Articles Tagués ‘ait ahmed Alger Algerie argent Banque BM Bouteflika Changement communication complicité constituante Constitution coopération croissance currency devise Dollar droits de l’homme démocratie démocra’


23 ans après les émeutes d’Octobre 1988

Que reste-t-il du processus de réformes ?

Que reste-t- il du train de réformes lancées en réaction au soulèvement du 5 Octobre 1988 ? Très peu, sinon rien, de ce que les Algériens étaient en droit d’attendre en termes de rupture avec le système du parti unique, l’économie dirigée, les entreprises sous tutelle, le monopole syndical et la mainmise du pouvoir sur des médias exclusivement publics.

Que reste-t-il du train de réformes lancées en réaction au soulèvement du 5 Octobre 1988 ? Très peu, sinon rien, de ce que les Algériens étaient en droit d’attendre en termes de rupture avec le système du parti unique, l’économie dirigée, les entreprises sous tutelle, le monopole syndical et la mainmise du pouvoir sur des médias exclusivement publics.
Arrachées au forceps par une équipe restreinte d’hommes politiques et commis de l’Etat qui souhaitaient arrimer le pays sur la vague de démocratisation qui avait déjà atteint de nombreux pays du monde, les réformes de 1988 n’ont malheureusement pas tardé à se heurter à de fortes résistances de la part de certains cercles influents du pouvoir qui voyaient d’un mauvais œil les ouvertures concédées hormis, bien entendu, celle du commerce extérieur qui fera de bon nombre d’entre eux de puissants barons de l’import-export.

Les tirs croisés sur les réformateurs ont, en réalité, commencé dès la mise en œuvre des lois visant l’instauration d’une économie de marché au lieu et place du système rentier et bureaucratique qui avait longtemps prévalu dans l’Algérie socialiste.
La fin des entreprises monopolistes d’Etat, l’autonomie de gestion accordée aux banques et aux entreprises publiques ligotées par leurs tutelles ministérielles, l’octroi de la gestion financière et monétaire du pays à une Banque centrale autonome, la liberté de créer de nouveaux syndicats et partis politiques, le libre exercice du droit syndical et du devoir d’informer n’avaient, à l’évidence, pas de quoi réjouir les tenants du pacte social des années 1970 qui tiraient du système pseudo socialiste en place de nombreux privilèges.

Chasse aux réformateurs

Jamais écartés du pouvoir et, aujourd’hui encore, présents aux plus hauts sommets de l’Etat, de l’armée et de l’administration, ces acteurs ne cesseront de porter des coups de boutoir au processus de réformes qu’ils finiront par torpiller, au point où il n’en reste pratiquement plus rien aujourd’hui. Chacun des chefs de gouvernement désignés après le limogeage des initiateurs des réformes de 1988, Kasdi Merbah et Mouloud Hamrouche , semblait avoir pour mission de lézarder, si ce n’est carrément, remettre en cause les réformes qui dérangeaient le plus. S’ils avaient moins de latitude à le faire durant l’intermède des ajustements structurels où le FMI veillait au bon déroulement des réformes, ceux qui seront placés à la tête du gouvernement à la fin de cette période n’iront pas de main morte pour bloquer toute velléité de réformes, notamment celles allant à l’encontre du système rentier et bureaucratique sur lequel était assis leurs exorbitants pouvoirs et privilèges.

C’est ainsi que dès 1996 furent abrogées les lois sur l’autonomie des entreprises publiques économiques, les Fonds de participations furent dissous, tandis que la loi sur la monnaie et le crédit fut modifiée pour restituer les pouvoirs financiers et monétaires à l’Exécutif gouvernemental aujourd’hui maître de la rente pétrolière.

Des holdings publics avaient été créés à l’effet de privatiser sous l’autorité d’un Conseil autonome les entreprises publiques, mais ce dernier s’étant avéré trop indépendant et rétif à la cession des actifs publics juteux aux seuls pontes du régime, ces derniers seront rapidement dissous pour laisser place à des Sociétés de gestion de participation chargées d’effectuer ce sale boulot sur injonctions à peine voilées des autorités politiques en place. Le résultat des privatisations sera décevant et les conditions, pour le moins contestables dans lesquelles ont été effectuées certaines d’entre elles, rompront le consensus sur la vente des actifs publics qu’il a fallu interrompre pour ne pas exacerber les tensions entre les puissants prétendants à leur acquisition.

Bouteflika met fin aux acquis

L’arrivée de Abdelaziz Bouteflika au pouvoir en 1999 sonnera le glas des réformes de 1988 qu’il a toujours considérées, en tant que membre de la veille garde du FLN et nostalgique du contrat social des années Boumediene, comme la cause du malheur du pays et des désordres multiformes qui l’affectent. Le soulèvement d’Octobre 1988 n’étant pas à ses yeux un mouvement populaire, mais un événement provoqué par quelques cercles du pouvoir de l’époque, toutes les réformes qui en sont issues seraient, de son point de vue, suspectes et inappropriées aux réelles aspirations du peuple algérien.

A commencer par toutes ces «lois scélérates»  qui ont accordé le droit de créer de nouveaux partis, des syndicats autonomes et des journaux indépendants. Il tentera de torpiller ces organisations en discréditant les partis politiques existants et en refusant d’agréer les nouveaux partis et associations qui en avaient exprimé la demande. Les syndicats autonomes ne seront pas reconnus officiellement et pour ceux qui l’avaient déjà été, les portes de la tripartite sont toujours fermées malgré leur grande capacité de mobilisation. La presse écrite, seule parmi les médias à avoir réussi à s’autonomiser du pouvoir, sera également sa cible.

Il utilisera, entre autres moyens, les tribunaux et la discrimination de l’accès à la manne publicitaire réservée, comme on le sait, aux seuls journaux gouvernementaux et à certains titres privés proches du pouvoir.
Ajouter à ce sombre tableau, le sort réservé aux entreprises privées qui avaient commencé à émerger à la faveur du processus d’ouverture d’octobre 1988. Abdelaziz Bouteflika les privera d’un avantage essentiel que les réformes de 1988 leur avaient accordé. Il s’agit de leur autonomie vis-à-vis du champ politique et de leur libre choix partisan aujourd’hui contraint à la clandestinité.

«Ce n’est aujourd’hui pas bon pour les affaires d’afficher un attachement partisan pour un autre parti que celui de l’Alliance présidentielle», nous affirme un chef d’entreprise privée sous le couvert de l’anonymat. Les patrons sont, en effet, désormais tenus de soutenir les candidatures de Bouteflika à de nouveaux postes présidentiels au risque de redressements fiscaux et autres ennuis judiciaires qu’il est, à l’évidence, facile de leur créer.

Leurs organisations, à l’instar du Forum des chefs d’entreprises et autres associations patronales joueront, on s’en souvient, magnifiquement ce rôle de soutien lorsque Bouteflika avait postulé pour un troisième mandat présidentiel.
Les révolutions, qui secouent le monde arabe et certaines contrées voisines du pays, auront-elles un effet sur ce processus de démantèlement des acquis d’octobre 1988, notamment sur ceux ayant trait à certaines libertés fondamentales, à l’instar de celle d’exercer des activités politiques, syndicales, entrepreneuriales et médiatiques autonomes ?

