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jeudi 25 avril 2013

Entretien avec Brahim Tazaghart
militant du Mouvement amazigh et auteur

à l’occasion d’une journée d’études recommandant la tenue d’une Conférence nationale autour des questions linguistiques

Chafaa Bouaïche
la Nation info
le 24 Avril 2013

Dans quel contexte intervient la célébration du printemps amazigh de cette année 2013 ?

Brahim Tazaghart Le printemps amazigh de cette année intervient dans un moment particulier. En premier lieu, il y’a la continuité de ce que la presse désigne sous le vocable de « printemps arabe » avec la persistance des événements en Syrie ; en second lieu, il y’a l’annonce de la révision constitutionnelle qui va intervenir prochainement, et en troisième lieu, il y’a l’élection présidentielle d’avril 2014 qui va coïncider avec le 34ème anniversaire des événements de 1980.
Vous voyez, la célébration de cette année, et à plus d’un titre, particulière…

Avant d’avancer, quel bilan faites-vous en ce 33ème anniversaire ?

Brahim Tazaghart L’irruption de la population sur la scène publique en 1980, la formulation rationnelle de la revendication amazighe et son articulation à la demande démocratique constituent des moments essentiels de notre histoire postcoloniale. À ce sujet, il faut réaffirmer le rôle du printemps amazigh dans le renforcement du mouvement démocratique qui avait atteint sa maturation avec les événements d’octobre 1988 et l’ouverture des champs politique et médiatique qui a suivi.

Il faut reconnaitre, avec bonheur, que malgré le fait que le pouvoir, dans son aveuglement politique, avait utilisé l’islam et la langue arabe pour combattre la revendication amazighe, la majorité du peuple algérien a fini par sortir du conditionnement et faire sienne cette demande.

Aujourd’hui, Tamazight fait partie du paysage linguistique, culturel, médiatique de notre pays.

La lutte incessante de plusieurs générations de militantes et militants a fini par payer. En 1990, trois jours avant le rassemblement du 25 janvier devant l’APN, le gouvernement de M. Mouloud Hamrouche avait annoncé la création de l’institut de langue et de culture amazigh à l’université de Tizi-Ouzou. Suite au boycott de l’année scolaire 1994-95, tamazight avait intégré l’école et le Haut Commissariat à l’Amazighité (HCA), institution chargée de sa réhabilitation, fut crée. En 1996, Tamazight apparait dans le préambule de la constitution comme élément de l’identité nationale. En 2002, en plein printemps citoyen, elle est reconnue, pour la première fois de son histoire, comme langue nationale en vertu de l’article 3 bis.

Seulement, force est de constater qu’aucun texte de mise en œuvre de cette reconnaissance n’a été promulgué. Plus grave encore, des décrets qui font obstacle à la promotion de l’amazighité sont toujours en vigueur. Je parle du décret portant arabisation de l’environnement qui doit être enrichi ou abrogé, du décret portant code de l’état civil… À cela, il faut signaler le refus du législateur de faire à tamazight une place dans l’article 178 comme constante nationale. Fait qui ne la sécurise nullement et qui maintient ses défenseurs sous pressions.
L’enseignement quant à lui reste expérimental après 18 de son entame. Il est facultatif et point généralisé. Plus grave encore, de 15 wilayas en 1995, et au lieu de gagner de plus en plus d’espace, Tamazight est enseignée aujourd’hui dans 10 wilayas avec les wilayas d’Alger et Bordj Bou Arreridj qui ne disposent que d’un enseignant chacune !!
Face à cette situation intenable, il est plus que temps de réagir….

À cet effet, le Front des Forces Socialistes a organisé une journée d’étude sur tamazight que vous avez présentée…

Brahim Tazaghart Oui, la direction du FFS m’a sollicité pour contribuer à l’organisation d’une journée d’étude sous le slogan “« Tamazight facteur d’intégration nationale et maghrébine »”. C’est avec un immense plaisir que j’ai participé à la conception et à l’animation de cette rencontre rehaussée par la présence de Mme Meryam Demnati du Maroc et de M. Mahmoud Abekkouche de Libye. En plus de ces deux amis, nous aurions aimé recevoir quelqu’un de la Tunisie, mais ce n’est que partie remise. Lors de cette journée d’étude, nous avons tenu à mettre en évidence la dimension Nord Africaine de la question amazighe, d’autant plus que tamazight est langue officielle au Maroc et va le devenir prochainement en Libye.

Par la suite, nous avons tenté de cerner la situation de l’amazighophonie et de l’amazighité dans notre pays, essentiellement en Kabylie et dans le M’zab.
Durant les travaux, la qualité des intervenants : le Pr Kacher, le Pr Mestfaoui, le Dr Salhi et les autres, a permis de dresser un état de lieux profitable, avec des éclairages indispensables pour une meilleure visibilité. Tamazight dans la constitution, dans les médias, à l’université, à l’école…

Un bilan en somme …

Brahim Tazaghart La modernité politique impose d’établir à chaque étape de la lutte un bilan en mesure de permettre des perspectives viables. Nous avons essayé de le faire, avec l’espoir que d’autres vont aller dans la même direction. C’est la seule façon d’être dans le réel et d’éviter diversion et égarement qui guettent souvent les luttes et leurs meneurs.

D’un autre coté, il faut dire qu’avec cette rencontre riche en débats, le FFS, principale force d’opposition démocratique en Algérie, a replacé tamazight dans le champ politique national avec comme mission essentielle la contribution à l’intégration nationale et nord africaine. C’est là une ambition à la hauteur du parti, du pays et de la région.

