Archives de la catégorie ‘societé’


Les Algériennes se marient davantage

El Watan, 20 mai 2011

Les Algériennes se marient de plus en plus et enfantent autant. C’est le constat qui ressort des données chiffrées établies par l’Office national des statistiques (ONS).

L’année 2010 est marquée par une augmentation importante du nombre de naissances vivantes, selon le document. Statistiquement, il y a eu 345 000 mariages en 2010 contre 341 321 en 2009. L’effectif des mariages s’est accru de 1% entre 2009 et 2010 avec un pic enregistré en juin et juillet où il y a eu quelque 43 000 mariages. Les chiffres montrent que la population féminine en âge de procréer (15-49 ans) est estimée à 10,2 millions de femmes. Durant la même période, c’est le pic des naissances qui a été enregistré. Sur un total de 887 810 naissances vivantes, plus de 247 000 ont été enregistrées entre juin et août.

Un chiffre record, dans la mesure où jamais le nombre de naissances n’a été aussi important, à l’exception de l’année 1985 où il y en a eu quelque 864 000 ! Comparativement à 2009, le nombre de naissances vivantes a connu une augmentation de près de 39 000, ce qui représente un accroissement relatif de 4,6%. Ainsi, le taux brut de natalité passe de 24,07 à 24,68% entre 2009 et 2010. Les indicateurs montrent qu’actuellement, nous sommes à 2,87 enfants par femme contre 2,81 en 2008. Et l’Algérie enregistre de moins en moins de mortalité infantile. Le taux est passé de 24,8 à 23,7%. En revanche, l’âge moyen de l’accouchement connaît une légère baisse. En première position, vient la catégorie d’âge 30-34 ans où on enregistre 150,8 de taux de fécondité, suivie par la tranche d’âge de 25-29 ans, avec 146,0 et enfin 35-39 ans avec seulement 123,9.
Nassima Oulebsir


Appel pour une transition démocratique en Algérie
10 Février 2011 Par ahmed.dahmani

Appel pour une transition démocratique en Algérie.

L’Algérie vit un moment dramatique de son histoire, potentiellement aussi explosif que celui qui affecte d’autres pays de la région, du fait des blessures encore ouvertes des deux dernières décennies, des politiques économiques incohérentes et des politiques sociales injustes. Les blocages du système politique autoritaire sont tels que l’émeute apparaît comme l’unique recours à une grande partie de la population qui subit le déni des droits et la hogra des détenteurs du pouvoir. De plus en plus de voix s’élèvent aujourd’hui pour revendiquer un changement radical du système politique autoritaire et corrompu qui préside aux destinées de l’Algérie depuis son indépendance.
La dernière initiative en date, une marche nationale pacifique le 12 février prochain, émanant d’une « coordination nationale pour le changement démocratique » vient de se voir signifier une interdiction en violation des droits et libertés garantis par la Constitution. Un pouvoir, déconnecté de son peuple et sourd aux aspirations des populations, semble décidé à employer tous les moyens répressifs pour empêcher toutes expressions et manifestations populaires et notamment celles de la jeunesse dépossédée de son présent et de son avenir. Ira-t-il jusqu’à l’irréparable comme ce fut le cas en octobre 1988 et avril 2001 ? L’Algérie et les Algériens, non encore remis d’une guerre civile qui a causé des centaines de milliers de morts, des milliers de disparus, des blessures physiques et psychologiques profondes doivent pouvoir retrouver la paix, jouir de conditions d’existence décentes.

Nous appelons tous les patriotes où qu’ils soient pour agir et peser de tout leur poids afin d’en finir avec la répression et d’engager l’Algérie dans une véritable transition démocratique. Cette transition démocratique veillera à la mise en place des institutions nécessaires à l’établissement et au fonctionnement de l’Etat de droit et définira les politiques pour la réalisation d’une société plus juste, plus égalitaire et plus solidaire. Le contexte exige que s’engage un véritable débat national qui associera toutes les sensibilités politiques et culturelles pour une refondation de la République algérienne. Cette refondation, tout en tenant compte des sacrifices et de l’héritage de la lutte de libération nationale, ouvrira la voie au respect effectif des droits et des libertés garantis par les différents pactes internationaux que l’Algérie a ratifiés.

Paris le 9 février 2011

Mohammed Harbi (Professeur d’histoire) ; Madjid Benchikh (Professeur de droit) ; Aïssa Kadri (Professeur de sociologie) ; Ahmed Dahmani (Maître de conférences en économie)

Merci de nous aider à faire connaitre notre appel pour une transition démocratique en Algérie.


Cosmopolis, Maghreb : Regards sur… Paroles de…

Le Maghreb et ses femmes : liberté, religion et rêve-olution

Rencontre avec Wassyla Tamzali

Fervente défenseure des droits des femmes et algérienne de surcroît, Wassyla Tamzali est l’invitée rêvée pour une soirée conférence-débat sur le thème des femmes au Maghreb. Organisée dans le cadre de Maghreb Regards sur… Paroles de…, du 7 avril au 7 mai 2011, à Nantes, la rencontre a donné lieu à un vif échange sur la place des femmes dans le monde arabe, le rapport à la religion, à l’Islam et l’importance des révolutions arabes dans leur reconnaissance.
Ancienne avocate, journaliste, écrivaine, directrice des droits des femmes à l’Unesco, figure éminente du féminisme mais algérienne avant tout… Wassyla Tamzali est tout à la fois. « Je suis le fruit d’un métissage et quand on parle de mixité, je me sens concernée », lance-t-elle, en guise d’introduction. Face à elle, un public essentiellement féminin. Le sujet s’y prête : « Dignité et unité des mouvements des femmes au Maghreb ». Certaines sont d’origines maghrébines, algériennes, berbères ou tunisiennes… « Mais toutes différentes ». Le débat se veut large, abordant aussi bien la condition des femmes au Maghreb que la question du port du voile, de la religion, du rapport homme/femme sans oublier l’actualité, brûlante, de ces derniers mois.
Le féminisme, elle y tient
Militante des droits des femmes, au sein même de l’Unesco pendant 20 ans, Wassyla Tamzali tient à ce combat. Pour elle, les femmes sont le paramètre clé qui établit la relation entre les deux rives de la Méditerranée, nord et sud. « Quand on parle d’Islam, on ne parle que de la question des femmes ». Une hiérarchie sexuelle qui prend forme au sein même de la cellule familiale et de la société. « Les hommes dominent les femmes et on observe une forme d’adoration vis-à-vis de ces derniers ». Une voix s’élève dans la salle. Le Maghreb n’est pas une exception sur ce point, précise une femme. Des rires fusent dans la salle. Mais Wassyla Tamzali ne perd pas le fil de sa pensée. « Il ne faut pas oublier la notion d’égal car, même aujourd’hui, ça ne passe toujours pas d’être l’égal de ses frères, de son mari… » Même chez nous…

Car la France n’est pas épargnée. La Une de Libération du 2 avril dernier titrait alors « Le retour des 343 salopes ». Quarante ans après le premier manifeste (1971 dans le Nouvel Obs) sur le droit à l’avortement, un nouveau Manifeste des 343 voit le jour. Nous sommes en 2011 et l’égalité des sexes n’est toujours pas acquise, aussi bien dans les têtes que dans les faits. « En Italie, on scande, encore aujourd’hui, « ni mère, ni putain » dans les manifestations féministes », souligne Wassyla Tamzali. La route est longue et pourtant, de grandes avancées ont été faites, au niveau des institutions. « Le droit européen est un modèle, un exemple pour les droits des femmes mais, même avec ça, cela ne fonctionne pas à voir la pyramide des salaires dans nos sociétés… »
Le plus dur, aujourd’hui, est de passer de la libération à la liberté
Révolutions arabes : l’histoire en marche
L’actualité se mêle très vite au débat. Comme une évidence pour cette algérienne, qui jette un regard personnel sur ces événements. « C’est l’Histoire qui se remet en marche ». Tous sont des pays décolonisés qui ont connu des mouvements de violence, notamment en Algérie, pour la libération du territoire. Et aujourd’hui, on assiste à une lutte pour la liberté. « Dans ces pays arabes, pendant cinquante ans, on a observé des opérations forcenées, de la part des régimes autoritaires, pour arrêter l’Histoire, pour empêcher toute forme d’expression et de liberté et le plus dur, aujourd’hui, est de passer de la libération à la liberté ».
Et quand on l’interroge sur la situation en Algérie, ce n’est qu’une question de temps pour elle. « Nous ne sommes pas face à un phénomène domino, à savoir quel pays est le suivant sur la liste, mais plutôt face à un effet tâche d’huile, qui se propage inévitablement ». Et le contexte algérien diffère, de part son histoire. « Ce qui arrive en Égypte est arrivé en 1988 en Algérie, avec vingt ans d’avance »
Pourquoi, en 1789, y-a-t-il eu révolution en France et non en Italie, par exemple ? C’est une alchimie magique qui fonctionne, à un moment précis, sans que l’on sache pourquoi
Mais où sont les femmes dans ces révolutions ? « Il est vrai, qu’instinctivement, on les cherche dans les manifestations. Sont-elles voilées ? Il y a beaucoup d’interrogations sur ce qui va advenir », interroge Wassyla Tamzali. Se dirige-t-on vers une possible évolution ou régression de la condition des femmes ? Un glissement sensible à surveiller de près. Ce rendez-vous avec l’Histoire amuse, dans un sens, Wassyla Tamzali : « Pourquoi, en 1789, y-a-t-il eu révolution en France et non en Italie, par exemple ? C’est une alchimie magique qui fonctionne, à un moment précis, sans que l’on sache pourquoi ». Et l’année 2011 sera celle du Maghreb, de ces anciennes colonies, trop longtemps bridées par des monarques-dictateurs, et qui se soulèvent par la seule force du peuple. « On peut parler de réelle révolution car on entend, pour la première fois, des revendications libertaires, avec en tête une nouvelle génération, très éduquée et qui est en train de faire exploser ces cadres figés depuis 50 ans. C’est dans ce mouvement que les femmes pourront s’exprimer et construire un certain féminisme. Il faut que, dans ces pays, on accepte la liberté de conscience, la liberté de croire ou non ». Un lourd verrou à faire sauter.
Islam et liberté de conscience
Libertaire : ce qui prône une liberté absolue et rejette toute autorité alors en place. « Un terme encore étranger pour ces pays, souligne Wassyla Tamzali, et dans ce sens, ces revendications sont vécues comme une menace, un danger ».

