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dalho, Note politique du 26 mars 2002

Il faut s’interroger sur ces mots, ensuite sur les faits qu’ils recouvrent et enfin tenter de reconstruire le sens de la vision qui explique leur intrusion soudaine ainsi que la poursuite de leur instrumentalisation stratégique.

Arouch est le pluriel de Arch. L’utilisation faite indistinctement de l’un pour l’autre, tout particulièrement en Kabylie où il fit une apparition spectaculaire lors du Printemps Noir 2001 illustre le dépérissement total, de la mémoire collective sinon du mot lui-même, du moins de tout mythe prétendument fondateur ou prestigieux. (Voir la brève note historique accompagnant ce texte)

VERITE D’ADEQUATION

C’est par l’établissement des faits – indépendamment des stratégies ou des buts recherchés, que passe la frontière entre la vérité et l’affabulation. L’embrasement généralisé de la Kabylie dont le monde fut témoin, à partir de fin avril 2001 ne fut pas un phénomène de génération spontané suscité par je ne sais quel appel ou rappel d’une mythologie tribale légendaire .

L’assassinat d’un adolescent, dans l’enceinte même d’une gendarmerie, le 18 avril 2001, fut le déclic d’une onde de choc qui déclencha des manifestations pacifiques de protestation et de solidarité à travers toute la région. Telle est la vérité d’adéquation; C’est évidemment cette jeunesse, l’écrasante majorité de la population, qui, flairant le complot, mit en branle organisa et réussit, pendant une dizaine de jours à maîtriser la formidable insurrection morale de la rue. Il est vrai que ces jeunes avaient déjà acquis des réflexes de mobilisation rapides à force de désamorcer les grosses manipulations du pouvoir. Grâce à eux, notamment, les 2 coups de force pervers : le faux vrai ou le vrai-faux enlèvement du chanteur Lounès Matoub, puis son assassinat, avaient été mis en échec; le but obsessionnel des deux opérations était manifestement de faire basculer la Kabylie dans la stratégie éradicatrice et militariste des généraux. Le quadrillage de la Kabylie par les sections du Front des Forces Socialistes (FFS) et par ses municipalités largement majoritaires dans les wilayas de la région, avait bien sûr contribué à noyer et neutraliser par des marches imposantes et pacifiques, les groupuscules subversifs et activistes dont le rôle était d’inciter à la violence et à l’émeute.

VERITE : BAS LES MASQUES !
TENTER DE DEVOILER LA NOUVELLE STRATEGIE GLOBALE DU POUVOIR EN KABYLIE

Le sort du Printemps noir 2001 ne sera pas du tout le même que les deux cabales criminelles qui l’avaient précédé. Bien que l’objectif stratégique fut le même à savoir : noyer la Kabylie dans le sang pour mettre fin à son rôle politique moteur. Apparemment les stratèges en chambre ont tiré les leçons des deux opérations avortées – même si le meurtre de Matoub, avait, hélas, réussi. Enfermés dans leurs recours traditionnels au gangstérisme en vue de régler les problèmes politiques, ont-ils compris que leur absence de tactique a torpillé leur stratégie ?

Force est de constater d’abord que le Printemps noir n’est pas une opération ponctuelle ; il continue à s’installer dans la durée ; dans moins d’un mois, il aura imposé à la population au quotidien une année d’intimidations, d’humiliations et de provocations intolérables. Sans remonter loin dans le passé, les expériences récentes ont démontré que l’instant nécessaire pour appuyer sur la gâchette ne peut suffire à comploter la déstabilisation d’une société politiquement aguerrie. Même avec le soutien d’une armature d’agitateurs, de pyromanes bien rodés et de faux démocrates à l’affût.

Mais quel sens construire à partir du TEMPS ainsi érigé en élément tactique décisif, sinon qu’il s’agit cette fois d’une opération de grande envergure ? On ne lésine pas sur les moyens et les batteries de « L’Etat » mais encore faut-il prendre le temps pour les rassembler, les affûter puis les combiner .

L’impitoyable chasse à l’homme déclenchée, sans motif apparent, par les forces de la gendarmerie à partir du 28 avril 2001, ne contredit pas pour autant l’existence d’un plan stratégique global. Bien au contraire, et sans en révéler les tenants et aboutissants, elle a malgré tout trahi ses objectifs politiques, psychologiques et diplomatiques immédiats. La conduite même de cette répression sauvage était une traduction opérationnelle d’une volonté politique sans équivoque. Elle a été cyniquement revendiquée. Sortant ainsi de leur art confirmé du déguisement, les autorités n’en ont ni accusé les  » Islamistes  » ni incriminé des  » bavures  » selon leurs vieux clichés. En tout cas, pour ce qui est des bavures, ce serait un modèle du genre, vu la simultanéité des dizaines d’assassinats perpétrés à balles réelles, le même jour, samedi 28 avril, presque dans le même quart d’heure et ce, dans des agglomérations et villages éloignés les uns des autres. Que des gendarmes aient poursuivis des blessés pour les achever à coup de bottes ­ selon les témoignages de journalistes pourtant proches du pouvoir – ne laisse aucune marge au hasard -: Les unités de la gendarmerie avaient bel et bien reçu, d’Alger, l’ordre de réprimer sans états d’âme les populations désarmées, fussent-ils manifestants ou non.

Un double message se dégage de l’ampleur et de la brutalité de ce coup de force : d’une part frapper de terreur la population et surtout la jeunesse de la région. A l’exemple du carnage des jeunes algérois abattus à la mitrailleuse lourde en octobre 1988. Et d’autre part frapper de stupeur la communauté internationale afin d’éviter des réactions hostiles à la dictature et, du coup, pour décourager un mouvement de solidarité internationale avec l’opposition démocratique

C’est dire que la planification globale des facteurs diplomatico – psychologiques avait pour priorité d’aggraver l’isolement international et le désespoir des populations dans le but de les réduire à la merci du régime.

En bref, cette opération de grande envergure avait pour souci fondamental de combiner tous les moyens pour désorganiser, démoraliser et normaliser la Kabylie. Cependant, instruits de leur méconnaissance totale des réalités du terrain et non encore remis des échecs de leurs tentatives de déstabilisation précédentes, les généraux ont fini par comprendre que la destruction des forces stratégiques de la région constitue le préalable incontournable à la réalisation de leur dessein totalitaire .

