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Zahouane

Au lieu de parler de la situation des droits de l’Homme en Algérie, Hocine Zehouane a animé une conférence de presse, ce matin, pour s’attaquer au FFS et l’accuser d’être le responsable de la crise que vit  la LADDH.
Pour la mémoire, je vous invite à lire ces propos de Hocine Aït-Ahmed lors d’une conférence de presse animée le 6 juillet 1964:

« Un mot sur HOCINE ZEHOUANE, nous connaissons son passé, il a été condamné à mort par l’ALN pour avoir déserté son unité, abandonné son arme pour se réfugier au Maroc en 1958. Le colonel Mohand ou el hadj avait confirmé à l’époque sa condamnation à mort. Il réclamait sa tête après le cessez-le-feu. Aujourd’hui, il siège avec lui au bureau politique. A beau mentir qui parle de loin. Qu’ils viennent tous ici dans leurs villages respectifs, ils seront pendus par leurs propres parents qui ne veulent pas être déshonorés.

A Alger c’est l’irresponsabilité sociale, c’est facile de s’y faire une pureté, de jouer les pucelles héroïques sous la protection de la Sécurité Militaire. Le socialisme à rebours, parce qu’il ne profite qu’aux renégats, c’est du NATIONAL-SOCIALISME parce qu’il ne peut s’édifier que par la contrainte, la force, la violence exercées sur les authentiques révolutionnaires et sur les populations paysannes qui ont gagné la guerre et qui ont déjà maintenant perdu la paix ».

Hocine Ait Ahmed


Présidium de l’IS aux Nations unies: pour unestratégie commune afin de sortir de la crise