Avec ces révolutions arabes, l’euphorie a d’abord gagné la majorité, les occidentaux en tête, mais très vite, « certaines images ont fait peur, comme ces milliers d’hommes, dans la rue, en train de prier ». La peur de cet islamisme radical qui prendrait le pouvoir dans ces sociétés, à peine libérée. Pendant des années, des dictateurs, tels que Moubarak ou Ben Ali, ont été tolérés – voire soutenus – par les pouvoirs occidentaux, soit-disant remparts contre la montée de l’islamisme et du terrorisme. Pour Wassyla Tamzali, « on ne peut pas dissocier islamisme et pouvoir en place, il y a collusion et on a clairement laissé la rue aux islamistes ».
Le voile, en soi, ne me dérange pas, mais ce sont les discours tenus à ce sujet qui me dérangent et peuvent être dangereux
La conséquence ? Le contrôle de la conscience par la religion. « Comme l’opium du peuple, pour reprendre Karl Marx, la religion est alors un moyen de contrôle social total. On sacralise la condition des femmes, en disant que Dieu ne cautionnerait pas tel comportement », s’alarme Wassyla Tamzali. Et de rappeler, qu’il y a quelques années, le port du voile était justifié pour des raisons sociales, alors qu’aujourd’hui, la justification religieuse a pris le dessus. « Certains modèles deviennent alors des règles de conduite dangereuses comme le fait de porter le voile. Une femme non voilée est une femme « nue » selon une expression arabe. Pour ces femmes, c’est un choix libre d’être voilées mais cela ne les conduit pas vers la liberté », souligne-t-elle, parlant de dérive comportementaliste.
Un spectateur interpelle alors l’invitée sur la notion de féminisme islamique, en opposition avec le féminisme dit « occidental ». « Une usurpation, s’insurge Wassyla Tamzali, on ne peut pas construire les bases d’un certain féminisme sur le religieux ». En l’occurrence, sur la lecture qu’en fait le Coran. Et le danger, selon elle, relève essentiellement de la diffusion de ces idées par les médias, spécialistes ou universitaires. « Le voile, en soi, ne me dérange pas, mais ce sont les discours tenus à ce sujet qui me dérangent et peuvent être dangereux ».
Féministe militante, Wassaly Tamzali est bien consciente que son combat est loin d’aboutir. Beaucoup reste à accomplir, dans de nombreux pays. Et face à ce constat, elle s’avoue parfois déprimée, en colère, pour reprendre le titre de son dernier livre. « La femme du XXIe siècle ? Malheureusement, c’est une femme qui se bat encore pour se faire reconnaître en tant que femme ».

posté in .fragil.org


26 juin 1980

Chronologie du Printemps berbère 1980

Par Rachid Chaker – Revue Tafsut n° 80
En deux années et demie d’existence, le Centre universitaire de Tizi-Ouzou a déjà connu trois grandes grèves dont la dernière en date, très dure, s’est déroulée du 17 octobre au 13 novembre 79 ; elle posait le problème de la représentation authentique des étudiants dans l’instance universitaire. Le FLN avait accusé les meneurs d’être des berbéristes, voire des bébéro-marxistes (ou plus prosaïquement des Bougiots).

On avait alors supprimé la venue des étudiants bougiots sur Tizi-Ouzou, ceux-ci étant désormais orientés sur Sétif. De même les enseignants algériens ayant accompli leurs études en France, furent particulièrement surveillés, parfois intimidés. De nombreuses atteintes à la liberté des manifestations culturelles berbères se sont déjà produites à Tizi-Ouzou. Interdiction d’Aït Menguellet et d’Idir ; ou de la pièce de théâtre la Guerre de 2000 ans adaptée en kabyle. En rétorsion, une salle de prière aurait été alors mise à sac par les étudiants.

La venue le 10 mars 1980 de Mouloud Mammeri avait été annoncée par voie d’affiches depuis plusieurs jours déjà. Le recteur, bien qu’hostile à cette présence a toléré l’organisation de la conférence par le comité de cité d’Oued Aïssi (comité reconnue par l’administration). Toutefois, plusieurs affiches avaient été arrachées. Dans la nuit du dimanche au lundi à minuit, un mystérieux appel téléphonique de quelqu’un se faisant passer pour le recteur de Tizi-Ouzou prévient Mammeri de l’annulation de sa conférence.

Lundi 10 mars 1980.

Renseignement pris le matin, M. Mammeri s’est entendu démentir au téléphone, par M. Arab, lui-même, toute interdiction ou report de la conférence. Vers 12 heures Mammeri, en compagnie de S. Chaker et d’un chauffeur du CRAPE se dirige en direction de Tizi-Ouzou. Parvenu à 14 heures à Dra Ben Khedda, ils sont interceptés par un barrage de police. (Un second barrage était d’ailleurs prévu à Boukhalfa.)
Conduit chez le Wali après vérification d’identité, M. Mammeri se voit signifier oralement, l’interdiction de sa conférence sur la » poésie kabyle ancienne « , sous prétexte de » risques de troubles de l’ordre public « . Il est également convié à quitter la wilaya immédiatement. Auparavant, il prend soin de se rendre chez le recteur pour s’enquérir de cette interdiction. Le Wali a en effet » lâché le morceau » en trahissant son exécuteur des basses œuvres, puisqu’il avait charge, le directeur du COUS, M. Mérabtène, de téléphoner « l’annulation » à Mammeri, la veille à minuit.

Le recteur et le secrétaire général de l’Université sont effondrés et déclarent être soumis à des pressions intolérables. Aux environs de 16 h 30, à Hasnaoua lorsque la nouvelle de l’interdiction parvient à la nombreuse foule attendant impatiemment (plus de 1 000 personnes !) c’est l’effervescence qui succède à l’indignation. Une A.G. des étudiants est convoquée pour le lendemain mardi 11 mars à 9 heures.

Mardi 11 mars 1980.

Première manifestation de rue à Tizi-Ouzou. Cette manifestation est rapidement décidée par l’A.G. de 9 heures. De l0hl5 à l2hl5, soit durant deux heures, ce sont 500 à 600 personnes puis à la fin 700 environ qui ont défilé en faisant deux fois le tour de la ville par les principales artères. Le cortège a marqué des temps d’arrêt devant le CNP du FLN, devant la Wilaya et enfin devant les lycées de la ville.
Les banderoles proclamaient :
» Culture berbère : culture populaire »
» Wali, CNP, Conférence de M. Mammeri interdite ? »
» Halte à la répression culturelle ! »
Les slogans en français étaient : » A bas la répression » – » Wali, CNP, assassins « .
En kabyle, c’étaient :
» Tamazight t-tameslayt ennegh : le berbère est notre langue »
» anerrez wala aneknu ! : nous briserons mais ne plierons pas ! »
» ‘naâya di lbat’el ! : nous en avons marre de l’injustice ! »
Le service de répression était très important : police, gendarmerie et pompiers, mais il n’a pas osé intervenir. L’activité dans la ville était paralysée et l’ensemble de la population était aux fenêtres. Il y avait certes une grande approbation tacite, mais pas de manifestations très nettes d’appui ; seules quelques vieilles ont osé pousser des » vouyous » de leurs balcons.
L’après-midi, une réunion des enseignants algériens du Centre universitaire de Tizi-Ouzou met au point le texte d’une pétition sous forme de lettre ouverte au ministre de l’Enseignement supérieur, texte dénonçant (dans ses deux versions finalement proches l’une de l’autre), l’interdiction dont avait été victime un collègue universitaire, insistant également sur le nécessaire respect des franchises universitaires (présence de flics en civil dénoncée…), et revendiquant la liberté d’expression notamment au plan culturel et précisément en ce qui concerne la langue berbère. La lettre recueillera plus de 40 signatures (soit les 4/5 des enseignants algériens).

Mercredi 12 mars 1980.

Rédaction en assemblée générale par les étudiants de Tizi-Ouzou, d’une » lettre ouverte au président de la République » qui sera tirée plus tard à des milliers d’exemplaires et largement diffusée (Alger, Boumerdès, etc.). Cette lettre relativement modérée, s’appuie sur la Charte nationale dont elle cite de larges extraits. Elle rappelle les événements et revendique le droit au développement de la langue et de la culture berbères proposant l’adoption du berbère comme seconde langue nationale.
A Alger, les personnes mises au courant de ce qui se passait à Tizi-Ouzou, se sont montrées souvent très mitigées certaines mettaient même en doute la véracité des informations ou la personnalité de M. Mammeri. Quelques rares personnes étaient enthousiasmées par la manifestation de rue !

Jeudi 13 mars 1980.