Si les textes législatifs en préparation (lois électorales, sur les partis, les médias et autres) indiquent bien que le pouvoir est inquiet des mouvements insurrectionnels qui affectent les dictatures arabes, il est, par contre, moins sûr qu’il légiférera sans arrière-pensée pour l’instauration d’une véritable démocratie. L’avènement d’un authentique modèle démocratique sonnerait en effet le glas du système en place et c’est précisément pour cela que l’Exécutif en place fera, à l’évidence, tout pour le retarder.

Nordine Grim

el watan


Algérie – Le salaire minimum garanti (SNMG) passe à 18000 dinars (Officiel)

 

Le salaire national minimum garanti (SNMG) est passé à 18.000 DA, a confirmé ce vendredi, le Premier ministre algérien Ahmed Ouyahia à l’issue des travaux de la tripartite qui ont duré une vingtaine d’heures. Dans la matinée, l’agence APS, citant une source proche de la tripartite (gouvernement, UGTA et patronat) avait indiqué que le SNMG, qui était de 15.000 DA, passerait à 18.000 DA à compter de janvier 2012.  Avant la tenue de la tripartite il était question d’une hausse qui mettrait le SNMG dans une fourchette située entre 18.000 et 20.000 dinars. Manifestement, c’est le niveau le plus bas de la hausse envisagée qui a été retenue à la tripartite.


L’Algérie et le Maroc moteurs de la croissance prévisionnelle de Société générale

Salim Dali, Maghreb Emergent, 18 novembre 2010

Le groupe bancaire français Société générale table principalement sur le faible niveau de bancarisation dans la région et sur le potentiel de croissance de la population et des revenus pour devenir la première banque à capitaux privés au Maghreb. L’expansion de son réseau en Algérie et au Maroc portera l’essentiel de sa stratégie de croissance.

Société Générale a dévoilé à la presse sa stratégie de croissance 2009-2015 dénommée SG 2015 lors d’une rencontre organisée à Casablanca. Parmi ses axes importants l’ambition de développer ses activités au Maghreb via ses filiales implantées en Algérie, au Maroc et en Tunisie. Société Générale, l’un des premiers groupes bancaires en Europe vise à drainer en l’espace de cinq ans 860.000 clients supplémentaires. Il s’agit d’ouvrir 280 nouvelles agences. Sur l’ensemble de l’Afrique du nord, la banque prévoit d’absorber 1 ,3 million de clients supplémentaires et d’ouvrir 380 nouvelles agences. L’essentiel de cet effort repose sur ses filables Algérie et Maroc. Société Générale Algérie (SGA) table sur 200.000 clients supplémentaires et l’ouverture de 90 nouvelles agences, soit une progression de 90% tandis que sa consœur marocaine vise 500.000 nouveaux clients et l’ouverture de 150 agences. La filiale marocaine, plus ancienne avec plus de 100 ans d’existence semble la plus dynamique. Elle enregistre un produit net bancaire de près de 300 millions d’euros en 2009 contre 100 millions d’euros pour Société Générale Algérie.

 

Le mobile banking expérimental au Maroc

De façon globale, Société générale veut devenir la première banque à capitaux privés de la zone. Cette volonté de renforcement de ses positions se justifie par différents facteurs. «C’est un marché important constitué par 160 millions d’habitants. Il enregistre un faible taux de bancarisation. La zone enregistre un taux de croissance moyen de 4,6% », a souligné Jean Louis Mattei, le Directeur de la banque de détail à l’international. Par ailleurs, un autre facteur joue en faveur de la réussite de cette feuille de route : la croissance cumulée de la population entre 2010-2015 concernant l’Algérie et le Maroc est estimée entre 5 et 10%.

A titre de comparaison, Société Générale en Afrique compte 2,8 millions clients et 850 agences. Son réseau africain lui procure 1 milliard d’euros de produit net bancaire annuel. Il emploie 13.000 collaborateurs sur les 60.000 que compte le groupe français à travers le monde.

Dans sa stratégie, Société générale table sur l’innovation. Après le e banking, c’est le mobile banking qu’entend promouvoir le groupe français. Le concept se résume à consulter ses comptes, effectuer des opérations bancaires via son mobile. Ce service est au stade de l’expérimentation au Maroc. Une fois les conditions de succès garanties, le mobile banking sera systématisé en Algérie et en Tunisie.

A noter que Société Générale est également présente en Mauritanie. Elle ne dispose pas de filiale en Lybie. Ses activités en Egypte sont également importantes. Sa filiale enregistre plus de 800.000 clients et plus de 100 agences. Son objectif dans ce pays est de drainer plus de 450.000 clients supplémentaires et d’ouvrir 90 nouvelles agences.

Synergie entre les filiales au Maghreb

Concernant la filiale algérienne, elle dispose de 63 agences. Société Générale Algérie compte près de 270 .000 clients. Elle emploie plus de 1300 collaborateurs. Ses fonds propres ont atteint 20 milliards de dinars en 2009. Au cours de cet exercice, elle a réalisé un résultat net bancaire de 2,5 milliards de dinars. Eu égard à l’importance de son réseau et de sa clientèle, elle est considérée comme la première banque privée en Algérie. Mais son développement rapide dépendra de l’évolution de l’environnement local. Société Générale tente également de développer des synergies entre les pays du Maghreb. Elle vise à tisser une coopération intense entre filiales. Parmi les premiers résultats, les filiales tunisiennes et algériennes accompagnent un promoteur tunisien dans la réalisation d’un projet sidérurgique en Algérie.

lemonde.fr


Débat entre 10 experts sur le rendement des 173,9 milliards $ de réserves de change de l’Algérie

