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QUEL CHANGEMENT POUR QUELLE ALGÉRIE

Publié: 28 avril 2011 dans actualité, analyse & opinion
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QUEL CHANGEMENT POUR QUELLE ALGÉRIE

Alger le 22 avril 2011

COMMUNICATION DE DJAMEL ZENATI

Les récentes révoltes au Maghreb et au Machreq ont fait naître un grand espoir chez tous les peuples de la région. Elles ont réussi par ailleurs à ébranler beaucoup de certitudes et à démystifier des clichés considérés jusque là comme définitivement établis.

En effet, le mythe de l’invincibilité des autoritarismes de la région s’est effondré et le paradigme de l’incompatibilité de l’islam avec la démocratie invalidé. La thèse de l’incapacité génétique des peuples de la région à construire un Etat moderne est écartée et l’idée que ces autoritarismes sont un rempart contre l’intégrisme et le terrorisme est désormais abandonnée.

C’est dans cette conjoncture de grande intensité politique que ressurgit le thème du changement.

La notion de changement

Le changement a longtemps été attribué par la mémoire collective à la thématique officielle.
La forme propositionnelle « changement dans la continuité » ou plus encore sa réplique populaire « changement de façade » l’ont très vite marqué d’une charge suspicieuse et caricaturale.

Depuis quelque temps la problématique du changement revient au devant de la scène et polarise le débat public.
La forme adjectivale « changement radical » avancée dans la foulée des récentes contestations vise à réinscrire cette notion dans la positivité.
Il faut toutefois préciser que le degré de généralité de cette expression et l’unanimité qu’elle suscite tendent à diminuer de sa pertinence.

Pour cela il est impératif de définir le sens que recouvre cet objet complexe, de mettre en évidence sa nécessité et enfin de rendre visible les conditions de sa possibilité.

Pourquoi un changement radical

Le changement radical est dicté tant par le contexte national que par l’environnement international.

En effet l’Algérie est doublement menacée. Elle l’est d’abord par la persistance d’un système politique autoritaire qui ne cesse de produire échec et régression. Le sentiment d’exclusion qui gagne de plus en plus de couches sociales et la paralysie flagrante des institutions légales augurent de lendemains incertains. L’affaiblissement de l’identification à la communauté nationale et le repli dans des structures à solidarité primordiale fragilisent les fondements même de notre nation. L’émergence d’utopies communautaristes, latentes ou dominées, est un signe révélateur.

Elle l’est aussi par les effets pervers et ravageurs d’une mondialisation effrénée.
L’option d’un développement basé exclusivement sur l’industrie extractive a imprimé un caractère rentier à notre économie. Ce qui a engendré une dépendance structurelle de plus en plus accrue. L’embellie financière enregistrée ces dernières années aurait pu être exploitée pour réengager notre pays dans la voie de la reconstruction. Hélas elle n’a servi qu’à grossir les fortunes mal acquises, à entretenir les clientèles, à corrompre les consciences et à tenter d’acheter la paix sociale. Jamais « le paradoxe de l’abondance » n’a eu une aussi parfaite illustration.
Qu’adviendrait-il de notre pays si la demande mondiale en énergie venait à baisser ou que le cours du pétrole chutait ?

Cette justification de la nécessité du changement par la menace ne relève aucunement de quelque idéologie sécuritaire, cette dernière consistant à user d’une menace virtuelle à des fins dissuasives

L’enjeu qui se pose à notre pays aujourd’hui transcende les clivages politiques traditionnels et dépasse largement la question du pouvoir.
Il s’agit de relever un double défi.
Le premier défi est celui de l’intégration nationale. Il passe par la reconnaissance de tous les droits à même de fonder une citoyenneté réelle et dynamique, base fondamentale de la démocratie.
Le second a trait au mode d’insertion à l’économie mondiale par la mobilisation rationnelle de toutes les ressources humaines, symboliques et matérielles au profit de tous et dans le souci de préserver notre indépendance.

Quel sens donner au changement

Le slogan «echaab yourid isqat ennidham » qui a fusé de la place etahrir a très vite franchi les frontières égyptiennes pour gagner l’ensemble des pays de la région. Voilà un exemple de mondialisation positive

Ce slogan traduit de la manière la plus forte l’exaspération qu’éprouvent les peuples du Maghreb et du Machreq. On y décèle même une envie de venger les humiliations subies.

Il est évident que penser le changement c’est aller au-delà du slogan et de la psychologie de masse du moment.
Pour ma part je le conçois comme un processus de rupture. Un processus global, ordonné, mettant en mouvement l’ensemble de la société et intervenant dans un climat serein et apaisé. Le processus doit s’accompagner d’une révolution des comportements et des esprits.

Rupture avec le néo-patrimonialisme par la reconnaissance du peuple comme détenteur exclusif de la souveraineté. Il faut abandonner le fallacieux postulat selon lequel le peuple est incapable d’être l’agent de sa propre émancipation.

Rupture avec l’exclusion par la reconnaissance effective de tous les droits.
Rupture avec l’idée que la violence est le moteur de l’histoire et son utilisation comme mode de traitement des conflits politiques et sociaux
Rupture avec la gestion militaro-policière de la société par la dissolution de la police politique sous toutes ses formes.
Rupture avec l’économie rentière et démantèlement de tous les réseaux maffieux et clientélistes.
Rupture avec l’ensemble des dispositifs d’exception.