Curieusement le mouvement Arch- Arouch ­ le monstre du Loch Ness – surgit au lendemain des manifestations impressionnantes organisées par le FFS à Alger le 3 et 31 mai 2001, et au moment où la dissidence nationale citoyenne et pacifique ( note ) amorcée en Kabylie s’était progressivement élargie à d’autres régions du pays. Ces sursauts de détermination populaire venaient de contredire les analyses classiques superficielles fondées sur la passivité des Algériens et sur la fiction bi-polaire pouvoir/intégriste. Ils ont rétabli aux yeux de l’opinion internationale la véritable équation politique qui oppose la société algérienne au système mafieux qui s’est imposé depuis prés de 4 décennies.

Pire pour le sort de la junte : la société apparaissait grosse d’une protesta à l’échelle nationale.

Que l’émergence spontanée de cette organisation ârch-ârouch, soit venue se greffer sur un profond mouvement de dissidence citoyenne pacifique et national, pour le coiffer, le prendre en main et le pervertir n’était pas une simple coïncidence. Il s’agit de la plus monstrueuse machination politico – psychologique qu’ait connu cette région. Sans ancrage historique ni implantation sociale, elle ne fait qu’instrumentaliser la colère d’une formidable jeunesse otage d’une répression féroce et d’une impasse national sans issue. Elle pousse l’escroquerie jusqu’à revendiquer la formulation  » dissidence citoyenne  » – un mot d’ordre largement popularisé par le FFS – pour la dépouiller de sa signification et de sa portée nationale. Une technique totalitaire bien rompue dans l’art de semer la confusion en galvaudant et dénaturant le vocabulaire démocratique.

FAIRE VIRER LE SENS DES MOTS EN ABSENCE DE SENS.

Par contre elle bénéficie de nombreux atouts : Une sur-médiatisation quotidienne par la presse dite indépendante. Des troupes politiques importantes intégrant les divers appareils militaro – sécuritaires déguisés en civil ( gendarmes, milices ). La DRS offrant un quadrillage professionnel renforcé de ses structures locales et willayales. Des centaines de miliciens au service de deux seigneurs de la guerre. Les associations ACT et ACB ( Associations citoyennes de Tizi-Ouzou et de Bejaïa ), qui ,certes gardent une nuisance corruptrice parce que subventionnées sans limites par le pouvoir, mais qui restent politiquement marginalisées dans la société; car leur chef, Aïssat Rachid notoirement connu comme colonel de la DRS a été promu depuis 3 ans  » conseiller aux Affaires kabyles  » auprès de Bouteflika. Il faut ajouter à cette constellation, un agrégat de groupes gauchistes ainsi qu’un résidu de noyaux durs du RCD – non remis de leur discrédit politique – qui, en sous-main, redoublent de zèle au sein des ârouchs chargés de l’agitation violente et des actes de sédition .

En tout état de cause, l’effet d’annonce spectaculaire que fut la manifestation gigantesque organisée, par les Arouch à Alger le 14 juin 2001, fut leur consécration la plus frappante. L’estimation donnée de cette ruée sur la capitale avoisinait 1 million de manifestants pouvait difficilement être contestée, malgré les légendaires sur – ou sous – évaluations « algériennes ». Il est vrai que l’événement surgit dans un climat de répression et de terreur à son paroxysme, et, au surplus sur un terrain politique totalement bloqué par l’impuissance et le désespoir. Le discours non-violent et pacifique du FFS ne pouvait être qu’en porte-à-faux avec le ras-le-bol général. D’autant que la stratégie d’une omerta totale imposée par le pouvoir réel, depuis près de 3 mois, ne permettait aucune lueur d’espoir. Qui plus est: la société n’avait aucun recours puisque les 3 instances destinées à jouer le rôle de recours et de façade démocratiques : le » chef de l’Etat et des forces armées « , l’Assemblée Populaire Nationale et le gouvernement, était frappées d’un mutisme absolu: pas le moindre message d’apaisement à la population et surtout pas la moindre mise en garde aux forces de sécurité. D’ailleurs les événements tragiques de Kabylie auraient été sûrement évités, si le discours que Mr. Bouteflika vient de prononcer, le 12 mars dernier, l’avait été il y a un an. C’était au moment où les unités de gendarmerie avaient précisément lancé à Bejaïa leurs vastes manœuvres de racket et d’humiliations gratuites, en prélude bien lisible, au Printemps noir. Il avait alors choisi la provocation à la prévention.

INSTRUMENT POLITIQUE POUR QUELLE STRATEGIE

Le concept des Arouch, dernière découverte des laboratoires de la police politique, illustre l’opacité et la manipulation qui fondent le fonctionnement du régime. Tout en induisant en erreur l’opinion nationale et internationale, l’intrusion des Arouch vise du même coup à fausser les analyses des responsables étrangers. Mais l’objectif central des mafieux est surtout de ne révéler ni leurs intentions ni leurs dispositifs, en sorte que les démocrates crédibles et conséquents ne puissent anticiper et rien entreprendre avec certitude.

Or, au départ déjà, la nature populiste fascisante de ce mouvement s’est trahi en jouant sur la surenchère du consensus communautaire, c’est à dire sur l’unité de la Kabylie à travers son unicité politique. Le dessein maquillé étant de détruire le dernier bastion de toutes les formes de pluralisme arrachées de haute lutte. Cette organisation présentée comme porteuse de modernité a exclu la participation des mouvements associatifs et syndicaux, celle des femmes en particulier. Dès lors cette stratégie de l’apprenti sorcier, condamnent ses auteurs à exercer une redoutable violence historique en s’acharnant à enfoncer dans un moule tribal archaïque, une population forgée pendant des siècles par les traditions de forum et de participation publiques dans les villages et les douars
( groupes de villages ).

Par ailleurs, la pratique de cette organisation durant ce Printemps noir qui n’en finit pas, prouve qu’elle constitue, – en l’absence quasi totale de ce qui est appelé Etat et que s’installe un chaos organisé et rusé – l’instrument principal pour réaliser les objectifs du pouvoir en Kabylie.