Le président de la république en conseil des Ministres du 12 septembre 2011 a donné instruction au gouvernement pour optimaliser le rendement des réserves de change. Comme il a donné instruction au gouverneur de la banque d’Algérie de divulguer le montant des réserves de change au 30 juin 2011.
En effet, Pour la première fois un débat productif entre experts débat qui engage la sécurité du pays sur le rendement des réserves de change de l’Algérie est engagé sereinement. J’ai demandé l’avis de bon nombre d’amis qui ont dans le cœur l’Algérie privilégiant uniquement ses intérêts supérieurs dont je citerai le Professeur émérite Taieb Hafsi directeur de recherche à HEC Montréal, les professeurs de renom Zabouri Mortada conseiller de gouvernement en stratégie à Montréal, Boualem Aliouat de l’Université de Nice, Nadji Safir de l’université d ’Alger , Bachir Maazouz de l’école supérieure d’administration de Montréal et professeur associé à l’ENA de Paris , Farid Yaici de l’université de Bejaia, Ahmed Bouyacoub de l’Université d’Oran , les docteurs Camille Sari, Attou Abbou et Omar Berkouk, experts internationaux renommés en finances . Qu’ils soient infiniment remerciés Le lecteur pourra constater certaines divergences de ce débat productif, le plus grand ignorant étant celui qui prétend tout savoir.
1.-PROFESSEUR DE SCIENCES ECONOMIQUES EXPERT INTERNATIONAL ABDERRAHMANE MEBTOUL
Le gouverneur de la Banque d’Algérie a affirmé que le rendement des réserves de change a été de 4,60 milliards de dollars pour un taux d’intérêt de 3% (tout juste le taux d’inflation mondial actuel 2010/2011 soit un rendement presque négatif). Il s’ensuit que mathématiquement j’ai mis en relief que l’Algérie a placé non pas à court terme mais à moyen et certainement une grande part à long terme en 2010 un montant de 153,33 milliards de dollars, soit 94,65% de ses réserves de change en 2010. En effet, le total de réserves de change au 31/12/2010 est de 162,2 milliards de dollars, les organismes internationaux évaluant ces réserves à plus de 173,9 milliards de dollars au 31 juin 2011. Pour les taux de court terme ils ne peuvent être supérieurs au taux d’escompte des banques centrales. Les taux directeurs sont depuis 2009/2010 pour la FED ente 0-0,25%, 1,25% en 2010 avec un relèvement de la BCE de 1,5% depuis avril 2011, ceux de la banque d’Angleterre 0,5% ainsi que celui du Japon qui tend vers zéro. D’une manière générale si le stock en principe, à moins d’une faillite généralisée de toute l’économie mondiale ou d’une grave crise politique en Algérie ce qui entrainerait le gel des avoirs algériens à l’étranger, est garanti par les Etats ne risquant rien, cela pose le problème des rendements, le taux d’intérêt étant de plus en plus élevé si les placements se font à moyen et long terme afin de couvrir le taux d’inflation mondial. Comme se pose le problème de la transition au moment où 20% étaient déposés dans les banques privées avant que ce taux passe selon le gouverneur à 2%.
Que s’est il passé entre temps et y a-t-il eu perte comme cela a été le cas pour la majorité des pays du Golfe? Des banques privées dites AAA ont été décotées et en cas de difficultés bancaires, si elles ne sont pas soutenues par leurs Etats, il ya perte sèche pour l’Algérie. Pour ceux à moyen terme le retrait avant terme entraine une perte pour l’Algérie du fait de la décote et sur le marché libre et de la perte des intérêts pour non respect du contrat et il est préférable d’attendre le terme actuellement avant de prendre une décision hâtive. D’une manière générale, les réserves de change étant qu’un signe monétaire, l’objectif stratégique est de dynamiser la sphère réelle (la section hors hydrocarbures).
L’Algérie exportant 98 d’hydrocarbures en dollars à l’état brut et semi brut et important 70/75% des besoins des ménages et des entreprises (dont 60% en euros). Et avec ce paradoxe plus de 11 milliards de dollars en services entre 2010/2011( plus de 55 milliards de dollars d’importation en biens et services) assistant à l’exode de cerveaux algériens et à l’importation de connaissances de l’étranger certes nécessaires mais hélas pour l’Algérie massivement. Ne sommes nous pas dans le cas du avec cette importante réserves de change dans el cas du syndrome hollandais. Or les deux fondamentaux du développement du XXIème siècle tenant compte de la mondialisation irréversible, liant efficacité économique et la cohésion sociale sont la bonne gouvernance et la valorisation du savoir.
2-PROFESSEUR ÉMÉRITE TAIEB HAFSI DIRECTEUR DE RECHERCHE HEC MONTRÉAL
Avoir des réserve de change est une condition nécessaire mais non suffisante d’un développement durable. J’ai confiance en l’avenir de l’Algérie qui a d’importantes potentialités surtout humaines , richesse bien plus importante que toutes les ressources en hydrocarbures qui peut surmonter ses difficultés pour peu qu’existe une nette volonté politique d’’approfondissement de la réforme globale liée à un bon management stratégique et au un processus démocratique réalisant la symbiose Etat/citoyens.
Je suis confiant en l’avenir de l’Algérie pour peu que les gouvernements fassent confiance aux algériens et à la connaissance pour transformer cette richesse virtuelle en richesse réelle. Ainsi, il faut éviter tant la sinistrose, car tout ce qui a été accompli depuis l’indépendance politique n’est pas totalement négatif mais également toute autosatisfaction. Les intellectuels ont le devoir de vérité.
3-PROFESSEUR ZOUBIR MORTEDA CONSEILLER DE GOUVERNEMENT EN STRATÉGIE CANADA
Ce qui me paraît important c’est de prendre conscience que, dans les affaires mondiales, il ya une transition subtile et complexe. Elle débouchera inéluctablement dans l’horizon de quelques années sur l’effondrement du dollar et une crise chronique de la dette des USA. Entre temps il faut manœuvrer pour trouver sa place dans le nouveau monde qui se met en place. Dans le cas algérien la rationalité de l’affectation des ressources appelle deux observations : a- Du point de vue du développement, il est clair que l’affectation des ressources est profondément irrationnelle. Mais le problème n’est pas uniquement une question de politique économique ni de volonté politique. Il recouvre des questions de sociologie des milieux d’affaires et des élites. Ces derniers semblent davantage attirés par le mercantilisme (au sens que lui donne Adam Smith) que par la création d’une valeur ajouté réelle et utile.
Cette posture est en partie le reflet de traditions corsaires lointaines et de la mentalité du tribut de guerre “sur les biens vacants». Elle traduit le désordre sociologique provoqué par la destruction des élites traditionnelles dans la période coloniale par la violence, (Sénatus consulte). .Elle est également le résultat de problèmes institutionnels et de confiance dans l’avenir de l’Algérie.
Les gouvernants, ne pouvant restructurer cette configuration sociale et ses relais dans les administrations publiques, préfèrent injecter les ressources dans les infrastructures ou mettre les avoirs des hydrocarbures en réserve avec l’espoir que le contexte mondial finisse par catalyser l’émergence d’une élite nouvelle. b- Du point de vue sécuritaire, la distribution “sociale” des ressources semble trouver sa rationalité dans des objectifs de consolidation de la paix après des années de violence. C’est aussi un acte préventif contre une déstabilisation externe qui est perçue comme menaçante.
Il ne faut pas sous estimer les névroses hégémoniques de veilles puissances qui cherchent à freiner leurs déclin. L’expérience montre qu’elles n’y arriveront pas, mais elles peuvent conjoncturellement créer beaucoup de désordre. Je crois que les universitaires peuvent contribuer à l’émergence d’une élite nouvelle en faisant un travaille de longue haleine décryptant l’état de la société et de ses élites ainsi que le rapport entre cet état et l’histoire des deux ou trois derniers siècles (sachant que les élites sont toujours le produit de plusieurs siècles d’accumulation).
Il faut également s’ouvrir à une plus grande altitude pour comprendre la grande transformation du monde. En effet depuis la guerre du Viet Nam nous basculons dans un monde post transatlantique et face à ce processus les pivots transatlantiques ont multipliés les fuites en avant qui ont beaucoup aggravé leurs problèmes. A titre d’exemple la rupture de Bretton_Woods a bouleversée la comptabilité au point où nous avons toujours l’impression que le PIB US est important alors qu’il ne l’ai que virtuellement. De même le virtualisme obscurcie l’analyse des rapports de forces et de beaucoup de domaines.
La grande transformation c’est le retour des vielles civilisations au centre de l’histoire. C’est elle qui fixe les normes et standards mondiaux depuis l’art de la guerre jusqu’au prix relatifs en passant par l’agenda de la science. Avec cette résurgence reviennent également des modèles étatiques qui ont était éclipsé comme les États épistémiques de grande taille du genre Chine Inde ou Califat. Cette recristallisation se traduit par des regroupements régionaux pour dépasser l’État post colonial ASEAN, l’OCS, l’OCE en sont des exemples.
4-PROFESSEUR DE SCIENCES ÉCONOMIQUES UNIVERSITÉ DE NICE FRANCE BOUALEM ALIOUAT
La question de la rentabilité des placements de fonds souverains est-elle centrale pour l’Algérie ? Procédons par comparaison. En Europe, comme pour l’ensemble des pays de l’OCDE, le placement de fonds souverains en bons du trésor ne correspond pas tout à fait à la même logique que celle des pays comme l’Algérie, la Chine ou la Russie par exemple. Le défaut de paiement étant principalement lié aux « risques pays », il y a longtemps que les pays de l’OCDE ont bien compris qu’il était plus utile, pour attirer des fonds, des capitaux et des investissements étrangers, de consolider leur gouvernance par une stabilité politique juridique et administrative.
Autrement dit, leurs investissements en bons du trésor correspond davantage à une constitution de réserves prudentielles (assurantielle en quelque sorte). Généralement, leur montant correspond à environ 9 à 18 mois de leur besoin en financement public. Le rendement de ces fonds est important, mais ce n’est pas le plus important car il s’agit, pour ces pays stables, de placements à très long terme dans des pays dont le défaut de paiement est quasi nul (donc à faible risque de dégradation significative à long terme). En ce sens, je rejoins l’analyse qui consiste à insister sur le fait qu’à très long terme ces titres ont de fortes chances de s’apprécier, et même de contribuer par leur caractère prudentiel à doper l’économie des pays apporteurs de fonds souverains. Ceci, bien évidemment, doit être relativisé par le théorème de l’« équivalence ricardienne » qui établit, sous certaines conditions, une concordance entre l’augmentation de la dette publique à un moment « T » et l’augmentation des impôts requise dans le futur pour le remboursement de cette dette et le paiement des intérêts qui y sont associés.
Dès lors, en effet, le risque est de voir, dans un pays comme les USA, les agents économiques se comporter de manière relativement rationnelle en considérant qu’une politique de relance américaine, par une distribution de revenus financée par la dette publique, ne va pas les pousser à consommer, mais plutôt à économiser du fait de l’augmentation des taux d’épargne et en prévision de hausses d’impôts futures. Autrement dit, sur des courts ou moyens termes, les dépréciations de titres sont envisageables, mais peut-être moins sur des temps très longs compte tenu des effets cumulatifs de la croissance économique. La dégradation de la note US par l’agence de rating internationale Standard and Poor’s est cependant de ce point de vue quelque peu excessive compte tenu du très faible risque d’instabilité politique des USA et donc de leur défaut de paiement consubstantiel.
D’ailleurs, outre les Credit Default Swap qui rassurent les marchés et les investisseurs, la réaction du marché, au lendemain de cette dégradation, en faveur des bons du trésor américain, au même titre que l’or, cautionne cet état de fait. Leur leadership sur les bons européens et japonais (d’ailleurs dégradés par Moody’s) ajoute à cette conviction que les placements de fonds souverains aux USA ne sont pas la moins stratégique des options. Pour résumer, les pays de l’OCDE investissent prioritairement dans leur stabilité politique et économique (leur gouvernance équilibrée, stable et transparente) comme principal garant de leur attractivité et compétitivité. J’en veux pour preuve que ces Etats s’affairent à faire voter une “règle d’or” qui consiste à inscrire dans leur Constitution des règles prévoyant un retour progressif à l’équilibre budgétaire.
L’Espagne vient de la voter, tandis que l’Allemagne et la France s’apprêtent à la faire approuver par la plus forte majorité de leurs instances législatives. Ces Etats privilégient cette stabilité avant de songer, par des investissements prudentiels de fonds souverains, à leur capacité de réaction pertinente à des situations de financements publics exceptionnelles liées à des crises dont la nature est diverse. La rentabilité de ces fonds est, de mon point de vue, dès lors secondaire et peu risquée. En revanche, pour un pays comme l’Algérie, c’est aussi le cas de la Chine ou de la Russie et bien d’autres pays, la situation est un peu différente. La gouvernance de ces Etats, leurs risques pays sont tels que les marchés internationaux ne leur accordent pas une confiance sans limite quant à la sécurisation des investissements et des transactions commerciales.
Alors, on peut imaginer, bien entendu, toutes sortes de cadres juridiques et financiers facilitant la confiance des investisseurs et des partenaires étrangers, et même les rassurer par l’accumulation de réserves financières qui dépassent de loin les canons internationaux, et même encore avoir des placements en bons du trésor américain qui surpassent orgueilleusement les ratios habituels. Rien cependant ne remplacera jamais le critère de la stabilité politique et des risques pays comme seul signal positif et garant efficace sur les marchés internationaux. C’est la raison pour laquelle le meilleur investissement que pourrait engager ces pays réside d’abord dans leur transparence, leur gouvernance stable, et la légitimité pérenne de leurs institutions. Pour ces derniers pays, les excès d’investissements en bons du trésor américains sont à la fois indispensables par compensation des instabilités et des carences institutionnelles (la Chine détient 1150 milliards de dollars en bons du trésor US, dépassant très largement le ratio requis), et structurellement moins efficaces à court, moyen et long termes, d’autant qu’ils sont souvent privilégiés au détriment d’investissements en fonds souverains sur des titres d’entreprises multinationales ou transnationales appartenant à des secteurs à forte potentialité.
A court et moyen termes, ces Etats sont susceptibles de subir les effets indirects de l’équivalence ricardienne (donc des dépréciations significatives). A long terme, certes ces pays encourent moins de risques de dépréciation, mais handicapent pour certains (les plus fragiles en termes de facteurs d’infrastructures productives ou d’innovation) leur capacité de développement économique.
En Algérie, la question, de mon point de vue, est moins de savoir si ces placements de fonds souverains sont rentables ou pas à court, moyen et long termes, mais plutôt de savoir si le pays est structurellement apte à absorber en investissements projets ses excès de réserve. Il est probable qu’un juste milieu consisterait pour l’Algérie à associer trois efforts convergents : (a) envoyer des signes forts de stabilité de gouvernance aux marchés internationaux, (b) réviser son ratio de placement de fonds souverains (ses réserves) dans des normes prudentielles acceptables et (c) favoriser le développement des investissements étrangers et locaux par la favorisation de l’innovation, de l’entrepreneuriat et l’émergence de projets et d’entités économiques robustes. Ces efforts doivent être pensés de concert au sein d’une équipe ministérielle soudée associant leurs efforts, leurs politiques et des fonds uniques interministériels de développement ; et non pas de manière dissociée et peu cohérente dans l’ensemble.
Par ailleurs, toutes les parties prenantes doivent être associées à cet effort collectif. L’Algérie doit prioritairement se poser la question de sa cohésion et de sa stabilité susceptible de générer la confiance par des lois organiques de stabilité convaincantes, avant de se focaliser à tout prix sur des notions de rentabilité (source de croissance). Cette dernière serait d’ailleurs faussée par l’état de la rente algérienne et le poids de l’économie informelle, et éclipserait la notion centrale de compétitivité régionale.