La famille ALGÉRIE doit être rassemblée. Pour cela il faut :

– réconcilier l’algérien avec son histoire, sa culture et son identité plurielle.
– réconcilier l’algérien avec les valeurs qui ont fait jadis sa grandeur comme la solidarité, la tolérance, le respect, l’honnêteté, l’hospitalité, la sagesse, le travail, etc.
– réconcilier l’algérien avec l’effort intellectuel.
– réconcilier l’algérien avec les institutions républicaines
– réconcilier l’algérien avec l’action politique.

De grandes réformes doivent d’ores et déjà être retenues et je pense particulièrement à l’école et à l’Etat.
L’impartialité de l’administration, par d’exemple, mérite la consécration constitutionnelle au même titre que le principe de l’indépendance de la justice.

Un grand débat national sur l’état du pays doit être organisé. Il ne doit occulter aucune question, notamment celles relatives à la violence et à la corruption, sans toutefois sombrer dans le règlement de compte ou dans la tentation d’un retour au passé.
L’ouverture des médias lourds est une urgence.

C’est une fois l’Algérie rassemblée, réconciliée, qu’elle pourra alors affronter le défi de la mondialisation par la construction de l’ensemble maghrébin. C’est le seul moyen pour mieux se faire entendre, négocier dans de meilleures conditions et bénéficier des avantages de la mondialisation. L’exemple Sud-américains dans ce domaine est à méditer.

Par devoir envers les générations montantes, la dimension stratégique doit imprégner toutes les décisions politiques et tous les aspects de la gestion des affaires de notre pays.

Ces options fondamentales vont constituer le socle sur lequel va reposer le nouveau contrat historique dont la traduction juridique se fera par une assemblée constituante. Une manière de restituer au peuple son pouvoir constituant et de réaliser du même coup l’une des revendications symboles du peuple algérien depuis le mouvement national.

Le changement est-il possible maintenant ?

La possibilité d’un changement radical et pacifique est subordonnée à une convergence des volontés patriotiques conscientes des enjeux et s’inscrivant dans une perspective nationale.
La mobilisation par le bas doit rencontrer l’expression d’une disponibilité par le haut.

Pour cela les forces sociales doivent briser les barrières du corporatisme. Les forces politiques pour leur part doivent se hisser à la hauteur des enjeux et des attentes et se libérer des rancœurs stérilisantes du passé. Quant aux décideurs, il leur revient la plus grande des responsabilités, celle d’éviter le chaos et l’ingérence, l’un favorisant l’autre. Est-il besoin de rappeler que l’ingérence résulte de l’entêtement des dirigeants à rester au pouvoir quitte à provoquer le chaos. Ils offrent ainsi aux puissances occidentales un motif précieux d’intervention. Ces dernières, sous le prétexte de l’assistance, déploient leurs stratégies de remodelage géopolitique pour mieux venir en aide à un capitalisme international en crise. L’exemple de l’Irak et plus récemment celui de la Lybie sont édifiants.

Les résistances au changement

Les résistances au changement se présentent sous divers aspects et à plusieurs niveaux.

Le pouvoir et ses constellations rejettent catégoriquement l’idée de changement radical sous le prétexte que le pays ne connaît pas de crise politique. La conflictualité croissante dans la sphère sociale est appréhendée en termes d’écart entre ce qui est et ce qui doit être. Ils feignent d’ignorer que cette situation découle directement de choix politiques délibérés. En fait les décideurs veulent à tout prix empêcher une jonction entre les forces sociales et les acteurs politiques militant pour le changement. L’argent public est mis à contribution pour calmer quelque peu cette contestation.

Le premier ministre a été jusqu’à soutenir que le système politique actuel est la seule modalité d’exercice politique et offre toutes les garanties d’une compétition politique démocratique. Il est vrai que des acteurs politiques existent et des élections se tiennent régulièrement. Mais il faut ajouter que ces dernières se caractérisent par un degré zéro d’incertitude et donc sans risque d’alternance. L’autoritarisme s’est en effet doté d’un régime très particulier puisqu’il présente tous les traits de la démocratie sans avoir les attributs. Ce que j’appelle « une dictature consultante ». La vox populi l’a déjà qualifié par l’expression « ellaab hmida erracham hmida ».

Ils usent par ailleurs de techniques de dissuasion comme par exemple celle qui consiste à présenter le changement comme une aventure vers l’incertain. Il n’hésite d’ailleurs pas à rappeler les drames du passé pour susciter une peur annihilante. Le discours du président est à cet égard un exemple de perfection.

L’autre résistance est beaucoup plus insidieuse puisque adossée à l’idée que la contagion est impossible car ce qui se passe en Tunisie et en Egypte s’est déjà produit en Algérie en 1988. Cette thèse repose sur un présupposé évolutionniste et tend à faire croire à l’existence d’un ordre nécessaire de déroulement de l’histoire. Ce qui serait de mauvaise augure pour l’avenir de la Tunisie et de l’Egypte puisque, d’après cette théorie, la prochaine séquence qui attend ces deux pays est une décennie de violence.

