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Un seul héros : le peuple !
Par Samir Bouakouir (FFS)
Mercredi 18 Mai 2011

Episodiquement, tenaces, les vieilles rancunes et inimitiés ressurgissent pour occuper un temps durant les médias. Le spectacle donné, lamentable et affligeant, par ceux que la mémoire officielle ou les contingences et surtout le hasard ont érigé en symboles, illustre la puissance symbolique que la lutte révolutionnaire pour l’indépendance exerce sur les individus et les pouvoirs.

Pour n’avoir pas réussi la transition de la légitimité historique vers la légitimité démocratique, notre pays demeure otage d’une histoire falsifiée, unique ressource politique d’un système finissant, au sens politique et biologique, et destructeur de l’environnement social et humain.
Ce qui doit constituer un objet de d’investigation scientifique pour les historiens est devenu un enjeu politicien et un lieu où se déversent mensonges et contre-vérités, où s’exhibent sans aucune pudeur des états d’âmes tourmentées, chagrinées et aigries.

Quel bel exemple pour les générations postindépendance !
Aux rituels commémoratifs officiels abêtissant, où seuls les faits d’armes sont glorifiés, s’ajoute, maintenant, avec les « confidences », empreintes d’un narcissisme maladif, de Ben Belle à Jeune Afrique, une vision de l’histoire jalonnée d’intrigues, de luttes sanglantes et de complots divers. Bref, une conception du mouvement de libération qui réduit le peuple, principal agent de son émancipation, au rôle passif de figurant.

Faut-il encore rappeler à tous ces chefs autoproclamés, violeurs de la mémoire historique, que la résolution des Nations-Unis, reconnaissant le « droit du peuple Algérien à l’autodétermination », est intervenue suite aux mouvements populaires du 11 décembre 1960 ? C’est cet événement historique qui a réussi à débloquer le processus politique et mettre fin à l’impasse politique provoquée par les luttes sourdes entre les différents clans qui se disputaient le contrôle des organes de la révolution.

C’est toute la différence entre Ait Ahmed et Ben Bella !
Dans ce rapport au peuple. Ben Bella représente cette élite politique qui a tourné le dos au peuple et qui a servi d’escabeau aux appareils militaro-policiers pour confisquer la révolution et imposer la dictature.

Il représente cette élite politique adoubée, il en est en quelque sorte le précurseur, dont le profil psychologique répond aux critères établis par les officines de l’ombre, ces vrais maitres du pays : les services de renseignement. Mégalomanie, soif de pouvoir, comportement autoritaire, ambition démesurée, ces « qualités » requises pour accéder aux responsabilités politiques sont encore aujourd’hui celles présidant à la sélection et à la cooptation d’un personnel politique qui sert depuis bientôt cinquante ans de « façade civile » au système militaro-policier. Une « façade » renouvelée aux rythmes des crises internes cycliques et qui s’embellie, à l’occasion, de certaines figures de l’ « opposition ».

La trahison des clercs

C’est bien là que réside l’extraordinaire longévité du système. Dans la « trahison des clercs ». Et c’est ce qui rend la « spécificité algérienne » intelligible. Voilà pourquoi, entre autres raisons, la contagion démocratique, tant espérée, comme un processus mécanique, n’a pas eu lieu, même si le divorce entre le pouvoir et la société est largement consommé. Mais un divorce qui s’accompagne, ici mécaniquement, d’un rejet des «politiques » et de la « politique ».

La stratégie des « artistes-comploteurs » de l’ombre est d’une redoutable efficacité : rendre impossible, toute alternative démocratique en empêchant, par la combinaison corruption- manipulation- répression, la constitution d’une élite algérienne autonome, condition pour l’émergence d’une vraie société civile.

