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Offre d’emploi:MSF recrute des Médiateurs chargés de recrutement de donateurs (H/F) – CDD de 1 mois à partir du 2 septembre 2013, déplacements en région

Mission :
La mission de médiateur est de sensibiliser le public aux actions de Médecins Sans Frontières afin de recruter de nouveaux donateurs réguliers par prélèvement automatique lors de campagnes de sensibilisation en rue et /ou dans les centres commerciaux ou lors d’autres évènements.

Au sein du pôle Face à Face, dépendant du département collecte de fonds privés, vous serez sous la supervision directe du responsable de la diversification du face à face. Une formation à nos programmes vous sera dispensée.

Principales responsabilités :
–    Recruter des donateurs réguliers en prélèvement automatique en présentant les actions de MSF via un dialogue avec le public
–    Représenter MSF sur le terrain dans le respect de l’image et de l’éthique de l’association

Ville

Paris + déplacements en régions toutes les semaines

Expériences / Formation du candidat

Profil : Tempérament énergique / une expérience dans le recrutement de donateurs et/ou le télémarketing est vivement souhaitée / goût prononcé pour le travail et la vie en équipe / aisance orale / aisance relationnelle et sens de l’écoute / bonne élocution / avoir une bonne résistance physique, de la patience et de la persévérance / savoir communiquer et adapter son discours à son interlocuteur / être dynamique et savoir convaincre

Durée du contrat

Statut : Employé – CDD temps plein (39 h / semaine) du lundi au vendredi. Mission impliquant des déplacements dans différentes villes.
Prise de poste : A partir du 2 septembre 2013 pour une durée de 1 mois, reconductible

Salaire / Indemnité

Conditions salariales : 1 839.61 € bruts mensuels sur 13 mois soit 23.91K€ brut annuel. 22 jours RTT par an calculés au prorata de la durée du contrat. Titres restaurants d’une valeur faciale de 8,50€ (prise en charge à 60% par l’employeur). Complémentaire santé prise en charge à 100% par Médecins Sans Frontières. Prise en charge de 50%  de l’abonnement aux transports en commun Paris et région parisienne et région.

Documents à envoyer

Merci d’adresser votre candidature (lettre de motivation et CV) à l’attention de Romain Jacquier par mail à l’adresse suivante : collecte@paris.msf.org
Merci d’indiquer dans l’objet du mail la référence : MEDZ13M-S2

Email de la personne contact

collecte@paris.msf.org

Date de fin de validité de l’annonce

09/08/2013


Libye : guerre secrète

par Léon Camus pour Geopolintel

Les journalistes, fortiches en lapsus révélateurs, ne se gênent plus pour annoncer l’assaut imminent de l’OTAN sur les derniers bastions loyalistes libyens. Comme si la référence obligée à la vaillante rébellion – entre parenthèse dotée d’un coup de baguette magique de gilets pare-balles, de casques, de matériels offensifs lourds et d’une impressionnante puissance de feu, équipements qui apparemment ne sortent pas tous du seul pillage des arsenaux de la Jamahiriya – était maintenant devenue superfétatoire !

Il y a encore un mois à peine on évoquait, avec consternation ou ironie c’est selon, l’enlisement du conflit et l’impuissance des frappes combinées des aviations franco-anglaises (1). Chacun, sans beaucoup d’effort pourra à ce propos se remémorer les images des rebelles avançant en tiraillant au petit bonheur la chance puis repartant en sens inverse, se débandant dans des nuages de poussières et l’emballement des moteurs de leurs pick-up… Un mois après… succès sur toute la ligne. Les francs-tireurs brouillons se sont miraculeusement mués en combattants efficaces évoluant de manière ordonnée en tacticiens chevronnés !

Que s’est-il passé entre le moment d’un quasi enlisement et l’offensive fulgurante sur Tripoli ? L’hypothèse la plus vraisemblable est celle d’une intervention au sol des forces spéciales de l’OTAN qui en amont ont évidemment formé, entraîné et conseillé les rebelles et en aval les ont encadrés au combat. Enfin ce qu’il convient de nommer rebelles relève de la composition classique du fameux pâté d’alouette dans lequel la proportion est d’un oiseau pour un cheval ! Six cents hommes environ ont livré la bataille de Tripoli du 21 au 24 août. Venus pour les uns par mer depuis l’enclave côtière de Misrata, pour d’autres à partir du Djebel Nefoussa au Nord de la capitale où un aérodrome a été spécialement aménagé… Toutes choses qui supposent un plan tactique élaboré et une parfaite coordination opérationnelle dépassant de loin les compétences dont la rébellion avait fait preuve jusque là…

Six cents combattants dont la majeure partie était des bi-nationaux (bien préparés apparemment !),vivant à l’étranger (2) ! Que faut-il entendre par bi-nationaux : des Sépharades israélo-libyens (rappelons que la grand-mère de Mouammar Kadhafi était juive) à l’instar de ces Irakiens qui ont combattus sous l’uniforme américain en Irak et dont les corps de certains ont été rapatriés aux États-Unis enveloppés dans un drapeau frappé de l’Étoile de David ? Ou bien des djihadistes anciens des fronts afghans comme Abdelhakim Belhadj (3), chef du Conseil militaire de Tripoli mais peut-être aussi relai ou cheville ouvrière de la CIA comme l’a été en son temps Ben Laden en Afghanistan ?