Les enseignants de l’Institut des Sciences économiques d’Alger, informés des événements, ont pris l’initiative d’une pétition adressée au ministère protestant contre l’interdiction dont avait été victime l’universitaire Mammeri. Ce texte recueillera une bonne quarantaine de signatures, soit les 3/4 des enseignants algériens (y compris les gens du PAGS et la direction…). Dans la nuit du 12 au 13 mars, entre Boudouaou et Tizi-Ouzou, la plupart des pancartes routières et des abris d’arrêts de bus, ont été recouverts d’inscriptions à la peinture noire portant : » Démocratie « , » Aït Ahmed au pays ! « , » Halte au génocide culturel ! « , » néo-FLN-Fascîste « , » Tous opposants ! »
Des inscriptions ont aussi été signalées dans Tizi-Ouzou et sur les routes de la haute Kabylie. Toutes ont été recouvertes précipitamment par les autorités avec plus ou moins d’efficacité, à la peinture blanche ou rosé, et ce, dans la journée du jeudi 13. C’est à cette date aussi, que paraît le premier article de la presse étrangère, faisant état des événements de Tizî-Ouzou. Il s’agit d’un court article de Libération, lequel relate honnêtement la manifestation du 11. (C’est sans doute ce qui éveillera l’intérêt du Monde !)

Vendredi 14 mars 1980.

Les gens commentent abondamment (et différemment) les inscriptions. Les avis sont plutôt partagés.
Samedi 15 mars 1980.
Première visite à la présidence de la République d’une délégation d’étudiants de Tizi-Ouzou qui lui remettront la lettre ouverte. Ils sont reçus par A. Benhabyles le secrétaire général qui se montre quelque peu surpris et réservé, mais néanmoins pas trop hostile. Les étudiants lui font une démonstration d’écriture en berbère (Tifinagh) qu’il dit avoir transmise au Président ( ?). En fait il précisera ses positions lors de la seconde rencontre.

Dimanche 16 mars 1980.

A Alger, on signale qu’un tract du FFS circule en milieu estudiantin (c’est le troisième depuis six mois), il informe sur les événements de Tizi-Ouzou tout en exagérant quelque peu le nombre des manifestants (2000 prétend-il).
En Kabylie, les dimanche 16, lundi 17 et mardi 18, Larbaa Naît Irathen puis Azazga et Aïn El Hammam ont connu trois journées de manifestations (à Larbaa, trois jours consécutifs). Les manifestants sont surtout de nombreux jeunes (lycéens, etc.) mais aussi des très jeunes et des femmes (en général des vieilles). Des actions spectaculaires sont signalées.
A Larbaa Naît Irathen, les manifestants entrent dans la caserne et obligent les djounouds à sortir (alors qu’ils étaient en tenue de sport, en train de faire de la gymnastique), pour manifester en faveur de la langue berbère. Le même sort atteint le président de l’APC qui se voit contraint de défiler en tête en scandant : » Vive les Berbères. »
Partout des vitres et des enseignes des édifices publics sont brisées, souvent elles sont repeintes en caractères » tifinagh « . A Azazga, un officier de police venu protester contre la dégradation d’une enseigne du FLN, se voit déverser sur lui un pot de peinture rouge, etc. Les commerçants (certains diront qu’ils y ont été forcés) ont bien évidemment baissé tous les rideaux.

Lundi 17 mars 1980.

Daniel Junqua, correspondant du Monde, se rend à Tizi-Ouzou, où il enquête auprès d’étudiants, d’enseignants et tente vainement d’obtenir la version des responsables (recteur absent, etc.). Un premier article honnête va paraître dans le Monde, daté du mercredi 19 mars.
A l’université de Tizi-Ouzou, on commente bien sûr tous les événements. Les partisans d’une prise de position pour dénoncer les » partis d’opposition suspects de chercher à manipuler » sont mis en minorité et le projet est abandonné. Le soir, un gala du chanteur d’Imazighen Imula, Ferhat, a lieu au foyer de Hasnaoua devant près de mille spectateurs dont le directeur du COUS, Merabtène,
complètement ivre, qui se prête aux demandes loufoques des étudiants qui le ridiculisent. Ce gala tourne en une espèce de meeting d’opposition à la politique répressive du pouvoir et il a beaucoup de succès car des thèmes politiques sont ouvertement débattus, comme par exemple, le retour d’opposants comme Aït Ahmed et Boudiaf. Le laborantin About Arezki parle imprudemment d’un tract du FUAA qu’il aurait reçu sous sa porte.

Mardi 18 mars 1980.

On nous confirme les manifestations de Larba, Azazga et Aïn El Hammam. Les gens sont parfois assez circonspects (particulièrement les hommes adultes), » on risque de s’acheminer vers une guerre civile » redoutent-ils.

Mercredi 19 mars 1980.

Mammeri est reçu une première fois par Bererhi (le ministre de l’Enseignement supérieur) qui s’est montré tout plein d’excuses » mielleuses » mais vagues. Une seconde fois il le contacte pour lui déconseiller fortement de participer à un cycle de conférences organisées à la Cité universitaire de jeunes filles de Ben Aknoun, sur le thème de la Culture nationale. La même démarche semble avoir été faite auprès de M. Labîdi ainsi qu’auprès de Rachid Boudjedra également pressenti pour ce cycle.
Mammeri s’excusera » diplomatiquement » auprès des jeunes filles venues le relancer. Certaines filles de l’UNJA tenteront même de reprendre l’affaire en main.

Jeudi 20 mars 1980.

On relève un billet plutôt » ordurier » signé K.B. (sans doute Kamel Beikacem, le rédacteur en chef) paru dans la page culturelle de El Moudjahid. Mammeri y est attaqué (sans être nommé) comme un véritable collaborateur du colonialisme. On note aussi un éditorial très confus mais dont la fin dénonce nettement les fauteurs de trouble de Tizi-Ouzou dans ‘Révolution africaine.
Algérie Actualité, quant à lui, souligne bien que le départ de Chadiy pour le Moyen-Orient était prévu de longue date et n’a donc rien de conjoncturel. En fait une venue de Chadly à Tizi-Ouzou était bel et bien prévue pour le 15 ou le 16 mars. En témoignent les nombreux (et précipités) travaux d’embellissement dans toute la ville.
A Dra El Mizan, une première tentative de manifestation a eu lieu alors que les lycées étaient en vacances, avec environ deux cents lycéens. A Tizi-Ouzou, les étudiants tiennent une A.G. assez houleuse, au cours de laquelle certains dénoncent les manipulations des partis d’opposition, FFS, FUAA et PRS ; certains y ajoutent le PAGS (qui effectivement manipulerait au moins un ou deux des » meneurs » estudiantins). Par ailleurs l’AG prend la décision d’aller au-devant des manifestants lycéens des villes de Larba, Azazga, etc. qui s’apprêtent à descendre en cortège sur Tizi-Ouzou, afin de les dissuader de faire le regroupement. La manifestation dont la rumeur était connue depuis plusieurs jours, même à Alger, est difficilement contenue. En fait les forces de l’ordre étaient sur les dents.

Samedi 22 mars 1980.

Au niveau des enseignements de Tizi-Ouzou, on parle d’une nouvelle initiative à prendre suite à l’article injurieux d’El Moudjahid, qui met en cause également la communauté universitaire de Tizi-Ouzou de façon indirecte. A Alger, certains universitaires tentent avec peu de succès, de faire signer une pétition demandant à El Moudjahid de garantir le droit de réponse à Mammeri.
La pétition recueille difficilement des signatures, même parmi le personnel du CRAPE dont Mammeri avait été directeur.

Lundi 24 mars 1980.

On note de nombreuses tergiversations en milieu enseignant à Tizi-Ouzou sur les initiatives à prendre. La lettre ouverte au ministre tarde à être envoyée. A l’Institut des Sciences économiques, le recteur Arab vient d’installer la commission pédagogique. Les enseignants décident à propos du problème des polycopies et du tirage d’adresser une lettre-ultimatum à l’administration pour la date limite du samedi 29 mars, au-delà de laquelle ce serait la grève.

Mardi 25 mars 1980.

L’Institut des Sciences économiques d’Alger se met en grève pour trois jours à propos principalement de leur comité d’institut non reconnu par l’administration.
Mammeri a été reçu par le ministre de l’Information, Mehri, qui, tout en lui présentant des excuses polies, s’oppose à la publication de sa réponse par El Moudjahid. Mammeri semble plutôt résigné à ne pas pousser plus loin, mais à sonder du côté d’Algérie-Actualité… Entre-temps, le directeur de la Recherche scientifique au ministère, Benbouzid, ainsi que des gens de l’ONRS se mon- trent plutôt favorables à l’idée de l’ouverture d’une chaire de berbère et de filières de recherches dans le domaine.
Les pétitions de protestation affluent chez les autorités.

26 mars 1980

Nouvelle manifestation à Tizi-Ouzou des près d’un millier d’étudiants. La police n’intervient pas.
30 mars 1980
Récital d’Aït-Menguellet à la porte de Pantin. Le comité de défense des droits culturels appelle à un rassemblement silencieux devant l’ambassade d’Algérie en France.

6 avril 1980

Assemblée générale des étudiants à Ihesnawen (Tizi-Ouzou) décidant l’occupation de la salle de reprographie de l’université et appelle à une manifestation pour le 7 avril à Alger.

