Archives de la catégorie ‘Institutions supranationales et ONG’


L’Unesco dénombre près de 6,5 millions d’Algériens analphabètes

Elle qualifie de “moyenne” la pénurie d’enseignants au primaire

Liberté, 6 octobre 2011

L’Organisation des Nations unies pour l’éducation, la science et la culture (Unesco) a indiqué, mercredi, que l’Algérie est parmi les pays où “la pénurie d’enseignants au primaire est moyenne”.

Dans un rapport publié à l’occasion de la Journée mondiale des enseignants célébrée annuellement le 5 octobre, cette organisation onusienne explique que les pays confrontés à une pénurie d’enseignants sont ceux où le nombre d’enseignants actuellement employés ne sera pas suffisant pour assurer un enseignement de qualité pour tous les enfants en âge d’entrer au primaire d’ici à 2015. Sur cette base, elle a classé les pays en quatre catégories : pénurie sévère d’enseignants au primaire, pénurie moyenne, faible pénurie et effectifs suffisants. Outre l’Algérie, les pays où la pénurie des enseignants au primaire est moyenne sont notamment l’Arabie Saoudite, l’égypte, les émirats arabes unis, l’Irak, Oman, les états-Unis, l’Espagne, l’Italie et la Suède. Pour cette catégorie de pays, l’Unesco estime que les recrutements nécessiteront un taux de croissance annuel d’embauche variant entre 0,25% et 2,9%. Estimant le nombre existant d’enseignants au primaire en Algérie (stocks d’enseignants) à “141 400 effectifs” (chiffre de 2009), l’Unesco considère que le nombre requis pour l’année 2015 est de “151 400 enseignants”.

En conséquence, précise-t-elle, le recrutement nécessaire devra être de “53 600 jusqu’à 2015” mais en prenant en considération le nombre d’enseignants qui quitteront la profession : retraite, maladie, décès, changement d’orientation professionnelle, changement de niveau d’enseignement ainsi que les enseignants qui quittent leurs fonctions pour assumer des tâches administratives. Abordant l’analphabétisme, l’organisation onusienne indique que le nombre d’analphabètes en Algérie est de “6,48 millions de personnes, dont 65,7% sont des femmes”.

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Comité de l’IS pour l’Amérique latine et les Caraïbes

«Energie, développement et intégration» et «Compétitivité et équité» au centre de la réunion régionale à Bucaramanga, Colombie

30-31 mai 2011

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Andrés Felipe Valenzuela Parra
A Bucaramanga, capitale du Département de Santander en Colombie, dont le gouvernement est dirigé par Horacio Serpa, le Comité pour l’Amérique latine et la Caraïbe de l’IS a tenu sa réunion la plus récente les 30-31 mai 2011. Elle a été accueillie par le Parti libéral colombien (PLC), dont la délégation était conduite par le président du parti Rafael Pardo et comprenait un Vice-président de l’Internationale Socialiste Alfonso Gomez et le maire libéral  de Bucaramanga, Francisco Vargas.

Lors de la session inaugurale plus de cinq cent personnes ont applaudi avec enthousiasme les discours et l’hommage rendu par Martín Torríjos, président du Comité et Luis Ayala, Secrétaire général de l’IS, à Horacio Serpa, gouverneur de Santander, ancien Vice-président de l’IS et leader important doté d’une expérience considérable dans la famille politique social-démocratique.

Pendant les deux jours de travail, plus de 60 délégués (liste des participants) de 25 partis membres et organisations se sont penchés sur les thèmes principaux de l’ordre du jour, « Energie, développement et intégration » et plus tard « Compétitivité et équité ». Pendant le deuxième jour de travail, les membres du Comité ont eu l’occasion d’entendre des rapports nationaux sur les derniers développements dans des pays d’Amérique latine et de la Caraïbe.

Dans les débats sur le premier thème, le rôle central de l’énergie dans le processus de développement des pays de la région a été souligné. L’énergie nucléaire représentant moins de 15% de la consommation d’énergie électrique totale, même avant les réticences renouvelées suite au désastre de Fukushima vues ses dernières semaines, et  les énergies non conventionnelles et renouvelables formant une part encore plus petite de l’approvisionnement électrique mondial, les combustibles fossiles, charbon, gaz et pétrole, continueront de représenter la majorité du bouquet énergétique. Ce fait, il a été dit, devait mener à la continuation d’une réflexion approfondie de l’Internationale sur la question comment la croissance économique et le développement peuvent être réconciliés avec la lutte contre le changement climatique et la réduction d’émissions. Une attention particulière a été attirée sur le fait que plus d’un milliard et demi de gens au monde vivent dans la pauvreté extrême et qu’ils ne pouvaient aspirer à de meilleures conditions de vie qu’à condition que nous ayons la capacité et les renseignements pour chercher des combinaisons adéquates pour « motoriser le développement ».

Il a été souligné que la région est une partie de la planète exceptionnellement riche en énergies propres et renouvelables, particulièrement le soleil, ainsi que l’importance d’encourager l’échange d’expériences positives, de prototypes et de coopération scientifique et technologique au niveau des énergies renouvelables, attestant la grande importance que jouera l’éducation et la formation de nouvelles générations conscientes de ces défis.