Cocasse lorsque l’on sait les liens entretenus par Kadhafi avec la CIA et le MI-6 notamment dans la lutte anti-salafiste. Les Anglo-Américains avaient entre autres trouvé l’expédient de livrer des terroristes présumés à la Libye – idem pour l’Égypte ou le Pakistan – afin qu’ils y soient interrogés selon des méthodes non conventionnelles (chacun saisira de quoi il s’agit). Des documents prélevés dans les archives l’Agence de la sécurité extérieure libyenne par l’ONG américaine Human Rights Watch l’attesteraient sans équivoque, aucune (4). Les révélations se multiplient d’ailleurs à ce sujet, et jusqu’au plus grotesque… ainsi l’ex-Premier ministre anglais Tony Blair aurait lui-même mis la main à la pâte pour la confection d’une thèse de doctorat de London School of Economics au profit du fils aimé du Raïs libyen, Saïf al Islam (Cf. The Sunday Times 04/09/11) !

Plus modestement, les Français, pour leur part et selon le Wall Street Journal (5), avaient en 2008 équipé le renseignement libyen avec le logiciel de surveillance électronique Eagle… dont une version est opérationnelle en France depuis 2009 ! Mis au point conjointement par l’armée et par la filiale Amesys du Groupe informatique Bull, Eagle conférait aux services de sécurité libyens la capacité de placer sous surveillance simultanément les 8 millions de personnes composant la population libyenne. Excusez du peu ! Sur ce chantier, militaires français et ingénieurs de Bull ont œuvré en relation directe avec Abdallah Senoussi, beau-frère de Kadhafi et patron redouté des services de renseignement libyens. Un personnage connu pour avoir été condamné par contumace en raison de son implication dans la destruction au-dessus du Niger, en 1989, au moyen d’un missile, du vol 772 d’UTA. Acte de guerre qui fit 170 victimes !

Aujourd’hui, à rebours des amours d’hier, la rumeur médiatique – au Pakistan en tout cas – veut que la CIA ait recruté 1500 hommes aguerris pour combattre en Libye (6). Le chiffre est considérable et serait certainement plus vraisemblable divisé par dix. Au demeurant le fait n’aurait rien d’invraisemblable sachant que la même procédure a déjà été utilisée durant les guerres balkaniques, notamment en Bosnie. Reste qu’un mensonge franc et massif peut en cacher beaucoup d’autres, surtout par omission.

Ainsi lorsque la main sur le cœur M. Longuet jure mordicus au cours du 7/9 de Patrick Cohen du 23 août que la France n’a pas d’ « hommes au sol », le ministre de la Défense (mieux vaudrait dire de la Guerre ?) prend à l’évidence les auditeurs de France Inter pour ce qu’ils ne sont pas forcément, à savoir de fieffés imbéciles. Reste qu’en mentant comme un arracheur de dent M. Longuet masque des strates beaucoup plus troubles de la guerre subversive néocoloniale que livre en Libye les États-Unis et ses alliés euroméditerranéens, Israël, le Royaume-Uni, la France sarkozienne et l’Italie berlusconienne. Polariser l’attention sur un mensonge grossier et l’essentiel passera à l’as tant la presse ne se préoccupe au mieux que des verrues poussant sur les longs nez de nos Pinocchio politiques…

Parce qu’enfin, qui peut ignorer ce sur quoi toute la presse bien-pensante glose depuis des semaines en tentant maladroitement de faire la part du feu, c’est-à-dire de minimiser au moyen de semi aveux le rôle réel des troupes alliées au sol ? Le 25 août Le Point.fr titre « Paris confirme la présence de militaires français (et britanniques) en civil auprès de l’état-major des rebelles »… « Ces agents sont installés dans l’enceinte de la raffinerie à l’arrêt de Zuwaytinah, centre de commandement rebelle pour le front est, à environ 150 kilomètres au sud-ouest de Benghazi, siège du CNT ». Le 26 août, les services de communication de l’armée lâchaient également un peu de lest reconnaissant la présence en Libye d’une trentaine de militaires du Commandement des Opérations Spéciales (COS) tout en faisant attribuer le mérite de cette révélation à une indiscrétion de l’ineffable et détestable B.H. Lévy, l’homme de toutes les haines et de tous les fronts de guerre.

Au détour de ces timides aveux l’on voit donc se confirmer ce que nous écrivions en début d’article : début juin les insurgés se trouvaient en mauvaise posture à telle enseigne que l’armée de l’air (française) du procéder à des largages dans le secteur du Djebel Nefoussa déjà mentionné, au sud-ouest de Tripoli. Parachutages principalement constitués de médicaments et d’armes légères fournies par le Qatar ! En tout état de cause l’on voit mal comment des gens si mal lotis auraient pu remporter deux mois plus tard, et de haute main, la victoire sur les troupes organisées de Tripoli ?!

Il est incontestable que l’arbuste ne doit pas cacher la forêt : les rebelles ont lancé leur assaut le 20 août contre la capitale libyenne sous le nom de code « Opération aube de la sirène »… Un nom bien peu bédouin s’il en est ! Un assaut qui rappelait furieusement – mais en plus grand – la prise de la résidence de Laurent Gbagbo à Cocody, laquelle s’est effectuée sous le feu de des hélicoptères de combat français et onusiens et avec la participation au sol des forces spéciales tricolores… Celles-ci s’étant effacées à temps pour laisser parader une poignée d’exubérants assaillants locaux…. Ici l’on peut supposer – car nous n’y étions point et par conséquent nous sommes condamnés aux recoupements – que le matraquage par les chars volants de l’OTAN et l’artillerie de marine de nos bâtiments de guerre tirant à feu roulant, ont fait les trois quarts du travail… Néanmoins, les communiqués triomphalistes omettent de dire qu’à ce jour dix pour cent de la ville ne sont toujours pas tombés et 10% cela fait quand même, au bout de quinze jours une grosse poche de résistance !