7 avril 1980

10 h du matin. Alger, place du 1er Mai, cinq cents manifestants dont des étudiants et des enseignants se regroupent en milieu de matinée pour réclamer le droit à l’existence pour la culture berbère. Leurs banderoles sont « culture populaire », « liberté d’expression », « le berbère n’est-il pas une langue algérienne ? », « démocratie culturelle ». La police intervient dès le départ du cortège qui entonne alors le chant des maquisards « Min djibalina » (de nos montagnes s’est élevée la voix de la liberté). La police réprime sauvagement les manifestants. Près de 200 sont embarqués dans les fourgons à coups de matraque. Parmi les manifestants, on dénombre plusieurs blessés et cinq personnes sont dans le coma. Un manifestant est mort sous les coups de matraque. Une grève est votée à l’université d’Alger. L’université de Tizi-Ouzou est en grève et occupée par les étudiants.
11 h 30. Meeting à la faculté centrale d’Alger pour décider d’autres marches sur le commissariat central pour protester contre la répression.
3:00 PM. Rassemblement silencieux devant l’ambassade d’Algérie en France à l’appui du CDDA regroupant un millier de personnes. Une motion devait être remise à l’ambassade. L’ambassadeur a refusé de recevoir la délégation les traitant de non Algériens. Une lettre ouverte au président Chadli a été lancée pour recueillir des signatures.
Soir. Assemblée générale des étudiants décidant une grève générale illimitée avec occupation des locaux de l’université.

8 avril 1980

A Alger, plus d’un millier d’étudiants manifestent aux cris de « A bas la répression », « police assassin », « libérez les détenus », « culture populaire algérienne ». Ils entonnent aussi des chants patriotiques. Ils sont énergiquement refoulés par la police dans l’enceinte universitaire. La manifestation se prolonge pendant plus de deux heures. La plupart des interpellés sont libérés.
En Kabylie, plusieurs milliers de paysans de Aïn El Hammam et Larbâa Nat Yiraten marchent sur Tizi-Ouzou. L’armée bloque les routes et leur fait rebrousser chemin. La plupart des interpellés de la veille ont étés libérés. Les étudiants de Boumerdès se mettent en grève. Motion de soutien des étudiants et travailleurs de la Fac centrale aux étudiants de Tizi-Ouzou. Mise en place d’un bureau de coordination pour Alger.

9 avril 1980

Le mouvement s’étend en Kabylie. Les manifestations de jeunes revendiquant le droit à l’existence pour la culture berbère se multiplient aux Ouadhias, Aït-Yanni, Djemâa-Saaridj, Dellys, Bordj Menaïel, Sidi Aïch, etc. A Sidi Aïch, 9 avril, un concert donné par le chanteur Ferhat (groupe Imazighen Imula) est interdit. Le chanteur est interpellé par la police.

10 avril 1980

Contre-manifestation organisée par le parti FLN à Tizi-Ouzou.

9-15 avril 1980

Constitution de comités de vigilance et de soutien aux étudiants en grève dans tous les villages de Kabylie.

11 avril 1980

Réponse de Mouloud Mammeri à El Moudjahid à propos des « donneurs de leçons » refusée par ce même journal, reprise par le journal Le Matin. Ronéotypé et distribué par les étudiants à la population en Algérie et en France.

13 avril 1980

Une délégation d’enseignants de Tizi-Ouzou a été reçue par le ministre de l’enseignement supérieur. Les élèves du lycée Amirouche de Tizi-Ouzou se mettent en grève et occupent l’établissement. Les travailleurs de l’hôpital envoient une motion de soutien aux étudiants grévistes et une lettre au président Chadli demandant l’arrêt de la répression. Un tract attribué au FFS appelle à une grève générale pour le 16 avril.

15 avril 1980

Le CDDCA à Paris appelle à une marche pacifique pour le 26 avril devant l’ambassade d’Algérie et le 1er mai à la rue des filles du clavaire à la Bastille. Occupation de l’hôpital de Tizi-Ouzou.

16 avril 1980

Grève générale totale en Kabylie. Le chanteur Ferhat du groupe Imazighen Imula est enlevé à Dar El Beida à 14 h 30. Le ministère de l’Enseignement supérieur lance un ultimatum aux étudiants de Tizi-Ouzou pour reprendre les cours le 19 avril. Le soir, réunion conjointe entre travailleurs de la Sonelec, Sonelgaz, hôpital, étudiants, enseignants, lycéens, Sonitex, et Casoral condamnant la répression et mettant sur pied un comité populaire de coordination.

18 avril 1980

Rassemblement devant l’ambassade d’Algérie à Ottawa et marche symbolique devant le parlement canadien.

20 avril 1980

1 h du matin. L’opération Mizrana est déclenchée. Les forces de répression envahissent tous les lieux occupés (université, hôpital, usines). Les étudiants surpris dans leur sommeil sont assommées dans leur lit. Les chiens sont lâchés sur les fuyards. Des étudiants sautent des étages de la cité universitaire en slip. Des professeurs sont arrêtés à leur domicile. Tout le personnel de l’hôpital, médecins et infirmiers, est arrêté et remplacé par des médecins militaires. Des rumeurs font état de 32 morts et plusieurs centaines de blessés. Une grève générale spontanée a été déclenchée par la population de Tizi-Ouzou, plus aucune enseigne en arabe ne subsiste, ni plaque de rues.
La Kabylie était coupée du monde. Interdiction d’accès à tout le monde et aux journalistes en particulier.

21 avril 1980

Condamnation des 21 d’El-Kseur. Des barricades commencent à s’édifier dans la haute ville et à la gare. Les forces de répression circulent baïonnette au canon. Les nouvelles galeries sont pillées (par provocation ?). Le centre artisanal saccagé, ainsi que la gare routière et la villa de Kharroubi. La population des villages environnants marche sur la ville pour protester contre la répression et les morts.

22 avril 1980

Trois journées de grève générale. Des barricades continuent à s’édifier dans la haute ville. Des manifestants parcourent la ville avec des banderoles pour la libération des détenus et l’arrêt de la répression, d’autres proclamant « Imazighen » sont déployées. Les CNS chargent les manifestants dans le dos. De durs combats ont lieu partout dans la ville. Les montagnards redescendent dans la ville et dressent des barricades. Pillage du bureau de l’APS, la SAA, la maison de l’artisanat, le siège du parti, l’hôtel le Balloua, le cinéma Mondial. Grève de solidarité déclenchée à l’hôpital Mustapha (Alger) par le personnel soignant.

23 avril 1980

4 ème journée de la grève générale. Des arrestations massives ont lieu partout. Des manifestants venant de Tigzirt-sur-mer affrontent les forces de répression à l’entrée de la ville. De violents affrontements ont lieu également à Draâ Ben Khedda.

24 avril 1980

Retour au « calme » progressif, les magasins d’alimentation rouvrent dans l’après-midi. Des affrontements très violents ont lieu entre manifestants (des Ouadhias, de Larbaâ et de Aîn El Hammam) et les forces de répression. Les nouvelles galeries croulent sous l’abondance des marchandises.

25 avril 1980

La ville est quadrillée par les forces de répression. La RTA filme les endroits saccagés. 17 h, l’ambassadeur d’Algérie est reçu au quai d’Orsay. 17 h 50 le préfet de police signifie au comité de défense des droits culturels en Algérie, l’interdiction de la marche prévue pour le lendemain.

26 avril 1980

Malgré l’interdiction de la manifestation par le préfet, et pour le « risque de troubles de l’ordre public » le contre-ordre est lancé par le CDDCA par voie de presse et audiovisuelle, près de 500 personnes sont venues. 400 personnes ont été interpellées par la police et conduites à Vincennes où elles furent fouillées, photographiées et fichées. L’Amicale des Algériens avait « délégué » 200 provocateurs emmenés à Paris par cars et payés à la journée.

29 avril 1980

Le préfet de Paris interdit la manifestation silencieuse du CDDCA prévue pour le 1er mai pour « risque de trouble de l’ordre public.

10 mai 1980

Gala de Matoub Lounès à l’Olympia. Une minute de silence fut observée en signe de solidarité avec le mouvement populaire en Algérie.

12 mai 1980

Grève à la Fac d’Alger.

16 mai 1980

Une liste de 24 détenus est publiée par El Moudjahid et annonce leur traduction devant la cour de sûreté de l’Etat siégeant à Médéa.

18 mai 1980

Grève générale à Tizi-Ouzou suivie massivement par la population à l’exception des Nouvelles Galeries Algériennes.

19 mai 1980

Manifestation de protestation contre la répression à Alger.

24 mai 1980

Assemblée générale à la Fac centrale d’Alger agressée par les agents du pouvoir.

25 mai 1980

Le CDDCA publie la « lettre ouverte à Chadli » qui a recueilli 3522 signatures.

3 juin 1980

Publication de la pétition du Comité international de soutien aux victimes de la répression en Algérie. Mise sur pied par le CDDCA et qui a recueilli 140 signatures de personnalités universitaires et artistiques.

21 juin 1980

14 h. Meeting de soutien aux détenus en Algérie, tenu à la Bourse du travail à Paris organisé par le CDDCA et le comité international contre la répression sur les mots d’ordre suivants : -Halte à la répression.
Libération inconditionnelle et immédiate de tous les détenus.
Langues populaires (arabe algérien et berbère) comme langues nationales. Ont été invités à participer au meeting toutes les organisations et personnalités algériennes et françaises. Ont participé celles qui ont souscrit à ces principes.

Le CDDCA, l’ASEP, UNEF, LCR, FEN, FO, OCI, FFS, ligues internationales des droits de l’homme. Quant à Djamel Allam et le groupe Djurdura ils ont refusé de répondre à l’appel du CDDCA, Ferhat et Aït Menguelet ont été retenus en Algérie.

