Articles Tagués ‘Allemagne’


La transsaharienne a besoin d’un « rattrapage » économique

Ahmed yachi, Maghreb Emergent, 24 Avril 2011

La route transsaharienne, lancée dans les années 70, est à un stade de réalisation avancé. 8000 km sur les 9000 de la « route de l’unité africaine » ont été réalisés. Un motif de satisfaction relativisé par le faible impact de l’infrastructure sur les échanges entre les pays concernés.
Le niveau de réalisation atteint a été un motif de satisfaction pour les responsables présents, lundi, à la 54ème session du Comité de liaison de « la route transsaharienne». Mais, estime le secrétaire général du comité, M. Ayadi Mohamed, l’œuvre a raté son objectif commercial même si elle atteint celui du désenclavement des zones déshéritées. Il n’en reste pas moins que le projet visait essentiellement à accroitre les échanges entre les pays membres (Algérie, Mali, Niger, Nigeria, Tchad, Tunisie). Il est très loin d’être atteint. L’évolution des échanges commerciaux entre les pays concernés montre que la transsaharienne a un impact faible sur les échanges commerciaux. Les chiffres publiés dans une sur les « potentialités d’échanges commerciaux » entre les six pays sont éloquents. Pour le cas de l’Algérie, le montant total des opérations d’importations et d’exportation avec les 5 autres pays est passé de 120 millions de dollars en 1999 à 1 038 millions de dollars en 2008. Une hausse qui peut être trompeuse et que M.Ayadi relativise. « Cette croissance consistante est à relativiser en raison de l’augmentation des prix » souligne-t-il en faisant remarquer que « la somme de l’import/export avec les pays du Comité de liaison de la route transsaharienne pour 2008 ne représente que 0,9 de l’import-export du pays ».
La route ne suffit pas
Dans ces chiffres, les échanges avec la Tunisie représentent 78% pour ceux de l’année 2008. « Cela signifie que le flux des échanges routiers n’emprunte pas l’axe central de la route transsaharienne, Alger-Lagos, mais les liaisons avec la Tunisie » explique-t-il. Une faiblesse économique de la transsaharienne confirmée par le fait que le total de l’import/export est respectivement de 4,5 et 3,7 millions de dollars. « Des montants très faibles dans lesquels le troc occupe plus de 90% », argumente-t-il. Pour M.Ayadi, la « route ne suffit pas, il faut un rattrapage économique » pour fructifier le potentiel régional existant. Les professionnels du secteur sont ainsi convaincus que la construction d’une route bitumée ne suffit pas à elle seule pour accélérer les échanges commerciaux. Le consultant qui a réalisé l’étude a suggéré la création d’une instance de promotion des échanges commerciaux. Il faut souligner que ces appréhensions sur le faible impact de l’infrastructure reviennent à chaque réunion du Comité de liaison de la route transsaharienne (CLRT). Il a été déjà question, dans le passé récent, de la création d’une instance permanente pour le suivi des aspects techniques et économiques de la transsaharienne et pour la mise en place de mécanismes d’intensification des échanges commerciaux. L’instance aurait à s’occuper de l’organisation du commerce frontalier, du suivi des accords et de l’encouragement des initiatives privées. « L’Algérie prévoit durant la période 2010-2014 le raccordement de la route Transsaharienne avec la pénétrante autoroutière reliant le port de Djen-Djen (Jijel) à l’autoroute Est-Ouest sur 100 km, offrant ainsi un accès direct sur un des grands ports de la Méditerranée », a déclaré le ministre des Travaux Publics, Amar Ghoul, présent à l’ouverture des travaux.


La disparité salariale cause de la migration Maghreb-Europe, selon un expert espagnol

Hamid Belarbi, Maghreb Emergent, 25 Avril 2011

Ivan Martin est un des meilleurs spécialistes espagnols du Maghreb. Il est le producteur du concept de « la frontière la plus inégalitaire de la planète », lorsqu’il parle du détroit de Gibraltar. Lors de sa récente intervention à l’INSEG, il a également abordé le coût du non Maghreb et son optimisme de voir l’intégration économique avancer en dépit du conflit du Sahara Occidental. Son point de vue sur les « disparités salariales » télescope celui d’un autre spécialiste allemand qui a pointé – Sur ME cette semaine – des salaires algériens « trop élevés».
Si les flux migratoires, en provenance des pays du sud, particulièrement des pays du Maghreb, prennent de l’ampleur, ces dernières années, c’est à cause des « disparités des salaires ». C’est là une des thèses soutenues par Ivan Martin de l’Institut espagnol des compétences et des études internationales (ICEI) lors de sa conférence-débat, autour de la coopération en méditerranée, organisée la semaine dernière à Alger, par l’institut national des études stratégiques globales (INESG). Pour lui, ce n’est pas seulement le chômage qui pousse les jeunes à aller chercher du travail dans les pays du nord, mais aussi, très largement, la recherche de meilleures rémunérations. Pour étayer son propos le conférencier a rappelé que « les salaires rapportés au pouvoir d’achat augmentent de trois pour cent par an, en moyenne, en Europe, alors qu’ils diminuent de 1,7% en Algérie ». Ivan Martin recommande, cependant, que pays du sud et pays du Maghreb doivent coopérer en matière de politique d’emplois, estimant que cela n’a rien à voir avec les questions de « souveraineté ». L’immigration pèse actuellement sur la politique européenne pour deux raisons fondamentales : manque de visibilité en matière d’emploi dans les pays du sud, et divergence autour de la définition de l’immigration en Europe. « Les Européens n’arrivent pas à se mettre d’accord sur une définition commune de l’immigration » etc’est pourquoi d’ailleurs, il y a actuellement cette mésentente entre Italiens et Français, juge-t-il.
Le représentant de l’ECEI trouve anormal le fait qu’il n’y ait pas d’aides européennes destinées à la formation et à l’emploi, dans les pays du sud. « Il n’est pas vrai de dire que cette aide, ce sont les pays de l’Europe de l’Est qui en tirent bénéfice ». Penser que l’UE est « généreuse », voire « sélective », quand il s’agit de programmes d’aides est une idée « tronquée », ajoute-il. Selon lui, la tendance a réellement changé et les pays du sud reçoivent aujourd’hui plus de soutiens financiers de la part des pays européens. Les pays des deux rives de la méditerranée sont en tout cas, obligés de développer de la coopération, de promouvoir le bilatéral et le multilatéral. Les pays du nord ont intérêt à ce que le Maghreb se développe, car le non Maghreb leur coûte «cher », analyse Ivan Martin M. Le non Maghreb coûte également cher au pays de la sous région, appelés à construire « le Maghreb économique », conseille-t-il. Mais, cela est-il possible, alors que la question sahraouie reste pendante ? Pour le conférencier, la construction du Maghreb économique peut se poursuivre même avec un conflit au Sahara non encore réglé. Ivan Martin assure que «le Maroc ne peut se permettre le coût de non-Maghreb ».