Nous ne pourrions pas clore ce chapitre de nos guerres aventureuses qui commencent si bien et finissent généralement si mal – comme en Afghanistan et en Irak – sans une dose (minimale) de prospective géopolitique… Car il apparaît, gros comme le nez au milieu du visage, que l’affaire libyenne devrait rapidemententraîner des changement substantiels chez le grand voisin algérien, autre pion important sur l’échiquier pétrolier africain, et dirigé par un homme, Bouteflika, en complète fin de partie, et aussi par une armée qui semble avoir perdu foi en sa mission. La question qui s’impose alors : savoir dans quelle mesure la guerre subversive conduite contre la Libye – un cauchemar géopolitique potentiellement pire que celui de la Yougoslavie, l’Irak et l’Afghanistan réunis ? (LEAP 6/7/11) – pourrait constituer un facteur aggravant au processus de dislocation régionale ayant démarré l’hiver dernier avec les révoltes arabes ? Convulsions qui ne sont au fond que des manifestations périphériques de la crise systémique globale que nous traversons et subissons… À ceci près que ces crises ne sont pas tout à fait le fruit du hasard et que certains apprentis sorciers les planifient depuis près de soixante ans au risque de nous engloutir avec eux… (7) de la subversion à la submersion ? Mais désormais aujourd’hui plus aucun bastingage ne nous sépare plus de Charybde et de Scylla !

Léon Camus

Notes

(1) AFP/le Figaro 04/08/2011. Alain Juppé se contredisant : « Ça fait cinq mois que nous intervenons, personne n’a jamais parlé de guerre éclair… Sans doute avons-nous sous-estimé la résistance des forces de Kadhafi mais il n’y a pas enlisement. » En mars, le ministre des Affaires étrangères affirmait cependant que l’appui aérien aux insurgés ne devait durer que quelques semaines et « sûrement pas des mois »

(2) http://fr.wikipedia.org/wiki/Second…

(3) Belhadj, alias Abou Abdellah Assadak, né en 1966 en Libye, ingénieur de formation, membre du Groupe islamique de combat libyen, il a participé au djihad en Afghanistan, Tchétchénie et Irak. Arrêté en 2004, il passe entre les mains de la CIA en Malaisie avant d’être remis aux services libyens, époque où la « Cie » s’était assurée « d’une présence permanente » dans sa succursale libyenne. Belhadj sera libéré avec 170 autres salafistes, suite à un accord négocié entre Saïf Al Islam Kadhafi et le GIC. L’émir du GICL – le premier à avoir pénétré dans l’enceinte du palais de Bab al-Aziza – aurait été le possible instigateur le 29 juillet de l’assassinat d’Abdelfattah Younès, alors commandant des forces rebelles mais ancien ministre de l’Intérieur libyen, autrement dit un autre grand démocrate devant l’Éternel. Aujourd’hui Belhadj voudrait engager des poursuites contre ses probables commanditaires de la CIA et du MI-6, sans doute pour effacer de la sorte son « retournement » ou son instrumentation par iceux ?

(4) Wall Street Journal http://online.wsj.com/article/SB100…

(5) Firms Aided Libyan Spies – WSJ Middle East 30 août 11

(6) http://www.nation.com.pk/pakistan-n…

(7) « Kivounim » Jérusalem février 1982. Pages 49 à 59. « En tant que corps centralisé, l’Égypte est déjà un cadavre…Sa division en provinces géographiques distinctes doit être notre objectif politique pour les années 1990, sur le front occidental. Une fois l’Égypte ainsi disloquée et privée de pouvoir central, des pays comme la Libye, le Soudan, et d’autres plus éloignés, connaîtront la même dissolution… La partition du Liban en cinq provinces… préfigure ce qui se passera dans l’ensemble du monde arabe ».

Source : Geopolintel


LA CRISE ECONOMIQUE MENERA A LA GUERRE

 

 

Le ralentissement économique intensifie la guerre mondiale des devises

 

Trois jours après l’intervention de la Banque nationale suisse, le franc suisse est repassé sous 1,21 vendredi après une journée mouvementée pour les bourses européennes.

par Andre Damon


En plein torrent de nouvelles désastreuses pour l’économie mondiale, la Banque nationale suisse a pris la mesure radicale mardi de fixer un plafond au franc suisse, un geste sans précédent depuis les dévaluations compétitives et les guerres de devises des années 1930.


La Banque nationale suisse a annoncé qu’elle allait adopter un taux de change minimum de 1,20 franc suisse pour un euro, et qu’elle était prête à acheter des devises étrangères en « quantités illimitées » afin de défendre le franc.

Cette décision a déclenché une vente massive de la monnaie, qui a perdu presque immédiatement près de dix pour cent de sa valeur face à l’euro.

 

Le franc avait en un éclair reculé de 10 centimes face à l’euro.

 

Au cours des deux dernières années, le franc suisse a augmenté de 25 pour cent face à l’euro, devenant ainsi une monnaie refuge pour les investisseurs aux prises avec la crise de la dette allant en s’intensifiant dans la zone euro.


Dans son communiqué de presse annonçant la mesure, la Banque nationale suisse a déclaré que la « surévaluation du franc suisse constitue une menace aiguë pour l’économie suisse », et que la banque centrale « vise à un affaiblissement substantiel et durable du franc suisse ».

La banque va appliquer le nouveau taux minimal avec « la plus grande détermination », ajoute le communiqué.