La peur de la chute des uns et la quête de sièges et de sinécures des autres expliquent ces postures différentes mais convergentes.

Différer le changement serait offrir notre jeunesse aux aventuriers locaux et aux magnats de la mondialisation.
Le danger des dérives extrémistes est réel car le populisme se nourrit de l’exclusion et utilise le désarroi des populations pour emprisonner leur soif de liberté dans des perspectives étroites et régressives
Lorsqu’on fonde l’ordre politique sur un principe unificateur supérieur, on ne quitte pas la sphère de l’autoritarisme. On ne fait que le réinventer sous une autre forme.
Je pense ici à tous les communautarismes, religieux ou ethnique, qui imposent aux individus de se définir par ce qu’ils sont et non par la conception qu’ils ont de la vie collective. Le système politique n’est plus alors le produit d’un contrat social librement établi mais l’émanation d’une catégorie transcendantale dont les actes échappent à la critique et au contrôle.

Je terminerai cette communication par un message que j’adresse à partir de cette tribune au président de la république.

Monsieur le président,

J’ai écouté attentivement votre discours et j’ai relevé quelques points que je vais vous soumettre

Le premier a trait à votre état de santé. Vous paraissez très affaibli par la maladie. Je tiens à vous souhaiter sincèrement un rapide rétablissement.
Mais vous n’êtes pas sans savoir Monsieur le président que l’Algérie est tout aussi affaiblie que vous. Sa maladie à elle est due à la greffe d’un système autoritaire qu’elle ne cesse de rejeter depuis 1962.
Cette communauté de situation ne pourrait-elle pas provoquer chez vous une marque de solidarité à son égard ?

Le deuxième concerne le décalage flagrant entre le contenu de votre discours et les exigences de la situation. Etes-vous sûr d’être bien informé ? J’ai comme l’impression que vos collaborateurs usent du mensonge pour vous égarer.
Ils l’ont fait avec le président Zéroual et ça lui a valu d’écourter son mandat.
Ils l’ont fait avec le président Boudiaf et ça lui a couté la vie.

Réveillez-vous Monsieur le président et associez-vous à cette grande œuvre de renouvellement de la perspective historique en Algérie.
Le verdict de l’histoire est souvent sévère


20 avril 1980 : réaction disproportionnée à une revendication ancestrale.
Depuis l’indépendance, le régime algérien privilégie une voie répressive pour répondre aux revendications des citoyens. Il est un secret de polichinelle que le but latent est sa pérennisation au pouvoir. Toutefois, jusqu’au 20 avril 1980, le régime avait réussi à instaurer un climat de peur faisant du citoyen un sujet docile. Coupé des réalités, le régime ignorait que cette soumission du peuple était due à l’épreuve endurée pendant la guerre de libération. Par ailleurs, bien qu’il ait existé des simulacres d’organisations, ces dernières se limitèrent uniquement au rôle de courroie de transmission. Quant aux partis, ils furent tout bonnement interdits. Partant, les dirigeants de l’opposition furent forcés à l’exil. Selon le professeur Hacene Hireche : « Les opposants, comme Mohamed Boudiaf ou Hocine Ait Ahmed, n’avaient qu’à bien se tenir pour éviter le sort de Mohamed Khider ou de Krim Belkacem et, plus tard, Ali Mécili, assassinés sur le sol européen par les services algériens… » (1) Du coup, dans les années 1960, les Algériens, comme en 1926, ne pouvaient s’organiser que dans l’exil. L’université Paris XIII offrit par conséquent un lieu idoine de rencontre aux militants, venus notamment de Kabylie. Cependant, la fin de la formation de cette jeune génération coïncida avec la disparition de Hourai Boumediene, chef de l’Etat issu du coup d’état de juin 1965. A peine enterré, les chefs militaires préparèrent un successeur en dehors de toute consultation du peuple. Ce successeur, et si le moins que l’on puisse dire, n’avait pas l’étoffe d’un président. Dès la prise de ses fonctions, les rênes du pouvoir lui échappèrent totalement. Choisi parmi le plus malléable, selon l’expression de Khaled Nezzar, Chadli laissa la voie libre à tous les charlatans afin de profiter du système. Mais la nouvelle génération, ayant la vingtaine d’année en 1980, allait-elle accepter les injustices tous azimuts notamment celle inhérente au déni identitaire ? Les événements de 1980 prouvèrent le contraire. Par ailleurs, un élément particulier rentra également en jeu : l’adhésion des masses aux côtés de ces jeunes animateurs. Par ailleurs, fidèle à sa politique répressive, le régime pensait éteindre la mèche le plus vite possible. Or, la politique répressive n’est efficace que quand le peuple l’accepte. Ainsi, une fois le mur de la peur fut tombé, le changement était inéluctable. Bien que le fruit n’ait pas été cueilli immédiatement, le mouvement d’avril 1980 inaugura une nouvelle ère de combat politique en Algérie. Selon l’ancien ministre de l’Enseignement supérieur, Abdelhak Bererhi, le mouvement d’« avril 1980 déclencha un profond mouvement démocratique qui se prolongea avec le temps, face à un pouvoir qui, par son seul souci de perdurer coûte que coûte, permit aux germes de la radicalisation de se développer. » (2) Seul moyen d’expression, la révolte devint alors le langage susceptible d’être entendu par le régime.