23 septembre 2011

Latifa Perry
La quatrième réunion annuelle du Présidium et de Chefs d’Etat et de gouvernement de la famille de l’Internationale Socialiste a eu lieu au siège des Nations unies le vendredi 23 septembre, en conjonction avec le débat général de l’Assemblée Générale des Nations unies. L’ordre du jour de la réunion a inclus des discussions sur l’impact et les conséquences actuelles de la crise financière mondiale, la contribution de la social-démocratie à la lutte contre le racisme et l’intolérance et comment garantir le succès du sommet de la COP17 en Afrique du Sud.
En l’absence du Président de l’IS George Papandreou, qui a dû rester en Grèce pour traiter des affaires urgentes du gouvernement en relation avec les négociations dans la zone euro, la réunion a été présidée par le Président d’Irak Jalal Talabani, un Vice-président de l’IS. Dans une lettre au Présidium, le Premier ministre grec a souligné le rôle positif et actif de l’Internationale Socialiste et de ses membres faisant campagne pour des instruments économiques encourageant une croissance plus durable et équitable ainsi que promouvant la démocratie, la paix, l’équité et l’égalité des chances dans des élections, des zones de conflit et lors de sommets mondiaux. Les leaders et Vice-présidents présents sont convenus à l’unanimité d’exprimer leur entière solidarité et leur soutien au Président de l’IS, à son gouvernement et au peuple grec.
Les chefs d’Etat et de gouvernement participant, y compris le Président Talabani, incluaient le Président récemment investi Mahamadou Issoufou du Niger, également un Vice-président de l’Internationale, le Président Hifikepunye Pohamba de Namibie, le Président Boris Tadić de Serbie, le Premier ministre Carlos Gomez Júnior de Guinée-Bissau, le Premier ministre Navinchandra Ramgoolam de Maurice et le Premier ministre Igor Luksic du Monténégro, ainsi que José Miguel Insulza, Secrétaire général de l’Organisation des Etats américains (OEA). Un nombre de ministres qui ont dirigé leurs délégations à l’Assemblée Générale étaient également présents à la réunion, parmi eux Carlos Menocal du Guatemala et Otgonbayar Yondon de Mongolie. Arvin Boolell, ministre des Affaires étrangères de Maurice et Vuk Jeremic, ministre des Affaires étrangères de Serbie, ont accompagné leurs leaders respectifs à la réunion.
Les membres du Présidium assistant à la réunion comprenaient le Secrétaire général de l’IS Luis Ayala ainsi que les Vice-présidents suivants: Victor Benoit, Parti Fusion des Sociaux-Démocrates Haïtiens; Nouzha Chekrouni, USFP, Maroc; Alfred Gusenbauer, SPÖ, Autriche; Eero Heinäluoma, SDP, Finlande; Chantal Kambiwa, SDF, Cameroun; Manuel Laguarda, PS, Uruguay; Beatriz Paredes, PRI, Mexique; Julião Mateus Paulo, MPLA, Angola; Mona Sahlin, SAP, Suède; Miguel Vargas Maldonado, PRD, République dominicaine; Carlos Eduardo Vieira da Cunha, PDT, Brésil; Ousmane Tanor Dieng, PS, Sénégal; Martín Torrijos, PRD, Panama; et Pia Locatelli, ISF.
L’impact actuel et les conséquences de la crise financière mondiale sur différents domaines de l’économie mondiale et dans différentes régions ont été discutés en détail par les participants. Le Président Tadić a lucidement exprimé le sentiment que dans des pays comme la Serbie, leur bien être économique était dans une large mesure déterminée par l’état de l’économie mondiale, réfléchissant aux difficultés auxquelles se trouvaient confrontés tous les gouvernements en abordant les résultats d’une crise d’une ampleur que personne n’avait prévue. En soulignant le besoin d’une reprise basée sur la croissance, le Premier ministre Ramgoolam a averti que les marchés émergeants risquaient de souffrir d’une répétition de ce qui s’était passé dans les économies développées dû à l’interdépendance économique mondiale. Le Premier ministre Luksic a également abordé le besoin des progressistes de se réapproprier les idées émanant de notre mouvement, en tant que bonne réponse à la situation actuelle, et ainsi retrouver une compétitivité électorale.
A cet égard, des Vice-présidents participant à ce débat ont en particulier appelé à un leadership plus fort et plus efficace dans la crise de la dette souveraine européenne, qui, il a été dit, aurait pu être résolue plus tôt et sans autant de difficultés si la volonté politique avait été présente, démontrant ainsi le besoin d’action concertée, de coopération transfrontalière au sein d’un cadre multilatéral de responsabilité partagée et la poursuite d’initiatives telles que les euro-obligations et une taxe sur les transactions financières précédemment proposées par l’Internationale Socialiste.
Il était clair pour tous ceux présents que les économies émergeantes devront faire partie de la solution à la crise, la croissance étant restée jusqu’à présent forte dans ces économies, même si ces effets ont tout de même été ressentis. Traitant la crise d’un perspective régionale, le Secrétaire général Insulza de l’OEA a exposé que bien que l’Amérique latine et la Caraïbe aient vu une décennie de prospérité, de vastes inégalités dans la distribution des richesses restaient à résoudre et des pays périphériques souffraient toujours des effets de la crise mondiale, réitérant qu’il n’y avait pas de solution à la crise actuelle qui pouvait simplement être appliquée à une seule région.
Il y avait un fort consensus que les représentants élus devaient avoir un plus grand contrôle sur les marchés pour empêcher le genre de prise de risque excessif qui avait précipité et aggravé la crise financière mondiale, mais que cela ne sera efficace qu’à condition que les actions entreprises par les gouvernements soient coordonnées au niveau international. La responsabilité des membres de la famille social-démocrate mondiale était de garantir que cette réponse allait donner la priorité à la croissance dans l’économie réelle et à la création d’emplois tout en trouvant des moyens pour mieux communiquer cette réponse à l’électorat.
Sur le thème du changement climatique, le Premier ministre Carlos Gomez Júnior a expliqué que des pays plus petits avec des ressources financières plus limitées tels que la Guinée-Bissau avaient toujours du mal à trouver les moyens pour lutter contre le changement climatique. Le besoin de prendre des mesures pour contrer la vulnérabilité accrue de certains pays au changement climatique a également été soulignée par le Premier ministre Ramgoolam et le ministre Carlos Menocal, Maurice et le Guatemala faisant partie des pays qui souffrent le plus de ses effets. La difficulté renouvelée de répondre aux besoins énergétiques grandissants par l’utilisation de sources propres a été soulignée par l’incertitude sur l’avenir de l’utilisation de l’énergie nucléaire suite au désastre à la centrale nucléaire de Fukushima.
A l’occasion du dixième anniversaire de la déclaration de Durban, le besoin de renforcer la contribution de la social-démocratie à la lutte contre le racisme, la discrimination raciale, et la xénophobie et l’intolérance qui y est liée, a été souligné.
Le sujet de la démocratie en Afrique a également été discuté, et les participants ont bénéficié d’interventions de deux présidents africains élus de manière démocratique sur ce thème. Le Président Issoufou a souligné l’importance que la solidarité de l’IS a jouée pendant les longues années d’opposition, et a mentionné l’élection récente d’Alpha Condé de Guinée ainsi que la sienne en tant que preuve que le drapeau de la social- démocratie flottait en Afrique. Le Président Pohamba a également fait référence à l’engagement actif de l’IS dans la promotion de la démocratie en Afrique, un rôle particulièrement important actuellement en vue des nombreux processus électoraux qui auront lieu dans ce continent d’ici la fin de 2012, un sujet qui a été parmi les thèmes principaux lors de la récente réunion du Comité Afrique de l’IS à Windhoek. Les Vice-présidents du Cameroun et du Sénégal ont noté que leurs partis allaient participer dans des élections dans lesquelles les autorités au pouvoir prenaient des mesures anti-démocratiques et inconstitutionnelles afin de rester au pouvoir, une situation inacceptable.
Nabil Shaath, membre de la direction du Fatah a donné un rapport sur l’allocution du Président Mahmoud  Abbas à l’Assemblée Générale et la demande d’adhésion de membre entier qui avait été soumise plus tôt dans la journée. Shaath a exprimé la gratitude du Fatah pour le soutien de l’IS et de ses membres, souligné par l’augmentation de statut lors du Conseil précédant à Athènes, et a réitéré l’engagement de son mouvement dans la lutte non violente avec l’objectif d’atteindre une solution de deux Etats.
Vice-président Eero Heinäluoma a donné un rapport sur la première réunion du Groupe de travail de l’IS sur la réforme qui a eu lieu à Genève le 12 septembre et a exposé le plan adopté pour le futur travail du groupe, dont la prochaine réunion doit avoir lieu avant la fin de l’année.