La région dans son ensemble avait un surplus de ressources fossiles, cependant, l’option de technologies renouvelables devait être encouragée par respect pour l’environnement d’un côté et le manque d’homogénéité dans la disponibilité de ressources fossiles de l’autre. Il a été souligné que les  déficiences énergétiques intra-régionales elles-mêmes justifiaient précisément le progrès vers un plan régional d’intégration d’énergie.

Les représentants des partis social-démocratiques participant à la réunion sont convenus que les forces progressistes politiques doivent continuer d’être les traducteurs des revendications sociales grandissantes pour le développement associées au respect pour l’environnement en Amérique latine et la Caraïbe. Quelques participants ont mis en avant l’idée « d’énergie solidaire » pour la région, un concept qui englobe les coûts énergétiques, la sécurité de l’approvisionnement, l’intégration énergétique et le respect pour l’environnement.

Une autre question parmi celles discutées portait sur la question de souveraineté énergétique, en particulier à la lumière des processus d’intégration et d’ouverture aux investissements étrangers. La question de production d’énergie à partir de cultures vivrières a également été abordée. Tenant compte du débat éthique sur l’opportunité de produire de l’énergie à partir de nourriture dans un monde où une bonne partie de la population souffre toujours de faim chaque jour, la question a été posée en termes économiques concernant le lien entre ce type de production d’énergie et le manque de nourriture ainsi que de l’augmentation des prix dans les années à venir.

Sur le deuxième point de l’ordre du jour, « Compétitivité et équité » les participants ont entendu des déclarations introductives par les délégués colombiens. Ces contributions ont souligné, à titre d’exemple, les résultats positifs de la compétitivité locale à Bucaramanga, et plus généralement dans la région de Santander, où un groupe de mesures mis en œuvre sous l’administration de Horacio Serpa désignés à garantir l’amélioration de l’infrastructure, des institutions et de l’éducation, ont eu un impact considérable. De plus, toutes ces mesures sont des priorités sur lesquelles sont basées les politiques progressistes.

Les participants sont convenus qu’il n’y avait pas de compétitivité si elle n’allait pas main dans la main avec des mesures pour réduire l’inégalité, promouvoir l’inclusion et créer des meilleures conditions de vie pour le peuple. Une relation très directe a été établie entre la compétitivité et l’inquiétude progressiste de fournir non seulement des emplois, mais des emplois stables avec des conditions de protection et de dignité pour les employés. Le Comité fit référence à la législation récemment approuvée par le PLC de créer des emplois parmi les jeunes, puisqu’en Colombie, comme dans le reste du monde, les jeunes en tant que groupe étaient particulièrement touchés par le chômage.

Un autre problème sérieux touchant les pays de la région, en relation directe avec l’emploi, la productivité et la compétitivité, est celui de la migration. Le Comité a adopté une résolution avec une référence particulière à la migration vers les Etats-Unis. Les participants sont également convenus de tenir un séminaire régional de l’IS sur les perspectives et opportunités actuelles dans l’économie mondiale pour les pays de la région ainsi que sur des questions relatives aux thèmes de l’ordre du jour de la réunion, organisé en coopération avec la Commission économique pour l’Amérique latine et les Caraïbes des nations unies, CEPALC.

Sur d’autres questions, le Comité est convenu que la question de santé reproductive, du droit de la femme de décider librement de son corps et de politiques qui ne violent pas les droits humains des femmes, seront discutés lors de la prochaine réunion.

Sous le point des situations nationales de l’ordre du jour, le Comité a approuvé une résolution concernant les anciennes Antilles néerlandaises, exprimant son inquiétude en vue de la décision des Pays-Bas d’imposer la catégorie de municipalités néerlandaises aux îles de Saba, Bonaire et Saint-Eustache et limitant l’autonomie gouvernementale d’Aruba convenue auparavant et plus récemment convenue avec Curaçao et St. Maarten. Une autre résolution adoptée fait référence à Puerto Rico, soutenant l’appel du Comité spécial de la décolonisation des Nations unies à l’Assemblée générale d’examiner le cas colonial de Puerto Rico et leur appel pour la libération des patriotes portoricains emprisonnés aux Etats-Unis. Cette résolution soutient également les efforts du PIP pour une représentation portoricaine observatrice dans la CELAC (Communauté d’États latino-américains et caraïbes).

Le Comité a décidé d’accepter l’invitation de la Mesa de Unidad qu’une délégation de l’IS aille visiter le Venezuela pour observer les élections primaires des partis de l’opposition le 12 février 2012. Par rapport aux élections législatives et présidentielles qui auront lieu le 1 juillet 2012 au Mexique, le Comité est également convenu d’envoyer une délégation d’observateurs, à la suite d’une invitation des partis membres de l’IS dans ce pays.

Dans l’analyse des inquiétudes régionales, la question du trafic de drogue et de l’insécurité de la population civile qui en résulte et lié aux effets du crime organisé a été soulignée en tant que sujet qui devait être abordé en priorité et un séminaire spécial sur la sécurité, le trafic de drogue et le crime organisé transnational aura lieu dans les six prochains mois.

Dernièrement, un document a été adopté qui résume les conclusions des discussions sur les deux thèmes principaux de la réunion à Bucaramanga, incorporant un nombre de politiques publiques progressistes à promouvoir, y compris la défense de l’égalité entre les sexes et les opportunités d’emploi pour les jeunes.