A savoir:

– Régionaliser , ghettoïser et pervertir la problématique en jouant sur un irrédentisme régionaliste, autonomiste voire séparatiste.

– Diviser pour régner, en s’acharnant à isoler et diaboliser la Kabylie aux yeux du peuple algérien, qui s’était fortement solidarisé par des manifestations à travers le pays lors des tueries du printemps dernier.

– Inciter à l’émeute, entretenir un climat de violence, menaces de provocations et d’intimidations, pour mettre politiquement hors-jeu les forces démocratiques autonomes et pacifiques. Et, partant, pour que les Arouch parviennent à exercer une hégémonie autoritaire tout en monopolisant la représentation politique au profit de leurs commanditaires.

– Faire de la Kabylie un abcès de fixation obsessionnel, afin de pervertir et d’évacuer les enjeux politiques nationaux majeurs liés au retour de la paix, à l’exercice véritable de la citoyenneté et à l’éradication des fléaux sociaux.

– Centrer la problématique fondamentale du pays sur la plate-forme d’El-Kseur qui revendique notamment le départ de la gendarmerie et la reconnaissance de Tamazight comme « langue nationale ». C’est une façon d’enterrer les propositions de sortie de crise contenues dans le mémorandum adressé par le FFS à Bouteflika, et aux généraux Mediène et Lamari en juin dernier. En termes concrets, la manœuvre consiste à substituer la demande du rappel de la gendarmerie de Kabylie – simple mesure de sécurité -, aux revendications FFS de nature fondamentale portant sur la levée du dispositif d’exception lié à l’état d’urgence, et sur le retrait de l’armée du champ politique. En effet, tous les moyens sont prioritaires pour éviter d’aborder l’impératif d’une solution politique à la sale guerre qui vient de dépasser sa 10éme année de tueries et de dévastation.

– Préparer les conditions d’une « blitz-répression » généralisée pour mâter la population, une fois pour toute, et entamer un processus de réformes – coups de force pour éradiquer les forums des villages et des douars, ces derniers espaces publiques qui échappent à l’empire du pouvoir et de ses lois scélérates. Certes, Causa Nostra sacralisée par l’Unité Nationale se suffit à elle-même et pourrait donc se passer de toute justification au regard de l’opinion internationale. Mais aux actes criminels d’échelle, elle trouvera des déguisements d’échelle, comme, par hypothèse, de mettre au même niveau national les prérogatives et le fonctionnement des collectivités locales. L’heureuse standardisation patriotique oblige.

L’éventualité d’une tentative de tchétchénisation de la Kabylie est rendue plausible par l’apparition – aussi spontanée que les Arouch ­ d’une mouvance terroriste : les ( GSPC ) Groupes Salafistes pour la Prédication et le Combat, proche des thèses de Ben Laden – déjà créditée, d’une redoutable nuisance à côté des nombreux G.I.A.

Après tout, Poutine, l’instructeur d’hier, n’a fait que copier sur ses anciens élèves algériens, le savoir-déclencher une guerre: il suffit de manigancer un attentat aveugle intégriste qui fauche effroyablement des centaines de victimes parmi la population civile, et le tour est joué devant l’opinion nationale. Quant aux répercussions internationales, il peut les affronter avec ou sans l’exemple de la 2e guerre d’Algérie car il n’a pas perdu la main d’une diplomatie agressive et habile, et d’un rideau de fer adéquat pour dissimuler ses crimes contre l’humanité et s’entêter à refuser toute solution politique. Le livre qui vient de paraître  » Un témoin Indésirable « , sous la plume d’Andreï Babitski, est utile pour comprendre et la tragédie algérienne et les risques de tchétchenisation de la Kabylie.

Plus significative est l’organisation des Arouchs en 2 branches complémentaires: « dialoguistes » et  » radicaux « . Elle illustre la mise en place d’un dispositif tactique, destiné à camoufler la grosse frappe stratégique en préparation. En réalité les faux dialogues avec le Premier ministre visent à accréditer à l’étranger l’esprit d’ouverture des autorités sur les problèmes « kabyles ». De plus en reconnaissant les Arouch comme uniques interlocuteurs de la région, ils excluent les forces démocratiques représentatives. Par ailleurs la gestion des affaires kabyles par le dialogue, pourrait faire croire à la communauté internationale qu’un dégel similaire pourrait évoluer vers un véritable dialogue national en faveur de la paix. Hypothèse qui est totalement étrangère à la réflexion et aux comportements des décideurs.

Quant à la branche « radicale », signalons d’abord qu’elle vient d’ajouter le qualificatif  » révolutionnaire  » au sigle  » Dissidence citoyenne  » pour le substituer au caractère  » pacifique et nationale  » de l’authentique dissidence prônée par le FFS. En réalité, c’est elle qui prend en charge les tâches et les manœuvres stratégiques. Elle s’occupe des tentatives de manipulation des populations et notamment de l’encadrement des jeunes dont la tranche d’âge se situe entre 14 et 20 ans. L’état de grâce étant terminé, ses mots d’ordre de grèves ou de marches se heurtent à la prudence, à la méfiance et à la force d’inertie des montagnards. D’autant que les chefs clandestins du mouvement n’ont pas réussi à garder longtemps l’anonymat et qu’ils ont dévoilé leurs liens secrets avec les appareils d' »Etat ».

La capacité de nuisance des « radicaux » ainsi d’ailleurs que des « dialoguistes » est dans leurs moyens financiers colossaux. Des centaines de permanents locaux, nommés chefs de quartiers, d’îlots et de villages, s’ajoutent au maillage étroit de la Kabylie par leurs agents. Ils déversent des sommes énormes pour entraîner des bandes de jeunes – otages de l’extrême pauvreté – à l’émeute, à la pyromanie, au brigandage et à la violence. Ils disposent de parcs de véhicules de toutes sortes, et ne se gênent pas pour réquisitionner par la contrainte, camions et surtout tracteurs pour casser à grande échelle. En outre ils entretiennent sans arrêt, des campagnes de propagande, de rumeurs, de manipulations et d’agitations psychologiques, grâce à leurs énormes moyens d’impression et de communication.