A la clôture de la réunion, le Secrétaire général de l’IS a attiré l’attention sur les prochaines activités de l’Internationale, qui incluent des réunions de comités régionaux pour l’Asie-Pacifique à Oulan-Bator et pour l’Amérique latine et la Caraïbe à Porto Alegre, une réunion de parlementaires de l’IS en conjonction avec l’assemblée de l’UIP à Berne, une réunion du Comité spécial sur le monde arabe qui vient d’être établi et qui aura lieu en Crète, ainsi qu’une réunion en Afrique du Sud à l’avance de la COP17 de la Commission pour une Société Mondiale Durable et de ministres de l’environnement du mouvement social-démocrate. Ceci sera suivi par des réunions plus tard dans l’année du Comité sur la Politique Economique, le Travail et les Ressources Nationales, du Comité pour la CEI, le Caucase et la Mer noire et du Comité Afrique. Suite à la décision prise par le Conseil de l’IS à Athènes en juillet de tenir sa prochaine réunion au Costa Rica, accueilli par le Parti de libération nationale (PLN), le Présidium est convenu que le Conseil à San José aura lieu le 23-24 janvier 2012.

QUEL CHANGEMENT POUR QUELLE ALGÉRIE

Publié: 28 avril 2011 dans actualité, analyse & opinion
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QUEL CHANGEMENT POUR QUELLE ALGÉRIE

Alger le 22 avril 2011

COMMUNICATION DE DJAMEL ZENATI

Les récentes révoltes au Maghreb et au Machreq ont fait naître un grand espoir chez tous les peuples de la région. Elles ont réussi par ailleurs à ébranler beaucoup de certitudes et à démystifier des clichés considérés jusque là comme définitivement établis.