La réunion s’est terminée par l’accord que le Comité se réunira la prochaine fois dans la deuxième partie de l’année, en octobre, à Porto Alegre, Brésil, où le Comité sera accueilli par nos camarades du PDT et Vice-président de l’IS Carlos Vieira da Cunha.

LIENS VERS DES ARTICLES DE PRESSE :

Discussions de l’Internationale Socialiste à Bucaramanga (en espagnol), Vanguardia.com

30 mai 2011

A Bucaramanga la réunion de l’Internacional Socialiste se termine par des propositions sociales (en espagnol), Caracol Radio

31 mai 2011

 

Autres activités apparentées


01-02 juillet 2011

Le Conseil de l’Internationale Socialiste s’est réuni à Athènes les 1 et 2 juillet 2011, accueilli par le Mouvement Socialiste Panhellénique (PASOK), rassemblant des délégués de partis membres de l’IS de toutes les régions du monde, des représentants d’un nombre d’organisations et de partis invités ainsi que d’autres personnalités (liste des participants).

Michalis Karchimakis, Secrétaire général du PASOK, a souhaité la bienvenue à tous les participants à Athènes au nom du parti hôte. Le Président de l’IS et Premier ministre de Grèce George Papandreou, dans son discours d’ouverture, a remercié tous ceux présents pour leur solidarité et leur soutien envers son pays ces derniers jours et mois, et a souligné l’importance de la coopération régionale et mondiale en traitant la phase actuelle de la crise financière internationale. La Grèce a souffert des conséquences des marchés financiers dérégulés et de l’impact négatif de la spéculation. Le peuple grec, par le vote au parlement la veille du Conseil, avait tenu bon et à présent l’Europe, les institutions financières internationales et la politique devaient jouer leur rôle dans la construction de l’avenir. En ce qui concerne les questions sur l’ordre du jour, le Président a souligné l’engagement de l’Internationale de soutenir ceux luttant pour la démocratie dans le monde arabe, tel que cela a été le cas en Grèce, et dans beaucoup d’autres pays, où la social-démocratie avait été cruciale pour la lutte pour la démocratie.

Sur le premier thème principal, Faire avancer les espoirs du peuple dans le monde arabe: soutenir la vision de libertés et droits pour tous, les discussions ont commencé par un discours introductif du Président de la République d’Iraq Jalal Talabani, Vice-président de l’Internationale Socialiste, qui a examiné en détail les développements dans la région. Sur ce thème, un nombre d’intervenants du monde arabe ont contribué aux débats avec leurs perspectives de la situation dans leurs propres pays, d’Egypte, Mona Makram-Ebeid; de Tunisie, Tahar El Almi, Mouvement d’Unité Populaire (MUP); de Libye, Fathi Mohammed Baja, Responsable des Affaires étrangères du Conseil national de transition libyen; du Yémen, Mohamed Ghalib Ahmed Alsaqladi, (PSY); de Mauritanie, Ahmed Ould Daddah (RFD); du Maroc, Abderrahman Lamrani (USFP); et du Sahara occidental, Mohamed Sidati (Front Polisario). Le Conseil a également entendu le témoignage de blogueurs connus d’Egypte et de Tunisie, Tarek Amr et Amira Yahyaoui, qui ont parlé des soulèvements dans leurs pays et de leurs espoirs pour l’avenir en tant qu’activistes sur internet engagés aux côtés des mouvements démocratiques.

Des leaders de partis qui ont apporté leurs points de vue sur les développements dans cette partie du monde ont inclus Poul Nyrup Rasmussen, Vice-président de l’IS (PSE), Kemal Kılıçdaroğlu (CHP, Turquie), Ousmane Tanor Dieng, Vice-président de l’IS (PS, Sénégal), Pia Locatelli, Présidente de l’ISF, Julião Mateus Paulo, Vice-président de l’IS (MPLA, Angola), Sergey Mironov (Parti Une Russie juste), Zharmakhan Tuyakbay (NSDP-Azat, Kazakhstan). D’autres contributions sur ce thème ont été entendues par des partis membres en Espagne, en Afrique du Sud et en Italie et par des invités de Chine. (liste des intervenants).

Une résolution sur le premier thème principal adopté par le Conseil souligne le soutien de l’Internationale des démocrates au Yémen, en Libye et en Syrie dans leur lutte actuelle, et l’engagement d’accompagner l’important processus de transition vers la démocratie en Tunisie et en Egypte. Dans ce document, l’Internationale a réaffirmé son soutien pour une solution pacifique et durable du conflit du Sahara occidental et du travail de l’Envoyé spécial de l’ONU, donnant le mandat au Comité Méditerranée de continuer son travail sur cette question. Dans les prochaines semaines et mois, des missions de l’Internationale visiteront ces pays arabes luttant pour la démocratie dont la situation a été traitée par le Conseil, et un Comité spécial sur le monde arabe va être établi conformément à la résolution adoptée.

Les discussions sur la Paix au Moyen-Orient ont inclus des remarques par Nabil Shaath (Fatah, Palestine), Micha Harish et Colette Avital (Parti travailliste israélien) et Mustafa Barghouti (PNI, Palestine). Les intervenants ont rappelé la réunion du Comité Moyen-Orient de l’IS (SIMEC) en juin à Tel Aviv et Ramallah, qui a souligné le besoin urgent de reprendre les négociations et a abordé la droit du peuple palestinien à un Etat (liste des intervenants). Le Conseil a adopté une résolution sur la paix au Moyen-Orient basée sur les conclusions de cette réunion SIMEC, réaffirmant son point de vue que dans l’absence de la reprise des négociations, le Conseil soutient la reconnaissance de l’Etat de Palestine par les Nations unies avec les frontières de 1967.