5-PROFESSEUR DE SCIENCES ÉCONOMIQUES UNIVERSITÉ BEJAIA FARID YAICI
L’évaluation du niveau approprié de réserves accumulées par un pays nécessite la prise en compte des motivations initiales de détention de ces réserves, pour élaborer une norme quantitative. Les directives du FMI pour la gestion des avoirs extérieurs de réserve stipulent que « les réserves de changes sont détenues pour satisfaire plusieurs objectifs », notamment :« susciter et maintenir la confiance » dans la politique monétaire et de change ;« limiter la vulnérabilité externe en maintenant des réserves liquides de change afin d’absorber les chocs en temps de crise ou lorsque l’accès au crédit est restreint et « donner aux marchés l’assurance que le pays est en mesure de remplir ses obligations extérieures ».( F.Yaici).
Récemment encore, le niveau requis d’avoirs de réserve était estimé empiriquement selon la « règle des trois mois d’importations ». Lorsque les crises financières avaient été déclenchées, dans les années quatre-vingt-dix, par un tarissement des entrées de capitaux, la capacité des économies ayant recours à l’endettement extérieur à assurer le service de leur dette est devenue un critère primordial. La règle « Greenspan-Guidotti » recommande, par conséquent, que les réserves puissent couvrir entièrement la dette extérieure à court terme afin d’être en mesure de rembourser celle-ci dans l’éventualité d’interruptions soudaines des entrées de capitaux, c’est-à-dire au cas où les prêteurs étrangers ne renouvelleraient pas leurs prêts.
Les normes de référence rappelées ci-haut s’appliquent-elles pour l’économie algérienne ? Rappelons d’abord que cette dernière est une économie dépendante de ses hydrocarbures, qu’elle est mono-exportatrice et qu’elle importe la plupart de ses besoins. Si on devait appliquer ces normes, et en l’état actuel de notre économie, l’Algérie serait en danger à cause de ses recettes en devises erratiques. A titre d’illustration, les recettes d’exportation du pays ont été divisées par 1,5 entre 2008 et 2009 avant d’être multipliées par 1,2 entre 2009 et 2010.
En 1986, elles avaient carrément chuté de moitié par rapport à 1985 pour ne remonter substantiellement qu’au début des années 2000. Cependant, en 2010, les réserves de change couvrent 38,75 mois d’importations, soit environ 13 fois la norme (si on applique le premier critère), et environ 81 fois la dette extérieure à court (l’Algérie ayant décidé, en 2006, de rembourser par anticipation l’essentiel de sa dette extérieure), soit autant de fois la norme (si on applique le second critère). Quelle est alors la solution ? Avoir autant de réserves de change et ne les placer quasiment (98 %) que dans des obligations d’Etat, avec des rendements faibles, même supposées plus sûres (la crise actuelle de la dette des Etats vient de nous démontrer que plus rien n’est sûr) équivaut à du gaspillage. Prendre quelques risques en diversifiant les placements, y compris en créant un fonds souverain, serait probablement plus rentable.
D’autres utilisations dans le pays, sous la forme d’investissements par exemple, seraient encore plus souhaitables. Mais, la faiblesse des capacités d’absorption de l’économie algérienne ne le permet pas. A titre d’illustration, sur les 286 milliards de dollars d’investissements prévus dans le programme quinquennal 2010-2014, 130 milliards de dollars sont des restes à réaliser (programmes en cours selon le jargon officiel) du programme quinquennal 2005-2009. Une autre solution consisterait enfin à n’extraire du sous-sol que ce dont le pays a besoin, en rapport avec ses capacités d’absorption, la conservation des hydrocarbures non seulement éviterait le gaspillage, mais servirait aux générations futures tout en incitant à la revalorisation du travail.