Le plus inquiétant est que les Arouch ne cachent plus leurs attaches avec les généraux. Le samedi 23 mars, sous prétexte de dialoguer, leurs chefs ont rencontré longuement deux généraux : Touati, qui avait géré l’Etat de siège en octobre 1988, aujourd’hui conseiller à la présidence et à la défense, et Saïd Bey, qui fut chef de la 1ère Région militaire de Blida lors des massacres de la Mitidja et qui est aujourd’hui à la tête de la 5ème Région de Constantine. Entre Alger et Constantine semble donc s’esquisser l’étau qui pourrait le cas échéant perpétrer un complot contre le cœur de notre pays, qui serait de loin plus dévastateur que la terreur coloniale hystérique de Mai 1945 .

Sans tomber dans les déductions hâtives ou les a-prioris idéologiques, ne peut­on pas s’interroger sur les méthodes singulières dont les dirigeants du parti, des dizaines de cadres fédéraux et locaux et des centaines de militants base, ont été ciblés, arrêtés voire enlevés, puis interrogés et surtout soigneusement listés, à la suite de la manifestation interdite du 14 mars dernier ? N’y ­a-t-il pas là des signes précurseurs d’une mesure préliminaire destinée, en cas d’opération policière ou meurtrière, à détruire l’encadrement démocratique expérimentée de la Kabylie ( à l’exemple des démocrates Hutus, portés sur les listes noires des miliciens, et dont les dictateurs rwandais se sont débarrassés dans la foulée de leur entreprise génocidaire contre les Tutsis ).

Que conclure, sinon que le devoir de responsabilités impose – sans tomber systématiquement dans le catastrophisme – d’envisager les pires scénarii. En espérant que l’annonce d’un péril plausible suscitera les sursauts internationaux capables de le désamorcer à temps. Sursauts que l’historien Toynbee a dénommé les « réflexes d’œdipe », et dont nous espérons qu’ils contribueront à mettre fin à cette sale guerre infligée à la nation algérienne et qui, depuis 10 ans est exclue du champ politique et médiatique international .

Hocine Aït-Ahmed

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Dans une déclaration rendue publique samedi 25 octobre, l’ancien Chef du gouvernement algérien souligne qu’au regard de la « dimension de la crise » dans le pays, toute « initiative est louable et aucune contribution n’est récusable ».

Vivement attaquée par des membres de la Coordination nationale pour les libertés démocratiques et la transition (CNLTD), la démarche du FFS en vue de réunir une « conférence nationale » pour le consensus a reçu un soutien appuyé de l’ancien Chef du gouvernement réformateur, Mouloud Hamrouche.

L’ancien chef de file des réformateurs, entouré de Mohamed Gherib, ancien ministre du Travail et du professeur Farid Chaoui, a rencontré, jeudi dernier, une délégation du FFS composée de Cherifi Mohand Amokrane et Aziz Baloul, membres de l’Instance présidentielle, et Mohamed Nebbou, premier secrétaire du parti.

Dans une déclaration rendue publique samedi 25 octobre, Mouloud Hamrouche souligne qu’au regard de la « dimension de la crise » dans le pays, toute « initiative est louable et aucune contribution n’est récusable »

La déclaration de Mouloud Hamrouche, sans mentionner directement la déclaration de la CNLTD qui a assimilé la démarche du FFS à une « manœuvre du pouvoir », met en exergue une réalité nationale particulièrement sombre qui oblige à aller vers un « consensus national nouveau » pour chercher et élaborer une « solution globale ».

 Un consensus national entre le pouvoir et l’opposition, « garanti » par l’armée

Mouloud Hamrouche insiste sur une situation de fragilité généralisée qui doit pousser les Algériens à avoir des approches nouvelles et consensuelles avec la participation du pouvoir, de l’opposition et la « garantie » de l’armée.

Ces fragilités s’expriment à travers « l’érosion de la cohésion nationale et la faiblesse de nos structures politiques, économiques, sociales, administratives et gouvernementales ». Une situation alarmante qui oblige, selon Mouloud Hamrouche, « à la mobilisation et à la contribution de tous en faveur en vue d’aboutir à un consensus national nouveau pour chercher et élaborer une solution globale aux différents déficits et faiblesses « .

Il s’agit, ajoute la déclaration d’exprimer une « volonté nationale claire, pour pouvoir édifier un Etat national de droit et pour vaincre de multiples formes de déstabilisations, de terrorismes et de délinquances ».

Pour faire aboutir ce processus, aussi urgent que difficile au regard des constats faits sur l’état des structures du pays, insiste Mouloud Hamrouche « la participation du pouvoir, de l’opposition et la garantie de l’Armée nationale populaire sont indispensables ».

L’ancien chef du gouvernement a commencé sa déclaration par un « hommage appuyé » à Hocine Aït Ahmed et a salué le « rôle de premier plan » joué par le FFS « dans l’animation du débat politique et la mise en perspective démocratique du pays ».

La déclaration de Mouloud Hamrouche intervient au lendemain d’un communiqué de la CNLTD qui critique, sans la citer nommément la démarche du FFS et la qualifie de « manœuvre » du pouvoir. Des membres de la CNLTD ont attaqué de manière directe le FFS qui a décidé, selon nos sources, de ne pas entrer dans une « polémique stérile ».


brahim tazaghart

Le FFS et (est) la solution à la crise nationale

De la matrice de l’opposition démocratique, le FFS dévoile de plus en plus son ambitionne de vouloir devenir la matrice de la solution à la crise nationale. Cette ambition est toute naturelle, considérant son prestige et son capital politique inestimable.

Surement, l’exercice de se positionner comme tel et de réussir à entraîner dans son élan l’ensemble de la classe politique est périlleux, tant les oppositions qu’elles soient de l’ordre du politique que de l’ordre du culturelle sont fortes.

Les oppositions politiques se structurent autour du refus du pouvoir en place et des segments du pouvoir qui se sont retrouvés exclus de la décision institutionnelle de considérer les partis politiques comme des entités capables de construire le processus de prise et d’exercice du pouvoir.