Où se trouve l’or réellement?

fin janvier dernier, Vladimir Poutine fut le premier chef de gouvernement russe à se rendre au trésor central de la banque centrale russe pour y contrôler personnellement les réserves en or et en devises du pays. En même temps, le chef de la banque centrale, Georgi Luntowski, annonçait que la banque prévoyait d’acheter chaque année au moins 100 tonnes d’or. En 2010, la banque centrale a acheté 136,6 tonnes d’or sur le marché intérieur. Le 1er décembre 2010 les réserves russes en or atteignaient 783,72 tonnes. En revanche, des sénateurs américains influents se demandent où se trouvent les réserves d’or des Etats-Unis. Les non initiés ne savent pas s’il y a encore de l’or à Fort Knox et ignorent l’importance des réserves d’or des Etats-Unis. Les sénateurs attentifs critiquent de plus en plus la banque d’émission privée FED. Ainsi, le sénateur républicain, Ron Paul, adressa une critique acerbe à la FED, estimant qu’il était plus facile, en tant que député, d’obtenir des renseignements de la CIA et des ser¬vices secrets que de la Federal Reserve (FED). Ces gens prétendent ne devoir de comptes à personne et n’être pas disposés à ouvrir leurs livres de comptes. Ainsi, il n’est pas pos¬sible de vérifier l’état de l’or géré par la FED. Pas même par le président Obama, comme il apparaît. La Banque fédérale allemande présente dans son bilan le deuxième trésor en or du monde, étant en possession de près de 3407 tonnes d’or. Il n’est toutefois pas sûr que l’Allemagne puisse en disposer librement. Personne – pas même un Allemand – n’a jamais vu ces réserves d’or, car seul un petit nombre de ces trois cents mille barres d’or se trouve à l’intérieur des frontières allemandes. Selon un initié il ne se trouve que 80 tonnes, soit 2% du total, dans les chambres fortes de Francfort, c’est-à-dire de la République fédérale ou plus exactement de l’«Allemagne S.à r.l.». Le reste se trouve réparti dans les trésors d’autres banques centrales, notamment la Federal Reserve Bank (Rockefeller, Warburg, etc.) à New York, la Banque d’Angleterre (Rothschild) et pour une petite part la Banque de France.
Ce qui inquiète les spécialistes c’est qu’au jour de référence, soit le 31/12/09, on ne trouvait plus de poste spécifique attribué à l’or dans les actifs de la banque d’émission allemande, mais présenté en commun avec «créances en or». Ce n’est qu’un truc comp¬table étant donné qu’il y a une nette différence entre propriété et créances. De toute façon, ces dernières ne sont pas forcément réalisées. Donc, où se trouve réellement l’or? L’ancien député des chrétiens-démocrates (CDU), Martin Hohmann ne reçut pas de réponse à sa demande à ce propos. On le renvoya à la notion d’indépendance de la banque d’émission. Mais en Autriche il en va de même, le ministre des Finances Joseph Pröll refusa de répondre à la demande d’un parlementaire à propos des réserves en or et de leur lieu de dépôt. Il s’appuya, comme le chef de la Banque nationale autrichienne Ewald Nowotny, sur le fait que celle-ci est indépendante.
A la demande de savoir dans quels Etats se trouvait l’or de la Banque nationale autrichienne, il fut répondu succinctement: «La Banque nationale autrichienne ne communique pas les informations concernant les quantités d’or déposées soit à l’intérieur du pays soit à l’étranger. C’est ainsi que la Banque nationale autrichienne suit la pratique de communication du système euro.» Alors reste la question: où se trouve réellement l’or? Car, en fait, au 31/12/09, les réserves d’or de la République se montaient à 6,9 milliards d’euros. On en vendit à peu près 150 tonnes, une part ayant été remise à la Banque centrale européenne. Mais on ne sait toujours pas quand cela eut lieu et quel en fut le prix.
Source: interinfo, suite 387, mars 2011
http://www.horizons-et-debats.ch/index.php?id=2614