25 juin 1980

Journée de soutien aux détenus organisée à Tizi-Ouzou. 20 h. L’APS annonce la mise en liberté provisoire des 24 détenus de Berrouaghia pour le lendemain.

Une délégation avec plusieurs voitures part de Tizi-Ouzou pour chercher les détenus qui sont accueillis par Tizi-Ouzou en fête
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Liste des 24 détenus
1- ABBOUT Arezki
2- CHEMIME Mokrane
3- AGGOUN Ahmed
4- HALET Rachid
5- AHMED ZAID Idir
6- KHELLIL Saïd
7- AIT OUAKLI Rachid
8- LAMARI Idriss
9- AIT LARBI Arezki
10- LOUNAOUSSI Mouloud
11- ALI CHEIKH Oubraham
12- NAIT ABDELLAH Mohamed
13- BACHA Mustapha
14- RACHIDI Mohamed
15- BEN AMOUN Kamel
16- SAADI Mouloud
17- BELGHEZLI Achour
18- SAADI Saïd
19- BERDOUS Mammar
20- STIET Mohamed
21- BOURRIF Salah
22- TARI Laziz
23- BRAHIMI Ali
24- ZENATI Djamel



Mercredi 20 Avril 2011

Entre le dernier éditorial de La Nation et celui d’aujourd’hui 15 années sont passées. Et beaucoup de choses n’ont pas changé dans les termes de l’équation politique.
D’abord le mot politique lui-même qui continue d’être nié par les responsables en poste qui refusent de voir dans la grave crise de gouvernance que vit le pays sa nature essentiellement politique..

Entre le dernier éditorial de La Nation et celui d’aujourd’hui 15 années sont passées. Et beaucoup de choses n’ont pas changé dans les termes de l’équation politique.

D’abord le mot politique lui-même qui continue d’être nié par les responsables en poste qui refusent de voir dans la grave crise de gouvernance que vit le pays sa nature essentiellement politique.

Un déni qui en entraine un autre. Celui d’acteurs de premier rang qui se défendent de vouloir faire de la politique. Mais qui veulent la démocratie, la liberté d’expression, d’organisation, d’entreprendre etc. Ou qui veulent la bonne gouvernance, l’efficacité gestionnaire, le bon management des entreprises, la souplesse des services publics, la qualité de l’hygiène publique… Leur domaine d’intervention particulier, qu’il s’agisse de l’Entreprise, de l’Hôpital, de l’action sociale, de l’école ou de l’Université, leur fait constater que le pays est ligoté par le mode de gouvernance en vigueur. Une gouvernance, de l’aveu de tous, archaïque, qui rend hors de portée toutes ces « choses » sans lesquelles le travail n’est plus du travail. Les études ne sont plus des études. Le loisir n’est plus du loisir. Et entre les deux la vie devient impossible.

La contestation de ce type de gouvernance est, qu’on le veuille ou pas, un acte politique à assumer comme tel. Au même titre qu’il convient d’assumer son identité d’entrepreneur, de syndicaliste, de député, de chômeur etc. Ce qu’il ya d’intéressant dans les mouvements populaires en cours c’est qu’ils s’inscrivent dans la défense décomplexée d’intérêts particuliers.

A force de crier « l’Algérie avant tout ! » Des légions de prédateurs en tous genres ont mis les algériens en dessous de tout. En dessous du seuil de pauvreté. En dessous du minimum démocratique. En dessous des droits de l’homme, en dessous des droits syndicaux etc.

L’aspect sectoriel et parfois étroitement corporatiste que prennent certaines revendications s’inscrit alors logiquement sur la ligne de défense ultime à laquelle « l’algérien qui ne fait pas de politique » a été acculé. La ligne ultime étant ici une école ou un institut universitaire, là un corps de métier ou une entreprise particulière, et là bas un quartier privé de transport, d’eau ou d’électricité.

En jouant sur le brouillage des lignes et de la planche à billets, le Pouvoir a jusqu’ici réussi à maintenir chacune de ces demandes particulières à l’écart des autres. Quand il ne les a pas carrément mises en conflit entre elles.
Et puis vint la surprise de chez les voisins. Chez qui on partait massivement en vacances par ce qu’ils avaient ce que nous n’avions pas. Des services de qualité, de l’hygiène et de la civilité. Mais nous on avait La Révolution !

Et voici que même notre Révolution devient désuète en comparaison de celle des voisins. Et leur révolution moderne, organisée et pacifique n’a aucun problème avec la politique.

Les associations, les syndicats, les patrons, les corporations, les ligues, les groupes de réflexion, les experts, les intellectuels, les universitaires sont proches de tel ou tel courant politique. Ou plus précisément de tel ou tel parti politique. Cela ne les empêche pas de défendre leurs intérêts particuliers auprès de ces partis. Comme auprès des pouvoirs publics.

En fait, il n’ya de problème avec la politique que lorsqu’on vit dans un système non démocratique. C’est là que la pression du pouvoir est trop grande. Sur les patrons comme sur les syndicats. Sur les experts comme sur les institutions. Sur les groupes comme sur les individus.
Et quand il ya pression, la politique devient difficile à assumer. Mais pas que la politique. Quand il ya pression il n’ya plus de garantie ni pour la liberté d’entreprendre ni pour la liberté de s’organiser ni pour la liberté de gérer, ni pour la liberté de choisir…

Tout le monde n’est pas obligé de faire de la politique. Mais tout le monde a intérêt à ce que l’exercice de la politique soit garanti dans les textes et dans les faits.

Sinon tous les autres exercices seront eux aussi soumis au bon vouloir du prince. Il ne suffit pas de se défendre de faire de la politique. Et de croire que la mauvaise gouvernance se combat dans l’évitement de la confrontation. Il faut s’organiser et revendiquer clairement et ouvertement la défense de ses intérêts particuliers. Aux patrons le patronat. Aux travailleurs les syndicats. Au jeu politique d’organiser la relation entre les deux. Et à l’Etat de garantir les droits de chacun.

Sinon Adieu Entreprise, Expertise et Think tank !


Sétif – Une leçon de civisme avant de passer à l’émeute

A l’image de milliers d’autres communes algériennes, celle de Bousselam dans la wilaya de Sétif doit retrousser ses manches pour arracher aux autorités des routes praticables, une maternité, le raccordement au réseau de gaz naturel, de l’eau potable… Le choix de l’émeute n’est pas à l’ordre du jour des débats chauds, mais toujours pacifiques et hautement instructifs des citoyens… Pas encore à l’ordre du jour. Reportage.

Une maternité, le gaz naturel, l’eau potable, des routes utilisables, une maison de jeunes, la transparence dans la distribution de logements ruraux, «bref ce n’est pas la lune» que veulent les 18 000 habitants de la commune de Bousselam, à près de 80 kilomètres au nord de la ville de Sétif. Et pour arracher ces bienfaits basiques du développement, qu’un Etat comme l’Algérie peut bien assurer à tous ses citoyens, les habitants ont décidé de s’organiser démocratiquement pour faire entendre leurs revendications.
Détail pour le moins cocasse, c’est dans la salle de réunion de l’APC de Bousselam que les représentants des habitants discutent des deux options stratégiques à choisir : fermer le siège de la daïra de Bouandas (dont dépend Bousselam) ou tenir un sit-in devant le siège de la wilaya. Il est 16 heures et les délégués des 23 villages de la commune arrivent par petits groupes. Rares sont les têtes grisonnantes, l’écrasante majorité des présents a moins de 40 ans. Les présents avaient mis au point une plateforme de revendications qu’ils ont transmise, il y a déjà plusieurs mois de cela au chef de daïra, au wali, à l’. Aujourd’hui, il leur faut décider des moyens de pression pour faire aboutir leurs demandes.
Le débat est ouvert. Fouad, enseignant au CEM, se dit favorable à la deuxième option : «Ils (les pouvoirs publics, ndlr) s’en foutent éperdument de la fermeture du siège de la daïra. On peut même l’incendier comme ce fut le cas en 2001 et ils ne vont pas bouger le petit doigt. Nous devons aller jusqu’au siège de la wilaya pour faire entendre notre voix». Un autre intervenant, chauffeur de taxi, voit les choses autrement : «Il faut fermer le siège de la daïra pendant une semaine, si ça ne marche pas, on passe à l’action du sit-in devant la wilaya». Il est soutenu par deux autres intervenants qui évoquent des difficultés d’ordre logistique : «La police va nous empêcher de nous rendre à Sétif. Ils vont intercepter nos bus», craignent-ils par anticipation.
Pour Naïm, enseignant de tamazight, il n’est pas question d’aller à la daïra : «On s’est réunis déjà avec le chef de la daïra. Il nous a fait des promesses qu’il n’a pas tenues. Je ne vois pas l’utilité de perdre notre temps avec lui». Dans le même ordre d’idées, Mabrouk, un autre enseignant, estime que le chef de daïra n’a aucun pouvoir de décision. Il faut aller plus loin, à la wilaya ou, le cas échéant, à la capitale pour protester devant l’APN ou la Présidence. Il citera le cas des enseignants contractuels et des gardes communaux qui ont obtenu gain de cause. Les interventions se suivent à un rythme rapide. Hocine, en sa qualité de modérateur de la réunion, trouve de plus en plus de mal à distribuer la parole entre la trentaine de délégués. Chacun tient à placer son mot, apporter son avis sur la question.