Mizuho Fukushima, Leader du Parti Social-démocrate (SDP) du Japon et Vice-présidente de l’IS, a ouvert les discussions sur L’énergie nucléaire et les leçons de Fukushima, expliquant que son parti était le seul parti dans le pays qui s’était systématiquement opposé à l’utilisation de l’énergie nucléaire (discours). Décrivant les effets dévastateurs du tremblement de terre et du tsunami au Japon le 11 mars, elle a informé les délégués de la situation actuelle concernant la centrale nucléaire de Fukushima et a exposé les propositions du SDP pour la fin de l’énergie nucléaire. D’autres intervenants sur ce thème ont décrit les débats sur la question de l’énergie nucléaire dans leurs propres pays (liste des intervenants). Le Conseil a adopté une résolution sur ce thème, réitérant que le nucléaire n’est pas une solution à mi ou long terme aux besoins énergétiques mondiaux et appelant à l’utilisation d’énergies renouvelables.

Le Conseil a établi un groupe de travail sur la réforme de l’Internationale Socialiste, qui sera co-présidé par les Vice-présidents de l’IS Eero Heinäluoma (SDP, Finlande), Beatriz Paredes (PRI, Mexique) et Nouzha Chekrouni (USFP, Maroc), pour préparer des propositions sur cette question à l’avance de la prochaine réunion du Conseil. La première réunion du groupe aura lieu à Genève en septembre 2011.

Des situations nationales sources de préoccupation ont été soulignées par des contributions d’Aliaksandra-Volha Tyhrytskaya, du Parti Social-démocrate du Bélarus (Hramada), qui a attiré l’attention des délégués sur la lutte pour la démocratie dans ce pays et l’incarcération continue des candidats présidentiels de l’opposition, comprenant Mikalai Statkevich, Président du Parti Social-démocrate du Bélarus (Narodnaya Hramada), ainsi que sur la grave crise financière sévissant en Bélarus; de Sheur Bahadur Deuba, Vice-président de l’IS et ancien Premier ministre du Népal, qui a traité les défis pour la démocratie dans ce pays et le travail du Parti du Congrès Népalais; et de Taulant Balla (PSA, Albanie) qui a attiré l’attention sur le succès du parti dans les récentes élections locales et le renversement du résultat initial des élections du maire de Tirana, pour lequel il n’y pas de base dans aucune provision du code électoral.

D’autres documents adoptés par le Conseil comprennent une résolution sur l’Europe du Sud-Est, soutenant l’intégration européenne des pays des Balkans occidentaux, le renforcement des institutions démocratiques, le rôle positif de la coopération régionale et saluant le progrès fait par la Croatie vers l’adhésion à l’UE. Dans ce document, le Conseil a également donné son soutien à l’appel du Secrétaire général des Nations-unies à une enquête indépendante des allégations de trafic d’organes et de traitement inhumain pendant et après le conflit armé au Kosovo, et a exprimé sa préoccupation sur le renversement du résultat des élections municipales à Tirana. Une motion sur la situation touchant un nombre de parlementaires en Turquie a également été adopté, ainsi qu’une déclaration sur la situation sérieuse en Bélarus.

Dans ces remarques finales, le Secrétaire général de l’IS, Luis Ayala, a décrit le programme de travail pour l’organisation pour les prochains moins qui inclura des réunions des Comités Afrique, Asie-Pacifique, CEI, le Caucase et la Mer noire, et de l’Amérique latine et la Caraïbe entre autres. Le Comité spécial, nouvellement établi, sur le monde arabe, la Commission pour une Société Mondiale Durable, le groupe de travail sur la réforme et des missions dans des pays du monde arabe conformément à la résolution du Conseil, vont également avoir lieu.

Le Conseil est convenu que le lieu de sa prochaine réunion sera le Costa Rica, avec le Parti de libération nationale (PLN) comme hôtes et que le XXIVe Congrès de l’Internationale Socialiste en 2012, aura lieu en Afrique du Sud, accueilli par le Congrès National Africain (ANC).

Le Conseil a élu Harriet Harman, leader adjointe du Parti travailliste britannique, en tant que Vice-présidente de l’organisation remplaçant l’ancien Vice-président Gordon Brown, suite à la nomination de son parti.

Le Conseil a également adopté le rapport et les recommandations du Comité Ethique, présidé par Maurice Braud (PS, France), y compris la promotion du statut du Fatah, Palestine à membre de plein droit, et a approuvé le rapport du Comité de l’Administration et des Finances, présidé par Pertti Paasio (SDP, Finlande), y compris les comptes de 2010.