En effet, le mythe de l’invincibilité des autoritarismes de la région s’est effondré et le paradigme de l’incompatibilité de l’islam avec la démocratie invalidé. La thèse de l’incapacité génétique des peuples de la région à construire un Etat moderne est écartée et l’idée que ces autoritarismes sont un rempart contre l’intégrisme et le terrorisme est désormais abandonnée.

C’est dans cette conjoncture de grande intensité politique que ressurgit le thème du changement.

La notion de changement

Le changement a longtemps été attribué par la mémoire collective à la thématique officielle.
La forme propositionnelle « changement dans la continuité » ou plus encore sa réplique populaire « changement de façade » l’ont très vite marqué d’une charge suspicieuse et caricaturale.

Depuis quelque temps la problématique du changement revient au devant de la scène et polarise le débat public.
La forme adjectivale « changement radical » avancée dans la foulée des récentes contestations vise à réinscrire cette notion dans la positivité.
Il faut toutefois préciser que le degré de généralité de cette expression et l’unanimité qu’elle suscite tendent à diminuer de sa pertinence.

Pour cela il est impératif de définir le sens que recouvre cet objet complexe, de mettre en évidence sa nécessité et enfin de rendre visible les conditions de sa possibilité.

Pourquoi un changement radical

Le changement radical est dicté tant par le contexte national que par l’environnement international.

En effet l’Algérie est doublement menacée. Elle l’est d’abord par la persistance d’un système politique autoritaire qui ne cesse de produire échec et régression. Le sentiment d’exclusion qui gagne de plus en plus de couches sociales et la paralysie flagrante des institutions légales augurent de lendemains incertains. L’affaiblissement de l’identification à la communauté nationale et le repli dans des structures à solidarité primordiale fragilisent les fondements même de notre nation. L’émergence d’utopies communautaristes, latentes ou dominées, est un signe révélateur.

Elle l’est aussi par les effets pervers et ravageurs d’une mondialisation effrénée.
L’option d’un développement basé exclusivement sur l’industrie extractive a imprimé un caractère rentier à notre économie. Ce qui a engendré une dépendance structurelle de plus en plus accrue. L’embellie financière enregistrée ces dernières années aurait pu être exploitée pour réengager notre pays dans la voie de la reconstruction. Hélas elle n’a servi qu’à grossir les fortunes mal acquises, à entretenir les clientèles, à corrompre les consciences et à tenter d’acheter la paix sociale. Jamais « le paradoxe de l’abondance » n’a eu une aussi parfaite illustration.
Qu’adviendrait-il de notre pays si la demande mondiale en énergie venait à baisser ou que le cours du pétrole chutait ?

Cette justification de la nécessité du changement par la menace ne relève aucunement de quelque idéologie sécuritaire, cette dernière consistant à user d’une menace virtuelle à des fins dissuasives

L’enjeu qui se pose à notre pays aujourd’hui transcende les clivages politiques traditionnels et dépasse largement la question du pouvoir.
Il s’agit de relever un double défi.
Le premier défi est celui de l’intégration nationale. Il passe par la reconnaissance de tous les droits à même de fonder une citoyenneté réelle et dynamique, base fondamentale de la démocratie.
Le second a trait au mode d’insertion à l’économie mondiale par la mobilisation rationnelle de toutes les ressources humaines, symboliques et matérielles au profit de tous et dans le souci de préserver notre indépendance.

Quel sens donner au changement

Le slogan «echaab yourid isqat ennidham » qui a fusé de la place etahrir a très vite franchi les frontières égyptiennes pour gagner l’ensemble des pays de la région. Voilà un exemple de mondialisation positive

Ce slogan traduit de la manière la plus forte l’exaspération qu’éprouvent les peuples du Maghreb et du Machreq. On y décèle même une envie de venger les humiliations subies.

Il est évident que penser le changement c’est aller au-delà du slogan et de la psychologie de masse du moment.
Pour ma part je le conçois comme un processus de rupture. Un processus global, ordonné, mettant en mouvement l’ensemble de la société et intervenant dans un climat serein et apaisé. Le processus doit s’accompagner d’une révolution des comportements et des esprits.