Seulement, force est d’admettre que tamazight ne peut remplir cette mission sans qu’elle soit rétablie dans ses droits légitimes et en premier, son élévation au statut de langue officielle.

Pourquoi le choix du slogan « Tamazight facteur d’intégration nationale et maghrébine » ?

Brahim Tazaghart Incontestablement, nous sommes à la croisée des chemins. Tamazight sera un facteur d’intégration nationale ou un facteur de désintégration ! Il n’y a pas de position médiane possible. Il faut se voiler la face et faire preuve de naïveté politique pour ne pas saisir cela.

Autour de nous, le monde bouge, il est comme sur un volcan. Les répliques peuvent être très dangereuses sur l’avenir de notre pays. Cela, d’autant plus que le pouvoir en place cherche plus son maintien que la pérennité de l’Etat qu’il lie maladroitement à son sort.

La vigilance nous dicte de ne pas perdre de vue que l’utilisation de l’Islam à des fins politiques nous a occasionné plus de 150 000 morts.
L’instrumentalisation de tamazight sera, sans aucun doute, une hécatombe.

Vous liez la question amazighe au printemps arabe ?

Brahim Tazaghart Ce que vous nommez printemps arabe nous concerne, nous implique directement, d’autant plus qu’il est parti de Tunisie. Nous ne pouvons pas échapper à sa face négative faite de violence et de drame de sang sans engager un grand chantier de changement de gouvernance.

Le changement sera le produit de notre action en tant que forces de changement ou bien il nous sera imposé de l’extérieur, ce qui sera dramatique.
Il faut observer, d’ailleurs, qu’au moment même ou dans le nord, l’Europe s’unie pour éviter d’être définitivement déclassée par les USA et la Chine engagés dans une course implacable, les pays d’Afrique et du monde arabe se précipitent, têtes baissées, vers la fragmentation, préparant leur « douce » recolonisation et leur mise sous tutelle.
Nous sommes conscients des enjeux et de la sensibilité du moment historique.

Fidèle à l’esprit d’Avril 1980, le Mouvement amazigh ne peut s’installer dans cette perspective sans se remettre en cause et sans renier les sacrifices inestimables de ses militants. Kamal Amzal, assassiné par les salafistes en 1981, n’accepterait jamais de servir l’offensive impérialiste enveloppée sous le couvert de la fin de l’histoire et de la guerre des religieux et des identités !
C’est loin d’être cohérent que d’être séduit par l’occident et de rompre au même temps avec l’esprit républicain et l’humanisme qui prévaut chez lui et qui fait sa force.

Comment peut-on réagir face à cette situation ?

Brahim Tazaghart Anticiper sur les événements pour ne pas les subir. Demain se fera aujourd’hui comme dit l’adage.
Ceux qui sont éblouis actuellement par un « radicalisme Kabyle sectaire » peuvent nous imposer une intégration négative du dit printemps arabe, avec toutes les conséquences dramatiques que cette perspective peut induire. L’internationale terroriste et d’autres forces embusquées dans les ténèbres n’attendent que ça !
Or, comme peuple de paix et hommes libres, nous devons travailler à privilégier une intégration positive qui fera notre salut. L’intégration positive c’est le travail sans relâche à la construction d’un rapport de force favorable à un changement pacifique et démocratique, imaginé ici et maintenant ! Le premier axe est celui de renforcer l’algérianité en donnant tous les moyens aux langues algériennes afin qu’elles se développent dans l’harmonie.

Revenant à la rencontre, vous êtes sortis avec la recommandation d’une conférence nationale sur la question des langues en Algérie.

Brahim Tazaghart Effectivement, nous sommes sortis avec la recommandation d’une conférence nationale sur la question des langues. Il s’agit de penser, de débattre et de proposer une politique linguistique pour notre pays. Définir les statuts, les fonctions, les moyens à mettre au service des langues arabe et tamazight qui sont les langues de la nation, mais aussi, discuter de la place des langues étrangères qui permettent notre relation avec le monde, la science et le développement.
Tamazight langue officielle doit faire l’objet d’un consensus entre l’ensemble des forces sociales et politiques conscientes de leur algérianité et des défis à relever pour placer le pays sur la voie du progrès. La conférence nationale peut être un moment idéal pour le réaliser.
Dans ce sens, je crois que toutes les élites doivent s’impliquer dans ce combat. Il est aisé d’observer que l’élite française avait soutenue la guerre d’Algérie avec le manifeste des 121, alors que l’élite nationale, dans sa majorité, observe un silence lourd et une attitude défensive face à la revendication amazighe.
Il est temps de se secouer et de réagir.

Êtes-vous optimiste ?

Brahim Tazaghart Je suis réaliste. Tamazight sera langue officielle. Comme conséquence, la langue arabe, libérée d’une dualité injustifiée, s’épanouira davantage. À cet instant précis, il faut mettre en place une politique d’échange et de traduction entre ces deux langues au bonheur de la culture nationale.


parti du Front de libération national, Le secrétaire général

22 septembre 2013-09-29

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A mon grand frère Hocine Ait Ahmed, Président du Parti du Front des forces socialistes, C’est pour moi un immense honneur que de prendre l’initiative de vous écrire en votre qualité de figure historique de la glorieuse révolution algérienne et de personnalité reconnue et respectée de tous sur les scènes nationales et internationales, et par le président du parti et de la République, son excellence Abdelaziz Bouteflika.
Votre militantisme précoce pour l’affranchissement du peuple algérien du joug colonial, les idées nationalistes qui vous ont très jeune habité, votre qualité de Moudjahid de la première heure, le rôle historique qui a été le vôtre durant la révolution, notamment au sein des plus prestigieuses organisations combattantes d’alors, l’expérience et la notoriété que vous avez acquises à l’international, tout cela a grandement servi vos idées politiques et leur a donné force, crédibilité, légitimité et consistance lorsqu’il s’est agi de défendre les nobles principes qui vous ont éclairé votre vie durant.