Mais cette stratégie est en même temps extrêmement périlleuse : la guerre contre le politique peut ressembler à ces guerres qui aboutissent à une sorte de « victoire à la Pyrrhus ». Avec à terme un effondrement brutal du système, et non pas simplement une chute du pouvoir visible. Inutile d’imaginer les graves conséquences dans un pays où l’obsession maladive à s’accrocher au pouvoir, à ne rien céder sur le fond sinon dans la forme, va fatalement libérer les forces centrifuges de désintégration du lien social et national.

lanation.info


Témoignage/Histoire: Amar Bentoumi met à nu les contrevérités de Ben Bella

Par Amar Bentoumi*

Après les déclarations de Ben Bella à Jeune Afrique (édition du 17 mai 2011 NDLR)*, je me dois de rétablir la vérité sur certains faits dont j’ai eu connaissance en ma qualité d’avocat du PPA-MTLD et puis du FLN.

Rôle de Ben Bella au sein de l’Organisation spéciale (OS)

Après avoir mis sur pied l’OS qu’il a dirigée pendant environ une année, Mohamed Belouizded a dû, pour des raisons de santé très graves (tuberculose contractée au cours de la reconstitution du parti (décimé lors des massacres du 8 Mai 1945) dans le Constantinois, cesser ses activités. La commission des Quatre composée de Lahouel ? Lamine Debaghine, Boukadoum et Aït Ahmed, a proposé au Bureau politique Aït Ahmed comme chef de l’OS en remplacement de Belouizded, ainsi que l’adoption d’un découpage territorial en cinq zones calqué sur celui du PPA-MTLD. Ces propositions adoptées, Aït Ahmed prend le commandement de l’OS qu’il a dirigée pendant deux ans durant lesquels il a élaboré les manuels de formation des cadres et des militants, un manuel relatif à l’attitude des militants en cas d’arrestation. Aït Ahmed a mis en place les structures de l’OS et grandement renforcé la logistique que Belouizded a commencé à mettre en place. Ben Bella a été désigné à la tête de la zone de l’Oranie et Mohamed Boudiaf à la tête du Constantinois. L’inspection qui eut lieu, pour établir le bilan avant la réunion du Comité central élargi de Zeddine, fin décembre 1948, a révélé que les résultats obtenus par Boudiaf étaient nettement supérieurs à ceux, plutôt décevants, de Ben Bella. Lors de la crise dite «berbériste» de 1949, Aït Ahmed, soupçonné d’en être l’instigateur, a été écarté de la direction de l’OS. En octobre 1949, Ben Bella a été désigné à la tête de l’état-major de l’OS. Ce qui lui a valu ce poste, en dépit de ses maigres résultats à la tête de l’Oranie, était plutôt ses dix ans passés au sein de l’armée française (1937-1947) et ses «exploits» pendant la Seconde Guerre mondiale, dont il ne cessait de se vanter et qui lui ont valu sa médaille militaire et ses quatre citations. Mais Ben Bella n’est resté à la tête de l’OS que près de sept à huit mois. Le parti avait loué pour Ben Bella un appartement situé au 36, rue Auber-Seger, à Alger, chez une femme européenne. Lorsqu’en mars-avril 1949, la police a commencé à enquêter sur l’affaire de l’OS, le parti a ordonné à Ben Bella de quitter l’appartement en question et de se mettre au vert mais ce dernier a refusé de s’y soumettre, préférant rester en compagnie de Madame Tendière avec qui il entretenait une relation intime. C’est ainsi que Ben Bella a été arrêté en mars 1950 sans opposer aucune résistance et a même remis spontanément à la police son arme – un 7,65 appartenant à l’OS de l’Oranie qu’il a illégalement gardé – qui se trouvait sur la table de nuit de la chambre de la dame qui l’hébergeait. Début mai 1950, Ben Bella est présenté par le commissaire Havard de la PRG au commissaire divisionnaire Costes, qui lui a donné une paire de gifles pour s’être allié à «anti-français» lui disant qu’en raison de ses états de service pendant la Seconde Guerre mondiale, il ne souhaitait pas lui infliger le même traitement que subissaient les autres membres de l’OS, à condition qu’il livre toutes les informations en sa possession. Le commissaire divisionnaire Costes a averti Ben Bella qu’il était informé par Belhadj Djilali (inspecteur général de l’OS) de tout ce qui concerne l’OS et son rôle personnel (celui de Ben Bella, ndlr) et qu’il ne s’avise pas de mentir ou de cacher des informations. Du papier et un crayon ont été remis à Ben Bella installé dans une pièce pour rédiger son «récit». Au bout de quelque temps, Ben Bella frappe à la porte pour demander du papier. C’est dire, selon le jargon policier, qu’il a vidé son sac !Déféré devant le juge d’instruction, il a confirmé ses déclarations faites devant la police et par lesquelles il a dénoncé Saïd Amrani qui l’a remplacé à la tête de l’OS et dont la police ignorait même l’existence. Ben Bella avait livré beaucoup de militants et de cadres dont Khider, Boutelilis, etc. A propos de l’affaire de la poste d’Oran, Ben Bella a écrit dans sa déposition : «S’il me revenait d’autres détails, je ne manquerais pas de vous en faire part ou de les dire au juge d’instruction.» Le juge d’instruction a ordonné son incarcération à la prison de Blida où je lui ai rendu visite en compagnie de Maître Kiouane. Ce dernier a transmis à Ben Bella les instructions fermes du parti qui ordonne à tous les militants détenus de revenir sur leurs déclarations faites à la police, invoquant la torture et dénonçant un complot policier contre le MTLD, parti légal. Dans un premier temps, Ben Bella a catégoriquement refusé d’obtempérer sous prétexte qu’il ne pouvait «se déjuger». Ce n’est qu’après de fortes pressions qu’il a fini par obéir aux instructions du parti et adopter la même attitude que ses codétenus.