L’économie suisse est fortement axée sur l’exportation, et l’augmentation continue de la valeur du franc augmenterait considérablement le prix de ses exportations, ce qui aurait de sévères répercussions sur les ventes des fabricants suisses à leurs principaux partenaires commerciaux de l’Union européenne. Mardi, la firme suédoise de prévisions économiques BAK Base prédisait un taux de croissance pour la Suisse à 0,8 pour cent pour l’an prochain, alors qu’elle l’avait estimé à 1,9 pour cent pour cette année.


Le franc suisse a fortement augmenté la semaine dernière en réaction à l’aggravation de la crise de la dette européenne et aux craintes d’une récession encore plus marquée de l’économie mondiale. Depuis le 30 août, cette monnaie a en effet augmenté de huit pour cent face à l’euro, balayant du même coup tous les efforts précédents de la banque centrale du pays pour contrôler son appréciation.


Les nouvelles économiques désastreuses qui ont conduit les investisseurs à rechercher la sécurité du franc continuent d’affluer. Parmi celles-ci, on compte un rapport selon lequel les États-Unis ont connu une croissance nulle du nombre d’emplois créés le mois dernier, de même que plusieurs indices annonçant un nouveau ralentissement économique trois ans seulement après le krach de 2008.


L’économie mondiale a progressé à son rythme le plus lent en deux ans, selon l’indice du directeur du service des achats de JPMorgan Global Manufacturing & Services publié mardi matin. L’indice est en effet passé de 52,5 à 51,5 de juillet à août, quelques points seulement au-dessus du chiffre médian de 50 divisant la croissance de la contraction. Ces chiffres ont considérablement baissé depuis le début de l’année.


L’activité manufacturière a chuté à son niveau le plus bas en deux ans dans la zone euro et pareillement en Inde pour une période de 27 mois. « Bien que ce soit l’activité manufacturière qui ait connu la baisse la plus marquée, le secteur des services ne va que modérément mieux », a déclaré David Hensley, directeur à la Coordination économique mondiale chez JPMorgan.


L’indice composite du directeur du service des achats (Purchasing Managers Index) produit par le groupe financier Markit pour la zone euro est passé de 51,1 en juillet, à 50,7 en août, soit son niveau le plus bas depuis 2009. Mais encore plus désastreux, l’indice de l’activité manufacturière de la zone euro est passé à 49,0 en août, ce qui représente la première contraction en deux ans.


La crise de la dette publique, quant à elle, remet en question la solvabilité de plusieurs banques européennes. « Il est évident, pour ne pas dire un truisme, que de nombreuses banques européennes ne pourraient réduire la valeur comptable des obligations du gouvernement détenues dans les portefeuilles bancaires à la valeur du marché », faisait remarquer lundi Josef Ackermann, PDG de la Deutsche Bank.


Le ralentissement économique continue d’approfondir les divisions en Europe, en plus de redoubler la tendance des sections dominantes de la classe dirigeante européenne, notamment en Allemagne, à imposer avec acharnement des mesures d’austérité.


Le ministre des Finances allemand Wolfgang Schäuble a en effet réitéré son soutien pour de nouvelles mesures d’austérité en Grèce, au Portugal, en Espagne et en Italie, en dépit de preuves renouvelées de l’impact désastreux qu’ont ces mesures sur l’économie mondiale. Dans une chronique publiée mardi dans le Financial Times et intitulée « Pourquoi l’austérité est l’unique remède pour la zone euro », Schäuble s’oppose à tout relâchement dans le sabrage des dépenses publiques. Il rejette d’emblée toute augmentation des dépenses dans les économies les plus fortes de la zone euro pour compenser les compressions effectuées dans les économies les plus faibles.


Pourtant, ces mesures d’austérité ne font qu’intensifier la récession économique mondiale, qui à son tour vient mettre encore plus de pression sur les pays pour poursuivre des politiques de taux de change unilatérales.


L’annonce de la Banque nationale suisse d’imposer un plafond de change au franc n’est que le dernier signe de la montée des tensions internationales dans le domaine de la politique des taux de change. Plus tôt cette année, le Japon a en effet aussi annoncé qu’il s’efforcerait de diminuer la valorisation du yen. Et les États-Unis mènent une politique du dollar à bon marché depuis ces dernières années.


Certes, les États-Unis n’ont pas ouvertement revendiqué comme objectif politique la quête d’un dollar faible, mais les taux d’intérêt proches de zéro et les deux rondes d’« assouplissement quantitatif » menées lors des achats d’actifs par la Réserve fédérale ont néanmoins eu pour effet de faire baisser la valeur du dollar de 15 pour cent face à l’euro depuis juin 2010.


Le ministre des Finances du Brésil Guido Mantega a déclaré vendredi que cette politique du dollar à bon marché est en partie à blâmer pour le ralentissement du taux de croissance de son pays qui est passé de 1,2 pour cent au premier trimestre, à 0,8 pour cent au second.


« Une partie de la croissance du Brésil fuit à l’étranger », a-t-il dit, attribuant la raison pour laquelle les exportateurs brésiliens se retrouvent dans une position désavantageuse à la dévaluation du dollar. Mantega a dit qu’une troisième ronde d’assouplissement quantitatif, actuellement débattue à Washington, signifierait une nouvelle « dévaluation du dollar et un surplus de liquidité interne, ce qui probablement conduira à l’appréciation de la monnaie brésilienne, le real, et à la poursuite de la guerre des devises. »


Il a ajouté : « Malheureusement, la politique monétaire semble être la seule arme que les États-Unis ont choisi d’utiliser pour résoudre leurs problèmes, et cela entraîne des problèmes pour l’économie mondiale. »


La politique américaine depuis la crise de 2008 a été dictée par la volonté de renflouer le système financier grâce à la fourniture sans fin d’un crédit à bon marché. Cette politique a gonflé les marchés, aidé les exportations américaines, et placé d’immenses pressions sur le système monétaire mondial.


