accusés plusieurs fois de complicité dans l’assassinat de Mécili, devant leur responsabilité : «Ali-André Mecili n’a pas été tué parce qu’il était Algérien, ni par ce qu’il était Kabyle, ni par ce qu’il était Français. Il a été tué par ce qu’il était tout cela dans le respect de principes humanistes et universalistes. Ali-André Mecili a été tué par la conjuration des barbouzes et des maquereaux contre le rapprochement des hommes au sein d’un même peuple et le rapprochement entre les peuples au sein d’un même monde.»

Hocine Aït Ahmed aime à décrire les traits et combats de son ami en rappelant que «Ali rapprochait les gens. En retissant, entre les êtres, les liens que la domination sous son hideux visage colonial ou sous les traits de l’autoritarisme mafieux ou encore à travers les perfides manipulations barbouzardes, travaillait à rompre de manière à jeter les hommes comme des chiens les uns contre les autres. C’est pour cela qu’il a été tué». Il défend aussi l’idéal de son fervent défenseur qui, selon lui, voulait accomplir son devoir révolutionnaire et nationaliste en luttant contre une «caste qui n’aspirait qu’à mettre sous son joug ce peuple algérien» et «retisser les êtres pour faire échec aux systèmes».

Envoyant un message politique fort à la fois aux militants et aux détracteurs du FFS, Aït Ahmed explique : «C’est parce que le FFS s’est inscrit dans une logique d’union nationale, de convergence démocratique, de lutte pacifique en Algérie et de rapprochement entre peuples français et algérien dans le respect et l’intérêt mutuels que Ali à été tué.» Et de conclure, en cette veille de commémoration de l’indépendance de l’Algérie : «La  machine criminelle qui n’a jamais accepté que l’indépendance algérienne soit autre chose qu’une formalité administrative entre deux groupes d’intérêts illégitimes, a concouru à l’assassinat de Mecili et continue à polluer le climat politique en Algérie et en France.»

Samir Ghezlaoui


dim, 2011-04-10 17:21 — Madjid Amazigh

Le sang des Algériens n’a que trop coulé. Notre société est en pleine décomposition. Nous devons dés lors, dans la diversité de nos convictions et de nos appartenances, lutter pour que la construction d’un rapport de force politique s’impose comme l’alternative à la confusion et à la violence.
Je crois profondément que la priorité aujourd’hui est de lancer une dynamique de débat national portant sur les préoccupations et les souffrances quotidiennes des citoyens. Ce débat est incontournable car c’est ainsi que nous retrouverons confiance en nous et confiance entre nous. C’est lui et lui seul qui permettra de retisser le lien social et politique dans notre pays. C’est un long chemin. Mais il fera de nous tous des Algériens véritablement libres. C’est cette voie qui fera que tous ceux qui, comme toi Ali sont partis trop vite, trop tôt, ne se seront pas battus pour rien.
Je voudrais d’abord remercier Annie de savoir, chaque année, dénicher un écrit d’Ali dont l’actualité nous rappelle deux choses : la lucidité et la clairvoyance d’Ali avant l’heure et son engagement « originel », je dirais quasi existentiel en faveur des libertés.
Le texte que Yalhane, son fils, vient de lire, m’a ramené à ces années terribles. Des années où il était presque impossible de faire entendre que, nous Maghrébins n’étions ni voués à la dictature, ni interdits de liberté et de dignité pour l’éternité.Quand Annie m’a demandé si je voulais intervenir aujourd’hui, j’ai d’abord pensé que ce texte d’Ali suffisait à résumer l’ancrage de notre combat de toujours pour la démocratie dans notre pays et dans le Maghreb tout entier.
Mais la révolution tunisienne et la révolte égyptienne ont donné un coup d’accélérateur à l’Histoire. Et nous, Algériens, sommes sans cesse interpelés sur notre prétendue « absence » de ce grand mouvement libérateur, ce mouvement dont tu étais convaincu, Ali, qu’il arriverait un jour. Une telle interpellation est assez paradoxale pour des Algériens qui ont payé le prix fort pour leur combat pour les libertés, la dignité et le changement de régime.
C’est ce paradoxe qui m’a fait ressentir le besoin de redire, ici près de toi Ali, qu’il est évident que nous sommes directement interpellés par la magnifique leçon de courage, d’organisation et de détermination populaire que ce mouvement de révolte dans le monde arabe donne au monde entier.
Mais on ne peut pas se mentir à nous mêmes. On ne peut pas ne pas voir que le mur de la peur a été remplacé et aggravé au plus profond de notre société par un mur de lassitude et de dégoût. Lassitude et dégoût des fausses élites imposées à l’ombre de la terreur, de la mafia politico-financière, des élections truquées, des médias sous haute surveillance.
Dans ce contexte, céder à la nécessité d’une quelconque « contagion démocratique » serait parfaitement irresponsable. Le sang des Algériens n’a que trop coulé. Notre société est en pleine décomposition. Nous devons dés lors, dans la diversité de nos convictions et de nos appartenances, lutter pour que la construction d’un rapport de force politique s’impose comme l’alternative à la confusion et à la violence.
Depuis des années, les familles de disparus, aidées et soutenues par des avocats, s’y emploient en bravant la répression et les interdits. Celles des victimes du terrorisme aussi. Les jeunes de Kabylie en 2001, ceux de Ghardaïa, de Ouargla, des Aurès, de l’Oranie, de Constantine, les étudiants, les syndicats autonomes et tant d’autres encore, s’y emploient eux aussi.
Mais il manque pour l’instant un ancrage social plus large à toutes ces résistances à l’injustice, à la violence et à l’oppression. Il leur manque aussi l’aide et le soutien de médias authentiquement libres et crédibles.
Il leur manque de se rencontrer et de savoir ce qui les lie et ce qui les sépare pour ne pas tomber dans les pièges de la division et de la diversion.
Je crois profondément que la priorité aujourd’hui est de lancer une dynamique de débat national portant sur les préoccupations et les souffrances quotidiennes des citoyens. Ce débat est incontournable car c’est ainsi que nous retrouverons confiance en nous et confiance entre nous. C’est lui et lui seul qui permettra de retisser le lien social et politique dans notre pays.C’est un long chemin. Mais il fera de nous tous des Algériens véritablement libres. C’est cette voie qui fera que tous ceux qui, comme toi Ali sont partis trop vite, trop tôt, ne se seront pas battus pour rien.