Rôle de Ben Bella dans l’affaire de la poste d’Oran

Près de soixante ans après, Ben Bella s’attribue à lui seul les mérites de l’affaire de l’attaque de la poste d’Oran. «L’organisation principale du coup jusqu’au moindre détail, c’est moi», déclare-t-il. C’est une contrevérité et une falsification grossière de l’histoire. Il n’y était pas. Il n’y a pas participé. Sa seule contribution consistait à présenter Bekhti Nemmiche, agent de la poste d’Oran, à Aït Ahmed qui ont étudié le plan des lieux ensemble.

Comment le père de Ben Bella a acquis ses biens à Maghnia

Entre 1952 et 1953, la commune mixte de Maghnia a attaqué en justice la famille Ben Bella, notamment la mère et la sœur de Ahmed Ben Bella, pour les déposséder de leurs biens fonciers et immobiliers. L’objet de cette action en justice était la révocation des concessions accordées au père Ben Bella par la commune de Maghnia pour services rendus à la France. Ces concessions consistaient en un caravansérail qui servait d’écurie et de fondouk, des terrains agricoles et des vergers d’oliviers et divers arbres fruitiers. Cette action en justice a été engagée contre la famille Ben Bella pour se venger de son fils Ahmed après son évasion de la prison de Blida. Le tribunal de grande instance de Tlemcen qui a cité à comparaître la mère, la sœur et par défaut Ahmed Ben Bella, a donné raison à la commune de Maghnia et a ordonné la dépossession des Ben Bella et leur expulsion y compris de la maison où ils habitaient. J’ai été chargé par le parti de m’occuper de cette affaire qui n’avait aucun rapport direct avec la répression et j’ai introduit un appel auprès de la cour d’Alger où je me suis présenté pour défendre les intérêts de madame Ben Bella et de sa fille et implicitement de Ahmed Ben Bella. A la veille du déclenchement de la guerre de Libération nationale, j’ai plaidé cette affaire devant la cour d’Alger et j’ai fait infirmer la décision du tribunal de Tlemcen. La question qui se pose en fin de compte, pourquoi ce Marocain qu’était le père de Ben Bella, a-t-il obtenu des autorités coloniales de pareilles concessions ? Je n’ai pas trouvé de réponse immédiatement. Plus tard, lors de ma détention au Sud, ordonnée par le même Ben Bella, un compagnon de détention, en l’occurrence Bensoltane, natif de Maghnia et militant de la première heure du PPA, m’avait dit qu’il a su que cette récompense dont a bénéficié le père de Ben Bella après l’avoir fait quitter le Maroc pour le protéger, était le résultat des trahisons et des crimes qu’il avait commis au Maroc. Le père de Ben Bella a donc été récompensé parce qu’il a trahi son peuple marocain, sa patrie et son roi. C’est ça la marocanité héréditaire de Monsieur Ahmed Ben Bella. Par ailleurs, j’ai une question à poser à Monsieur Ben Bella même si j’ai, en partie, la réponse. Que sont devenus les bijoux collectés dans le cadre du Fonds de solidarité (Soundoq ettadhamoun), au début de l’indépendance et qui s’estimaient à des quintaux, si ce n’est à des tonnes d’or et d’argent dont les femmes algérienne se sont dépouillées pour se parer de la liberté retrouver et aider l’économie algérienne à prendre son essor ? Une partie de ce fonds a été retrouvée à la Villa Jolie, où des sacs de bijoux étaient entassés dans des pièces jusqu’au plafond. Et c’est Ben Bella qui les y avait déposés. L’inventaire de ce qui a été retrouvé a été établi officiellement après le coup d’Etat du 19 juin 1965, par le président de la Cour suprême de l’époque et par son procureur général respectivement Benbahmed et Maître Mostafaï El Hadi. Des sacs pleins de devises ont été également retrouvés à la Villa Jolie, car Monsieur Ben Bella puisait comme bon lui semblait dans le fonds de devises de la Banque centrale pour distribuer l’argent selon ses humeurs. La question reste posée : où est passé le reste de Soundouq ettadhamoun et qu’en a-t-il fait ?