I) La résistance dans la clandestinité ou en exil.

L’orientation arabiste de l’Algérie [Les dirigeants ne le firent pas dans l’intérêt de l’Algérie] a exclu, par ricochet, une partie du peuple algérien. Bien que, par le passé, cette tension ait été atténué par le combat commun contre le colonialisme, les nouveaux maitres de l’Algérie indépendante dénièrent aux berbérophones le droit d’exister en tant que tels. Or, dans les pays qui se respectent, les citoyens sont acceptés comme ils le sont dans le giron de la République. Cependant, le but de ce texte n’est pas de remonter jusqu’aux racines de l’Algérie. Toutefois, depuis le coup d’état de 1965, Houari Boumediene envenima ce déni. En revanche, bien qu’il ait fait de l’Algérie sa propriété privée, il autorisa tout de même une chaire de berbère, de deux heures par semaine, dès la rentrée universitaire d’octobre 1965. Intégré à la section d’ethnologie, une science héritée de la présence coloniale, le cours linguistique fut assuré bénévolement par Mouloud Mammeri. Le succès de ce cours finit par inquiéter les autorités. Et dès la réforme de l’enseignement supérieur, en 1973, le cours fut suspendu à l’université d’Alger.
Cependant, bien que la société aille cahin caha, la revendication identitaire n’a pas disparu pour autant. Les militants de la cause savaient à quoi s’en tenir. En effet, le contrôle accru de la sécurité militaire sur la société créa un climat de méfiance. Beaucoup de jeunes militants sortirent à l’étranger pour peaufiner leur formation. Selon Said Khelil : « Dans les années 70, beaucoup d’amis du groupe de Ben Aknoun iront continuer leurs études et leur activisme en France : Mohya, Boudaoud, Hend Sadi, Ramdane Achab… La plupart seront présents le jour J. Ceux restés à Alger, Said Doumène, Moumouh Loukad et Ali Ouabadi seront rejoints par de nouveaux venus pour animer la troupe de théâtre berbère, ainsi que de brillants groupes musicaux. »(3) Ainsi, à l’occasion de la fête des cerises, en1974, à Larbaa Nath Irathen, les spectateurs insistèrent pour que les chanteurs d’expression berbère se produisent. Mais la police de l’ombre ne fut jamais loin. Du coup, les téméraires payèrent dans cette décennie un lourd tribut. Des arrestations se multiplièrent à foison dans la région. Et la plupart ne furent, à ce moment-là, que des lycéens. Car, il fallait attendre la rentrée universitaire de 1978 pour que la région ait vu l’ouverture d’un centre universitaire. Dans son témoignage du livre, sur avril 80, sous la direction d’Arezki Ait Larbi, Salem Chaker explique que ce ne fut aucunement une récompense à la région. La démarche des autorités s’inscrivait dans la politique de désengorgement de l’université d’Alger. Selon des informations difficilement vérifiables, Boumediene aurait dit que l’ouverture de ce centre représentait une « bombe à retardement ». Avait-il compris que sa politique était injuste ? En tout cas, sa crainte aurait été l’octroi d’un foyer où se seraient rencontrés les militants de la cause berbère. En effet, ces jeunes militants ne tardèrent pas à se manifester.
Cependant, dans l’enceinte de l’université, tous les courants de pensée purent exister. Deux partis, des opposants emblématiques, Hocine Ait Ahmed et Mohamed Boudiaf, constituèrent des cellules à l’université. Pour Salem Chaker : « D’autant que beaucoup de ces jeunes universitaires, qui rentraient de France après une thèse, étaient politisés, avaient des expériences d’engagement militant dans le mouvement culturel berbère en France et/ou dans les partis de l’opposition clandestine (FFS, PRS). » (4) En effet, dès 1978, des jeunes cadres, à l’instar d’Arezki Ait Larbi, Said Sadi, Mouloud Lounaouci, Ali Ouabadi, intégrèrent le FFS. Sous la houlette d’Ali Mécili, bras droit de Hocine Ait Ahmed, un séminaire fut organisé en France (Hautes Alpes). A la fin de ses travaux, une plateforme fut entérinée prenant en charge les revendications culturelles et démocratiques.
Toutefois, depuis l’ouverture du centre universitaire de Tizi Ouzou, le FLN multiplia les tentatives en vue de le contrôler. D’emblée, l’UNJA, syndicat estudiantin lié au régime, tenta de s’assurer sa mainmise sur la représentation des étudiants. Il trouva par ailleurs des alliés parmi les étudiants affiliés au PAGS. En effet, selon Ihsen El Kadi : « le parti communiste, le PAGS algérien, est en réalité la première force politique dans le campus d’Alger. Mais, il est politiquement désorienté depuis la mort de Boumediene, à qui il a apporté son soutien à partir de 1971… à la fin de 1979, [il est] encore dans le soutien critique de Chadli Bendjedid.» (5) Or, en Kabylie, toutes les tendances existèrent. L’union du PAGS avec le FLN ne constitua pas la force principale. Dans le même livre cité plus haut, Mohand Ouamer Oussalem cite cinq groupes composant l’expression politique, à ce moment-là, à la FAC. Les militants du FLN et du PAGS formèrent le groupe de soutien au régime autour de l’UNJA. Selon lui, il y eut un groupe trotskiste. Fait-il allusion au groupe de Gérard Lamari, Aziz Tari et Djamel Zenati? Or, dans mes différentes conversations avec Gérard, ce dernier affirme qu’il était de gauche radicale, mais n’appartenait pas au courant trotskiste. Même Djamel Zenati ou Aziz Tari n’étaient pas trotskistes, m’avoue-t-il lors dans notre récente conversation téléphonique. Cependant, d’après Oussalem, il y eut des représentants du FUAA de Rachid Ali Yahia dont fit partie Arezki Abbout. Le parti de Boudiaf, le PRS, fut aussi présent. Mais le parti le plus représentatif fut indubitablement le FFS. Dans ces conditions, il était indécent que le syndicat du régime prétende représenter le nouveau centre universitaire. Du coup, la formule qui était susceptible de parvenir à rassembler les étudiants fut la création de comités autonomes. Ces derniers lancèrent une grève illimitée en octobre 1979. Pour meubler le vide, les étudiants ont programmé plusieurs activités culturelles. Dans ce programme d’animation culturelle, une conférence de Mouloud Mammeri, sur les poèmes kabyles anciens, fut programmée.