Présidium de l’IS aux Nations unies: pour unestratégie commune afin de sortir de la crise

23 septembre 2011

Latifa Perry
La quatrième réunion annuelle du Présidium et de Chefs d’Etat et de gouvernement de la famille de l’Internationale Socialiste a eu lieu au siège des Nations unies le vendredi 23 septembre, en conjonction avec le débat général de l’Assemblée Générale des Nations unies. L’ordre du jour de la réunion a inclus des discussions sur l’impact et les conséquences actuelles de la crise financière mondiale, la contribution de la social-démocratie à la lutte contre le racisme et l’intolérance et comment garantir le succès du sommet de la COP17 en Afrique du Sud.
En l’absence du Président de l’IS George Papandreou, qui a dû rester en Grèce pour traiter des affaires urgentes du gouvernement en relation avec les négociations dans la zone euro, la réunion a été présidée par le Président d’Irak Jalal Talabani, un Vice-président de l’IS. Dans une lettre au Présidium, le Premier ministre grec a souligné le rôle positif et actif de l’Internationale Socialiste et de ses membres faisant campagne pour des instruments économiques encourageant une croissance plus durable et équitable ainsi que promouvant la démocratie, la paix, l’équité et l’égalité des chances dans des élections, des zones de conflit et lors de sommets mondiaux. Les leaders et Vice-présidents présents sont convenus à l’unanimité d’exprimer leur entière solidarité et leur soutien au Président de l’IS, à son gouvernement et au peuple grec.
Les chefs d’Etat et de gouvernement participant, y compris le Président Talabani, incluaient le Président récemment investi Mahamadou Issoufou du Niger, également un Vice-président de l’Internationale, le Président Hifikepunye Pohamba de Namibie, le Président Boris Tadić de Serbie, le Premier ministre Carlos Gomez Júnior de Guinée-Bissau, le Premier ministre Navinchandra Ramgoolam de Maurice et le Premier ministre Igor Luksic du Monténégro, ainsi que José Miguel Insulza, Secrétaire général de l’Organisation des Etats américains (OEA). Un nombre de ministres qui ont dirigé leurs délégations à l’Assemblée Générale étaient également présents à la réunion, parmi eux Carlos Menocal du Guatemala et Otgonbayar Yondon de Mongolie. Arvin Boolell, ministre des Affaires étrangères de Maurice et Vuk Jeremic, ministre des Affaires étrangères de Serbie, ont accompagné leurs leaders respectifs à la réunion.
Les membres du Présidium assistant à la réunion comprenaient le Secrétaire général de l’IS Luis Ayala ainsi que les Vice-présidents suivants: Victor Benoit, Parti Fusion des Sociaux-Démocrates Haïtiens; Nouzha Chekrouni, USFP, Maroc; Alfred Gusenbauer, SPÖ, Autriche; Eero Heinäluoma, SDP, Finlande; Chantal Kambiwa, SDF, Cameroun; Manuel Laguarda, PS, Uruguay; Beatriz Paredes, PRI, Mexique; Julião Mateus Paulo, MPLA, Angola; Mona Sahlin, SAP, Suède; Miguel Vargas Maldonado, PRD, République dominicaine; Carlos Eduardo Vieira da Cunha, PDT, Brésil; Ousmane Tanor Dieng, PS, Sénégal; Martín Torrijos, PRD, Panama; et Pia Locatelli, ISF.
L’impact actuel et les conséquences de la crise financière mondiale sur différents domaines de l’économie mondiale et dans différentes régions ont été discutés en détail par les participants. Le Président Tadić a lucidement exprimé le sentiment que dans des pays comme la Serbie, leur bien être économique était dans une large mesure déterminée par l’état de l’économie mondiale, réfléchissant aux difficultés auxquelles se trouvaient confrontés tous les gouvernements en abordant les résultats d’une crise d’une ampleur que personne n’avait prévue. En soulignant le besoin d’une reprise basée sur la croissance, le Premier ministre Ramgoolam a averti que les marchés émergeants risquaient de souffrir d’une répétition de ce qui s’était passé dans les économies développées dû à l’interdépendance économique mondiale. Le Premier ministre Luksic a également abordé le besoin des progressistes de se réapproprier les idées émanant de notre mouvement, en tant que bonne réponse à la situation actuelle, et ainsi retrouver une compétitivité électorale.
A cet égard, des Vice-présidents participant à ce débat ont en particulier appelé à un leadership plus fort et plus efficace dans la crise de la dette souveraine européenne, qui, il a été dit, aurait pu être résolue plus tôt et sans autant de difficultés si la volonté politique avait été présente, démontrant ainsi le besoin d’action concertée, de coopération transfrontalière au sein d’un cadre multilatéral de responsabilité partagée et la poursuite d’initiatives telles que les euro-obligations et une taxe sur les transactions financières précédemment proposées par l’Internationale Socialiste.
Il était clair pour tous ceux présents que les économies émergeantes devront faire partie de la solution à la crise, la croissance étant restée jusqu’à présent forte dans ces économies, même si ces effets ont tout de même été ressentis. Traitant la crise d’un perspective régionale, le Secrétaire général Insulza de l’OEA a exposé que bien que l’Amérique latine et la Caraïbe aient vu une décennie de prospérité, de vastes inégalités dans la distribution des richesses restaient à résoudre et des pays périphériques souffraient toujours des effets de la crise mondiale, réitérant qu’il n’y avait pas de solution à la crise actuelle qui pouvait simplement être appliquée à une seule région.
Il y avait un fort consensus que les représentants élus devaient avoir un plus grand contrôle sur les marchés pour empêcher le genre de prise de risque excessif qui avait précipité et aggravé la crise financière mondiale, mais que cela ne sera efficace qu’à condition que les actions entreprises par les gouvernements soient coordonnées au niveau international. La responsabilité des membres de la famille social-démocrate mondiale était de garantir que cette réponse allait donner la priorité à la croissance dans l’économie réelle et à la création d’emplois tout en trouvant des moyens pour mieux communiquer cette réponse à l’électorat.
Sur le thème du changement climatique, le Premier ministre Carlos Gomez Júnior a expliqué que des pays plus petits avec des ressources financières plus limitées tels que la Guinée-Bissau avaient toujours du mal à trouver les moyens pour lutter contre le changement climatique. Le besoin de prendre des mesures pour contrer la vulnérabilité accrue de certains pays au changement climatique a également été soulignée par le Premier ministre Ramgoolam et le ministre Carlos Menocal, Maurice et le Guatemala faisant partie des pays qui souffrent le plus de ses effets. La difficulté renouvelée de répondre aux besoins énergétiques grandissants par l’utilisation de sources propres a été soulignée par l’incertitude sur l’avenir de l’utilisation de l’énergie nucléaire suite au désastre à la centrale nucléaire de Fukushima.
A l’occasion du dixième anniversaire de la déclaration de Durban, le besoin de renforcer la contribution de la social-démocratie à la lutte contre le racisme, la discrimination raciale, et la xénophobie et l’intolérance qui y est liée, a été souligné.
Le sujet de la démocratie en Afrique a également été discuté, et les participants ont bénéficié d’interventions de deux présidents africains élus de manière démocratique sur ce thème. Le Président Issoufou a souligné l’importance que la solidarité de l’IS a jouée pendant les longues années d’opposition, et a mentionné l’élection récente d’Alpha Condé de Guinée ainsi que la sienne en tant que preuve que le drapeau de la social- démocratie flottait en Afrique. Le Président Pohamba a également fait référence à l’engagement actif de l’IS dans la promotion de la démocratie en Afrique, un rôle particulièrement important actuellement en vue des nombreux processus électoraux qui auront lieu dans ce continent d’ici la fin de 2012, un sujet qui a été parmi les thèmes principaux lors de la récente réunion du Comité Afrique de l’IS à Windhoek. Les Vice-présidents du Cameroun et du Sénégal ont noté que leurs partis allaient participer dans des élections dans lesquelles les autorités au pouvoir prenaient des mesures anti-démocratiques et inconstitutionnelles afin de rester au pouvoir, une situation inacceptable.
Nabil Shaath, membre de la direction du Fatah a donné un rapport sur l’allocution du Président Mahmoud  Abbas à l’Assemblée Générale et la demande d’adhésion de membre entier qui avait été soumise plus tôt dans la journée. Shaath a exprimé la gratitude du Fatah pour le soutien de l’IS et de ses membres, souligné par l’augmentation de statut lors du Conseil précédant à Athènes, et a réitéré l’engagement de son mouvement dans la lutte non violente avec l’objectif d’atteindre une solution de deux Etats.
Vice-président Eero Heinäluoma a donné un rapport sur la première réunion du Groupe de travail de l’IS sur la réforme qui a eu lieu à Genève le 12 septembre et a exposé le plan adopté pour le futur travail du groupe, dont la prochaine réunion doit avoir lieu avant la fin de l’année.