6-PROFESSEUR DE SOCIOLOGIE UNIVERSITÉ ALGER NADJI SAFIR
Je ne suis pas un spécialiste de la monnaie. Mais je pense que les phénomènes monétaires dont les réserves de change ne doivent pas cacher l’essentiel qui est le développement multidimensionnel. Faire un bon diagnostic permettant de corrige les erreurs passées, implique de tenir compte certes des facteurs économiques mais culturels et sociaux déterminants dynamique économique et sociale étant solidaires l’économie étant avant tout politique comme nous l’ont enseigné les grands classiques de la sociologie et de l’économie. L’anthropologie culturelles est fondamentale pour comprendre les mutations politiquées, sociales et économiques afin que ‘l’Algérie soit au diapason des nouvelles mutations mondiales à l’ère des grands espaces, l’intégration magrébine me semble être la voie d’adaptation.
7-PROFESSEUR A L ÉCOLE SUPÉRIEURE D’ADMINISTRATION DU CANADA ET PROFESSEUR ASSOCIE ENA DE PARIS MAAZOUZ BACHIR
Je ne crois pas à des chiffres brandis de l’importance des réserves de change , qu’il s ‘agit certes de rentabiliser , réserves qui ne proviennent pas du travail et de l’intelligence mais d’une ressource éphémère que sont les hydrocarbures. Il faut accorder une importance stratégique pour un véritable développement à l’efficacité des instituions par un meilleur management.
Seule des institutions fiables c’est à dire véritablement d démocratiques tenant compte tant des mutations internes à la société algérienne que mondiales peuvent permettre une meilleure cohérence et visibilité dans la démarche de toute politique socio-économique.
8-PROFESSEUR DE SCIENCES ÉCONOMIQUES DIRECTEUR DE RECHERCHE CREAD AHMED BOUYACOUB
Il faut déplorer le manque de transparence et l’effritement du système d’information ce qui limite les analyses objectives. L’essentiel à mon avis et le débat essentiel est de penser à mettre en place une économie de production , la monnaie n’étant qu’un signe, les réserves de change un moyen. Du fait de l’importance des réserves d e change, et de la faiblesse des capacités d’absorption, au lieu de continuer à placer nos devises à des rendements très faibles à l’étranger il faudrait limiter les exportations d’hydrocarbures pour les générations futures ce qui passe