La crise monétaire mondiale est enracinée profondément dans le déclin à long terme du capitalisme et du dollar américains, cette devise étant le fondement du régime monétaire de l’après-guerre. Ce déclin conduit maintenant à un effondrement général du système de taux de change internationaux et à un tournant vers le protectionnisme, alors que tout mouvement de devises défensif par un pays met de la pression sur les autres pour suivre la même voie.


Comme les événements de cet été l’ont clairement démontré, les mesures prises par la classe dirigeante en réponse à la crise de 2008 n’ont rien résolu. La classe dirigeante n’a aucun moyen de se sortir de la catastrophe qu’elle a créée.

L’annonce explicite par la Suisse qu’elle cherchera à protéger sa monnaie par l’acquisition de quantités « illimitées » d’espèces étrangères va inévitablement mettre de la pression sur les autres pays pour réagir par des mesures encore plus radicales et unilatérales.


Le ralentissement continu de l’économie mondiale, de concert avec la crise financière et fiscale mondiale, prépare le terrain pour un retour au protectionnisme du chacun-pour-soi des années 1930, une politique qui a considérablement intensifié la Grande Dépression et préparé l’arrivée de la Deuxième Guerre mondiale.

 

Andre Damon


 

TROISIEME GUERRE MONDIALE

 

La consommation dopée au crédit (lui-même alimenté par une création monétaire déconnectée de l’économie réelle) qui a régi les économies occidentales depuis plusieurs décennies, stagne quand elle ne régresse pas. Dans les prochaines années, elle sera foudroyée par l’inéluctable faillite en série des États surendettés.
Cela va entraîner de lourdes conséquences pour les pays fortement exportateurs du BRICS (Brésil, Russie, Inde, Chine, Afrique du Sud), qui jusque-là font figure de grands gagnants face aux pays occidentaux « sur le déclin » : ils entreront à leur tour en crise, faute de pouvoir développer à temps une demande intérieure solvable pour prendre le relais de la demande internationale défaillante. Alors, c’est l’économie mondiale dans son ensemble qui sera en crise. Le marasme des pays émergents s’ajoutera à celui des pays occidentaux.

 

Guerres civiles, guerres internationales, terrorisme

 

Ce cataclysme économique planétaire provoquera des guerres civiles à base d’antagonismes sociaux, ethniques, religieux , et des guerres internationales (comportant aussi des ingrédients ethno-religieux) catalysées par d’âpres compétitions pour les matières premières (hydrocarbures, céréales, minerais, eau…). Ces violences seront colorées d’un terrorisme à l’efficacité démultipliée par la vulnérabilité des infrastructures modernes (industries chimiques, réseaux électriques, centrales nucléaires…) qu’il est possible de saboter avec un minimum de moyens pour un maximum de dégâts matériels et humains : la concentration des populations dans les villes est de nature à amplifier démesurément l’impact des actes terroristes.

La crise de 29 conduisit à la 2ème Guerre mondiale

L’aggravation de la crise économique par la prochaine faillite des États occidentaux et son inéluctable extension aux pays du BRICS entraineront le monde dans la guerre sous toutes ses formes. Comment pourrait-il en être autrement ? La crise de 1929 déboucha sur l’accession du nazisme au pouvoir et la Seconde Guerre mondiale. Pourtant, cette crise se produisit dans un contexte différent de celui d’aujourd’hui : les économies étaient beaucoup moins interdépendantes, beaucoup d’entre elles étaient encore quasi autarciques, le volume du commerce international était moindre, l’économie mondiale comportait des caissons étanches. De nos jours, avec la mondialisation, les transports intercontinentaux de masse, la numérisation globale, toutes les économies sont interconnectées. Il n’y a plus d’aire économique qui soit à l’abri des tempêtes. Une crise boursière fait le tour du monde en quelques heures.

Le naufrage de « la gouvernance mondiale »

Au cours des dernières décennies, l’idée d’une gouvernance mondiale faisait son chemin au diapason de l’essor de la mondialisation de l’économie. Les organisations internationales (ONU,FMI…) étaient volontiers présentées comme la préfiguration de cette gouvernance mondiale. Après l’effondrement de l’URSS, la puissance américaine catalysait ce processus de gouvernance mondiale, qui prenait les allures d’une « pax americana ». L’élan vers la gouvernance mondiale est battu en brèche par la crise, qui exacerbe les antagonismes monétaires, commerciaux… Les pommes de discorde se multiplient. L’autorité de « gendarme du monde » qu’exerçaient les États-Unis se désagrège rapidement au fil de la crise économique. Le monde va vers le polycentrisme. Les désaccords économiques qui s’exacerbent feront le lit des prochaines guerres.