L’histoire retiendra également votre action et vos prises de position, très appréciées des Algériennes et des Algériens, mais également des pouvoirs publics nationaux, en faveur de la paix, de la réconciliation et de la cohésion sociétales, de l’unité nationale, du bien être social de nos citoyens et de la non-ingérence  extérieure dans les affaires algériennes.

Votre retrait de la vie politique est une grande perte tant par rapport à ce qu’aurait pu être votre contribution intellectuelle et politique au débat national des idées, à leur richesse et la pluralité des opinions, que par rapport à la crédibilité de vos seuls non, renom et présence peuvent procurer au caractère démocratique de ce débat. Mais votre parcours dans l’honneur et l’exemplarité et ce que vous incarnez comme valeurs et symboles dans la conscience collective nationale doivent pouvoir continuer d’inspirer les générations présentes et futures de militants et de politiciens, quelles que soient leurs sensibilités partisanes.

A cet effet, j’en appelle, en mon nom personnel et au nom des militants du FLN, à ce sens du devoir qui a toujours fondé votre action, pour rester avec nous et vous joindre à la dynamique politique qui anime le pays dans le but de rassembler et de renforcer les rangs de ceux qui aiment la patrie, servent le bien commun et agissent dans l’intérêt national dans les domaines politique, économique et social, et protéger le pays des dangers multiformes qui le guettent.

Chef grand frère Moudjahid, permettez-moi de vous adresser la présente lettre en formulant à votre endroit nos très sincères vœux de longue vie, les miens et ceux de tous les militants de ce Parti FLN dont vous fûtes, personne ne l’oublie, l’un des plus illustres dirigeants à sa naissance, ainsi que nos remerciements pour ce militantisme infatigable dont vous avez fait montre de longues années durant.

Dans l’attente de vous  rencontrer aux échéances les plus rapprochées qui puissent convenir à votre agenda, dans la perspective de bénéficier de vos conseils, de votre sagesse et de votre expérience, je vous prie de croire, Monsieur le Président, en l’expression de mes sentiments les plus respectueux et les plus fraternels.

Votre frère, Amar Saâdani, secrétaire général du Parti du Front de libération national.

Copie/Son excellence, Monsieur Abdelaziz Bouteflika, Président du parti, président de la République.


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le 29.09.13ait 2

Il est des hommes dont l’histoire personnelle est liée à celle d’une nation. Il est des hommes dont le parcours est un cheminement de positions et d’actions suscitant l’admiration des amis et forçant le respect des adversaires.

Parler de Hocine Aït Ahmed, c’est évoquer l’histoire d’un pays, c’est aussi et surtout faire le constat d’une conviction constante et inébranlable en l’édification d’une Algérie démocratique. De ce jeune lycéen qui a vite pris conscience de la justesse de la lutte contre le colonialisme en adhérant au PPA dès l’âge de 16 ans, à l’homme politique émérite et de grande valeur qu’il est devenu, Aït Ahmed, même s’il a été président d’un parti, ne peut être réduit à ce seul rang. Ce grand visionnaire, au-delà du Front des forces socialistes qu’il fonda en guise de moyen de lutte pacifique pour la démocratie, a été et est toujours le leader que l’Algérie serait fière de compter parmi les grands défenseurs de la démocratie que connaît le monde. La compétence du jeune militant le fit devenir membre le plus jeune du comité central du PPA-MTLD. Armé d’intelligence et de sincérité, il fut sans conteste l’un des militants les plus brillants du Mouvement national.

Patron de l’Organisation secrète, Aït Ahmed a été à l’origine,  en 1948, de ce qui deviendra le socle de la Révolution algérienne, le rapport Zeddine. En temps que chef de l’Organisation secrète, il établit avec force détails et précisions le chemin que devrait prendre la lutte armée. L’homme, épris de justice et de liberté, ne ménagea aucun effort pour rendre possible le rêve d’indépendance.
Il était tout naturel de le retrouver parmi les premiers chefs historiques à l’origine du déclenchement de la Révolution. L’architecte de cette Révolution, fin connaisseur de la chose politique, a été celui qui fit entendre la voix de son peuple au monde, en Asie et à New York notamment. Celui qui, parmi les chefs historiques détenus suite au premier détournement d’avion de l’histoire de l’humanité, a soutenu le Congrès de la Soummam, convaincu qu’il était de la primauté du politique sur le militaire. Une doctrine qu’il n’a jamais cessé de défendre jusqu’à nos jours.

«Pari démocratique»

Il fut à l’origine de la création du GPRA et il était tout naturel qu’il s’opposât au coup de force opéré par l’état-major général de l’armée des frontières en 1962 pour s’emparer du pouvoir. Il refusait de voir l’Algérie, qui venait de s’affranchir du colonialisme, basculer dans l’autoritarisme et le pouvoir personnel. Il était tout tracé, pour cet homme de conviction, de ne pas céder à la compromission avec un régime de dictateurs et d’apparatchiks. La naissance du Front des forces socialistes et son opposition au pouvoir a été la marque de fabrique d’un esprit libre et hermétique au contrôle. Celui qui a qualifié l’insurrection du 1er Novembre 1954 de «pari démocratique» ne peut que réclamer la démocratie en juillet 1962. «Je ne suis pas un opposant systématique, je suis opposant à la dictature, je suis pour la démocratisation. Notre mouvement n’a jamais cessé de lutter pour les droits de l’homme ; civils, politiques, économiques et socioculturels, c’est pour nous un tout indivisible», affirmait-il lors d’un débat télévisé sur la création du FFS.