II) L’acharnement des autorités.

L’origine des événements d’avril 1980 fut la stupide interdiction de la conférence de Mouloud Mammeri, pour reprendre l’expression de Brerehi, au centre universitaire, le 10 mars 1980. En effet, pour la communauté universitaire, ce fut un rendez-vous à ne pas manquer. Bien que le régime ne tolérât pas ce genre de manifestation culturelle, le conférencier n’eut aucun écho lui déconseillant de se rendre au centre universitaire. Ce jour-là, en compagnie de Salem Chaker et de son chauffeur Oulaid, Mammeri se rendit sereinement à Tizi Ouzou. Or, en dépit de la connaissance du thème de la conférence, les autorités décidèrent de l’intercepter à l’entrée de la ville, à Draa Ben Khedda. Quelques heures plus tard, le wali prit soin d’informer les étudiants que l’écrivain avait été arrêté. Dans la contribution de Hamid Sidi-Said sur cet événement, l’ancien Wali Tizi Ouzou, au moment des faits, écrit : « Le motif de cette décision étant « le risque de trouble à l’ordre public », c’était donc au wali qu’il revenait de prendre les mesures nécessaires pour que M. Mouloud Mammeri ne se présentât pas au centre universitaire. » (6) Cette humiliation, une énième des autorités envers ce combat, ne fut pas gobée sans réaction par les étudiants. Une délégation, composée de Gérard Lamari, Aziz Tari et Taleb, s’est rendue au siège de la wilaya. Mouloud Mammeri les attendait depuis un moment. D’emblée, il s’excusa auprès de la délégation de la tournure des événements. Bien que le sage ait prôné le calme, cette interdiction resta aux travers de la gorge de ces militants. Du coup, il ne fallait pas se laisser faire, estimaient-ils. De retour à l’université, une assemblée générale des étudiants fut organisée. Le principe d’une manifestation publique fut entériné par la quasi-totalité des présents. Selon Aziz Tari : « Tout le monde semble prêt à aller au combat, sans poser de question sur les suites…Trois interventions sont programmées. Gérard Lamari ouvre les hostilités. Hend Sadi enfonce le clou. Etant à l’origine de cette démarche, je clos les débats sans mâcher mes mots, ni faire dans le détail en faveur de cette action. » (7) Ainsi, le 11 mars 1980, une marche, rassemblant l’ensemble de la communauté universitaire, s’ébranla de Hasnaoua vers la haute ville, direction le siège de la wilaya. Au cri des étudiants « A bas la répression », les CNS, aux ordres de Hmimi Nait Abdelaziz, bloquèrent la route. Grâce à l’intransigeance des manifestants, la digue finit par céder. D’après Tari, le commissaire avait la rage de voir les jeunes militants braver son autorité. Ceci démontre, si besoin est, la nature de ce régime. Pour le commissaire, s’il devait y avoir une revanche, celle-ci serait sanglante. Tout compte fait, cette marche démontra, aux badauds, que la mobilisation de masse pourrait contrarier la pire dictature. En tout cas, les Tizi Ouziens ont applaudi chaleureusement le courage de cette jeunesse stoïcienne. Par conséquent, ces encouragements galvanisèrent les esprits. Malgré l’action du régime mobilisant ses partisans, dans les rues de la ville, où les étudiants du PAGS déployèrent une banderole réclamant l’application intégrale de la Charte nationale, à l’université, la mobilisation battait son plein. Ainsi, à l’initiative du groupe FFS, le plus important groupe, une campagne d’inscription murale fut exécutée dans la nuit du 12 au 13 mars 1980, selon Arezki Ait Larbi. Or, cette campagne jeta l’émoi au sein du groupe de la gauche radicale, avoue Aziz Tari.
Toutefois, l’action ayant démarré à l’université, il fallait que d’autres secteurs se mobilisent pour desserrer l’étau exercé sur la FAC. Ce fut ainsi que des villageois répondirent à l’appel. Dans le même esprit, la cellule FFS de l’hôpital engagea des actions afin d’alléger la pression sur le centre universitaire. Dans un esprit d’enlisement, le régime ne fit qu’attiser le feu. Par la voix du secrétaire général de la présidence, Abdelmalek Benhabyles, ce dernier voulut engager le dialogue avec les animateurs du mouvement. Cette démarche montra vite l’incapacité des dirigeants à chercher des solutions adéquates. En effet, le 5 avril 1980, une délégation se rendit à la présidence. Composée de Djamel Zenati, Gérard Lamari, Rachid Ait Ouali et Aziz Tari, la délégation a eu droit à un discours insolite de leur hôte. En effet, le secrétaire général estima que la faute avait été commise en 1962 lorsque les dirigeants n’avaient pas octroyé un statut à la langue berbère. Pour résumer son propos, il n’y eut désormais rien à discuter. L’équipe dirigeante ne put pas assumer les erreurs de leurs prédécesseurs. Finalement, il les somma d’arrêter l’agitation et de reprendre les cours. La délégation, ayant rencontré Benhabyles, découvrit, de retour à Tizi Ouzou, un tract, anonyme selon Aziz Tari, appelant à une manifestation pour le 7 avril 1980, de la place du 1er mai à la présidence. D’après Arezki Ait Larbi, les tracts furent diffusés au nom du « Comité de la Défense de la Culture Berbère ». Cependant, ce comité aurait-il eu un lien avec le FFS ? Pas de doute si l’on croit Oussalem, militant du FFS à ce moment-là. En effet, après la multiplication des arrestations à Tizi Ouzou, il fallait desserrer l’étau sur la Kabylie. Selon Oussalem : « C’est dans ce contexte que la structure du FFS, autour de Said Sadi, propose une riposte par l’organisation d’une marche à Alger, le 7 avril 1980. » (8) Prévoyant une répression pavlovienne des autorités, le groupe FFS, rejoint par les militants du PRS et de la gauche radicale, mit en place un Comité Anti-Répression (CAR). Les mots d’ordre de la marche résumèrent, à eux-seuls, la détermination de ces animateurs. Inscrits sur des banderoles, les slogans furent incisifs. Selon Arezki Ait Larbi : « L’une d’elle porte un seul mot, qui claque comme un terrible défi au régime du parti unique : « Démocratie ». En hommage aux morts du FFS de 1963, une autre proclame : « 1964 : 2000 morts ! 1980 : combien vous faut-il ? » (9) Hélas, fidèle à ses pratiques, le régime ne céda pas. La manifestation fut réprimée avec une rare violence. Pour les étudiants restés à Tizi Ouzou, il fallait convoquer vite une assemblée générale pour décider des mesures à prendre. Celle-ci trancha pour une grève générale illimitée avec occupation du campus. L’épreuve de force commença effectivement ce jour-là.