9-DOCTEUR ATTOU ABDOU EXPERT INTERNATIONAL FINANCES LONDRES
En ce qui concerne les valeurs du trésor, les taux de rendement annoncés (3%) suppose que les fonds sont investis dans les bons du trésor à plus long terme (plus de 10 ans vraisemblablement). Les rendements aujourd’hui des obligations du Trésor US sont de 0,94% pour les 5 ans, 2,19% pour les 10 ans et 3,53% pour les 30 ans.
En réalité la gestion prudente de nos réserves de change ne devrait pas seulement s’atteler à les placer dans les titres « sur » mais aussi sur des échéances qui correspondent à nos besoins. Si nous pensons avoir besoin de ces fonds dans un horizon de 5 ans, nous devons avoir une échéance moyenne de cet ordre. Le raisonnement d’acheter des titres long seulement par ce qu’ils rapportent doit être nuancé.
Les échéances sont importantes. Tous les pays s’assurent que leurs investissements sont faits sur des titres dont les échéances correspondent avec leurs obligations. Dans ce cadre, il faut différencier le mode de placement de la banque d’Algérie (BA) pour l’acquisition des bons de trésors car cela a un impact direct sur le rendement des titres ( A. Attou) . La FED généralement travaille étroitement avec des banques intermédiaires dont la majorité des investisseurs utilisent ces “financial pipelines” alors ils agissent comme intermédiaires et aussi judiciaires.
10-DOCTEUR OMAR BERKOUK EXPERT ITNERNATIONAL EN FINANCES (SUISSE)
Si la BA a un compte avec la FED ou la BIS (banque of international settelments) alors l’opération est moins couteuse et plus flexible. Dans la majorité des établissements bancaires internationaux (qu’en est-il pour l’Algérie)existe un logiciel d’analyse de portefeuille qui donne les informations suivantes : date d’achat, – prix d’achat, nominal, coupon et maturité.
Les informations importantes sont : la duration du portefeuille (durée de vie moyenne basée sur les flux futurs actualisés de chaque obligation, pour le portefeuille on a une moyenne pondérée des durations de chaque obligation). Une fois la duration calculée, nous pouvons aisément déterminer la sensibilité du portefeuille à une variation +/-des taux d’intérêt (c’est-à-dire le risque de perte potentielle en capital).
L’horizon de placement se fait en fonction des besoins prévisionnels au niveau des Banques Centrales mais surtout leur gestion est dynamique .C’est à dire qu’elle est fonction des anticipations des besoins et surtout de l’évolution de la courbe des taux .Chez les professionnels de la gestion obligataire on appelle cela la « gestion de la convexité ».( O. Berkouk) Or le gouverneur de la banque d’Algérie n’a rien précisé de ces données fondamentales qui permettraient d’avoir une appréciation et un débat objectif restant toujours dans l’opacité.

11-PROFESSEUR SORBONNE PARIS, EXPERT INTERNATIONAL EN FINANCES CAMILLE SARI
Ce débat engage l’avenir de toute la population algérienne et renvoie forcément au débat sur la durée des réserves des hydrocarbures puisque ce montant est fonction à plus de 98% de ce segment et d’une manière générale à la trajectoire future du développement de l’Algérie au sein d ‘un espace de plus en plus mondialisé dont son espace social naturel est dans le Maghreb tourné vers l’Afrique. Nous sommes contrairement à la crise économique de 1929 en interdépendance (touchant toutes les économies sans expetion) avec le paradoxe de la domination de la sphère financière spéculative sur la sphère réelle seule productrice de richesses.
Les différentes solutions actuelles sont du replâtrage, ne s’étant pas attaqué à l’essence de la crise mondiale qui, implique une refonte du système monétaire international. La crise tant économique que de l’endettement des Etats (Etats Unis d’Amérique et Europe) qui est une crise structurelle et non conjoncturelle où sont placées une importante fraction des réserves de change de l’Algérie doivent être prises au sérieux par le gouvernement algérien sur le rendement futur ainsi que sur la valeur des exportations d’hydrocarbures.

12-CONCLUSION DES EXPERTS
Tous les auteurs, désintéressés, ont l’amour et le cœur en l’Algérie et ont voulu participer à ce débat au profit exclusif de l’Algérie et souhaitent un large ébat national sans exclusive sur toutes les questions stratégiques engageant l’avenir du pays.
Les réserves de change ne sont pas un secret défense, comme veulent nous le faire entendre certains technocrates ou politiques cultivant le culte du secret qui n’ont pas fait leur mutation intellectuelle, vivant encore à l’ère du parti unique, des années 1970, feignant d’ignorer la révolution du monde des télécommunications. Les experts se félicitent que le gouverneur de la Banque d’Algérie ait fait acte de transparence en ce mois de septembre 2011, encore, que se posent certaines questions clefs non éclaircies posées par les experts. Le vrai débat pour le devenir de l’Algérie qui dépasse largement l’aspect monétaire, est de relancer la sphère réelle afin de créer des emplois créateurs de valeur ajoutée afin de diminuer les tensions sociales pour une population qui passera de 36 millions d’habitants en 2011 à 50 millions dans 25 ans sans hydrocarbures-entendu pouvant découvrir des milliers de gisements physiques non rentables économiquement, les fondamentaux étant le couple prix international/coût/énergies substituables. Et ce afin de réaliser la transition d’une économie de rente à une économie hors hydrocarbures dans le cadre des valeurs internationales renvoyant à de profondes réformes politiques, économiques et sociales.
C’est le débat essentiel et stratégique auquel se sont livrés les onze experts, pour un devenir meilleur de l’Algérie. La maîtrise du temps est le principal défi des gouvernants en ce XXIème siècle, monde turbulent en perpétuelle transformation. Évitons de brandir les slogans dépassés l’ennemi de l’extérieur, l’impérialisme ce chat noir dans un tunnel sombre, slogans qui ne mobilisent plus ne portent plus.
Seul le dépassement des liens dialectiques entre la logique rentière et la logique de la sphère informelle spéculative par le renforcement du front économique et social intérieur peut prémunir l’Algérie contre de tels dangers supposant toujours plus de réformes associant sans exclusive, l’ensemble des forces vives de la Nation.

Synthèse réalisée par le Professeur Dr Abderrahmane MEBTOUL Expert International en management stratégique
http://www.algerie-focus.com


Charte pour la réconciliation nationale
Larbi Belkheir n’était pas «enthousiaste»

Le général-major Larbi Belkheir, ancien chef de cabinet du président Abdelaziz Bouteflika, n’était pas enthousiaste pour la charte pour la paix et la réconciliation nationale adoptée par référendum le 29 septembre 2005.C’est ce qui est révélé dans un câble classé confidentiel de l’ambassade américaine à Alger datant du 12 septembre 2005. En dépit de ses réserves, jamais exprimées en public, Larbi Belkheir a confié à l’ambassadeur Richard Erdman que le référendum sur la charte avait pour but de «se déplacer au-delà des divisons causées par plus d’une décennie de terrorisme, isoler et affaiblir ces terroristes dans le maquis». Il a expliqué, qu’une fois votée, la charte (toujours en vigueur grâce à une extension juridique datant de février 2006) pourra donner «un appui» au gouvernement pour prendre «toutes les mesures» devant «promouvoir» la réconciliation nationale. «Elle offrira toute la flexibilité nécessaire pour les autorités. Il est erroné de penser que des étapes majeures seront franchies tout de suite. Il ne serait pas facile pour plusieurs personnes de pardonner et d’oublier», avait-t-il confié. Il avait reconnu que le processus de réconciliation était sensible et difficile à mener. D’après l’ancien militaire, les Algériens étaient «prêts» à tourner la page, y compris 80% des familles des personnes victimes de disparitions forcées.