 

Laurent Artur du Plessis

Toute reproduction autorisée sous réserve de citer :

http://doriot-univers.blogspot.com/


Santé du président Bouteflika, guerre des mémoires, business… Les derniers télégrammes américains mis en ligne par WikiLeaks apportent un nouvel éclairage sur les coulisses de la diplomatie franco-algérienne.
“Il faut s’attendre à ce que Jacques Chirac continue à travailler sa relation personnelle de longue date avec Bouteflika (et le capital politique gagné par le fait que Bouteflika soit soigné des médecins du gouvernement français) pour que le traité d’amitié franco-algérien aboutisse. En même temps, il semble que le gouvernement français ne cherche pas à conclure le traité à “n’importe quel prix”.” Les Américains avaient vu juste. Ce commentaire de l’ambassade des Etats-Unis à Paris remonte à 2006 et fait partie des milliers de télégrammes diplomatiques américains que WikiLeaks vient de publier.
Cinq ans plus tard, le traité d’amitié franco-algérien n’a toujours pas été signé. Et les relations entre Paris et Alger sont toujours aussi sensibles. Un câble d’octobre 2005 rapporte qu’après le référendum sur la charte pour la paix et la réconciliation nationale, un diplomate français s’est dit impressionné par les déclarations du département d’Etat américain qui “aurait aimé un débat public” sur le projet. Pendant que les Français, “convaincus que les chiffres officiels de la participation diffusés par le ministre de l’Intérieur Yazid Zehrouni étaient frauduleux, au moins en ce qui concerne Alger”, saluaient cette “consultation démocratique à laquelle le peuple algérien a participé”.
En reconnaissant que si la référence à une “consultation démocratique” était “clairement exagérée”, le diplomate souligne qu’ “une déclaration comme celle des Américains aurait déclenché un crise majeure” étant donné que “tout commentaire français sur la politique intérieure algérienne comprend une charge émotionnelle”. Et que les Français, avec Alger, “faisaient leur possible pour prendre des gants au moins jusqu’à ce que le traité d’amitié soit signé.”

“Obstruction” sur l’état de santé du président algérien
En décembre 2005, les Américains constatent que “le gouvernement français continue de faire obstruction sur l’état de santé du président Bouteflika, hospitalisé à Paris depuis le 17 novembre”. Un cadre du ministère des Affaires étrangères français concède que “l’hospitalisation de Bouteflika a compliqué les efforts du gouvernement à conclure un traité d’amitié avec Alger et qu’il ne parviendrait pas à un accord d’ici la fin de l’année comme il se l’était fixé.”
Le télégramme confidentiel de janvier 2006 note que le traité en question attendu depuis longtemps “reste bloqué sur des différends relatifs à des questions historiques, à savoir la façon de nommer la colonisation”. Il cite Missoum Sbih, ambassadeur d’Algérie en France : “Le gouvernement algérien a pensé à introduire la mention de “colonisation” dans le traité, ce à quoi les Français se sont opposés”. Et le diplomate algérien de rappeler que le refus de l’Assemblée nationale de revenir sur la loi de février 2005 sur le rôle positif de la colonisation “a compliqué encore davantage le sujet, devenu une controverse de politique intérieure à la fois en Algérie et en France” et que “les efforts pour réécrire cette loi à la demande du président Chirac n’aboutiront vraisemblablement pas, en raison des réticences publiques à reconnaître les méfaits de la colonisation et de la pression des élections présidentielles imminentes”.
L’abandon du traité ne serait pas, selon lui, “une terrible perte pour l’Algérie mais un gros revers pour la France”. Sans accord, les relations franco-algériennes resteraient à un “excellent niveau” sans atteindre toutefois le “niveau exceptionnel” (selon la définition de Missoum Sbih “meilleures que les relations françaises avec le Maroc et la Tunisie”) promis par le traité”.
Sarkozy “furieux”
Autre épisode de la saga franco-algérienne : alors que Nicolas Sarkozy doit se rendre en Algérie pour une visite d’Etat, fin 2007, Mohamed-Cherif Abbas, le ministre algérien des Moudjahidines, provoque la polémique sur les “origines juives” du président français et le “soutien” dont il aurait bénéficié auprès d’un prétendu “lobby juif” pour accéder à l’Elysée. Le président Bouteflika téléphone alors à Nicolas Sarkozy pour lui assurer que les propos du ministre “ne reflètent en rien la position de l’Algérie”, et qu’il serait “reçu en ami”.
A l’histoire connue, un câble de l’ambassade des Etats-Unis à Paris rapporte les propos de Boris Boillon, aujourd’hui médiatique ambassadeur de France en Tunisie, à l’époque conseiller Afrique du Nord, Proche et Moyen-Orient à l’Elysée. Ce dernier y décrit un Nicolas Sarkozy “furieux” après les déclarations “racistes et antisémites” du ministre des Moudjahidines. Le président français aurait “donné des instructions pour que soit convoqué l’ambassadeur algérien et que s’ensuive une déclaration officielle des Algériens afin qu’ils se démarquent des propos du ministre ou au moins, les condamnent.”
Toujours d’après Boris Boillon, Nicolas Sarkozy “aurait aimé” que le président algérien congédie son ministre mais “qu’il ne le demanderait pas expressément de crainte que les Algériens ne réagissent avec excès” et “qu’une nouvelle crise” entre les deux pays ne s’ensuive. Compte tenu des contrats à signer, “l’Algérie aurait beaucoup plus à perdre que la France si la visite devait subitement être annulée pour de telles raisons”, ajoute-t-il. Abdelaziz Bouteflika et Mohamed-Cherif Abbas “ont la même mentalité et appartiennent à la même génération, englués dans les années 60 ou peut-être les années 70″, aurait-t-il expliqué aux Américains, en notant “l’ironie de plusieurs leaders des organisations vétérans d’Algérie dont les enfants vivent et travaillent en France, sans parler des comptes bancaires français et des titres immobiliers”.
Les pertes de Renault
Dans un télégramme datant de septembre 2009, un cadre des Affaires étrangères français, assure que malgré les reports répétés de la visite d’Etat du président algérien en France, “les relations entre les deux pays ne sont pas tendues”. “L’inertie de la politique intérieure du côté algérien a créé l’apparence de tensions grandissantes entre les deux pays”, les élites politiques algériennes “prenant beaucoup de temps pour parvenir à des conclusions et à agir”.
Pour autant, la loi de finances complémentaire consacrant une série de mesures protectionnistes aurait considérablement détérioré les relations bilatérales. “Depuis que la loi est entrée en application, les exportations de la France vers l’Algérie ont baissé d’environ 60% (…). La loi comprend de nombreuses barrières structurelles à l’investissement et au commerce avec l’Algérie”. Et de citer en exemple Renault qui “a souffert de pertes significatives”.
Pour expliquer ce repli économique, les Français avancent “une peur grandissante de l’endettement parmi l’élite algérienne, en particulier Bouteflika, qui interprète la tourmente économique des années 80 comme la cause principale de la guerre civile des années 90. En limitant le déficit des comptes coutants, il semble penser qu’il peut créer de la stabilité politique.”
Mélanie Matarese
Source : blog.lefigaro.fr