A la clôture de la réunion, le Secrétaire général de l’IS a attiré l’attention sur les prochaines activités de l’Internationale, qui incluent des réunions de comités régionaux pour l’Asie-Pacifique à Oulan-Bator et pour l’Amérique latine et la Caraïbe à Porto Alegre, une réunion de parlementaires de l’IS en conjonction avec l’assemblée de l’UIP à Berne, une réunion du Comité spécial sur le monde arabe qui vient d’être établi et qui aura lieu en Crète, ainsi qu’une réunion en Afrique du Sud à l’avance de la COP17 de la Commission pour une Société Mondiale Durable et de ministres de l’environnement du mouvement social-démocrate. Ceci sera suivi par des réunions plus tard dans l’année du Comité sur la Politique Economique, le Travail et les Ressources Nationales, du Comité pour la CEI, le Caucase et la Mer noire et du Comité Afrique. Suite à la décision prise par le Conseil de l’IS à Athènes en juillet de tenir sa prochaine réunion au Costa Rica, accueilli par le Parti de libération nationale (PLN), le Présidium est convenu que le Conseil à San José aura lieu le 23-24 janvier 2012.


 

 

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Communiqué

Des états généraux de la société civile sont organisés à travers le Conseil national économique et social (CNES) le 14, 15 et 16 juin au palais des Nations au club des pins à Alger, et cela parallèlement aux consultations politiques qui se tiennent au niveau de la Présidence de la république.

Ces rencontres interviennent  au moment ou l’Algérie connait des   contestations  sociales et politiques et dans un contexte régional  marqué par des mutations historiques vers la démocratie, la liberté et la dignité auxquelles l’Algérie ne peut  échapper.

Nous,  organisations signataires de ce communiqué :

·        Relevons l’incohérence de cette démarche avec la réalité du terrain marquée par des  violations quotidiennes des  droits de l’Homme et des atteintes répétées aux  libertés associatives et syndicales. Les marches et rassemblements pacifiques continuent  à être interdits et réprimés, des conférences publiques non autorisées,  des représentants de chômeurs, des défenseurs  des droits de l’Homme et des syndicalistes poursuivis en justice. Les medias publics restent fermés aux organisations autonomes et à toute voix discordante.