Les partis sont plus admis comme des associations qui cautionnent telle ou telle autre démarche, sans plus.

Les oppositions culturelles, quant à elles, s’expriment aussi bien par l’incapacité à saisir la démarche du FFS que par le refus délibéré de le faire, sous prétexte de sa complexité ! A croire que le propre du politique est le simplisme… ! Cela qui n’est pas étonnant lorsqu’on observe le populisme dominer le champ du politique et des idées.

A ce sujet, souhaitons que les choses vont évoluer rapidement, que le débat s’installe sérieusement avec l’ouverture médiatique que tout le monde attend. En effet, si les médias publics sont appelés à donner la parole pour tous, les médias privés ont tout à gagner à informer sans prétention de dicter les conduites à suivre !

Embargo médiatique

Ces oppositions multiples et multiformes expliquent, en partie, l’embargo médiatique dont est victime le parti de Hocine Ait Ahmed, -à l’exception des rares moments ou ses positions croisent conjoncturellement celles des forces qui mettent en place les options lourdes qu’on désire imposer-

Devant ces oppositions toutes prévisibles à l’émergence d’une classe politique autonome et d’une scène animée par des idées novatrices qui placent le peuple au cœur de l’action publique, le FFS résiste tant bien que mal. A vari dire, il le fait péniblement et dans la douleur.

Les coups reçus de toutes parts ne sont pas sans conséquences !

Au retrait de Hocine Ait Ahmed qui a laissé un vide terrible, s’est joint une série de défection de cadres qui étaient aux commandes du parti et qui persistent à faire de la politique en usant de la qualité d’Ex. Ces cadres, au lieu d’assumer les bilans de leurs gestions, ont tout rejeté sur l’appareil sous divers prétextes dans un élan d’irresponsabilité étourdissante !

Positionnement stratégique

C’est rare qu’on demande à un parti de maintenir la même stratégie et les mêmes tactiques lorsque son adversaire change les siennes. Chez nous, cette réclamation est devenue une vérité qui évacue le doute et le questionnement.

Face aux événements de 2011, aux réaménagements de stratégie qu’a apportée le pouvoir à sa politique, le FFS était contraint d’adapter la sienne, sans toucher aucunement à son idéologie.

Seulement, au lieu de saisir la chose, d’admettre, entre temps, qu’aucun parti ne peut échapper à la crise lorsque la société elle-même est secouée par celle-ci, nous avons observé un acharnement à culpabiliser le parti et à faire douter sa base.

Seulement, et contre les attentes de ses contradicteurs, le FFS a apporté une preuve éclatante de sa maturité politique lors de la dernière présidentielle, en échappant à tout conditionnement.

A cet effet, il faut reconnaitre que si le FFS a subis des coups au niveau organique et organisationnel, il est resté égale à lui-même sur le plan politique.

La cohésion d’une démarche

Dans la droite ligne du positionnement stratégique du parti de Hocine Ait Ahmed, la participation à la conférence sur la transition démocratique tenue à Mazafrane ce 10 juin sous la présidence de l’ex premier ministre de Bouteflika, M. Ahmed Ben Bitour est toute normale. Elle exprime un souci d’écoute et de concertation qui est au cœur de sa ligne depuis toujours. Cela d’un coté.

D’un autre coté, cette présence à Mazafrane rend utile l’acceptation de rencontrer l’autre ex premier ministre du même Bouteflika, M. Ahmed Ouyehia, actuellement chef de cabinet à la présidence.

Loin d’être une contradiction comme elle peut être saisie et présentée par certains, cette position exprime la cohésion d’une démarche qui privilégie la recherche du consensus au détriment de la confrontation.

Changement avec le système et non pas contre le système, ont à plusieurs reprises répétés ses responsables.

A bien préciser, avec insistance, que ce souci du consensus n’exclue nullement la pression et l’indispensable construction d’un rapport de force qui s’appuiera sur l’adhésion de la société. Car, sans quoi, le FFS perdra sa qualité d’acteur-partenaire au profit de celle de facilitateur, ce qui peut lui couter très cher.

Rencontre avec Ouyahia

A ne pas douter, la prochaine rencontre avec le représentant du président sera l’occasion pour le FFS d’exposer la démarche qu’il préconise et qui s’articule sur la reconstruction d’un consensus politique national, une transition dynamique à définir, et une constitution consensuelle pour donner corps au nouvel édifice…

Face à deux initiatives lancées respectivement par le pouvoir et une partie de l’opposition, initiatives tirées globalement de la feuille de route du parti de Hocine Ait Ahmed, celui-ci est dans l’obligation morale de se faire entendre par tous.

Cette attitude pragmatique et intransigeante, si elle réconforte la demande de changement exprimée lors de la conférence sur la transition démocratique, vise à empêcher le pouvoir d’opter encore une fois pour la politique de la fuite en avant,
option dangereuse pour le pays.

Eviter une nouvelle bipolarisation politique

Par ce positionnement, le FFS empêche la mise en place d’une nouvelle bipolarisation politique qui pouvait largement profiter au système.
Ainsi assiégé de toutes parts, celui-ci finira par se rendre à l’évidence que le moment du changement est venu, que le statut quo est intenable.

Aussi, face à une dynamique irréversible qui s’installe, l’Armée Nationale Populaire ne doit pas rester « à la marge » ! Seulement, il faut préciser qu’au lieu d’intervenir pour enclencher le processus du changement, elle doit, le moment venu, s’impliquer pour le garantir et le sécuriser.

L’engagement indispensable de la société

L’impacte des images de la conférence de Mazafrane regroupant des personnalités de diverses sensibilités politiques et idéologiques est très bénéfique pour l’avenir…
Certes, « que du temps perdu avant de réaliser que seul le dialogue politique peut être un moyen de règlement des conflits », dira l’autre.

Mais vaut mieux tard que jamais…

J’imagine Hocine Ait Ahmed, le plus grand des politiques algériens sourire : « Enfin, le temps a fait son œuvre ! »

« Mettre le mouvement dans le statut quo, mettre le mouvement dans la société ! »

Il est temps que son appel soit écouté !

contribution publiée le 17 juin par le Journal La Cité.


contrat de Rome

LE CONTRAT NATIONAL SIGNE A ROME, EN 1995

Texte intégral de la plate-forme portant « contrat national » et sanctionnant la rencontre de huit partis algériens d’opposition à Rome, organisée par l’association catholique Sant’Egidio, du 8 au 13 janvier 1995.