Du maquis à la clandestinité, de l’exil au retour au pays en 1989, Aït Ahmed fit du FFS le porte-flambeau de la lutte démocratique. «Quand, avec des compagnons de lutte contre le colonialisme et pour l’indépendance nationale, nous avons fondé le Front des forces socialistes, pour que cette indépendance algérienne s’accomplisse dans la démocratie, dans le respect des libertés, dans le respect de la justice sociale, dans le respect du pluralisme politique et culturel, fondateurs du mouvement de libération nationale, je n’imaginais pas que cinquante ans plus tard nous en serions encore à nous battre pour défendre notre simple droit à exister. Nous, militants du FFS, et plus généralement nous, Algériens», disait-il dans son message au dernier congrès du FFS tenu au mois de mai dernier. Une phrase qui traduit à la fois la sincérité d’un combat pour les libertés et la déception de voir que l’idéal démocratique reste encore à conquérir. Patriote de la première heure il l’est, patriote il le restera, ne perdant jamais de vue que la lutte démocratique ne saurait s’accommoder d’une atteinte à la souveraineté nationale et l’unité territoriale. «Il est exclu que quiconque nous donne des leçons en politique, en démocratie, en militantisme, en patriotisme et en takvaylith», rétorque-t-il aux semeurs de doutes qui font de la division une politique et de la politique un interdit. «Pour le FFS, patriotisme et démocratie sont inséparables. Durant ces cinquante années de lutte, le FFS a d’abord dû lutter pour empêcher qu’on piétine la démocratie au nom du patriotisme pour ensuite se battre et empêcher qu’on piétine le patriotisme au nom de la démocratie», affirme-t-il encore à l’adresse des congressistes auxquels il annonce son retrait de la présidence du parti. Intransigeant sur les principes, il a su déjouer les complots d’un régime à qui il n’a jamais rien cédé ou troqué.

Aït Ahmed cumule 70 années de militantisme et ce qu’il y a de mieux à lui souhaiter c’est que Dieu lui prête vie pour voir, comme Mandela, son rêve de démocratisation de son pays se réaliser. Au cours des 50 années de lutte à la tête et au sein du FFS, le leader charismatique n’a eu de cesse de mettre devant leurs responsabilités les décideurs du pouvoir et montrer au monde leur vrai visage. De tout temps il se mit du côté des Algériens et non de celui des comploteurs. L’enfant né à Aïn El Hamam en 1926 n’a jamais cédé un iota de son amour pour son pays. Même contraint à s’en éloigner, la première fois en s’évadant des geôles de Boumediène et la seconde en échappant à un assassinat certain, comme celui dont a été victime Mohamed Boudiaf. Avec son parcours et son poids politique, Aït Ahmed a refusé de servir de burnous de légitimité au pouvoir. Il n’a pas monnayé son passé révolutionnaire, refusant même la présidence de la République quand d’autres tiraient la langue devant les officines du pouvoir pour en être gratifiés. 70  années de militantisme se sont construites avec comme seule ligne de conduite défendre la liberté et la démocratie. Force est de constater que l’histoire n’a pas cessé de donner raison à cet historique.

Une constance à toute épreuve

En visionnaire, il a été contre l’arrêt du processus électoral en 1992, il a prôné la solution politique pour arrêter l’effusion de sang durant la décennie noire, il soutient le combat des familles de disparus, il ne cesse de faire des propositions pour une sortie pacifique de la crise et l’édification d’une deuxième République réellement démocratique. Amis et adversaires politiques lui reconnaissent une constance dans ses positions et l’incarnation du mot résistance. Résistance au pouvoir, aux coups de force et au temps. Ce n’est donc pas à son âge, aujourd’hui, qu’il va commencer une carrière de compromission avec le pouvoir. Infatigable combattant pacifique, il décide de créer une fondation qui portera son nom, signe encore une fois d’une foi inébranlable en des idées qu’il mit une vie entière à défendre. La perpétuation de ses idées, du combat politique pacifique pour la démocratie et la liberté sera le meilleur hommage à rendre à ce monstre de la politique, ce brillant visionnaire.

Nadjia Bouaricha

Zahouane

Au lieu de parler de la situation des droits de l’Homme en Algérie, Hocine Zehouane a animé une conférence de presse, ce matin, pour s’attaquer au FFS et l’accuser d’être le responsable de la crise que vit  la LADDH.
Pour la mémoire, je vous invite à lire ces propos de Hocine Aït-Ahmed lors d’une conférence de presse animée le 6 juillet 1964:

« Un mot sur HOCINE ZEHOUANE, nous connaissons son passé, il a été condamné à mort par l’ALN pour avoir déserté son unité, abandonné son arme pour se réfugier au Maroc en 1958. Le colonel Mohand ou el hadj avait confirmé à l’époque sa condamnation à mort. Il réclamait sa tête après le cessez-le-feu. Aujourd’hui, il siège avec lui au bureau politique. A beau mentir qui parle de loin. Qu’ils viennent tous ici dans leurs villages respectifs, ils seront pendus par leurs propres parents qui ne veulent pas être déshonorés.

