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Moh achir

La dictature des choix binaires en Algérie
ACHIR Mohamed*

La machine brutale du système mis en place après le coup de force constitutionnel a brillé, depuis l’indépendance, dans la dépolitisation et démobilisation de la société, le mépris total et l’écrasement de toutes les oppositions démocratiques, ce qui a vidé l’Algérie de sa culture démocratique émancipatrice et libératrice et laisser une place à la montée des extrémismes violents ou à des choix binaires entre deux camps de dictatures : la dictature des factions du pouvoir en place et la dictature des exclus du système qui se joignent à des fractions qu’ils ont paradoxalement combattu, voire autrefois, tenté d’éradiquer.

La question relève, donc, du secret de polichinelle et doit être vite tranchée. En réalité, aucun projet alternatif de changement démocratique ne peut intéresser les deux parties, mis à part l’alternance clanique visant l’accaparement des sources de la rente, ou le souci de faire remplacer une dictature par une autre dans la continuité du système. C’est dans cette logique, en effet, que les élections présidentielles du 17 Avril 2014 ont suscités autant de guéguerres fomentées par des factions composant le système et sous-traitées par une clientèle bien structurée.

Les élections présidentielles ne représentent, pour le système algérien, que l’un des maillons relais lui permettant un autre crédit de légitimité via les urnes pour se reproduire et se pérenniser. Cependant, il est tout à fait évident d’enregistrer des crises temporelles, voire structurelles, dans un système âgé de plus de 50 ans, conduit par des vieux grabataires et gagné par des contradictions internes originelles. Faut-il rappeler que la tradition, qui marque les échéances électorales en Algérie, est leur transformation en occasion propice qui donne aux factions du pouvoir une opportunité de restructuration et d’exhibition des forces brutales et des capacités de nuisance.

Autrement dit, la réaffirmation de leur rôle indispensable dans l’équilibre général du système. C’est à ce moment-là que c’est fort évident qu’une agitation médiatique, plus ou moins propagandiste, devrait occuper le dessus et dévier l’opinion publique des vrais débats censés animer les élections.

Ce type de crise relève, donc, plus de la confrontation pure et simple des clans composant le système que d’une affirmation d’acteurs autonomes se démarquant du système ou, du moins, aspirant à sa transformation. C’est le changement des rapports de force tacites de l’intérieur qui fait réagir les acteurs du pouvoir qui, rappelons-le, contrôle la quasi-totalité de l’économie.

La dialectique du système est dans le maintien du pouvoir permettant la préservation des acquis et la mobilisation des avoirs pour se maintenir au pouvoir. C’est une symbiose bien entretenue tant que l’équilibre n’est pas menacé par ses propres acteurs. « … Elle tient moins à l’opposition entre deux visions différentes de l’exercice du pouvoir qu’à l’exacerbation d’une vieille crainte des décideurs algériens : celle de voir l’un d’entre eux, n’importe lequel, accaparer tous les leviers du pouvoir ». C’est l’analyse faite par Hocine Ait Ahmed, en septembre 2003 (voir le journal Le Monde), avant les présidentielles de 2004.

Justement, l’analyse me semble toujours plausible et d’actualité concernant les élections présidentielles de 2014. Le combat douteux, qui a accaparé les unes des quotidiens nationaux et qui insinuait une opposition supposée entre la présidence et le DRS, ne fait que confirmer l’hypothèse de crainte d’autonomisation d’un clan, voire la suprématie d’un clan sur l’autre. D’ailleurs, lorsque l’agitation médiatique a pris de l’ampleur, voire des pistes dangereuses qui allaient déboucher dans des affrontements violents, le secret de l’omerta s’est vite imposé pour arranger les affaires de la maison en lui évitant un effondrement qui allait l’emporter.

Les séquelles de ces batailles révèlent l’arrogance et la démagogie politique qui animent les uns et les tentations dangereuses et aventureuses des autres. Les luttes des antagonistes, qui se sont manifestées dans des médias propagandistes interposés et qui sous-traitent les diversions et les contres diversions par la tactique de crises par étapes, se rencontrent quand-même dans l’objectif visant la déviation de l’opinion publique de l’essentiel en l’ennuyant, voire embrigadant, dans des débats ridicules qui ne respectent ni les règles élémentaires de l’éthique politique ni la grandeur de l’histoire du peuple algérien qui a su être un exemple de libération et d’indépendance.