L’ambassadeur Richard Erdman a, d’après le même câble, remarqué que des Algériens, y compris au sein même du gouvernement, avaient perçu le référendum comme «un jeu» dont l’impact sur l’action terroriste n’était pas assuré. Larbi Belkheir devait répliquer que les autorités savaient déjà que l’adoption de la charte n’allait pas mettre fin au «terrorisme résiduel». «Cependant, la charte affaiblirait le réseau de soutien des terroristes en convainquant plusieurs de retourner à la société. Elle permettrait aussi pour les anciens partisans du FIS, qui ont quitté le pays et qui n’ont commis des actes de terrorisme, de retourner en Algérie, pourvu qu’ils ne se soient pas engagés dans la politique», avait expliqué le général.

Pour sa part, l’ambassadeur américain avait rappelé que d’autres pays, qui avaient fait face à des tragédies similaires avec l’existence de cas de disparitions forcées, avaient pris compte de la nécessité de rétablir la vérité et d’assurer la justice dans les processus de réconciliation nationale. «L’expérience historique a montré que sans ces éléments, la réconciliation nationale réelle ne peut pas avoir lieu. Ces questions ne sont pas claires dans la charte», avait-il observé. Larbi Belkheir avait, en guise de réponse, estimé que le processus se déroulerait progressivement. «Il n’y aurait pas d’impunité. Le référendum n’était pas qu’une amnistie générale, mais un pardon dans certaines circonstances pour certaines catégories», avait-il expliqué.

Fayçal Métaoui

el watan

 

 


من الفاسد السلطة أم المجتمع ؟!!

 

هل السلطة الفاسدة نتاج مجتمع فاسد؟ وهل المجتمع هو الذي يفسد سلطته أم أن ممارسات السلطة

هي التي تنشر الفساد بين الناس؟ تساؤل يحير الكثيرين ويرد في الكثير من التعليقات.

ذلك في نظري تحريف خطير وغير مفيد للأولويات وللنقاش الذي ينبغي أن يخوضه المجتمع والرأي العام حول معطيات الوضع القائم وكيفية تجاوزها بالطلاق بالتراضي أو بالتطليق.

فساد السلطة يعيده البعض للسياسات ولعدم إنجاز الوعود بل ويعيده البعض الآخر لإنحراف الثورة والسطو عليها. وفساد المجتمع يعود في الغالب عند الكثيرين للانحطاط والتخلف وأيضا لفساد السلطة والحاكم.

بالنسبة للتفسير الأول الخاص بفساد السلطة الدكتور محي الدين عميمور وهو أحد الكتاب الأكثر التصاقا بالحكم في مراحله المختلفة، كتب مرة يتحدث عن سطو الطلقاء على الدولة ومؤسساتها، فمن هم الطلقاء ولماذا تمكنوا من السطو على الدولة ولماذا فشل  » اصحاب العصبية الأولى » بتعبير ابن خلدون أو  » المجاهدون » بالتعبير الشرعي والسياسي في حماية الدولة من هؤلاء الطلقاء؟ مهما كانت الإجابة  » حزب فرنسا » أو تواطؤ النخبة أو عجزها فإن ذلك أمر لا مسؤولية للمجتمع فيه سوى أنه لم يكن طرفا في معادلة الحكم والقرار، حتى وإن كان الغاية الأساسية في خطاب التبرير السياسي؟

ويمكن أن نتساءل هل ينبغي أن يصلح المجتمع السلطة فيه أم ينبغي على السلطة أن تصلح المجتمع وأن تصلح نفسها؟

المسألة واضحة، لو اقترنت السلطة بالقيادة لقلنا أن على عاتق هذه القيادة تقع مسؤولية قيادة المجتمع وتحديد الأهداف والعلاجات اللازمة لإصلاحه وإصلاح مؤسساته وأولها الحكم والسلطة.

فمهمة بناء دولة المؤسسات ودولة القانون هي مهمة قيادية. وعندما تغيب القيادة وتغيب الشرعية والمصداقية تأتي مثل تلك التساؤلات المحيرة التي تجعل المسألة كلها عبارة عن زوبعة في فنجان مكسور!

البعض راح يروج وبشكل مغرض وخاطىء بل ومجرم لفكرة  » كما تكونوا يولى عليكم » بما يعني أن المجتمع الفاسد لا بد له من سلطة فاسدة تحكمه بفساده.

إن الشرع، الذي يستند له البعض بشكل عفوي وسطحي أو بشكل مغرض تحركه أطراف لها مصلحة في نشر تلك الثقافة الخانعة للحاكم وجعل ذلك واجبا شرعيا، قلت الشرع يجعل مسؤولية أولي الأمر تطبيق أحكام الشرع وإصلاح الرعية ويحملهم مسؤولية سعادة الرعية دنيا وأخرى.

ولتوضيح الفكرة ينبغي التساؤل: كيف يتم اختيار  » أولي الأمر »؟ وأي شورى لا بد من اتباعها باعتبارها قاعدة (وأمرهم شورى بينهم)، ومن يشارك في هذه الشورى  » أهل الشورى!! » أم كل المسلمين، وإن حدث اختلاف بين المسلمين فكيف الفصل فيها؟ وإن انحرف ولي الأمر أو قصر كيف ينبغي تقويمه، وإذا رفض وتجبر ما العمل وكيف يمكن إنهاء طغيانه؟ هذه التساؤلات ليست مسألة فقهية، يتولاها رجال الدين، بل مسألة سياسية ومؤسساتية، يتولاها ذوو الاختصاص في الكثير من العلوم مثلما هي شأن عام يهم كل أفراد المجتمع المسلم.

ويمكن القول عمليا أليس مبرر وجود أي سلطة هو وضع القاعدة التي تخدم الصالح العام ، وتطبيق القاعدة القانونية التي وضعتها هي؟ هل يمكن منطقيا أن تبرر السلطة الرشوة وانتشارها بفساد المجتمع؟ هل يمكن أن نسلم هكذا أن الإنسان فاسد بطبعه أو أنه يعيش مرحلة انحطاط تجعله فاسدا ولا مسؤولية للسلطة على ذلك الفساد إلا إدراته وحتى الخضوع له وتركه ينمو بحرية؟!! منطقيا الكل سيجيب طبعا لا؟

مهما كانت التفسيرات التي يقدمها علماء الاجتماع وعلماء الشرع والفقهاء فإن مسؤولية أي سلطة هي تطبيق القانون وهي قيادة المجتمع باتجاه غايات تم التعاقد عليها سياسيا، وذلك غير ممكن من دون اختيار هذه السلطة من قبل الناس. وهذا الاختيار هو أساس التعاقد. من دون فإن الغايات تتحد على ضوء تقدير مصلحة الأطراف النافذة في الحكم والمستفيدة منه وبما يضمن استمرار هذا الحكم. في هذا الاحتكار يأتي مناخ الفساد والإفساد. والخروج منه يبدأ من المنطقة نفسها. كسر الاحتكار.