A Alger c’est l’irresponsabilité sociale, c’est facile de s’y faire une pureté, de jouer les pucelles héroïques sous la protection de la Sécurité Militaire. Le socialisme à rebours, parce qu’il ne profite qu’aux renégats, c’est du NATIONAL-SOCIALISME parce qu’il ne peut s’édifier que par la contrainte, la force, la violence exercées sur les authentiques révolutionnaires et sur les populations paysannes qui ont gagné la guerre et qui ont déjà maintenant perdu la paix ».

Hocine Ait Ahmed


 

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Témoignage de Ferhat Abbes sur le rôle diplomatique de Hocine Aït-Ahmed

Au Caire, ce dernier (Hocine Aït-Ahmed) est responsable des relations extérieures. A ce titre, il ambitionne de faire participer l’Algérie à la conférence de Bandoeng qui doit se réunir en Avril 1955.

Pour réaliser son projet, Aït-Ahmed doit d’abord se battre contre les services spéciaux égyptiens qui voient d’un mauvais œil cette participation. Les Egyptiens voudraient garder « sous cloche » la délégation algérienne. Par contre Aït-Ahmed entend conserver, coûte que coûte, sa liberté de mouvement. La direction de la « Révolution Algérienne » n’appartient qu’aux seuls Algériens.

Avec Yazid, il se rend à Bogor, en Indonésie, où cinq pays devaient préparer la conférence. Ils se heurtent à l’opposition du président Nehru. Celui-ci évite de déplaire à la France et épouse la thèse de celle-ci, à savoir que l’Algérie est partie intégrante du territoire français.

Aït-Ahmed n’abandonne pas la partie. Il renvoie Yazid au Caire mais reste trois mois en Asie. Il effectue un immense travail d’information. Il se rend à Bombay, à Calcutta et développe le point de vue algérien.

Au moment où s’ouvre la conférence, il a en partie retourné l’opinion des Etats asiatiques. Yazid le rejoint à Bandoeng. A eux deux, et avec l’aide des Marocains et  des Tunisiens qui ont accepté de constituer avec l’Algérie une même délégation, ils remportent une victoire éclatante. La résolution finale parle de « l’appui donné par la conférence asiatique et africaine aux peules d’Algérie, du Maroc et de Tunisie ».

Quatre hommes d’Etat de dimension mondiale : , avaient été convertis à notre thèse. Aït-Ahmed, patient et persuasif, avait expliqué la « duplicité » du régime colonial appliqué à l’Algérie et rallié la conférence à notre juste cause. *

Avec Yazid, ils avaient ouvert les portes de l’ONU à la délégation algérienne. Une étape d’une grande importance venait d’être franchie sur le plan international.

Ferhat Abbas in « Autopsie d’une guerre » 

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Notre ami Mourad Kacer, militant infatigable des droits de l’homme, proche collaborateur de Hocine Ait Ahmed, connait depuis son retour des USA de graves soucis de santé. Outre sa famille a laquelle nous affirmons notre soutien et solidarité, nous tenons à lui témoigner notre fidèle amitié et nous lui souhaitons tous, un prompt rétablissement.

Il était étudiant en fin de cycle quand il avait pris en main la fédération de tizi ouzou par un plébiscite du conseil fédéral élargi au vu de la vacance du secrétariat fédéral ;c était à un moment ou il fallait avoir du cran pour accepter cette lourde tache, rappelons que c est le seul , l unique 1er secrétaire fédéral qui a fait le consensus autour de lui depuis 1990;
Il était le responsable le plus talentueux, le plus gentil et le plus respectueux que j’ai connu.
Il avait un bon esprit, tout le monde le connaissait pour sa gentillesse et sa volonté de bien faire les choses. Sa lucidité et capacités politiques redonnaient l espoir aux militants désespérés ou incertains quand a l issu des événements de l époque , en l occurrence la participation de notre parti aux élections locales de 2002 ; Mourad a tout simplement su fédérer et rapprocher toutes les énergies existantes dans la wilaya ffs de tizi ouzou ;
Il ne repoussait personne, il était particulièrement attentif aux personnes seules et isolées même quand elles ne sont pas militantes ;
Il était généreux, fort, solidaire, intelligent, gracieux, profond..tout simplement extraordinaire.
Personne n’aurait jamais osé parler en mal de lui.
Si vous ne le connaissez pas, demandez a ses amis, a sa famille, et a ses proches de vous en parler, ils ne vous en diront que du bien. En y réfléchissant, je ne lui trouvais aucun défaut, c’était un ange , un ange humain que nous apprécions énormément.[…] Peut être lui ai-je fait du mal sans le vouloir? Mais il ne m’en a jamais voulu, il me comprenait et me pardonnait. c’était le plus dynamique des 1er secrétaires fédéraux que j ai vu a l œuvre ;
Son âme était si pure que je ne l’oublierai jamais. Comment un jeune responsable si exceptionnel peut-il être victime d arbitraire de la part du secrétariat DU FFS de l époque dirigé par djeddai et tabou a l organique du parti (dont chacun tirait le tapis de son coté)qui avaient pris la décision de dissoudre la fédération après avoir utilisé cette dernière pour les besoins de la campagne électorale a laquelle ils n ont participé que timidement .