·        Considérons que la vocation des organisations de la société civile est d’être une force autonome de contestation, de  proposition et de médiation d’une façon permanente et  non pas conjoncturelle à travers des rencontres alibis de salons.

·        Nous nous n’inscrivons pas dans cette démarche qui vise à gagner du temps et à absorber la contestation pour contourner l’exigence de changement exprimée par la société.

·        Réitérons notre engagement à lutter pacifiquement pour  un changement démocratique avec les forces autonomes de la société.

Alger le 13 juin 2011

Les signataires :

L’Association SOS disparus.

– L’Association Rassemblement, Actions, Jeunesse (RAJ).

– L’Association Tharwa N’Fadhma N’Soumeur.

– La Ligue Algérienne pour la défense des droits de l’Homme (LADDH).

– Le Syndicat Autonome de l’Education et de la Formation (SATEF).

– Le Syndicat National Autonome des Personnels de l ‘Administration Publique

(SNAPAP)
LADDH:
5 Rue Pierre Viala (Frère
s Alleg)
hauteur 101 Didouche Mourad-Alger
tel/fax: 00213 21 23 80 86
mail: contact@la-laddh..org
site: http://www.la-laddh.org



Par Marc-André Miserez, swissinfo.ch
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En Tunisie comme en Egypte, les nouveaux gouvernements devront veiller scrupuleusement au respect des droits humains, foulés au pied par leurs prédécesseurs. C’est l’exigence d’Amnesty International, comme l’explique Manon Schick, directrice de la section suisse.

Amnesty a 50 ans. Et l’année commence par un «printemps arabe», symbole d’espoir pour une partie du monde jusqu’ici pas spécialement réputée pour son respect des droits de l’homme. Mais les révolutions ne se font pas toutes en douceur. Et un brin de jasmin arabe ne fait pas un printemps mondial.

swissinfo.ch: La Tunisie et l’Egypte viennent de connaître deux révolutions assez pacifiques. Est-ce que les droits de l’homme vont y être mieux respectés?
Manon Schick: En tout cas, les droits de l’homme dans ces pays partent d’un niveau proche de zéro. Donc, il ne peut y avoir que des progrès, quel que soit le type de coalition qui sera mise sur pied, pour autant que ce soit un régime démocratique. Amnesty a pris contact avec tous les partis politiques pour leur remettre un «agenda for change» en faveur des droits humains.

Hélas, déjà maintenant en Egypte, on voit qu’il n’y a aucune femme dans le comité qui a été mis sur pied pour rédiger la constitution. Alors qu’elles étaient des centaines de milliers à descendre dans la rue, et que les Egyptiennes sont des femmes cultivées, éduquées, qui ne demandent qu’à participer à ces instances.

Donc, il y a là un problème, et je pense que c’est à nous les ONG de vraiment tout de suite mettre la pression. Mais c’est aussi au gouvernement suisse, qui a débloqué des fonds pour ces pays, d’exiger le respect des droits et de l’égalité.

swissinfo.ch: On parle de massacres en Libye. Amnesty a-t-elle des moyens de vérifier ces allégations?
M. S. : Dans un conflit de ce genre, qui se transforme en guerre civile, il y a hélas toujours violation des droits humains, et souvent manipulation. Des deux côtés.

Amnesty a une déléguée dans l’est de la Libye qui a vu des personnes retrouvées mortes attachées, les mains dans le dos, une balle dans la tête. Et les autorités fidèles à Kadhafi les avaient présentées comme des personnes tuées au combat ou dans une situation de fuite, alors qu’à l’évidence, elles ont été abattues à bout portant.

Ici, notre intérêt est d’essayer d’établir la réalité des faits. Et aussi de demander à l’ONU de le faire, parce qu’il faudra un jour que ces gens répondent de leurs actes, et pas seulement les troupes de Kadhafi, mais aussi les insurgés. Et on espère aussi que la menace d’être traduit en justice puisse dissuader ceux qui aujourd’hui seraient tentés de commettre des massacres. Malheureusement, on sait que ce genre de menaces n’impressionnent guère le colonel Kadhafi.

 » Dans l’idéal, il aurait fallu depuis des années ne pas soutenir le régime de Kadhafi. ne pas signer des accords avec lui, ne pas accepter ce chantage qu’il faisait sur la question des migrants vis-à-vis de l’Europe.  »
swissinfo.ch: En Libye comme en Côte d’Ivoire, on a vu subitement les Nations Unies et la communauté internationale prendre très à cœur leur rôle de protecteurs des populations. Comment voit-on ce changement d’attitude chez Amnesty?
M. S. : C’est quelque chose de très compliqué pour nous. Il y a quelques années, Amnesty a admis qu’elle pouvait, dans des cas particuliers, recommander à l’ONU l’utilisation de la force. Mais ce doit être le moyen ultime, parce que cela entraîne de nouvelles violations des droits humains et cela pose d’immenses problèmes d’envoyer des troupes étrangères dans un pays.