Quand une société française aidait Kadhafi à surveiller le web

 

31 août, 2011 Posté dans Non classé

Une société française, entre autres, filiale de Bull, avait fourni au régime de Kadhafi un système permettant de surveiller des échanges sur l’Internet libyen, révèle mardi le Wall Street Journal. Ce système a permis aux renseignements libyens de lutter contre l’opposition dans le pays.

En visitant les locaux des services de renseignement libyens, délaissés par ses occupants depuis la chute de Tripoli, des reporters du Wall Street Journal ont fait d’intéressantes découvertes permettant de comprendre comment Kadhafi surveiller ses citoyens sur Internet.

 Dans une pièce au rez-de-chaussé de cet immeuble désormais abandonné, les journalistes ont mis la main sur des documents laissés par terre par des agents pressés de partir : des manuels d’utilisations portant le logo d’une société baptisée Amesys. Sur la porte, un avertissement : “Aidez nous à garder nos affaires classifiées secrètes. Ne parlez pas d’une information classifiée en dehors du QG”. Cet avertissement valait pour les informations recueillies par les agents, mais aussi peut-être pour la manière dont ils les récoltaient.

Car le régime libyen a semble-t-il passé des contrats avec des sociétés étrangères pour surveiller son Internet local : Narus, filiale de l’américain Boeing et spécialisée dans la protection contre les cyberattaques, le Chinois ZTE, pour la surveillance, le Sud-Africain VASTech, pour les écoutes téléphoniques, et Amesys donc. Une entreprise française, rachetée par Bull en janvier 2010. C’est elle qui a équipé en 2009 le centre de surveillance d’internet de Tripoli avec un système d’analyse du trafic internet (”deep packet inspection”, DPI), selon des personnes proches du dossier, citées par le quotidien américain, qui qualifie le système d’un des plus “intrusifs” existant dans le monde. Le DPI permet de contrôler les messages qui s’échangent, pour éventuellement filtrer voire censurer des “paquets” de données.

Surveillance des mails et des messageries

Le système utilisé se nomme Eagle. Selon la société française, qui fait la promotion de son produit sur son site Internet, il permet de détecter des emails provenant des messagerie Hotmail, Yahoo ou Gmail et de voir en temps réel des conversations sur des messageries instantanées comme MSN ou AIM. Ainsi, dans la salle visitée, les reporters du Wall Street Journal sont tombés sur des copies de conversations entre internautes libyens.L’une d’elles retranscrit un échange de 16 minutes sur Yahoo entre un homme et une jeune femme. Entre les flirts et les déclarations d’amours, l’homme s’inquiète d’être devenu une cible pour les services secrets libyens depuis sa participation au mouvement d’opposition débuté en février. “Ne m’oublie pas” lui répond-elle.

Interrogé par l’AFP, le groupe Bull a indiqué qu’il ne faisait “aucun commentaire” sur cette information, selon une porte-parole.

V.V. (avec AFP) – leJDD.fr


Le parti de Sarkozy veut faire mieux que Le Pen: une «caution-retour» pour les demandeurs de visa

par Salem Ferdi, Le Quotidien d’Oran, 9 juillet 2011

Le parti de Nicolas Sarkozy ne peut plus se passer d’agiter, au moins une fois par semaine, le thème de l’immigration, de l’islam ou de la nationalité présumée douteuse de Français d’origine maghrébine ou africaine. Islam, laïcité, échec scolaire, le ministre français de l’Intérieur ne rate pas une occasion pour taper sur les étrangers et sur les Français « fils d’étrangers ».

Les choses sont allées jusqu’à accuser – en torturant avec mauvaise foi les statistiques – les enfants d’immigrés de plomber la note de l’échec scolaire de la France. Jeudi dernier, le parti de M. Nicolas Sarkozy a tenu une convention « anti-immigré » dans le but de montrer aux électeurs de « souche » tentés de votez pour le Front national que l’UMP fera beaucoup mieux. Et si l’UMP en fait beaucoup trop et se répète jusqu’à la nausée, le secrétaire général de l’UMP, Jean-François Coppé, l’explique avec une évidente mauvaise foi. « Personne ne doit être choqué que nous remettions régulièrement sur la table ces problématiques parce qu’elles sont évolutives ». En réalité, c’est le discours de l’UMP qui est évolutif. Tellement évolutif qu’un journaliste français a noté que ce n’était plus l’UMP qui courait derrière le Front national, mais l’inverse.