A propos du déclenchement du 1er Novembre

Là aussi Ben Bella dit : «Le 1er Novembre, c’est moi.» Une autre ignominie. Car tout le monde sait que le 1er Novembre n’a pas été décidé au Caire où s’était réfugié Ben Bella, mais en Algérie. Tout le monde sait aussi le rôle joué par Boudiaf, Taïeb El Watani, dans la préparation du déclenchement de la guerre de Libération nationale. Sans Boudiaf, sans les démarches qu’il a entreprises, sans l’aide qu’il a reçue de la part d’un nombre réduit de militants dont Didouche, la réunion des 22 n’aurait jamais pu avoir lieu. Le principe d’une action armée a été décidé lors de la réunion des 22 à laquelle Ben Bella n’a pas participé, parce qu’il ne pouvait pas y être puisqu’il était au Caire. L’assemblée des 22 a mandaté les Cinq auxquels s’était joint Krim Belkacem pour devenir le comité des Six qui s’est réuni chez Mourad Boukchoura à Bologhine et a décidé de la date du 1er Novembre pour lancer l’insurrection. Donc, Ben Bella n’a pas participé à cette décision et, à ce titre, ne peut prétendre que le 1er Novembre, c’était lui. Mieux encore, Ben Bella n’a pas assisté à la création du CRUA dont le véritable artisan était Boudiaf qui en a eu le financement grâce à Lahouel et dont l’organe central, Le Patriote, était dirigé par Salah Louanchi et tiré et distribué à partir du local des SMA, à la Pêcherie. Ben Bella n’y est pour rien dans cet épisode glorieux. Ben Bella était plutôt à l’origine de l’arrestation au Caire de Lagha, président des SMA. D’ailleurs, au Caire, Ben Bella était l’agent de Fethi Dib, chef des services secrets égyptiens. Quand Lahouel Hocine est arrivé en novembre 1954 au Caire, en compagnie de Mhamed Yazid pour discuter de l’ouverture de la représentation du MTLD à l’extérieur et dont le chef était Mohamed Khider, il s’est indigné du fait que ses interlocuteurs soient des éléments des Moukhabaret. Lahouel a refusé de dialoguer avec la police égyptienne et a exigé qu’il soit reçu par un niveau politique supérieur. Lahouel avait déclaré alors : «Nous sommes un parti politique, nous exigeons de discuter avec des autorités politiques.» Ce coup de gueule de Lahouel contre les Egyptiens et Ben Bella a valu au leader centraliste l’ire du Caire ce qui l’avait contraint à se réfugier en Allemagne puisqu’en Algérie, la révolution avait déjà commencé.