MOURAD KACER fut sacrifié par des luttes au sommet du parti, ainsi le piégeur fut piégé (djedai piegé par tabou) et la base ,depuis,disloquée à ce jour malheureusement ; A-t-il donné en un laps de temps au parti ce que ; une autre personne donne en 10 ou 20ans ? C’était tout simplement une lumière si on l avait laissé travailler ;Aujourd hui notre camarade et ami Mourad KACER est malade ; sa maladie nécessite une prise en charge précieuse ;ce qui le fait revenir des usa ou il était établi en sa qualité de travailleur émigré ;à ce sujet je lance un appel aux instances du parti de regarder dans le rétroviseur et se remémorer les efforts de cet ex responsable fédéral qui a su braver la peur en emmenant le ffs à bon port dans la wilaya de tizi ouzou en 2002 afin de contribuer à sauver la kabylie de la singularisation et l Algérie de la division .

publied in

http://www.numidiatv.com/mourad-kacer-nous-lui-souhaitons-tous-un-prompt-retablissement/

 


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L’histoire contemporaine de l’Algérie montre à l’évidence que l’appel de Novembre et les résolutions du Congrès de la Soummam, avaient défini les termes d’un consensus national fondamental et fondateur.

Ce consensus s’est organisé autour du triptyque : indépendance nationale, Etat démocratique et social dans le cadre des principes de l’Islam, construction du Maghreb démocratique. Il a permis la concrétisation de l’indépendance et l’élection d’une Assemblée Constituante.

La recomposition politique, violente, opérée à l’occasion de la crise de l’été 62, a brisé ce consensus et a permis la mise en place d’un système politique autoritaire qui perdure jusqu’à nos jours.

Aujourd’hui, le statu quo politique, l’instabilité constitutionnelle, la crise morale, la crise économique et les injustices sociales trouvent leurs sources respectives dans l’absence d’un consensus national, dans le pays.

Le statu quo politique 

La récurrence des révisions constitutionnelles vise à maintenir le rapport de force nu, afin de perpétuer le statu quo politique, d’infléchir les équilibres et les options politiques internes et, surtout, de conserver la légitimité internationale des équipes dirigeantes qui prennent le pouvoir.

Le but fondamental du statu quo politique est de maintenir la prééminence d’une institution de l’Etat sur les autres, tout en décrédibilisant et en délégitimant ces dernières. La relation, entre le civil et le militaire, dans le pays, est garante de ce statu quo.

Nous devons relever aussi que l’absence manifeste d’un projet politique et économique clair, porté par la société et par un Etat de Droit, fait le bonheur d’oligarchies possédantes et de forces diverses qui instrumentalisent les archaïsmes. Certaines sont directement connectées sur la grande corruption et la grande criminalité ; leur nuisance est démultipliée par la conjoncture internationale au point de menacer dangereusement l’intégrité et l’avenir de l’Algérie, Etat, Nation et Société.

La première conséquence est le désintérêt et la démobilisation incontestables de la population, lesquels s’expriment par une abstention massive et manifeste lors des différents scrutins.

Les élections qui se déroulent à intervalles réguliers dans le pays,  ne peuvent pas mener à de vraies alternances ; ni à plus forte raison, à une alternative démocratique.

Seconde conséquence, cette population amputée de sa citoyenneté, est acculée à l’émeute, cantonnée et contenue dans des revendications sectorielles.

Les Algériennes et les Algériens sont conscients, aujourd’hui, que le statu quo politique est intenable et qu’en tous cas, il ne peut se concevoir dans les termes que le pouvoir cherche à imposer.

 La crise morale

De larges franges de la population ont perdu repères, valeurs et sens civique. Les Algériennes et les Algériens n’ont pas confiance dans la justice de leur pays. Ils ne croient plus à l’égalité des chances et à l’ascension sociale par le mérite. Devant les passes droits et une corruption systémique et généralisée, le travail et l’éducation ne sont plus perçus comme des moyens émancipateurs.

La crise économique

L’Algérie, à ce jour, n’a pas réussi sa transition d’une économie administrée et centralisée, vers une économie sociale de marché. Elle n’a pas réussi à passer d’une économie rentière, dépendante et mono exportatrice, vers une économie diversifiée capable, au moins, de satisfaire les besoins nationaux. Elle n’a pas pu amorcer une dynamique de développement économique et social, malgré l’exploitation, voire la surexploitation des hydrocarbures ; qui n’a profité ni à l’agriculture, ni à l’industrie.

Les perspectives de changement

L’enjeu principal, aujourd’hui, pour trouver une issue à la crise nationale et préserver l’avenir pour toutes les Algériennes et tous les Algériens, est la reconstruction d’un consensus national fondamental qui pourrait s’organiser autour de la démocratie politique, de la citoyenneté, du développement économique et de l’équité sociale. Concrètement, il s’agit du respect des pluralismes politique, linguistique,  syndical, et des libertés fondamentales pour permettre l’autodétermination individuelle de chaque Algérienne et Algérien et l’autodétermination collective du peuple algérien.

La pensée politique, le projet et la stratégie du FFS, depuis sa fondation, visaient à atteindre cet objectif.

Il est temps que Tamazight soit constitutionnalisée langue nationale et officielle. Que le respect des droits de l’Homme s’enracine dans la société et les institutions, afin qu’ils deviennent une réalité incontestable dans la vie des Algériennes et des  Algériens.

Il est temps que l’Algérie respecte ses engagements énoncés dans les Chartes et Conventions internationales garantissant les droits et les libertés (droit de l’homme, libertés syndicales, liberté d’expression, …etc).

Il est temps que le sacrifice des martyrs du FFS, pour la démocratie, soit reconnu par l’Etat Algérien et que les anciens militants de 1963 puissent bénéficier de tous leurs droits.