III) Entretien de la politique du pourrissement.

La répression de la marche d’Alger incita les membres du comité anti-répression, le CAR, à lancer un appel au peuple. Au lendemain de cet appel, soit le 10 avril, le FLN organisa une marche à Tizi Ouzou. Choisis pour leur docilité, ces Kabyles de service manifestèrent contre les revendications démocratiques et culturelles. Dans les tracts du CAR, il fut possible de lire : « La cessation de la répression contre la communauté universitaire ; la reconnaissance des langues populaires algériennes, notamment de la langue berbère ; le respect des libertés démocratiques en Algérie…etc. » (10) Hélas, ces Kabyles de service, mangeant à tous les râteliers, choisirent ceux qui vitupèrent contre la démocratie. Cependant, le travail de sape n’a pas démoralisé les animateurs du mouvement. Un événement, d’apparence anodine pourraient dire certains, apporta de l’air aux poumons. La communauté universitaire a pu lire, le 11 avril 1980, la réponse de Mouloud Mammeri à l’article diffamatoire de Kamel Belkacem, journaliste du journal El Moudjahid, un organe de propagande du régime. Ce journal refusa bien entendu de publier le droit de réponse de Mammeri. Ce fut le journal Le Matin parisien qui le publia. Véritable leçon d’éthique, l’article fut distribué sous forme de tracts à l’université. Ce second souffle du mouvement fut doublé par l’effort entrepris par le corps médical, cellule dynamique du FFS. Une assemblée générale des travailleurs de l’Hôpital fut programmée pour le 12 avril 1980. Le comité anti répression désigna, pour le représenter à cette réunion, deux membres : Djamel Zenati et Mohand Ouamer Oussalem. Moment charnier du mouvement, le CAR fut présent dans toutes les rencontres. En effet, au lendemain de l’assemblée du corps médical, les membres du CAR firent un déplacement à Alger. Le but fut de faire connaitre les positions du mouvement, par rapport aux dernières évolutions de la crise, au ministre de l’Enseignement supérieur, Abdelhak Bererhi. En présence de son conseiller, Djamel Labidi, le ministre s’engagea à se rendre, le lendemain, au centre universitaire. Escorté par la police, le ministre se rendit, en effet, le 14 avril 1980, au campus de Hasnaoua, vers 10 heures du matin. Il fut également accompagné d’une forte délégation, dont le secrétaire général de la FTEC, Hachemi Cherif, futur chef du MDS. Le discours du ministre, devant l’assemblée générale des étudiants, ne changea pas d’un iota par rapport à ce qu’il avait affirmé à la délégation du CAR la veille. A vrai dire, le ministre était venu pour leur livrer le message de fermeté des autorités. D’ailleurs, avait-il les moyens de proposer quoi que ce soit pour débloquer la situation ? Dans le régime de l’époque, le ministre était un fusible éjectable à l’envi. Du coup, l’assemblée générale s’est achevée sur une note de désappointement. Car, le ministre demanda tout bonnement aux étudiants de reprendre les cours et de cesser l’occupation du campus. Face au pouvoir sourd, un appel fut lancé à la population pour observer une grève générale le 16 avril 1980. L’implication de la société civile rendit ainsi la tâche plus alambiquée aux autorités. En effet, selon Mohand Ouamer Oussalem : « A l’extérieur, la mobilisation allait crescendo. A partir du samedi 12, les délégations d’entreprises de la région arrivent sur le campus : Sonelec de Oued Aissi et Fréha (en chantier), Sonitex de Draa Ben Khedda, Onalait. La visite de la Sonitex coïncidait avec l’arrivée du correspondant du journal le Monde. » (11) En effet, la grève fut un véritable succès. Désormais, la mobilisation dépassa les deux foyers : l’université et l’hôpital. Et les décisions ne se prenaient plus systématiquement à l’université. En effet, le siège de la Sonelec abrita une réunion capitale à la fin de la journée du 16 avril 1980. Le centre universitaire fut représenté par deux membres : Gérard Lamari et Rachid Ait Ouakli. Cette rencontre s’acheva par la création d’un Comité de Coordination Populaire. Son rôle : contacter les syndicalistes à travers tout le pays pour réclamer plus de liberté.