Donner une «leçon de civisme aux autorités»
Le débat est chaud mais la balance finit par pencher en faveur des partisans du sit-in devant la wilaya. Ils sont de loin les plus nombreux. Les partisans de la fermeture du siège de la daïra se rangent et acceptent la décision de la majorité. La coordination inter-villages tiendra donc son sit-in le 17 avril à 9 heures du matin. Un comité chargé de la préparation de cette action est mis en place. On convient que «seules des personnes adultes et sages» participent au sit-in. «Il faut que ce soit une leçon de civisme aux autorités», insiste-t-on de partout.
La coordination avait appelé, en mars dernier, à une grève générale qui a connu un succès éclatant. La population a répondu massivement au mot d’ordre de ses représentants. «Les transports ont été paralysés et tous les commerces et les établissements scolaires fermés. Cela ne nous a valu que quelques brèves dans la presse. Rien de plus», déplore Riad. «Le jour de la grève nous avons tenu un rassemblement devant le siège de l’APC. Le chef de la daïra est venu quelques heures plus tard pour calmer les esprits et distribuer des promesses qui attendent toujours d’être concrétisées», ajoute-t-il.
Selon lui, la commune est notamment pénalisée par la dégradation du chemin de wilaya n°45, passage obligé pour se rendre à Sétif, à Bejaia ou à Béni Ouartilane. Ce tronçon routier névralgique se trouve, avons-nous constaté sur place, dans un état de dégradation indescriptible. Les fosses qui creusent en profondeur les petits bouts de chaussée encore praticables indiquent clairement que Bousselam ne figure pas, comme s’en plaignent ses habitants, sur la carte de développement de l’exécutif de la capitale des Hauts Plateaux. L’autre revendication et non des moindres des habitants concerne le raccordement des villages au réseau de gaz naturel. «Notre région montagneuse est connue pour ses hivers rigoureux. Nous souffrons le martyre pendant la saison hivernale où nous devons recourir aux bouteilles de gaz butane qui, en plus, coûtent très cher», renchérit un maçon, «toutes les régions du nord de Sétif sont marginalisées» tient-il à préciser. Autre lancinante urgence, une maternité : «Pour accoucher, nos femmes doivent se déplacer jusqu’à Bouandas à 20 kilomètres d’ici ou à Barbacha à 30 kilomètres !», explique un autre habitant du village de Tizguine. Selon tous les présents, toutes les communes de Sétif, deuxième plus grande wilaya en termes de population après Alger, ont bénéficié de projets de développement, à l’exception de celles situées au nord de la wilaya, dont Bousselam. Cette exclusion, ils l’expliquent par des raisons politiques : «Les autorités veulent nous punir parce que nous avons pris part aux événements de 2001 et parce que les taux de participation aux élections dans notre région sont toujours insignifiants», estime un ancien délégué du mouvement des «aarouch» qui avait été à la tête des actions de protestation et d’émeutes en Kabylie en 2001, déclenchées après le meurtre d’un jeune homme dans une caserne de gendarmerie. «Nous irons jusqu’au bout pour arracher nos droits. Les habitants de Bousselam sont aussi déterminés que le Takintoucht», lance-t-il en montrant l’imposante montagne qui domine le nord du Sétifois.

Écrit par Farouk Djouadi
Jeudi, 14 Avril 2011 14:03


 »ا
الجمعة, 10 ديسمبر 2010
21:48

تخفي الأحياء الجامعية للبنات بتيزي وزو وبجاية وبومرداس أسرارا مخيفة ومرعبة للكثير من الطالبات اللائي دخلن الجامعة بهدف نيل شهادة الليسانس لضمان مستقبلهن، لكنهن سرعان ما فقدن الأمل، بعدما وجدن أنفسهن في مهمة  »حمراء » بدون مخرج، لا علاقة لها بالدراسة، اثر ارتكابهن لفضائح أخلاقية، وأصبحن مستغلات من طرف شبكة محترفة في المتاجرة بالجنس•

تحقيق: مجيد خطار

ضحايا هذه الشبكة هن فتيات عقدن علاقات مشبوهة مع أشخاص لا يرحمون، وعدوهن بالزواج واستغلوا أحلامهن الوردية، وقاموا بتصويرهن عاريات وفي أوضاع مخلة بعد أن استدرجوهن إلى شقق مخصصة، وبعدها حولوهن إلى عاهرات محترفات بالإكراه ورغما عنهن، تحت تهديدات نشر صورهن في الانترنت• وأصبح جسدهن سلعة تباع للراغبين بالاستمتاع بالجنس ويجنون بهن أموالا تقدر بالملايين•

ليندة، ريما، هدى، نوال، ثيزيري وحورية•••هي بعض أسماء مستعارة لطالبات جامعيات سقطن في أيدي أشخاص يتفننون في تقنيات توريط الطالبات وإدخالهن في عالم الدعارة، ويتقنون مهارات استدراجهن إلى أماكن مشبوهة ويصورهن عاريات ويلتقطون لهن صورا فاضحة وأشرطة فيديو ساخنة يستغلونها لبيع أجسادهن لشخصيات المال وإطارات مرموقة• كلهن فقدن عذريتهن والبعض منهن حملن وأجهضن رغما عنهن•

 »الجزائر نيوز » تمكنت من اختراق أكبر شبكة مختصة في المتاجرة بجسد الطالبات بكل من ولاية تيزي وزو وبجاية وبومرداس، بمساعدة بعض الضحايا وبعض أعوان أمن الإقامات الجامعية العارفين بكل خبايا المقيمات• اكتشفنا أن حلم بعض الطالبات في الخروج بشهادة علمية مشرفة من الجامعة تغير إلى حلم وأمل الخروج من النفق المظلم والوسط المتعفن لإخفاء فضائحهن من أهلهن ومجتمعهن• وتوصلنا إلى اكتشاف الخيط الرئيسي لهذه العصابة والذي يرتكز بالإقامة الجامعية للبنات بـ  »باسطوس » بمدينة تيزي وزو، ليمتد إلى كل من حي وادي عسي وحي بوخالفة وحي ديدوش مراد وحي مدوحة وصولا إلى حي ذراع بن خدة، ونشاط هذه الشبكة يمتد إلى غاية ولاية بجاية وبالضبط إلى الإقامتين الجامعيتين المختلطتين بـ  »إرياحن » و »ثرقا أوزامور »• كما مس كذلك الأحياء الجامعية للبنات ببومرداس•••

البداية كانت مع اتصال هاتفي تلقيناه من طالبة مجهولة• كان صوتها خافتا، يلمس في كلامها خوف وخجل وارتباك شديد، حيث لم تجد من أين تبدأ الحديث، لخطورة الموضوع الذي تريد طرحه، وبعد لحظة، بدأت تتكلم براحة، بعد أن طلبت منا إمكانية نقل معاناة صديقتها التي راحت ضحية هذه الشبكة في صفحات  »الجزائر نيوز »•

وبعد ربع ساعة من الحديث، عقدنا موعدا بكلية حسناوة، ساعة وربع التقينا، حيث روت القصة الكاملة لصديقتها، وبعدها تأكدنا من أن هناك شبكة مختصة تقف وراء معاناة صديقتها البريئة•

في اليوم الموالي عقدنا لقاء بكلية الحقوق بوخالفة، والتي اختارت اسمها المستعار  »ليندة » 23 سنة، فاتنة الجمال، تنحدر من إحدى البلديات الشرقية لولاية تيزي وزو، تدرس بكلية حسناوة، اعترفت أنها عقدت علاقة مشبوهة مع إطار في الـ 34 من عمره، يعمل بإحدى المديريات المتواجدة بمقر ولاية تيزي وزو تعرفت عليه في شهر ديسمبر 2009 بوساطة إحدى القاطنات بالحي الجامعي باسطوس•  »في البداية ظهر عاديا وصريحا، وعدني بأن تكون العلاقة على أساس الزواج، في البداية لم أصدق، لكن بعد مرور الوقت وضعت فيه ثقة كبيرة لكنه خدعني وقام بتصويري عارية في شقة بحي المدينة العليا »•

حي  »باسطوس » القاعدة الخلفية لشبكة الدعارة

يضم الحي الجامعي للبنات  »باسطوس » ثلاث إقامات جامعية تأوي أكثر من 24 ألف طالبة• ووفق معلومات تحصلنا من أحد أعوان الأمن العارفين بخبايا الأحياء الجامعية بتيزي وزو وبعض الطالبات الضحايا، يعتبر حي  »باسطوس » القاعدة الخلفية لنشاط هذه الشبكة، نظرا لما يخفيه من أسرار• وحسب اعترافات بعض الطالبات اللائي سقطن في فخ هذه الشبك،ة فإن طالبة تدعى  »ج » في الثلاثين من عمرها، جعلت من الغرفة الجامعية منزلا لها بعد سنوات من الدراسة، سادتها إعادات متكررة للسنة، وتوصف بأنها من  »عميدات القاطنات »، وتعتبر العقل المدبر لهذه الشبكة، تتكفل مع مجموعة من أمثالها البالغ عددهن حوالي 6 طالبات بربط علاقات مشبوهة للقاطنات مع عناصر الشبكة تحت غطاء  »الحب » والزواج• في البداية يسعين إلى إنجاح العملية بالتراضي وبرغبة الطالبة، وعندما يتعلق الأمر بطالبة فاتنة في الجمال، من شأنها أن تكسب لهم أموال كبيرة، وفي حالة صعوبة المهمة، تقوم  »ج » الرأس المدبرة للشبكة بدعوة الطالبة المستهدفة إلى مسكنها المزعوم بالمدينة الجديدة لوجبة عشاء خاصة، وفي هذا الصدد، علمنا أنه في الكثير من الأحيان يتم التحايل على الضحايا بدعوتهن للاحتفال بعيد ميلاد أو بحفل خطبة، لكن الهدف من الدعوة هو استدراجهن إلى الشقة، ليجدن أنفسهن بين أيدي رجال العصابة يمارسون عليهن الجنس ويقومون بتصويرهن عاريات، وفي أوضاع مخلة، وبعدها يتم تهديدها بنشر صورها التي تحمل لقطات ساخنة في منتديات إلكترونية وإدخال شريط الفيديو إلى موقع  »اليوتوب »•