Aujourd’hui, il ne s’agit pas de verser dans la dramatisation, mais tout le monde, à l’intérieur comme à l’extérieur du pays, estime que le bilan n’incite pas à l’optimisme. Les Algériennes et les Algériens sont face à un vrai dilemme.

Est-il besoin de souligner les limites et les dangers d’un changement par la violence ? Cette voie, pour le pays, ne favorise pas une évolution vers la démocratie. Elle a donné, pour trop longtemps, un coup d’arrêt à l’ouverture politique tentée après octobre 88. Les radicalismes autonomistes ou djihadistes, ne profitent qu’au pouvoir en place, et à tous ceux qui allument des contrefeux pour éviter toute avancée démocratique.

En tout état de cause, le prix, politique et humain, voire économique, à payer, est exorbitant.

Dans un contexte national difficile, le changement pacifique trouve, lui aussi, ses limites : La société est soumise à des transformations rapides et brutales, alors que les inégalités et les injustices sociales s’accroissent de façon explosive. L’espace contestataire est hétérogène et faiblement organisé, alors que les mesures démagogiques, destinées à acheter la paix sociale, ne répondent pas aux vrais problèmes.

La fermeture politique, la non-reconnaissance des pluralismes et les restrictions des libertés, expliquent, en grande partie, l’échec de la société politique et de la société civile.

Nous ne pouvons ni ignorer, ni sous estimer, ni éluder une conjoncture de grands bouleversements internationaux, marquée par des comportements brutaux de la part des puissances colonialistes. Craignant leur déclassement, celles-ci mettent davantage la pression sur les pouvoirs et les sociétés, pour que s’y dégagent des forces prêtes à se soumettre aux injonctions extérieures ; au mépris des intérêts bien compris du pays et de sa population.

Une raison supplémentaire pour rassurer le pouvoir et lui permettre de refuser toute discussion et toute négociation sérieuse. Il n’y a aucune volonté politique pour mener de vraies réformes qui amèneraient un rapprochement des positions et ouvriraient le champ des discussions et des négociations.

La vérité est que les réformes actuelles, menées au pas de charge et sanctionnées par un vote contestable dans des assemblées disqualifiées, sont rejetées par l’immense majorité de la population.

Et pourtant, l’espoir est toujours là : les Algériennes et les Algériens continuent, dans leur immense majorité, de rejeter les extrémismes et les dérives autoritaires et, ils attachent un grand prix à la paix civile et à l’unité nationale.  Les nouvelles dynamiques populaires, nées de la chute des dictatures dans les pays voisins, incitent, elles aussi, à l’optimisme.

Fait remarquable, la mobilisation et l’engagement des femmes dans les mouvements populaires, ont joué un rôle décisif. Que ce soit en Tunisie, au Yémen ou en Egypte, leur apport a permis aux luttes populaires de gagner en confiance, en énergie et en efficacité.

Dans notre pays, les femmes sont présentes en force, et parfois majoritaires dans certains secteurs stratégiques de la vie nationale. Quoi que l’on puisse penser de la décision d’instaurer une discrimination positive à l’égard de la femme dans les institutions, elle aura forcément des conséquences importantes sur la société. L’enjeu pour la femme aujourd’hui, c’est d’exploiter cette opportunité pour s’affirmer et conquérir tous ses droits. Cette décision peut paraître nécessaire, elle est sûrement insuffisante pour que la femme puisse accéder à un exercice politique effectif. La lutte ne peut se limiter au champ institutionnel, c’est un débat, c’est un combat de tous les jours dans la famille et dans la société. Même si les approches peuvent paraître hétérodoxes, l’essentiel est que la femme algérienne puisse occuper toute sa place et jouer pleinement son rôle.

Autre raison d’espérer, les mouvements, associatif et syndical, se sont développés en dépit des restrictions réelles, directes ou indirectes, à leur activité. Ils gagnent en représentativité et en audience; quelques uns d’entre eux ont atteint une dimension nationale. Ils exercent une pression réelle sur les pouvoirs publics.

Cependant, ces organisations entretiennent des liens complexes avec l’Etat et avec le mouvement politique en général. Des liens qui demandent à être explorés et clarifiés, dans l’action.

Enfin, il peut paraître paradoxal de parler de la jeunesse comme entité politique et sociale, quand nous savons que l’écrasante majorité de la population est constituée de jeunes. Fondamentalement, les problèmes du pays sont, d’abord et avant tout, les problèmes de sa jeunesse. Il apparaît de plus en plus que c’est elle qui arbitrera l’avenir. Ceci ne doit surtout pas empêcher d’avoir des politiques sociales prioritaires pour les secteurs paupérisés de notre jeunesse, afin de freiner et, si possible, de stopper la désagrégation sociale ; cela ne doit surtout pas empêcher un pouvoir, soucieux de l’avenir des générations futures, d’arrêter le désastre national en matière d’éducation et d’engager un débat national pour la mise en place d’un système éducatif performant, basé sur l’algérianité et ouvert sur le monde.

Les femmes et les hommes de notre pays sont conscients de la gravité du moment. Ils savent que la poursuite des options actuelles est de nature à compromettre l’avenir.

Ils savent qu’« il faut faire quelque chose », ils savent que leur pays couve une révolution pacifique,  ils veulent que ça change.

Que devons-nous faire ? Que doit faire le FFS ?