Rupture avec le néo-patrimonialisme par la reconnaissance du peuple comme détenteur exclusif de la souveraineté. Il faut abandonner le fallacieux postulat selon lequel le peuple est incapable d’être l’agent de sa propre émancipation.

Rupture avec l’exclusion par la reconnaissance effective de tous les droits.
Rupture avec l’idée que la violence est le moteur de l’histoire et son utilisation comme mode de traitement des conflits politiques et sociaux
Rupture avec la gestion militaro-policière de la société par la dissolution de la police politique sous toutes ses formes.
Rupture avec l’économie rentière et démantèlement de tous les réseaux maffieux et clientélistes.
Rupture avec l’ensemble des dispositifs d’exception.


La famille ALGÉRIE doit être rassemblée. Pour cela il faut :

– réconcilier l’algérien avec son histoire, sa culture et son identité plurielle.
– réconcilier l’algérien avec les valeurs qui ont fait jadis sa grandeur comme la solidarité, la tolérance, le respect, l’honnêteté, l’hospitalité, la sagesse, le travail, etc.
– réconcilier l’algérien avec l’effort intellectuel.
– réconcilier l’algérien avec les institutions républicaines
– réconcilier l’algérien avec l’action politique.

De grandes réformes doivent d’ores et déjà être retenues et je pense particulièrement à l’école et à l’Etat.
L’impartialité de l’administration, par d’exemple, mérite la consécration constitutionnelle au même titre que le principe de l’indépendance de la justice.

Un grand débat national sur l’état du pays doit être organisé. Il ne doit occulter aucune question, notamment celles relatives à la violence et à la corruption, sans toutefois sombrer dans le règlement de compte ou dans la tentation d’un retour au passé.
L’ouverture des médias lourds est une urgence.

C’est une fois l’Algérie rassemblée, réconciliée, qu’elle pourra alors affronter le défi de la mondialisation par la construction de l’ensemble maghrébin. C’est le seul moyen pour mieux se faire entendre, négocier dans de meilleures conditions et bénéficier des avantages de la mondialisation. L’exemple Sud-américains dans ce domaine est à méditer.

Par devoir envers les générations montantes, la dimension stratégique doit imprégner toutes les décisions politiques et tous les aspects de la gestion des affaires de notre pays.

Ces options fondamentales vont constituer le socle sur lequel va reposer le nouveau contrat historique dont la traduction juridique se fera par une assemblée constituante. Une manière de restituer au peuple son pouvoir constituant et de réaliser du même coup l’une des revendications symboles du peuple algérien depuis le mouvement national.

Le changement est-il possible maintenant ?

La possibilité d’un changement radical et pacifique est subordonnée à une convergence des volontés patriotiques conscientes des enjeux et s’inscrivant dans une perspective nationale.
La mobilisation par le bas doit rencontrer l’expression d’une disponibilité par le haut.

Pour cela les forces sociales doivent briser les barrières du corporatisme. Les forces politiques pour leur part doivent se hisser à la hauteur des enjeux et des attentes et se libérer des rancœurs stérilisantes du passé. Quant aux décideurs, il leur revient la plus grande des responsabilités, celle d’éviter le chaos et l’ingérence, l’un favorisant l’autre. Est-il besoin de rappeler que l’ingérence résulte de l’entêtement des dirigeants à rester au pouvoir quitte à provoquer le chaos. Ils offrent ainsi aux puissances occidentales un motif précieux d’intervention. Ces dernières, sous le prétexte de l’assistance, déploient leurs stratégies de remodelage géopolitique pour mieux venir en aide à un capitalisme international en crise. L’exemple de l’Irak et plus récemment celui de la Lybie sont édifiants.

Les résistances au changement

Les résistances au changement se présentent sous divers aspects et à plusieurs niveaux.

Le pouvoir et ses constellations rejettent catégoriquement l’idée de changement radical sous le prétexte que le pays ne connaît pas de crise politique. La conflictualité croissante dans la sphère sociale est appréhendée en termes d’écart entre ce qui est et ce qui doit être. Ils feignent d’ignorer que cette situation découle directement de choix politiques délibérés. En fait les décideurs veulent à tout prix empêcher une jonction entre les forces sociales et les acteurs politiques militant pour le changement. L’argent public est mis à contribution pour calmer quelque peu cette contestation.