A. Cadre : valeurs et principes

Les participants s’engagent sur la base d’un contrat national dont les principes sont les suivants et sans l’acceptation desquels aucune négociation ne serait viable :
– La déclaration du 1er novembre 1954 : » la restauration de l’État algérien souverain démocratique et social dans le cadre des principes de l’Islam » (art. 1).
– Le rejet de la violence pour accéder ou se maintenir au pouvoir.
– Le rejet de toute dictature quelle que soit sa nature ou sa forme et le droit du peuple à défendre ses institutions élues.
– Le respect et la promotion des droits de la personne humaine tels qu’énoncés par la Déclaration universelle, les pactes internationaux sur les droits de l’homme, la convention internationale contre la torture et consacrés par les textes légaux.
– Le respect de l’alternance politique à travers le suffrage universel.
– Le respect de la légitimité populaire. Les institutions librement élues ne peuvent être remises en cause que par la volonté populaire.
– La primauté de la loi légitime.
– La garantie des libertés fondamentales, individuelles et collectives quels que soient la race, le sexe, la confession et la langue.
– La consécration du multipartisme.
– La non-implication de l’armée dans les affaires politiques. Le retour à ses attributions constitutionnelles de sauvegarde de l’unité et de l’indivisibilité du territoire national.
– Les éléments constitutifs de la personnalité algérienne sont l’islam, l’arabité et l’amazighité; la culture et les deux langues concourant au développement de cette personnalité doivent trouver dans ce cadre unificateur leur place et leur promotion institutionnelle, sans exclusion ni marginalisation.
– La séparation des pouvoirs législatif, exécutif et judiciaire.
– La liberté et le respect des confessions.

B. Mesures devant précéder les négociations

1. La libération effective des responsables du FIS et de tous les détenus politiques. Assurer aux dirigeants du FIS tous les moyens et garanties nécessaires leur permettant de se réunir librement entre eux et avec tous ceux dont ils jugent la participation nécessaire à la prise de décision.
2. L’ouverture du champ politique et médiatique. L’annulation de la décision de dissolution du FIS. Le plein rétablissement des activités de tous les partis.
3. Levée des mesures d’interdiction et de suspension des journaux, des écrits et des livres prises en application du dispositif d’exception.
4. La cessation immédiate, effective et vérifiable de la pratique de la torture.
5. L’arrêt des exécutions des peines capitales, des exécutions extrajudiciaires et des représailles contre la population civile.
6. La condamnation et l’appel à la cessation des exactions et des attentats contre les civils, les étrangers, et de la destruction des biens publics.
7. La constitution d’une commission indépendante pour enquêter sur ces actes de violence et les graves violations des droits de l’homme.

C. Rétablissement de la paix

Une dynamique nouvelle pour la paix implique un processus graduel, simultané et négocié comprenant :
– d’une part, des mesures de détentes réelles : fermeture des camps de sûreté, levée de l’état d’urgence et abrogation du dispositif d’exception;
– d’autre part, un appel urgent et sans ambiguïté pour l’arrêt des affrontements. Les Algériennes et les Algériens aspirent au retour rapide à la paix civile. Les modalités d’application de cet engagement seront déterminées par les deux parties en conflit avec la participation active des autres partis représentatifs. Cette dynamique exige la participation pleine et entière des forces politiques représentatives et pacifiques. Celles-ci sont en mesure de contribuer au succès du processus en cours et d’assurer l’adhésion de la population.

D. Le retour à la légalité constitutionnelle

Les partis s’engagent à respecter la Constitution du 23 février 1989. Son amendement ne peut se faire que par les voies constitutionnelles.

E. Le retour à la souveraineté populaire

Les parties prenantes aux négociations doivent définir une légalité transitoire pour la mise en oeuvre et la surveillance des accords. Pour cela, elles doivent mettre en place une conférence nationale dotée de compétences réelles, composée du pouvoir effectif et des forces politiques représentatives.
Cette conférence définira :
– Les structures transitoires, les modalités et la durée d’une période de transition, la plus courte possible, devant aboutir à des élections libres et pluralistes qui permettent au peuple le plein exercice de sa souveraineté.
– La liberté de l’information, le libre accès aux médias et les conditions du libre choix du peuple doivent être assurés. Le respect des résultats de ce choix doit être garanti.

F. Garanties

Toutes les parties prenantes à la négociation sont en droit d’obtenir des garanties mutuelles.
Les partis, tout en gardant leur autonomie de décision :
– s’opposent à toute ingérence dans les affaires internes de l’Algérie;
– dénoncent l’internationalisation de fait qui est le résultat de la politique d’affrontement menée par le pouvoir;
– demeurent convaincus que la solution de la crise ne peut être que l’oeuvre exclusive des Algériens et doit se concrétiser en Algérie;
– s’engagent à mener une campagne d’information auprès de la communauté internationale pour faire connaître l’initiative de cette plate-forme et lui assurer un soutien;
– décident de lancer une pétition internationale pour appuyer l’exigence d’une solution politique et pacifique en Algérie;
– appellent la communauté internationale à une solidarité agissante avec le peuple algérien;
– décident de maintenir les contacts entre eux en vue d’une consultation et d’une concertation permanentes.

Les signataires :

Pour la Ligue algérienne de défense des droits de l’homme,
Abdenour Ali Yahia.

Pour le Front de libération nationale (FLN),
Abdelhamid Mehri.

Pour le Front des forces socialistes (FFS),
Hocine Aït Ahmed et Ahmed Djeddaï.

Pour le Front islamique du salut (FIS),
Rabah Kebir et Anouar Haddam.

Pour le Mouvement pour la démocratie en Algérie,
Ahmed Ben Bella et Khaled Bensmaïn.

Pour le Parti des travailleurs,
Louiza Hanoune.

Pour le Mouvement de la renaissance islamique (Ennahda),
Abdallah Djaballah.