Le rôle de Ben Bella dans la révolution

Khider était le premier à se réfugier au Caire lors du démantèlement de l’OS et après la levée de son immunité parlementaire. Le MTLD lui avait alors demandé de se rendre aux autorités coloniales, mais Khider a refusé et avec l’aide de M’hamed Yazid, il s’est rendu en Suisse avant de rejoindre le Caire. Aït Ahmed, en sa qualité d’ancien responsable de l’OS et craignant d’être arrêté, le parti lui ordonna de quitter l’Algérie et de se rendre au Caire. Enfin, et après son évasion organisée par le parti, Ben Bella était le troisième à rallier le Caire.Il est exact que Ben Bella a fait partie du Bureau du PPA au Caire. Il est tout aussi exact, à l’instar des autres membres du Bureau du Caire, Mohamed Khider et Hocine Aït Ahmed, il a opté pour le FLN. A ce titre, chacun des trois membres de la délégation du FLN à l’extérieur avant d’être rejoint par Boudiaf, était chargé d’une mission : Khider était chargé des questions politiques. A ce titre, il a été contacté par la SFIO pour tenter d’entrer en contact avec le FLN et engager des négociations. Aït Ahmed était chargé des relations internationales qui, assisté de M’hamed Yazid, a représenté le FLN lors de la conférence des non-alignés à Bandong. C’est toujours Aït Ahmed qui représentait l’Algérie aux Nations Unies jusqu’à son arrestation. Ben Bella était chargé de pourvoir les maquis en armes. De 1954 à 1955, aucune arme n’a été fournie par Ben Bella aux maquis, ce qui a poussé Benboulaïd à puiser dans ses propres fonds dans l’espoir de se rendre en Libye pour acheter des armes. C’est d’ailleurs lors de son périple à pied vers la Libye qu’il a été arrêté aux frontières tunisiennes. En 1956, la situation n’a pas changé et le bilan de Ben Bella était négatif. C’est pour cette raison que Larbi Ben M’hidi a pris le risque de se rendre au Caire où il a eu une discussion orageuse avec Ben Bella à propos de sa mission qu’il n’a pas remplie. Dès son retour, en Algérie, Ben M’hidi a rendu compte de sa mission au Caire à Abane.

Le Congrès de la Soummam

Ben Bella prétend qu’il a été empêché par Abane d’assister au Congrès de la Soummam. Ben Bella oublie de dire qu’il voulait que le Congrès se tienne à San Remo, situé à la frontière franco-italienne, ce qui constituait un risque sérieux pour la sécurité de la direction de la Révolution. Ben Bella était alors à Madrid. Il a envoyé à San Remo Khider pour la délégation de l’extérieur et Doum pour la Fédération FLN de France. Pour Abane, il n’était pas question de tenir le congrès ailleurs qu’en Algérie aussi bien pour des raisons de symbolique politique que pour des raisons sécuritaires. Au-delà de ces considérations, le Congrès concerne, en premier lieu, ceux qui étaient à l’intérieur et qui affrontaient l’ennemi militairement et politiquement. Pour mémoire, le Congrès devait se tenir dans un autre endroit que la région d’Ifri mais toujours dans la Kabylie. Ce lieu a été bombardé. Pour rappel aussi, Zighoud Youcef avait proposé la tenue du Congrès dans le Nord constantinois.