Le premier ministre a été jusqu’à soutenir que le système politique actuel est la seule modalité d’exercice politique et offre toutes les garanties d’une compétition politique démocratique. Il est vrai que des acteurs politiques existent et des élections se tiennent régulièrement. Mais il faut ajouter que ces dernières se caractérisent par un degré zéro d’incertitude et donc sans risque d’alternance. L’autoritarisme s’est en effet doté d’un régime très particulier puisqu’il présente tous les traits de la démocratie sans avoir les attributs. Ce que j’appelle « une dictature consultante ». La vox populi l’a déjà qualifié par l’expression « ellaab hmida erracham hmida ».

Ils usent par ailleurs de techniques de dissuasion comme par exemple celle qui consiste à présenter le changement comme une aventure vers l’incertain. Il n’hésite d’ailleurs pas à rappeler les drames du passé pour susciter une peur annihilante. Le discours du président est à cet égard un exemple de perfection.

L’autre résistance est beaucoup plus insidieuse puisque adossée à l’idée que la contagion est impossible car ce qui se passe en Tunisie et en Egypte s’est déjà produit en Algérie en 1988. Cette thèse repose sur un présupposé évolutionniste et tend à faire croire à l’existence d’un ordre nécessaire de déroulement de l’histoire. Ce qui serait de mauvaise augure pour l’avenir de la Tunisie et de l’Egypte puisque, d’après cette théorie, la prochaine séquence qui attend ces deux pays est une décennie de violence.

La peur de la chute des uns et la quête de sièges et de sinécures des autres expliquent ces postures différentes mais convergentes.

Différer le changement serait offrir notre jeunesse aux aventuriers locaux et aux magnats de la mondialisation.
Le danger des dérives extrémistes est réel car le populisme se nourrit de l’exclusion et utilise le désarroi des populations pour emprisonner leur soif de liberté dans des perspectives étroites et régressives
Lorsqu’on fonde l’ordre politique sur un principe unificateur supérieur, on ne quitte pas la sphère de l’autoritarisme. On ne fait que le réinventer sous une autre forme.
Je pense ici à tous les communautarismes, religieux ou ethnique, qui imposent aux individus de se définir par ce qu’ils sont et non par la conception qu’ils ont de la vie collective. Le système politique n’est plus alors le produit d’un contrat social librement établi mais l’émanation d’une catégorie transcendantale dont les actes échappent à la critique et au contrôle.

Je terminerai cette communication par un message que j’adresse à partir de cette tribune au président de la république.

Monsieur le président,

J’ai écouté attentivement votre discours et j’ai relevé quelques points que je vais vous soumettre

Le premier a trait à votre état de santé. Vous paraissez très affaibli par la maladie. Je tiens à vous souhaiter sincèrement un rapide rétablissement.
Mais vous n’êtes pas sans savoir Monsieur le président que l’Algérie est tout aussi affaiblie que vous. Sa maladie à elle est due à la greffe d’un système autoritaire qu’elle ne cesse de rejeter depuis 1962.
Cette communauté de situation ne pourrait-elle pas provoquer chez vous une marque de solidarité à son égard ?

Le deuxième concerne le décalage flagrant entre le contenu de votre discours et les exigences de la situation. Etes-vous sûr d’être bien informé ? J’ai comme l’impression que vos collaborateurs usent du mensonge pour vous égarer.
Ils l’ont fait avec le président Zéroual et ça lui a valu d’écourter son mandat.
Ils l’ont fait avec le président Boudiaf et ça lui a couté la vie.