IV) L’exécution des menaces.

Dans la tradition du régime algérien, et ce depuis le recouvrement de l’indépendance nationale, le citoyen fut appelé à se soumettre sans vergogne aux règles édictées. Elaborées en dehors de toute concertation du peuple, elles furent iniques et sévères. Or, les jeunes militants, en ce printemps 1980, n’entendirent pas le message de cette oreille. Bien que l’épée de Damoclès ait été suspendue sur leurs têtes, leur fougue les conduisit à aller jusqu’au bout. Ainsi, en dépit de l’ultimatum de Bererhi, fixant la reprise des cours avant le 20 avril, le centre demeura toujours bloqué. Les relais du régime tentèrent bien sûr, qui par la menace, qui par la persuasion, d’obtenir la reprise des cours. Selon Mouloud Lounaouci, l’actuel secrétaire général de l’UGTA lui rendit une visite inattendue à l’hôpital : « L’atmosphère commençait à s’alourdir ; le 19 avril, j’eus une visite pour le moins étrange. Madjid Sidi-Said, alors responsable de l’union territoriale UGTA de Tizi Ouzou, se présenta en émissaire, sans plus de détail, et m’avertit qu’on avait intérêt à tout arrêter, car le lendemain il serait trop tard. »(12)
Cependant, à l’université, le comité anti répression tint sa réunion quotidienne. Selon Aziz Tari, une absence de taille fut remarquée, celle de Hend Sadi. Cette information m’a été confirmée à plusieurs reprises, lors de nos différentes conversations sur ces événements, par Gérard Lamari. Par ailleurs, d’après Aziz Tari, l’ultimatum transmis par hamid Sidi-Said, wali de Tizi Ouzou, fut péremptoire : « Signer immédiatement une déclaration affirmant que nous arrêtons le mouvement, sinon l’intervention aura lieu dans quelques heures… Le groupe du PRS annonce son retrait du mouvement et la fin de son engagement avec nous. » (13) Concomitamment à la réunion des étudiants, une autre réunion se tint, à Alger, au siège du FLN. Celle-ci se déroula en deux temps. Dans sa première partie, elle regroupa le coordinateur du FLN (Mohamed Salah Yahiaoui), le premier ministre (Ben Ahmed Abdelghani), le patron des services secrets (Yazid Zerhouni), le commandant de la gendarmerie (Mustapha Chelloufi), le DGSN (El Hadi Khediri), le ministre l’enseignement supérieur (Abdelhak Bererhi), le minsitre de l’éducation (Mohamed Cherif Kharoubi), le ministre du travail (Mouloud Goumeziane), le secrétaire général de l’UGTA (Abdellah Doumène) et le Wali de Tizi Ouzou. Dans les débats, l’intervention policière musclée fut vivement évoquée. A en croire le ministre de l’enseignement supérieur, cette solution fut rejetée grâce à son argumentation. Il évoqua, pour les persuader, le respect des franchises universitaires. Toutefois, la vraie réunion commença un peu plus tard. Ce fut le second temps de la réunion. Les ministres furent évidemment remerciés. Selon Bererhi : « Les opposés à l’emploi de la force furent laissés seuls quelques instants, puis on vint « nous remercier » en nous déclarant que la réunion était achevée. » (14) Lors du second temps de la réunion, selon Khediri, le patron de la DGSN, l’ordre du jour devint : « donner des instructions pour rétablir l’ordre dans les facultés occupées ». Bien qu’il ait essayé de convaincre ses camarades des services de sécurité de l’inanité de l’emploi de la force, en faisant même ranger le Président de la République à son point de vue, l’évacuation fut décidée. Selon lui : « quelques heures plus tard, l’ordre d’évacuer était redonner par un autre canal…Au plus fort des affrontements entre les forces de l’ordre et les manifestants, certains responsables insistaient pour envoyer l’armée. »(15) Ainsi, quelques heures après la clôture des travaux de l’assemblée des étudiants, les forces de l’ordre pénétrèrent dans les pavillons des cités universitaires. Les étudiants furent surpris dans leur sommeil par le bruit de bottes et les coups de matraques. Et le sang se répandit en creusant des petits sillons. Par ailleurs, l’hôpital, censé accueillir les blessés, fut aussi envahi par les forces de l’ordre. Le personnel médical fut malmené sans ménagement. Ceux qui n’avaient pas été arrêtés, accueillirent les blessés au matin du 20 avril. Le bilan de cette mascarade est donné par Arezki Ait Larbi, non lors du meeting d’Alger où il annonça 32 morts, mais dans le témoignage qu’il fait 30 ans plus tard : « 453 blessés et des centaines d’arrestations dont 24 seront déférés devant la Cour de sûreté. Mais, heureusement, aucun mort. » (16)
Cependant, la région fut solidaire de ses blessés et de ses détenus. Un combat fut engagé pour obtenir la libération de ses héros. Cette dernière n’intervint que deux mois plus tard. Ainsi, le 25 juin 1980, les vingt-quatre détenus furent mis en liberté. Désormais, la lutte pour la démocratie ne fut plus un tabou. Plusieurs régions d’Algérie suivirent l’exemple jusqu’à ce que la liberté de s’organiser soit obtenue après octobre 1988. Ainsi, la gestion sécuritaire des problèmes politiques donna lieu à des affrontements permanents. En s’appuyant sur les services de sécurité, le régime comptait annihiler toute contestation. Or, l’humiliation attisait davantage la rancune des citoyens. Du coup, la simple interdiction de la conférence, d’un homme reconnu pour ses recherches, déclencha un mouvement contestataire de grande ampleur. Finalement, les événements du 20 avril 1980 représentent l’acte fondateur d’une conscience politique à l’échelle nationale. Bien que le peuple algérien ne vive pas encore une démocratie et une liberté effectives, il n’en reste pas moins que la détermination du peuple algérien donnera un jour au pays des institutions libres, issues uniquement de la volonté populaire.