Son silence ne signifie pas la peur et la résignation, mais plutôt l’indignation, la sagesse et la lucidité, Parce qu’il est conscient de la légèreté politique qui marque le pouvoir mythomane et les menaces régionales qui convoitent le pays. Mais, peut-il continuer à résister devant les manœuvres des protagonistes nationaux et étrangers qui manipulent les esprits, entretiennent la haine et prospectent les étincelles dans les tribus, les ethnies, les factions religieuses … etc. ? Sachant qu’il existe toujours des idiots utiles, disait Lénine ! Ces idiots peuvent être facilement mobilisés par des loups déguisés en moutons.

S’il est avéré que les présidentielles de 2014 ne sont guère différentes des précédentes, force est de constater qu’elles se distinguent par l’entrée en force de la bourgeoisie compradore et des lobbys économiques dans l’échiquier politique. Ces derniers ont été créés, soit directement par le pouvoir politique formel et informel, dont une partie s’est fortement reconvertie dans les affaires économiques depuis, notamment, la deuxième moitié des années 1990, ou grâce aux largesses économiques qui résultent des privatisations, de l’importation et du captage de la rente.

L’offensive des groupes d’affaires, dans la politique des pays qui n’ont pas encore construit des États de droit, peut facilement conduire à l’effritement de l’État et à son éviction dans les décisions stratégiques, qui seront l’œuvre des pouvoirs privés nationaux et transnationaux. C’est surtout la mexicanisation de l’Algérie qu’il faut absolument éviter. Le peuple mexicain est toujours conçu quand un général remplace un autre. C’est les groupes mafieux et les multinationales qui font office de l’État.

Que faire ?

Le sens de la responsabilité politique réside, aussi, dans la capacité d’un acteur de résister au souci de soi et de voir plus loin au-delà du bout de son nez. La transition démocratique nécessite un long travail de politisation de la société, d’institutionnalisation, de formation et de fédération des forces sociales affranchies des caprices du système et porteuses de projets concrets traduisant les aspirations réelles des Algériennes et Algériens.

C’est, d’abord, la culture du débat et du dialogue qu’il faut réhabiliter pour que les acteurs politiques puissent s’accepter mutuellement dans leurs idées et divergences. C’est un processus de formation lente, sociopolitique, mais dont les fondements existent déjà dans la société, il suffit de les réhabiliter. Ce n’est qu’à travers la réalisation d’un consensus par recoupement qu’un projet de renaissance nationale durable puisse se traduire en réalité.

La démocratie est une construction qui nécessite un processus de formation et d’institutionnalisation de plusieurs consensus dans les différentes sphères sociales, politiques et économiques. Il ne s’agit pas d’un simple remplacement d’un régime despote ou d’un potentat par un autre régime jouissant d’une façade démocratique, mais qui dissimule, dans le fond, les mêmes principes et mécanismes autoritaires. Il s’agit plutôt de mettre en place un État de droit consacrant la séparation des pouvoirs et garantissant l’exercice des libertés individuelles et collectives.

L’État de droit est la condition sine qua non de la démocratisation du pays. La construction de l’État est une affaire de longue haleine, qui nécessite une stratégie et des hommes visionnaires capables d’insuffler le changement. Les élites doivent, notamment, jouer un rôle fondamental en apportant leurs contributions au débat national et en enrichissant les propositions de sortie de crise.

Une transition est certainement indispensable et urgente pour pouvoir repenser le fonctionnement des organes de l’État et, il faut dire que cela ne se fera qu’au lourd prix de résistance face à la damnation de l’ordre inscrit qui a plongé les esprits dans une quête de rente et d’appartenance aux plus forts, au lieu de veiller à la mise en place de la justice, de l’équité et du droit pour tous.