في كل الأحوال واضح أن احتكار المجال السياسي واحتكار الثروة واجتماعهما عامل ناشر للفساد وحامي له. إن هذا الفساد هو الذي يقف حجر عثرة في وجه أي إصلاح للمجتمع والدولة. الإصلاح يبدأ من السلطة والحكم والتمكين من بروز قيادة حقيقية وقادرة للمجتمع.

نقلا عن الخبر

مصطفى هميسي
Dimanche 28 Août 2011
lanation.info

: « Chakib Khalil était au cœur de la pourriture à Sonatrach»

Un nouveau câble diplomatique de l’ambassade américaine à Alger, mis en ligne par le site Wikileaks, montrent l’intérêt que les Américains portent au scandale de corruption qui a secoué la compagnie nationale Sonatrach en janvier 2010. Dans un mémo en date du 21 février 2010, l’ambassadeur analyse les conséquences à moyen et à long terme de ces affaires de malversations présumées qui ont décapité la direction de l’entreprise pétrolière. Le même révèle également que l’ancien ministre de l’Energie, Chakb Khelil, n’a pas informé ni le Premier ministre ni le Président que les capacités d’exportations de gaz, « un dossier explosif », sont menacées à l’horizon 2015.
Intitulé « les compagnies pétrolières inquiétés par l’avenir de l’énergie algérienne », le diplomate fait référence à deux rencontres tenues séparément avec le manager de PB (British Pétroleum) en Algérie ainsi que le directeur de ConocoPhillips.
En préambule, l’ambassadeur, David Pearce, note que les grands groupes pétroliers nourrissent des inquiétudes sur l’impact du scandale sur le management de Sonatrach et sur l’avenir ds projets en cours. « Le ministre de l’Energie, Chakib Khelil, est perçu comme étant au cœur de la pourriture au sein de Sonatrach (a the center of the rot in Sonatrach) », écrit le diplomate.
Il ajoute que ces compagnies estiment que les enquêtes sur la corruption constituent des attaques contre l’influence exerce le clan de l’ouest du président Bouteflika. Toutefois, note-t-il, l’ambassade américaine ne dispose pas d’éléments probants pouvant accréditer cette théorie.

Procédure de gré-à-gré

Le patron de BP, Akli Brihi, explique que les investigations à Sonatrach concernent la règle du gré-à gré instaurée par les dirigeants de l’entreprise pour octroyer des marchés à des compagnies pétrolières ou à des sociétés de services.
« La compagnie soumet une offre gonflée, puis elle rétribue les initiés de Sonatrach », dit-il. Il cite alors l’exemple de l’italienne Saïpem qui a obtenu un contrat « d’un milliard de dollar » de gré-à-gré pour l’usine de GNL d’Arzew.
Il cite aussi l’exemple de l’entreprise canadienne SNC-Lavalin qui a décroché en juillet 2009 un contrat de 320 millions de dollars, sous la même procédure, pour la construction de la « Nouvelle ville » de Hassi Messaoud. Le contrat, ajoute l’hôte de l’ambassadeur, était « souillé par un arrangement similaire ». Le directeur de ce projet, Mourad Zeriati, a été arrêté et jeté en prison.
Le manger de PB affirme « qu’il n’était pas inconcevable que les entreprises américaines soient impliquées dans ces transactions, mais il n’avait jamais entendu parler d’informations concrètes. »

Foreign Corrupt Pracices Act

David Pearce rappelle que les compagnies américaines « sont soumises à des procédures très strictes contenues dans le Foreign Corrupt Pracices Act ». Les dispositions anticorruption, votées en décembre 1977, interdisent aux sociétés, ou à leurs intermédiaires, de verser des pots-de-vin ou d’offrir un quelconque objet de valeur à un « fonctionnaire » dans le but de l’influencer ou d’en tirer un « avantage indu ».

Le directeur de PB affirme à l’ambassadeur que le scandale a éclaté à un mauvais moment, parce que Sonatrach et les autorités algériennes ne sont éveillées au fait que l’Algérie fait face à une baisse de production de gaz et à une éventuelle incapacité de satisfaire aux obligations d’exportation et la hausse de la demande intérieure à l’orée de l’année 2015.
Le manager de British Petroleum est convaincu que le ministre de l’Énergie et des Mines Chakib Khelil, dégommé de son post en mai 2010, est « responsable de la culture de corruption à Sonatrach ».

Réda Hemche l’éminence grise de Meziane

L’ambassade américaine a reçu des rapports indiquant qu’un proche de Khelil (un cousin ou un neveu), l’ancien chef de cabinet de Sonatrach, était l’homme derrière les contrats douteux.
« Travaillant pour le compte de Khelil, écrit le mémo de l’ambassade, Hemche conseillait Mohamed Meziane sur les contrats à signer, faisant de Meziane le responsables légal et laissant Hemche hors d’atteinte. Le patron de PB croit savoir que Meziane avait signé de nombreux contrats sous la contrainte.
Il a indiqué « que M. Khelil avait fait un excellent travail en tant que ministre » jusqu’à ce que sa loi sur les hydrocarbures soit rejetée en 2006. Il note que c’est à partir de cette année-là que que M. Khelil a installé Hemche et commencé à virer les cadres de haut niveau de Sonatrach pour les remplacer par des « yes-men ». Des béni oui-oui…

Réserves de gaz en baisse

Sonatrach, dit-il, n’est pas sur la bonne voie pour réaliser l’objectif déclaré publiquement par Khelil d’élever la production de gaz de 60 à 80 milliards de mètres cubes par an. La production de gaz est en baisse en raison de l’épuisement des réserves de gaz conventionnel du pays.

« L’Algérie a besoin de développer du gaz non-conventionnel », ajoute le représentant de PB. Y compris les gaz de schiste, présents en quantité mais dont l’exploitation nécessite un savoir-faire et de grands investissements.
Or il n’y a que trois entreprises qui possèdent la technologie et les ressources financières ressources pour ce faire: Exxon, BP et Shell. Il faudrait du temps et jusqu’à 50 milliards de dollars pour développer les infrastructures nécessaires, précise-t-il.

Khelil a caché un dossier explosif à Bouteflika et à Ouyahia

Interrogé par l’ambassadeur pour savoir quelle est l’étendue de cette pénurie à l’exportation qui se profile à l’horizon, le patron de PB Algérie affirme que Chakib Khelil en est conscient mais qu’il « pas présenté ce ‘dossier explosif’ au Premier ministre Ahmed Ouyahia et au président Bouteflika ».

Pourquoi les autorités algériennes ne se sont-elles pas intéressées à ce dossier ? Le patron de BP explique que « M. Bouteflika est très intelligent », mais n’écoute pas les autres. Et que dans tous les cas, le secteur de l’énergie ne constitue pas son principal centre d’intérêts, qui reste la politique. « Il a confié les questions liées à l’énergie à Khelil, qui est resté le conducteur de la politique énergétique de l’Algérie. »

Les experts de Sonatrach qui étaient au courant pendant des années de cette imminente vulnérabilité de l’Algérie ont été écartés ou marginalisés par Khelil, ajoute le câble diplomatique.

DNA – Dernières nouvelles d’Algérie