Réveillez-vous Monsieur le président et associez-vous à cette grande œuvre de renouvellement de la perspective historique en Algérie.
Le verdict de l’histoire est souvent sévère


dim, 2011-04-10 17:21 — Madjid Amazigh

Le sang des Algériens n’a que trop coulé. Notre société est en pleine décomposition. Nous devons dés lors, dans la diversité de nos convictions et de nos appartenances, lutter pour que la construction d’un rapport de force politique s’impose comme l’alternative à la confusion et à la violence.
Je crois profondément que la priorité aujourd’hui est de lancer une dynamique de débat national portant sur les préoccupations et les souffrances quotidiennes des citoyens. Ce débat est incontournable car c’est ainsi que nous retrouverons confiance en nous et confiance entre nous. C’est lui et lui seul qui permettra de retisser le lien social et politique dans notre pays. C’est un long chemin. Mais il fera de nous tous des Algériens véritablement libres. C’est cette voie qui fera que tous ceux qui, comme toi Ali sont partis trop vite, trop tôt, ne se seront pas battus pour rien.
Je voudrais d’abord remercier Annie de savoir, chaque année, dénicher un écrit d’Ali dont l’actualité nous rappelle deux choses : la lucidité et la clairvoyance d’Ali avant l’heure et son engagement « originel », je dirais quasi existentiel en faveur des libertés.
Le texte que Yalhane, son fils, vient de lire, m’a ramené à ces années terribles. Des années où il était presque impossible de faire entendre que, nous Maghrébins n’étions ni voués à la dictature, ni interdits de liberté et de dignité pour l’éternité.Quand Annie m’a demandé si je voulais intervenir aujourd’hui, j’ai d’abord pensé que ce texte d’Ali suffisait à résumer l’ancrage de notre combat de toujours pour la démocratie dans notre pays et dans le Maghreb tout entier.
Mais la révolution tunisienne et la révolte égyptienne ont donné un coup d’accélérateur à l’Histoire. Et nous, Algériens, sommes sans cesse interpelés sur notre prétendue « absence » de ce grand mouvement libérateur, ce mouvement dont tu étais convaincu, Ali, qu’il arriverait un jour. Une telle interpellation est assez paradoxale pour des Algériens qui ont payé le prix fort pour leur combat pour les libertés, la dignité et le changement de régime.
C’est ce paradoxe qui m’a fait ressentir le besoin de redire, ici près de toi Ali, qu’il est évident que nous sommes directement interpellés par la magnifique leçon de courage, d’organisation et de détermination populaire que ce mouvement de révolte dans le monde arabe donne au monde entier.
Mais on ne peut pas se mentir à nous mêmes. On ne peut pas ne pas voir que le mur de la peur a été remplacé et aggravé au plus profond de notre société par un mur de lassitude et de dégoût. Lassitude et dégoût des fausses élites imposées à l’ombre de la terreur, de la mafia politico-financière, des élections truquées, des médias sous haute surveillance.
Dans ce contexte, céder à la nécessité d’une quelconque « contagion démocratique » serait parfaitement irresponsable. Le sang des Algériens n’a que trop coulé. Notre société est en pleine décomposition. Nous devons dés lors, dans la diversité de nos convictions et de nos appartenances, lutter pour que la construction d’un rapport de force politique s’impose comme l’alternative à la confusion et à la violence.
Depuis des années, les familles de disparus, aidées et soutenues par des avocats, s’y emploient en bravant la répression et les interdits. Celles des victimes du terrorisme aussi. Les jeunes de Kabylie en 2001, ceux de Ghardaïa, de Ouargla, des Aurès, de l’Oranie, de Constantine, les étudiants, les syndicats autonomes et tant d’autres encore, s’y emploient eux aussi.
Mais il manque pour l’instant un ancrage social plus large à toutes ces résistances à l’injustice, à la violence et à l’oppression. Il leur manque aussi l’aide et le soutien de médias authentiquement libres et crédibles.
Il leur manque de se rencontrer et de savoir ce qui les lie et ce qui les sépare pour ne pas tomber dans les pièges de la division et de la diversion.
Je crois profondément que la priorité aujourd’hui est de lancer une dynamique de débat national portant sur les préoccupations et les souffrances quotidiennes des citoyens. Ce débat est incontournable car c’est ainsi que nous retrouverons confiance en nous et confiance entre nous. C’est lui et lui seul qui permettra de retisser le lien social et politique dans notre pays.C’est un long chemin. Mais il fera de nous tous des Algériens véritablement libres. C’est cette voie qui fera que tous ceux qui, comme toi Ali sont partis trop vite, trop tôt, ne se seront pas battus pour rien.