Comment, donc, faire pour instaurer un État moderne qui survit aux hommes, aux gouvernements et aux crises ? Le travail doit être fait par l’ensemble des acteurs, quels que soient leur rang et leur appartenance sociale, en vue de mettre fin à l’hégémonie de la pensée unique, de l’esprit du clan. Il est plus que jamais urgent de sortir dignement de l’ornière et du « hna fih na », comme on le dit si bien chez nous.

Le processus sera-t-il lancé par le prochain président à travers la mise en place d’un gouvernement de transition démocratique susceptible d’encadrer la transition vers une deuxième République ?

*Enseignant Chercheur – Université de Tizi-Ouzou / Faculté d’économie.

mohachir2000@yahoo.fr

jeudi, 06 mars 2014 in TSA


mourad

Notre ami Mourad Kacer, militant infatigable des droits de l’homme, proche collaborateur de Hocine Ait Ahmed, connait depuis son retour des USA de graves soucis de santé. Outre sa famille a laquelle nous affirmons notre soutien et solidarité, nous tenons à lui témoigner notre fidèle amitié et nous lui souhaitons tous, un prompt rétablissement.

Il était étudiant en fin de cycle quand il avait pris en main la fédération de tizi ouzou par un plébiscite du conseil fédéral élargi au vu de la vacance du secrétariat fédéral ;c était à un moment ou il fallait avoir du cran pour accepter cette lourde tache, rappelons que c est le seul , l unique 1er secrétaire fédéral qui a fait le consensus autour de lui depuis 1990;
Il était le responsable le plus talentueux, le plus gentil et le plus respectueux que j’ai connu.
Il avait un bon esprit, tout le monde le connaissait pour sa gentillesse et sa volonté de bien faire les choses. Sa lucidité et capacités politiques redonnaient l espoir aux militants désespérés ou incertains quand a l issu des événements de l époque , en l occurrence la participation de notre parti aux élections locales de 2002 ; Mourad a tout simplement su fédérer et rapprocher toutes les énergies existantes dans la wilaya ffs de tizi ouzou ;
Il ne repoussait personne, il était particulièrement attentif aux personnes seules et isolées même quand elles ne sont pas militantes ;
Il était généreux, fort, solidaire, intelligent, gracieux, profond..tout simplement extraordinaire.
Personne n’aurait jamais osé parler en mal de lui.
Si vous ne le connaissez pas, demandez a ses amis, a sa famille, et a ses proches de vous en parler, ils ne vous en diront que du bien. En y réfléchissant, je ne lui trouvais aucun défaut, c’était un ange , un ange humain que nous apprécions énormément.[…] Peut être lui ai-je fait du mal sans le vouloir? Mais il ne m’en a jamais voulu, il me comprenait et me pardonnait. c’était le plus dynamique des 1er secrétaires fédéraux que j ai vu a l œuvre ;
Son âme était si pure que je ne l’oublierai jamais. Comment un jeune responsable si exceptionnel peut-il être victime d arbitraire de la part du secrétariat DU FFS de l époque dirigé par djeddai et tabou a l organique du parti (dont chacun tirait le tapis de son coté)qui avaient pris la décision de dissoudre la fédération après avoir utilisé cette dernière pour les besoins de la campagne électorale a laquelle ils n ont participé que timidement .

MOURAD KACER fut sacrifié par des luttes au sommet du parti, ainsi le piégeur fut piégé (djedai piegé par tabou) et la base ,depuis,disloquée à ce jour malheureusement ; A-t-il donné en un laps de temps au parti ce que ; une autre personne donne en 10 ou 20ans ? C’était tout simplement une lumière si on l avait laissé travailler ;Aujourd hui notre camarade et ami Mourad KACER est malade ; sa maladie nécessite une prise en charge précieuse ;ce qui le fait revenir des usa ou il était établi en sa qualité de travailleur émigré ;à ce sujet je lance un appel aux instances du parti de regarder dans le rétroviseur et se remémorer les efforts de cet ex responsable fédéral qui a su braver la peur en emmenant le ffs à bon port dans la wilaya de tizi ouzou en 2002 afin de contribuer à sauver la kabylie de la singularisation et l Algérie de la division .

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