Les forces du changement sont là ; elles sont à l’œuvre dans le pays. Non seulement dans la société, mais probablement aussi, dans les institutions ; nous en avons la ferme conviction. L’ambition du FFS, c’est de réunir les conditions qui permettent une dynamique politique, plurielle, pacifique et organisée. Osons ! A nous de conduire le changement.

A nous de nous impliquer avec force et lucidité pour rompre les enfermements et construire, avec tous les Algériens, un changement qui soit profitable à tous. Un changement qui préserve l’avenir du pays et qui mette un terme au bradage et au pillage de nos ressources et de nos richesses.

L’action pacifique, l’action légale, par des moyens légaux, pour des intérêts quotidiens, peut permettre l’amorce d’un mouvement citoyen et démocratique.

Il faut multiplier les débats avec nos compatriotes pour réhabiliter le politique et remobiliser la société. Il faut coller aux préoccupations de la population et multiplier les initiatives en direction de toutes les couches de la société notamment, celles frappées par la paupérisation, pour accompagner et soutenir leurs luttes pour la dignité.

Notre présence dans les institutions doit les faciliter et les potentialiser. C’est ainsi que nous donnerons sens à notre présence au sein des assemblées élues. C’est ainsi que nous renouerons, tous ensemble, avec l’engagement citoyen. Il faut renverser la perspective et le changement devrait se faire en partant du point de vue du citoyen. C’est la condition qui peut permettre d’enclencher une dynamique de mobilisation durable et unitaire.

International

La mondialisation sécuritaire est toujours à l’ordre du jour. Ce que nous pouvons dire, c’est que pour notre pays il n’y a pas d’avenir viable sans sécurité ; il n’y a pas de sécurité sans cohésion nationale ; il n’y a pas de cohésion nationale sans démocratie et sans bonne gouvernance.

Nous voulons mettre notre pays à l’abri des aventures et des ingérences d’où qu’elles viennent.

La crise financière et économique internationale durable, annonce un nouvel équilibre international fondé sur l’internationalisation des capitaux, le libéralisme économique et les dérégulations. L’impact sur notre pays est certain, inévitable. Sommes-nous prêts, sommes-nous préparés à cette insertion dans ce nouvel ordre en gestation ?

Force est de constater que nos relations avec les grands ensembles politiques et économiques restent illisibles. Existe-t-il par exemple, une volonté réelle d’adhérer à l’Organisation Mondiale du Commerce, ou de construire un vrai partenariat avec l’Union Européenne ?

Au cours de ce que l’on a appelé le « Printemps arabe », différents pays de la région ont connu un processus politique complexe. Ce processus a vu naître les premières tentatives de gestion politique de l’islamisme, l’élection d’Assemblées Constituantes et les premières élections libres.

Après la chute des dictatures, les islamistes sont arrivés au pouvoir par des élections et, le résultat a été reconnu en interne et par la communauté internationale.

Le processus se poursuit, il rencontre beaucoup d’obstacles et la situation dans ces pays n’est pas encore stabilisée.

Nous avons la conviction que l’Algérie ne constitue ni une anomalie ni une exception. Le printemps algérien est à venir.

Nous sommes optimistes. Nous souhaitons, nous espérons, que cette nouvelle évolution de la situation régionale permettra de lever les obstacles à la construction d’un Maghreb démocratique et d’un ensemble nord-africain solidaire. Cette construction suppose le respect de l’autodétermination  de tous les peuples de la région et dans le respect de l’autodétermination individuelle. Nous sommes bien conscients que cela ne se fera pas dans l’immédiat.

Le Front des Forces Socialistes veut enraciner la dimension maghrébine parce qu’elle fonde la cohésion de nos pays. C’est pour nous une ambition nécessaire dont la réalisation est urgente. Nous continuerons de travailler au renforcement des liens humains, politiques, culturels et économiques entre nos peuples.

Cela nous permettra d’affronter ensemble les grands défis géopolitiques ou économiques qui se posent à nous, et par là-même, d’occuper la place qui nous revient en tant que versant Sud de la méditerranée occidentale.

Nous sommes en accord avec la proposition dialectique qui veut que : « Aller au Maghreb peut contribuer à déverrouiller l’intérieur de nos pays respectifs, et, déverrouiller l’intérieur de nos pays peut contribuer à construire le Maghreb ».

Quelles sont les perspectives à notre frontière sud ?

L’évolution de la situation dans la région Sahélo-Saharien a un impact important sur notre doctrine de défense et de sécurité. Nous ne sommes plus dans la conception de la sécurité nationale telle que nous l’avons connue.

Désormais, nous sommes inscrits dans une logique de sécurité collective et d’interdépendance. Le pays est impliqué, de manière directe ou indirecte, dans la lutte internationale contre le terrorisme et dans un interventionnisme extérieur qui ne dit pas son nom.

Notre doctrine de sécurité nationale est remise en cause, et, rien ne dit que nos politiques militaire, diplomatique et économique soient adaptées à cette nouvelle situation. Nous avons le devoir de prendre la mesure exacte de cette réalité nouvelle pour préserver notre souveraineté, notre autonomie de décision et la cohésion nationale.

Dans cet esprit, le FFS souligne la nécessité et l’urgence d’institutions de l’Etat, dont la légitimité soit incontestable et qui seraient pleinement associées à la redéfinition de nos options militaires, diplomatiques et économiques. Le processus de décision serait alors, sans doute, plus intelligible et plus efficace, et la décision plus crédible.

L’impératif de redéfinir une politique africaine s’impose. Pour nous, il s’agit d’une option de cœur et de raison. Ainsi, nous renouerons avec le projet africain porté par la Révolution algérienne.