وحسب المعلومات المتوفرة لدينا، فإن هذه الشبكة تتوفر على عدة شقق تستغل لتصوير الطالبات عاريات بمدينة تيزي وزو كأحياء المدينة الجديدة، حي  »لاتور » وحي  »كريم بلقاسم »، وحي  »لي كوربو » وحي  »لي تورفيلا » وحي  »لي كادي » والمدينة العليا•• وكذا شقة بحي 400 مسكن بذراع بن خدة، إضافة إلى شقتين بحي  »بن صدقة » وشقة بحي  »أعمريو » وأخرى بحي  »لعزيب » بمدينة بجاية، إضافة إلى شقة بحي  »عليلقية » بمدينة بومرداس•

فتيات تم تخديرهن في عصير البرتقال وصورن عاريات

تلقينا معلومات مثيرة من بعض الضحايا تفيد بتحول قاعة عائلية تتواجد بـ »باسطوس » إلى بيت للدعارة يستغله عناصر شبكة المختصة في المتاجرة بجسد الطالبات، ويتعمد صاحبها إلى استهداف بعض الطالبات اللائي يتمتعن بجمال فاتن أو مقبول، ويتم وضع المخدر في المشروبات المقدمة، وبعد أن يغمى عليها تحول إلى غرفة خلفية داخل القاعة ويتم تصويرها وممارسة الجنس عليها من طرف الشخص الذي رافقها• كما يتم بيع المخدرات في ذات القاعة العائلية للطالبات بمبلغ 200 دج لنصف قطعة  »الزطلة » التي تباع بـ50 دج• وقصد التأكد من هذه العملية، غامرنا ودخلنا القاعة وبرفقتنا طالبة قدمت من بجاية لتقديم شهادتها في نفس القضية كونها سقطت ضحية نفس الشبكة التي امتدت جذورها إلى بجاية•

دخلنا القاعة في حدود العاشرة صباحا، وبالصدفة التقينا بداخلها مع أحد المعارف القديمة كان رفقة صديقته في القاعة، وتدخل وسهل لنا مهمة الدخول إلى القاعة العلوية، علما أنها ممنوعة على الغرباء، بل مخصصة فقط للزبائن المعروفين•

مباشرة بعد دخولنا القاعة تفاجأنا بالمشاهد المثيرة، ولقطات ساخنة لكل من كان بالداخل، وهي صور لبيوت الدعارة، لاسيما مع الظلام الذي خيم داخلها، جلسنا في طاولة كانت في أقصى الزاوية• وبعد عشرة دقائق، رأينا إحدى الفتيات أغمي عليها وسقطت من الكرسي قبل أن يتدخل مرافقها لنقلها إلى الحمام، وبعدها لم يظهر لها أي وجود• ربع ساعة بعد ذلك، دخل زبون مع رفيقته التي كانت تبدو طالبة، جلسا، وفترة صغيرة نهض الشاب وتحدث إلى أذن النادل، عاد إلى مكانه، وانتابه نوع من القلق والارتباك، خمسة دقائق بعد ذلك قدم لهما كوبان من عصير البرتقال، الشاب كان يشرب بارتعاش وينظر ساعته بصفة متكررة، لكن رفيقته الطالبة كانت تشرب بطريقة عادية، وبعد فترة بدأت تشد في رأسها، وكأنها ليست في حالة جيدة، تنقلت إلى الحمام، وهنا نهضت أنا أيضا قاصدا حمام الرجال المحاذي لحمام النساء، وسمعت الفتاة تقول لرفيقها  »أنا لست بخير، رأسي يدور ويؤلمني »، وقال لها رفيقها  »لا تقلقي يا حبيبتي أعرف جيدا صاحب هذا المحل يملك هنا غرفة فارغة سترتحين فيها بضعة دقائق »، أخذ المفتاح من النادل، أدخل رفيقته إلى الغرفة، وعاد إلى الطاولة أخذ كل الأغراض، أما أنا عدت إلى مكاني، وحوالي ساعة خرجا من الغرفة وكانت الفتاة تبكي وتصرخ في وجه رفيقه  »أنت خداع•• خداع•• »، وهنا تيقنت أن القاعة تتوفر على غرف لممارسة الدعارة، عشرة دقائق بعد هذه العملية لاحظت كهلا مع فتاة لا تتجاوز الـ 25 من عمرها يخرجان من الغرفة الثانية وكانت رفيقته في حالة يرثى لها علامات السكر يظهر عليها، وكانت تعانقه أمام الجميع•الساعة كانت منتصف النهار، غادرنا القاعة دون اكتشاف أمرنا•

من هم زبائن الشبكة؟

المعلومات التي تحصلنا عليها، أثبت أنه وبعد توريط طالبات جامعيات وتصويرهن عاريات، يتم عرض أجسادهن لشخصيات  »مرموقة » ورجال المال ومنتخبين محليين، لقضاء ليالي ساخنة معهن• واكتشفنا أن القيمة المالية لليلة الواحدة تتراوح ما بين مليون وثلاثة ملايين سنتيم، تتغير حسب جمال وهيئة الطالبة•

بعدما جمعنا المعلومات اللازمة قررنا رصد تحركات بعضهم الضحايا، الساعة كانت تشير إلى الخامسة مساء، عندما اتصلت بنا الطالبة  »ح » وقدمت لنا معلومات وأوصاف إحدى الشخصيات التي قالت إنه منتخب محلي بإحدى بلديات شرق الولاية، سيتنقل إلى مدخل الإقامة الجامعية للبنات بمدوحة في الساعة السادسة لنقل صديقة لها وهي فريسته التي أرغمتها العصابة للخروج معه إلى وجهة مجهولة• وبعد حوالي نصف ساعة كنا في سيارة بالقرب من المكان المذكور، انتظرنا لمدة 20 دقيقة، شاهدنا الضحية تخرج من الحي بسرعة وتركب سيارة  »ماركة »، انطلقت إلى جهة وسط المدينة تبعناها بكل سرية، وحوالي نصف ساعة وجدنا أنفسنا في مدينة ذراع بن خدة، وبالضبط بحي 400 مسكن، حيث نزلا من السيارة، دخل الرجل أولا إلى العمارة، والطالبة انتظرت حوالي 5 دقائق لتتبعه وتدخل العمارة• انتظرنا على بعد 100 متر من المكان إلى غاية الثامنة ليلا، خرج الرجل بمفرده، ركب سيارته، وغادر المكان، ونحن بقينا لنعرف مصير الطالبة• وبعد حوالي عشر دقائق عاد الرجل مشيا على الأقدام حاملا معه أكياس بلاستيكية كانت تبدو عشاء، انتظرنا إلى غاية العاشرة ليلا وغادرنا المكان• وفي في حدود الساعة 11 ليلا اتصلنا بصديقتها، وأكدت لنا أنها لم تعد إلى الغرفة الجامعية• في اليوم الموالي اتصلت بنا وأخبرتنا أن صديقتها قضت ليلة حمراء بـ »الويسكي » وممارسة الجنس رغما عنها مقابل 2000 دج، ليتحصل عناصر الشبكة على مليونين ونصف•

 »ريما »، 24 سنة•• فقدت عذريتها بـ 10 ملايين سنتيم

ريما•• طالبة في 24 من عمرها، من ولاية البويرة، دخلت جامعة مولود معمري سنة 2005 بحلم الحصول على دبلوم في الإعلام الآلي، وكانت متحجبة وخجولة، تقطن بحي بوخالفة للبنات، قبل أن تجد نفسها عشية الفاتح من جانفي 2010 في شقة مع عناصر الشبكة بعد أن دعتها  »ج » المختصة في توريط الطالبات في عالم الدعارة إلى شقة بحي  »لي كادي » لقضاء رأس السنة الميلادية مع مجموعة من الطالبات، لكنها وجدت نفسها مع 4 فتيات فقط و3 ذكور داخل الشقة  »شعرت بخوف شديد وطلبت من  »ج » العودة إلى الحي، لكنها رفضت، وبعد لحظة رأيتهم يتناولون مشروبات كحولية بمختلف أنواعها، وأرغموني على مشاركتهم الشرب، بعدما قام أحد الشباب بوضع أقراص مهلوسة في أكواب العصير، وبعدها فقدت وعيي ولم أتذكر ما حل بي تلك الليلة »، وواصلت ريما سرد قصتها مع تجار الجنس بذرف دموع الحزن والخوف  »في الصباح وجدت نفسي عارية، وأحسست بأوجاع في رأسي، وقلت لـ »ج » أني سأخبر الأمن بالقضية، لكن الشريرة أطلعتني على شريط فيديو تم تصويري عارية في الليلة وأنا في حالة سكر وهددتني بإدخاله إلى الانترنت » صمتت لحظة وأضافت  »قالت لي من اليوم ستخضعين لأوامري »، لكن ريما ونظرا لخوفها من الفضيحة ومن وصول الخبر إلى عائلتها التزمت الصمت وخضعت لقرارات الشبكة التي استغلتها لربح المال بجسدها، حيث اعترفت أنها فقدت عذريتها في شهر فيفري  »العصابة باعت شرفي بـ10 ملايين سنتيم لشخص لا أعرفه، أفقدني عذريتي، ويومها أدركت أني شبه ميتة » وإلى يومنا هذا لا تزال ريما تستغل من طرف هذه الشبكة، ولم تعد تدرس في الكلية، بل أصبحت ورقة رابحة لتجار الجنس•بل اعترفت أنها تعلمت كل تقنيات المومسات المحترفات، بعدما وجدت نفسها مجبرة على ذلك خوفا من أن يوزع الشريط الفيديو يوما في الانترنت•