Le parti de Nicolas Sarkozy est déjà un parti sous emprise d’une extrême droite populiste xénophobe, anti-étrangers et, on l’a vu lors d’une précédente convention, antimusulmane. Les propositions de l’UMP élaborées avec la collaboration du ministre de l’Intérieur Claude Guéant qui est en campagne sur la thématique amalgame immigration-insécurité-dégradation comportent des propositions générales comme de faire de la question des flux migratoires un des sujets prioritaires du G8 et du G20, de relancer l’Union pour la Méditerranée pour une gestion concertée de migrations et de concentrer l’aide au développement dans les pays du Sahel. Les choses deviennent plus précises quand on approche de l’Europe ou de l’espace Schengen. Là il s’agit de renforcer les contrôles de l’agence Frontex, de créer une Agence de l’espace Schengen pour harmoniser l’octroi de visa.

La notion léonine de «dossiers à risque»

Le cap sécuritaire est clairement affirmé avec un appel à un renforcement des capacités des centres de rétention administrative. L’UMP propose également à ce que l’Europe conditionne le nombre de visas délivrés et l’aide au développement à la « coopération » dont ferait preuve l’Etat du Sud pour « le retour des immigrés illégaux ». Le clou de ces propositions est l’introduction du paiement d’une « caution-retour » pour les demandeurs de visa dont les dossiers sont classés « à risque ». Le demandeur de visa considéré comme « un risque » serait astreint à payer cette caution qui ne lui sera rendue qu’une fois de retour à son pays. Il y a clairement un aspect humiliant dans la procédure qui en cas de sa mise en place au niveau européen – ce n’est pas encore acquis – appellera à une réciprocité automatique. Mais ce qu’il faut noter est qu’en dépit des précautions de langage, on sait que les services consulaires ont tendance à considérer qu’une très grande partie des demandeurs de visa chercheraient à rester en France de manière clandestine. Un rapport de la Cimade rendu public en juillet 2010 illustre parfaitement ce climat de suspicion généralisée. L’Algérie enregistrait, selon ce rapport, le plus fort taux de refus de visas de la part de services consulaires français. A Annaba, ce taux était de 47,82% et de 43,98% à Alger. La Cimade notait que le taux global de refus pour les Algériens se situait à 35% alors que le taux de refus moyen était « de 9,6% en 2008 pour l’ensemble des consulats de France à l’étranger ». Ces chiffres montrent à quel point la suspicion est forte. Le niveau des rejets de visa élevé montre que les services consulaires français gèrent déjà les « dossiers dits à risque ». La formule, très léonine, permet tout ce que l’administration consulaire veut. L’introduction d’une caution-retour pourrait dès lors ne pas concerner les « dossiers à risque » qui sont rejetés. Elle peut devenir une quasi-règle pour l’ensemble des demandeurs de visa. Et ce n’est pas fini. Dans une campagne électorale « évolutive » en France, il ne faudra pas être surpris de voir M. Guéant et Coppé faire preuve de plus d’imagination pour démontrer qu’ils sont meilleurs que Le Pen en matière d’anti-immigrés.


COMMUNIQUÉ

Algérie : le président du SNAPAP, interdit de séjour en France

Comité international de soutien au syndicalisme autonome algérien (CISA), Paris, le 8 juin 2011

Rachid Malaoui est le président du SNAPAP (Syndicat national autonome des personnels de l’administration publique), principal syndicat autonome en Algérie, fer de lance de toutes les luttes sociales et politiques actuellement en cours dans le pays. C’est dans cette période si cruciale des mobilisations pour le changement en Algérie que le tribunal administratif de Nantes, dans une décision du 27 mai 2011, a rejeté la requête de M. Malaoui, qui contestait un refus de visa pour se rendre en France.

Le 4 novembre 2010, M. Malaoui sollicitait auprès du Consulat général de France à Oran la délivrance d’un visa d’entrée en France pour participer à une réunion de travail de l’Union syndicale solidaire à Paris le 16 novembre. La veille, il a été informé par un simple mail du consul général, M. Jean-Louis Soriano, que cette demande de visa avait été rejetée, au motif que M. Malaoui serait redevable en France d’une dette hospitalière de 16 457,99 €, suite à une hospitalisation en urgence qu’il avait dû subir à l’Hôpital de Meaux, en septembre 2006, pour une tuberculose pulmonaire. Or, conformément à la Convention générale relative aux soins de santé dispensés en France à certaines catégories d’assurés sociaux algériens du 1er octobre 1980, c’est le régime algérien d’assurance maladie qui aurait dû s’acquitter de cette dette, ce qu’il a refusé de faire – à l’évidence pour placer un opposant au régime dans une situation difficile.

De son côté, le tribunal administratif de Nantes, refusant de prendre en compte l’argumentation juridique très précise de M. Malaoui, a donc décidé de rejeter la requête du plaignant visant à faire annuler la décision de refus de visa dont il a été l’objet, ce qui revient de facto à empêcher M. Malaoui de pouvoir se rendre en France.
Le CISA dénonce cette très grave entrave à la liberté de circulation d’un éminent syndicaliste qui a besoin plus que jamais de se rendre en Europe afin de développer les relations entre son syndicat et ses homologues européens.

Le CISA déplore qu’au moment où il faudrait manifester notre solidarité avec l’action exemplaire des syndicats autonomes, dans l’esprit de l’appel récent du G8 à la solidarité avec les sociétés du Maghreb et du Machrek, la France s’obstine à refuser un visa court séjour à un syndicaliste qui mène une lutte courageuse et digne en Algérie.

CISA
21 ter, rue Voltaire, 75011 Paris (France)
http://www.cisa-solidaritesyndicats-algerie.org

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Luttes syndicales