Pour Jazaïr musulmane contemporaine,
Ahmed Ben Mohammed.


كلمة الأمين الأول لجبهة القوى الاشتراكية

 السلام عليكم، أزول فلاون

 أيتها الأخوات، أيها الإخوة اسمحوا لي باسم مناضلات ومناضلي جبهة القوى الاشتراكية، أن أعبر لكم عن شكري لمنظمي هذه الندوة على الدعوة الموجهة لحزبنا للحضور معكم .

منذ بداية الأزمة، مع وقف المسار الانتخابي والديمقراطي، وجبهة القوى الاشتراكية تدعو للحوار بين كافة الأطياف والأطراف السياسية كسبيل وحيد للخروج من الأزمة التي عصفت، ومازالت، تعصف بالبلاد. إن تواجدنا اليوم معكم يؤكد هذا المبدأ الراسخ لدينا أنه بالحوار يمكن حل جميع مشاكلنا.

كما تندرج مشاركتنا في هذه الندوة في إطار مسعانا الذي أطلقناه في مؤتمرنا الخامس، العام الماضي، والمتمثل في إعادة بناء إجماع سياسي وطني، على درب الإجماع الأول الذي أرساه رجال نوفمبر والذي مكن الجزائر من استعادة استقلالها.

إن إعادة بناء الإجماع الوطني من أجل إخراج الجزائر من أزمتها يتطلب تكاثف جهود كل الفاعلين السياسيين، من النظام ومن المعارضة ومن المجتمع المدني. لقد استطاع هذا النظام أن يستمر في الوجود لأكثر من 50 سنة، ولم تستطع العديد من المحاولات أن تحركه بصفة جادة ودائمة. بل واصل، ويواصل، هذا النظام ممارسة سلطته دون إرادة ورضا الشعب. يظهر الركود الحالي جليا، ولا يمكننا بأي حال من الأحوال أن نثق في الاستحقاقات الانتخابية ولا بالدعاية السياسية التي لا تعكس حقيقة القوى والديناميكيات السياسية والسوسيواقتصادية الناشطة في البلاد.

يحاول النظام عبثا أن يعطي لنفسه صورة النظام العصري والنخبوي، غير أنه فشل بشكل قاطع في وضع الجزائر في مصاف الدول المتقدمة. إن الاحتقان الداخلي والتطورات الإقليمية والتجاذبات الدولية أسباب تجعلنا نعتقد أن هذا النظام مجبر على تغيير سياساته.

ومن جهة أخرى أرى أنه من الخطورة أن نستخف أو نتجاهل هذا الفاعل السياسي ألا وهو النظام. يجب على النظام أن يتخلى عن خرافة قيادة مسار انتقالي في ظل استمرارية المؤسسات القائمة.

 أيتها الأخوات، أيها الإخوة ليست هذه المرة الأولى التي تجتمع فيه أحزاب سياسية وشخصيات وطنية من توجهات وإيديولوجيات مختلفة، لقد اجتمعنا حول العقد الوطني في 95، وضد التزوير في 97 و 99، وفي مناسبات عدة، كما كان لكل حزب منا مقترحات عديدة، لكن كل هذه المبادرات لم يكتب لها النجاح، لذا من واجبنا اليوم أن نستخلص العبر من التجارب السابقة.

لقد أثبتت هذه التجارب أن أي محاولة، من جانب واحد، لفرض تدابير واجراءات أو برامج تهدف لبعث مسار انتقالي سياسي واقتصادي واجتماعي وثقافي دون مشاورات مع كافة الفاعلين، من شأنها أن تشجع منطق التصادم وليس منطق الاجماع، من شأنها أن تعزز الركود القائم عوض خلق الظروف الملائمة للتغيير السلمي.

إن الإجماع تحد حقيقي، وهو مبادرة ملحة للاستجابة لتطلبات بلادنا، وفي هذا الإطار يجب أن نتجنب كل المقترحات والأعمال الغير قابلة للتصالح و التي لا توفر امكانية التقارب بينها. أيتها الأخوات، أيها الإخوة إن مسؤولية السياسيين هي المساهمة في خلق روح جديدة للاجماع، هي روح الاستقلال، التي مكنت بالأمس بتجنيد الجزائريات والجزائريين من أجل استعادة حريتهم وسيادتهم. إن مسؤولية السياسيين هي جمع كل عناصر النهضة.  إن مسؤولية السياسيين هي الوقاية ضد خطر عودة كل مظاهر العنف من أي جهة كانت. وفي الأخير فإن مسؤولية السياسيين هي احترام الشعب، هي الرجوع إلى الشعب، هي أن نقول بصوت مرتفع بأنه لا ديموقراطية دون سلم، لا ديموقراطية في ظل الاجحاف والتفاوت الاجتماعي، بأنه لا ديمقراطية دون قضاء مستقل وفي غياب دولة القانون.

 أيتها الأخوات أيها الإخوة بغض النظر عن الاختلافات الفكرية والايديولوجية واختلاف البرامج السياسية فإن تحقيق الإجماع الوطني يطرح قضية المنهج.

 لقد نظم حزبنا في بداية السنة ندوة حول مسارات الانتقال الديموقراطي، حيث تم عرض العديد من التجارب في العالم. والنتيجة التي توصلنا إليها هي أن أغلب المسارات الناجحة هي تلك التي قامت مع الأنظمة وليس ضد هذه الأنظمة.

لقد تحلت الأطراف المتصارعة التي صنعت التغييرات، التي جرت بطرق سلمية وكللت بالنجاح في العالم، بروح الثقة والاحترام المتبادل والانفتاح وبارادة للحوار واستعداد للوصول إلى التوافق.

 أعتقد أنه من الأهمية بمكان أن نقارن بين هذه التجارب وما يحصل في بلادنا. يجب أن تلتقي جميع المبادرات من أجل ضمان فتح سبل الحوار والتوافق وفي سبيل النهوض بالبلاد، ولتحقيق تقدمات سياسية وديمقراطية، وتوفير شروط تنمية مستدامة.