هدى، 26 سنة•• اصطادتها الشبكة بالانترنت

 »قصتي مؤلمة، أنا حزينة ونادمة، وحياتي تغمرها الفضائح والأخطار »•• بهذه العبارة بدأت هدى سرد قصتها• هي فتاة متواضعة، تنحدر من قرية نائية ببلدية تيمزريت، تزاول دراستها بجامعة بومرداس وتقطن بحي جامعي للبنات ببودواو، تعرفت على شاب من تيزي وزو عبر الانترنت في شهر أكتوبر ,2008 وربطت معه علاقة وهمية، أحبته، التقت به و نجح في تصوير حياة وردية لها، وعدها بالزواج وبناء عائلة، وبعد ثلاثة أشهر، دعاها إلى مدينة تيزي وزو، التقيا في شقة بحي  »لا تور »، قضت معه ليلة في سرير ساخن، ولم تعلم سر الليلة وما حل بها، وفي اليوم الموالي عادت إلى بومرداس، لتكتشف بعد 10 أيام أن الشاب الذي قضت معه تلك الليلة صورها عارية وفي لقطات ساخنة لمدة 47 دقيقة، وأصبحت اليوم تتنقل من بومرداس إلى تيزي وزو كل أسبوع رغما عنها لقضاء أوقات مع أشخاص مختلفين لا تعرفهم، وتحولت هدى من طالبة جامعية إلى عاهرة بالإكراه تقضي سهرات المجون بالمخدرات والمشروبات الكحولية دون علم عائلتها  »أنا مضطرة للانصياع لأوامر الشبكة خوفا من الفضية، لأنهم يهددوني بنقل صوري عارية وشريط فيديو عبر الهواتف النقالة وفي الانترنت »• وقالت أنها حاليا يتم اصطحابها من طرف أحد زبائن الشبكة إلى حي  »عليلقية » بمدينة بومرداس•

نوال، 26 سنة•• حملت من رجل أعمال وأجهضت في عنابة

نوال صاحبة 26 ربيعا، تنحدر من بلدية أقصى شرق بجاية، تميز بجمال فاتن وجسد جذاب، التحقت بجامعة مولود معمري سنة ,2003 بكلية باسطوس، تعرفت على شاب بوساطة أحد أعوان أمن الإقامة الجامعية باسطوس، ظهر لها في البداية أنه صريح، وقضت معه حوالي أربعة أشهر، غرست فيه ثقة كبيرة، وفي ليلة من ليالي شهر أفريل ,2004 اشترط عليها قضاء ليلة معه في شقة بحي  »لي كوربو » مقابل التقدم إلى عائلتها لخطبتها وطلب يدها للزواج، قبلت نوال العرض بدافع  »الحب الأعمى »، وفي تلك الليلة تغيرت حياتها بعدما وجدت نفسها مخدرة ولم تستيقظ إلى غاية منتصف نهار اليوم الموالي• وجدت نفسها في حالة يرثى لها، أحست بأوجاع بين فخذيها، قبل أن تتأكد أن عشيقها خانها وأفقدها عذريتها  »لم أتمالك نفسي وانهمرت الدموع، لكنه سحب سكينا وهددني بالقتل، وأطلعني على صور فيديو التقطها لي وأنا عارية طيلة الليلة »• وتضيف  »منذ ذلك اليوم حولني إلى وسيلة لربح المال، ويبيعني في كل مرة إلى أشخاص مجهولين »• لكن مصيبة نوال وقعت في شهر مارس .2005 عندما اكتشفت أنها حامل من رجل أعمال دفع 15 مليون سنتيم للعصابة مقابل قضاء 10 أيام معها في وهران،  »تكفل ذات رجل الأعمال بتكاليف الإجهاض في عيادة خاصة بعنابة وبقيت ثلاثة أشهر ولم أر عائلتي خوفا من اكتشاف أمري »• وحاليا تبقى نوال سلعة تباع لأصحاب المال، وحتمت عليها الحياة أن تواصل بقية حياتها بين المخدرات لنسيان آلامها، وبين الدعارة التي أصبحت تتقنها باحتراف•

ثيزيري، 28 سنة•• من البحث عن  »الفيزا » إلى السقوط في عالم الدعارة

قصة ثيزيري، وهو اسم مستعار، تختلف عن قصص الطالبات السابقات، تبلغ من العمر 28 سنة، تنحدر من قرى معزولة بإحدى بلديات غرب تيزي وزو، سقطت في قبضة الشبكة في مارس ,2009 عندما صوروها عارية في غابات إيعكوران، كانت بصحبة رفيقها الذي تعرفت عليه بواسطة طالبة، والذي وعدها بمساعدتها للحصول على تأشير للسفر إلى فرنسا، قبل أن يصطحبها في سيارته الخاصة إلى إيعكوران لقضاء يوم ممتع، اغتنم فرصة خلاء المكان ليمارس معها الجنس في هواء الطلق وصورها بهاتفه النقال بطريقة ممازحة، لكن بعد ثلاثة أيام اتصل بها عشيقها في حدود الخامسة مساء وأمرها بضرورة الخروج فورا من الحي الجامعي ديدوش مراد  »جة سابقا »، وطلب منها مرافقته إلى المدينة الجديدة لمقابلة شخص رفيع المستوى، وزعم أنه هو من سيتكفل بـ  »الفيزا »• وتقول  »وصلت إلى الشقة وجدت بداخلها شخصا في الأربعين من عمره، وفي هيئة توحي بأنه رجل أعمال ثري، تحدث لي بطريقة عادية وقال لي إن له علاقة طيبة مع شخصية فرنسية مرموقة سيتكفل بملف طلب التأشيرة »• وتضيف  »بعد حوالي نصف ساعة بدأ يردد بعض كلمات وعبارات الغزل، لكن رفيقي لم يتدخل، وبعد فترة شغل رفيقي جهاز التلفاز، وتفاجأت بمشاهدة نفسي عارية وبعدها تأكدت أنه فخ وقعت به، وأمرني بقضاء ليلة مع ذلك الرجل مقابلة مسح الشريط والتكفل بالفيزا »، لكن مصيبة ثيزيري لم تنته عند هذا الحد بل تم تصويرها مرة أخرى، وفي اليوم الموالي تأكدت أنها ورطت نفسها في شبكة مختصة لبيع جسد الطالبات وفقدت يومها حلم السفر إلى فرنسا وحاليا توقفت عن الدراسة، لكنها لا تزال تتخذ الغرفة الجامعية مأوى لها، وأصبحت تتنقل بين الملاهي الليلية ببجاية والعاصمة وتيزي وزو•

تتحول إلى عاهرة ذائعة الصيت وتتورط في جريمة قتل
حورية طالبة جامعية بقسم علم الاجتماع بجامعة عبد الرحمان ميرة ببجاية، وتقطن بحي  »إرياحن » المختلط، تنحدر من منطقة بوزفـان -حوالي 70 كلم شرق تيزي وزو- اعترفت أنها سقطت ضحية شبكة مختصة ومحترفة للمتاجرة بجسد الطالبات، تعرفت على فتاة بجامعة بجاية سنة ,2008 يوم مشاركتها في مسابقة أجمل فتاة، قبل أن تكتشف أن صديقتها تنشط ضمن الشبكة حولتها إلى عاهرة ذائعة الصيت• تتعامل بالتنسيق مع شبكة تيزي وزو التي تقودها الرأس المدبر  »ج » التي تقطن بحي باسطوس بتيزي وزو، وأكدت أن هناك تنسيق محكم بين عناصر هذه الشبكة، باعتها صديقتها لرجل أعمال أفقدها عذرتها بشقة بحي  »أعمريو » قبل أن تتحول إلى عاهرة مستغلة تنشط في شقة بحي لعزيب وحي  »بن صدقة » بمدينة بجاية، لكن من بين الليالي التي رسخت في مخيلة حورية هي تلك التي قضتها بالمكان المسمى  »كابريتور » والذي يعرف بأكبر مكان للدعارة ببجاية، وجدت نفسها بين أيادي ثلاثة رجال يتناوبون عليها في ممارسة الجنس، قبل أن ينشب شجار بينهم  »تشاجروا بالأسلحة البيضاء، أصيب أحدهم بجروح خطيرة، نقلوه إلى المستشفى، لكنه توفي في الطريق وتم رمي جثته في مكان مجهول » وتضيف  »أمرني الشخصين الآخرين بإخفاء السر وهدداني بإدخالي السجن بعدما تم توريطي في الجريمة حيث قاما بتصوري إرغاما عني بسكين مملوء بالدماء بالقرب من الضحية تحت التهديد بالقتل »•كما اعترفت أن الشبكة تنشط بصفة أكثر بكل من الحيين الجامعيين المختلطين  »إرياحن » و »ثرقا أوزامور »، وأكدت أن العديد من الطالبات رحن ضحايا هذه العصابة •