Notes de renvoi :
1) Contribution Hacene Hireche, « Avril 80 : Insurgés et officiels racontent le printemps berbère », page 194.
2) Contribution Abdelhak Bererhi, page 234.
3) Contribution Said Khelil, page 66.
4) Contribution Salem Chaker, page 124.
5) Contribution Ihsen El Kadi, page 151.
6) Contribution Hamid Sidi-Said, page 207.
7) Contribution Aziz Tari, page 43.
Contribution Mohand Oumer Oussalem, page 20.
9) Contribution Arezki Ait Larbi, page 178.
10) Tract du comité anti répression, page 270.
11) Contribution Mohand Oumer Oussalem, page 27.
12) Contribution Mouloud Lounaouci, page 85.
13) Contribution Aziz Tari, page 54.
14) Contribution Abdelhak Bererhi, page 227.
15) Contribution El Hadi Khediri, page 256.
16) Contribution Arezki Ait Larbi, page 183.

Posté; Par Ait Benali Boubekeur
http://www.lequotidienalgerie.org


Urgent: Entre 2000 et 3000 mercenaires algériens en Libye !
16 avril, 2011 Posté dans Algérie Révolte

Dans une lettre qu’il a adressée ce vendredi au président de la LADDH, Mostefa Bouchahci, le secrétaire général de la ligue libyenne des droits de l’Homme, Slimane Abou Chouakir, a indiqué que le délégué de son organisation dans la ville de Benghazi, a été surpris, lors d’une visite effectuée aux mercenaires détenus par les forces armées du conseil national de transition, de la présence de nombreux mercenaires algériens qui combattaient aux côtés de l’armée de Kadhafi.
Dans une déclaration qu’ils ont signée, explique M. Abou Chouaki, les mercenaires algériens avouent ne rien comprendre à la situation en Libye et condamnent la position officielle de l’Algérie qui soutient le régime Kadhafi. «Les services algériens nous ont mobilisés sous prétexte de combattre les groupes d’El Qaida aux pays du Maghreb», ont reconnu les mercenaires. «Les services algériens nous ont promis de l’argent et des postes de travail en Libye après la victoire de Kadhafi», ont ajouté les mercenaires.
Selon le responsable de la ligue libyenne, le nombre de mercenaires mobilisés par les services algériens est de l’ordre de 2000 à 3000. Les mercenaires croient qu’ils étaient en mission officielle et qu’à cet effet, ils font assumer la responsabilité de tout ce que peut leur arriver aux autorités algériennes.
La ligue libyenne annonce par ailleurs que le conseil national de transition va décréter une amnistie en faveur de ces mercenaires afin de leur permettre de regagner leur pays.