Dans l’idéal, il faudrait bien sûr intervenir avant. Dans l’idéal, il aurait fallu depuis des années ne pas soutenir le régime de Kadhafi, ne pas signer des accords avec lui, ne pas accepter ce chantage qu’il faisait sur la question des migrants vis-à-vis de l’Europe.

swissinfo.ch: Plus généralement, diriez-vous qu’aujourd’hui, les droits humains se portent mieux qu’il y a 50 ans?
M. S. : Je vous ferai une réponse de Normand. Au niveau des conventions internationales, ils se portent mieux. Ils sont définis par des textes ratifiés par de nombreux Etats dans le monde. Et surtout, il y a eu d’immenses progrès dans la justice internationale, il existe maintenant une Cour pénale internationale.

Mais au niveau de la situation sur le terrain, je pense que si on va demander aujourd’hui à une personne en République démocratique du Congo, en Libye ou en Birmanie si la situation des droits humains s’est améliorée, elle dira non. Et elle aura raison, parce que les victimes restent très nombreuses, parce que depuis 1961, il y a de nouveau eu des génocides, et tout ce dont on avait dit qu’on ne voulait plus s’est quand même reproduit.

 » Il n’existe pas de normes contraignantes qui fixent le respect des droits humains par les multinationales. Mais l’avantage avec elles c’est qu’elles sont très sensibles à leur image.  »
swissinfo.ch: Aujourd’hui, nombre de conflits n’opposent plus des Etats, mais plutôt des groupes armés. Cela complique votre travail?
M. S. : Beaucoup. Il y a plus de 20 ans qu’on a commencé à dialoguer avec certains de ces groupes armés, par exemple en Palestine ou en Colombie. Mais la plupart du temps, ils n’ont pas signé d’engagements comme peut le faire un Etat. Il est donc plus difficile de faire pression sur eux.

Cela dit, il y a aussi l’influence extrêmement grandissante des multinationales. Et là non plus, nous n’avons pas trop de moyens de pression, parce qu’il n’existe pas de normes contraignantes qui fixent le respect des droits humains par les multinationales. Mais l’avantage avec elles, c’est qu’elles sont très sensibles à leur image. Donc, dès qu’il y a un rapport qui pourrait être négatif, elles prennent beaucoup de précautions, elles essayent de répondre, de recevoir Amnesty quand on a des critiques à faire.

swissinfo.ch: Finalement, quel est le pouvoir réel d’Amnesty?
M. S. : Il est entre les mains des gens qui font Amnesty. Nous avons 3,2 millions de sympathisants dans le monde, ce qui fait de nous la plus grosse organisation de défense des droits humains, avec vraiment une base militante, des gens qui se mobilisent dans la rue. Quand on arrive à faire libérer, par exemple, un détenu d’un camp de rééducation en Chine, c’est rarement Amnesty seul, il y a aussi des organisations locales, la famille, des avocats. Mais Amnesty leur donne cette légitimité, ce poids international qui peut permettre d’obtenir une libération.

Cela dit, ce poids est extrêmement faible. Aujourd’hui par exemple, que peut faire Amnesty par rapport à ce qui se passe en Libye ou en Côte d’Ivoire? On peut enquêter, dénoncer. On peut essayer de mobiliser des gens pour que ça ne tombe pas dans l’oubli, mais après… C’est vrai que notre poids est très limité.

Marc-André Miserez, swissinfo.ch


Algérie : HRW exhorte les autorités à cesser de bafouer le droit des algériens à se rassembler pacifiquement

Human Rights Watch a exhorté ce dimanche 20 mars les autorités algériennes à cesser de bafouer le droit des algériens à se rassembler pacifiquement à Alger.

«La levée de l’Etat d’urgence décidée par le Président Abdelaziz Bouteflika le 24 février n’a aucunement restitué au peuple algérien ses libertés fondamentales, telle que le droit de rassemblement », a observé Sarah Leah Whitson, directrice de la division Moyen-Orient et Afrique du Nord à Human Rights Watch.

Samedi, un dispositif policier impressionnant a été déployé sur les places de la Grande Poste et du 1er Mai pour empêcher le déroulement de la marche initiée par un groupe de jeunes par le biais d’un appel sur Facebook vers la Présidence et celle de la CNCD- partis politiques de la place du 1er Mai vers la place des Martyrs.

Les policiers, présents en nombre important à la place de la Grande poste, n’ont laissé aucune chance aux manifestants de se regrouper en les dispersant.

«Lorsque nous sommes arrivés sur la Place de la Grande Poste, ils nous ont immédiatement encerclés. J’avais une vingtaine de policiers autour de moi qui m’ont repoussé à une centaine de mètres du lieu du rassemblement, et autour d’eux, une centaine d’autres », a raconté à Human Rights Watch Amine Menadi, l’un des animateurs de la marche.

Ainsi, pour Sarah Leah Whitson «l’empêchement par la force du déroulement de la marche du 19 mars montre que malgré la levée de l’Etat d’urgence, les autorités affichent clairement leur volonté, assortie de moyens, de réprimer les mouvements populaires de contestation, ce qui n’a aucun rapport avec de la lutte contre le terrorisme ».

Pourtant, le droit de rassemblement est protégé par le Pacte international relatif aux droits civils et politiques auquel l’Algérie est partie. L’article 21 spécifie en effet que «le droit de réunion pacifique est reconnu. L’exercice de ce droit ne peut faire l’objet que des seules restrictions imposées conformément à la loi et qui sont nécessaires dans une société démocratique, dans l’intérêt de la sécurité nationale, de la sûreté publique, de l’ordre public ou pour protéger la santé ou la moralité publiques, ou les droits et les libertés d’autrui.».

 

El Watan.com