 ستستمع جبهة القوى الاشتراكية لكل وجهات النظر المعير عنها في هذه الندوة، ولكل الاقتراحات المنبثقة عن الاتصالات التي باشرناها والتي أتمنى أن تستمر مع كافة الفاعلين المعنيين، من أجل توفير أحسن الظروف لتنظيم ندوة الاجماع الوطني التي دعا إليها حزبنا. أشكركم مرة أخرى على الدعوة وحسن الاستقبال والضيافة.

 عاشت الجزائر حرة ديمقراطية المجد والخلود لشهدائنا الأبرار


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Le FFS décide de répondre favorablement à l’invitation de la CNLTD pour exposer son point de vue sur la transition démocratique revendiquée par les partis politiques de l’opposition et des personnalités. Le FFS, dont les principaux dirigeants se sont réunis vendredi dernier à Alger, ne s’est pas encore déterminé sur sa participation aux consultations politiques menées par Ahmed Ouyahia autour de la révision constitutionnelle.
Après des semaines d’hésitation, le Front des forces socialistes (FSS) a finalement décidé de se joindre aux autres forces de l’opposition qui vont se rencontrer le 10 juin dans une conférence nationale qu’organise l’opposition. Le FFS, dont les principaux dirigeants se sont réunis vendredi en fin de journée à Alger, n’a pas tranché, en revanche, la question de sa participation aux consultations politiques que mène Ahmed Ouyahia autour de la révision constitutionnelle. «Dans un esprit de consensus et pour des raisons de principes, le FFS décide de répondre favorablement à cette invitation (de la CNLTD, ndlr) pour exposer son point de vue sur cette conférence», indique ainsi un communiqué du FFS, signé de son premier secrétaire national, Ahmed Betatache. Ce parti n’a pas précisé le niveau des cadres qui vont le représenter.
La rencontre, qui a réuni vendredi en fin de journée les cinq membres de l’instance présidentielle du FFS, les membres du secrétariat national et les présidents des commissions permanentes du conseil national, n’a pourtant pas abordé que le seul point lié à l’invitation de la CNLTD. Cette réunion, qui a pris beaucoup plus de temps que prévu, devait également trancher sur une autre invitation. Le parti est attendu chez Ahmed Ouyahia qui mène, tambour battant, les «consultations» en vue de la révision de la Constitution.
Curieusement, le plus vieux parti de l’opposition n’a pas trouvé de «consensus» nécessaire autour de cette question. Des cadres verraient d’un mauvais œil la participation du parti à deux réunions opposées. Une réaction, somme toute, logique puisque l’on ne peut pas aller à une conférence qui aborde une «transition démocratique» et se précipiter ensuite au palais présidentiel pour faire des propositions sur la révision de la Constitution.
«Au nom du consensus»
Aussi paradoxal que cela puisse paraître, tout porte à croire que le FFS participe également aux consultations que mène Ahmed Ouyahia. Le parti ira donc exposer ses positions au nom du «consensus». Une position qui s’inscrit dans le cadre de sa proposition d’organiser une «conférence du consensus national», une rencontre qui va regrouper l’opposition et le pouvoir autour d’une «solution de sortie de crise». La conférence du consensus national n’est pourtant pas très loin de la suggestion de la CNLTD. La seule différence réside dans le timing.
Pendant que le FFS veut associer le pouvoir dès la première rencontre, la Coordination nationale pour les libertés et la transition démocratique veut structurer d’abord l’opposition afin de faire bloc face au pouvoir. «Nous prendrons le temps qu’il faudra», a expliqué récemment Ahmed Betatache, premier secrétaire du FFS. «Nous devons obliger le pouvoir à accepter de négocier une sortie de crise», répond, au nom de la CNLTD, Abderrazak Makri, président du MSP. Au-delà de ces divergences, une chose est désormais acquise : avec la participation du FFS, la conférence nationale de l’opposition prend tout son sens. Le reste relève de la liberté d’action de chaque parti.

in el watan


haa

Le Front des Forces Socialistes (FFS) a décliné une offre d’entrer dans le gouvernement d’Abdelmalek Sellal, rapporte le journal en ligne, proche du parti,

Libre Algérie.

Le site Libre Algérie rapporte, aujourd’hui, que le parti FFS a décliné une offre faite par Abdelmalek Sellal d’intégrer le gouvernent. « L’instance présidentielle du FFS a été, apprend-on de sources sures, contacté par le premier ministre pour faire partie de son équipe ». Sellal a proposé deux postes ministériels pour « pour appliquer le programme du président ».La Direction nationale du FFS « a décliné cette proposition au motif que la priorité du FFS c’est la reconstruction d’un Consensus national et l’organisation d’une Conférence nationale de consensus ». Le FFS n’entend pas intégrer un gouvernement « avant l’aboutissement de ce projet, qui vise à élaborer avec l’opposition politique, la société et le pouvoir un programme consensuel de sortie de crise ». Ali Laskri, membre de l’instance présidentielle du Front, assuré que l’organisation d’une  conférence nationale de consensus était la « priorité » du parti. Le rejet de la proposition d’entrée au gouvernement ne constitue pas une surprise, le FFS considérant que la présidentielle du 17 avril ne résoudrait en rien la crise du pays et qu’il fallait aller vers un « consensus national » pour organiser le changement. Le FFS a d’ailleurs annoncé avoir engagé des contacts avec des forces politiques et des personnalités pour aller vers cet objectif. Ali Laskri s’est abstenu de donner des détails sur les démarches menées et les contacts entreprises par le parti. Le FFS, a-t-il indiqué  » rendra « public au moment opportun » les « contacts » avec des formations politiques, des candidats à l’élection présidentielle, des personnalités indépendantes et universitaires et des animateurs des organisations sociales qui ont,, manifesté un « intérêt pour une issue démocratique et pacifique à la crise nationale ». Ahmed Betatache, premier secrétaire du parti, a exprimé ses réserves à l’égard de de la Coordination pour les libertés et la transition démocratique en relevant que celle-ci a déjà fixé, sans consulter les autres, le lieu et la date de la conférence nationale pour la transition démocratique, les 17 et 18 mai 2014. Pour lui, il faut  établir au préalable une « entente et un consensus entre les différentes parties, y compris le pouvoir, pour que cette initiative réussisse ».