A propos du «cinéma» vestimentaire de Messali Hadj

Monsieur Ben Bella ! L’accoutrement de Massali Hadj, à savoir sa chéchia, sa gandoura, son burnous et sa canne, avait un sens identitaire qui le différenciait des colonialistes qu’il combattait. Cette façon de s’habiller n’était ni excentrique ni fantasmagorique. Elle faisait partie de la dimension politique de l’homme qu’était Messali. Elle avait une valeur aux yeux du peuple. Par cet accoutrement, Messali affirmait la personnalité algérienne. Quant à la barbe qui le caractérisait depuis son engagement politique, Messali a juré de ne la raser qu’après l’indépendance. Pourquoi Ben Bella ne parle-t-il pas du charisme de Messali, de sa verve et son talent de tribun hors pair et de sa foi inébranlable en l’indépendance du pays ? Il a résisté à tout le monde et aujourd’hui on présente les Oulémas comme des révolutionnaires à l’origine de l’indépendance. C’est une autre monstruosité et une falsification éhontée de l’histoire. Le père du nationalisme algérien est bel et bien Messali Hadj. Cependant, il mérite d’être condamné pour ses choix à la veille du 1er Novembre 1954, pour le sang qu’il a fait verser entre les Algériens, pour sa mégalomanie, oui l’histoire le jugera. Mais jusqu’à la création du CRUA, Messali a été le représentant du nationalisme algérien. Lorsque Messali a commencé à parler de la présidence à vie du parti, de pleins pouvoirs, il s’est mis sur le banc des accusés et le peuple a tranché le 1er Novembre et en 1956 en choisissant le FLN contre le MNA. C’est cet épisode que Ben Bella aurait dû aborder et non l’aspect vestimentaire d’un homme qui a réussi à imposer le fait national algérien et l’idée de l’indépendance alors que les assimilationnistes étaient légion au sein du mouvement national. En tout état de cause, Ben Bella est mal placé pour critiquer le culte de la personnalité de Messali Hadj et de sa folie des grandeurs. N’a-t-il pas fait pire quand il était président de la République ? Je me souviens d’une réunion du gouvernement qu’il a présidée après son retour d’un voyage en Guinée. Il n’a pas cessé de parler du «cinéma» de l’accueil qui lui a été réservé. Il jubilait au point de regretter qu’en Algérie, ce genre de «cinéma» n’existait pas. Enfin, je tiens à dire que Ben Bella est responsable de la fin tragique de beaucoup de héros de la Révolution. Qu’il se souvienne, lui qui n’a pas tiré un coup de feu durant les sept ans et demi de la Révolution, de sa décision d’exécuter Chaâbani, chef de la wilaya, colonel de l’ALN de l’intérieur. Du rôle qu’il a joué dans l’exécution de Abane et j’en passe.

Les trahisons de Ben Bella

Pour finir, je tiens à dévoiler un fait que Khider m’a raconté. Khider a soutenu Ben Bella après un accord commun. L’un et l’autre visaient le pouvoir. L’un et l’autre avaient ses raisons. A ce titre, ils s’étaient entendus de se partager le pouvoir. Khider espérait en fait être président de la République à titre honorifique et Ben Bella chef du gouvernement avec les pleins pouvoirs de l’exécutif. Pour Khider, Ben Bella était jeune, il avait tout l’avenir devant lui. Donc Khider espérait faire un mandat à la tête du pays avant de se retirer dans une ferme à Douéra pour finir sa vie. Ben Bella est venu d’Oran à Alger où les armées de la Wilaya IV régnaient en maîtres. Lors d’une réunion de nuit chez Rabah Bitat, en présence de Khider, de Bousmaha, de Lakhdar Bouragaâ, de Boumaâza et de moi-même, il a été dit à Khider qu’il était le bienvenu, mais Ben Bella n’avait pas intérêt à venir à Alger. Les responsables de la Wilaya IV ont informé Khider qu’ils ne voulaient ni de Ben Bella ni de Boumediene même comme députés. C’est Khider qui a fait venir Ben Bella clandestinement à Alger et c’est Fares qui l’a hébergé dans une villa à Rocher-Noir, à Boumerdes, un hélicoptère était prêt à l’évacuer en cas de besoin. Plus tard, Fares, le commandant Azzedine, moi et d’autres avons été mis en résidence surveillée. Lors de la réunion des cadres du parti tenue au lycée Amara-Rachid, tous les commissaires politiques, à l’exception de Mostghalmi, se sont engagés à reprendre les armes pour empêcher Ben Bella de prendre le pouvoir. Ben Bella, ayant été informé par Mostghalmi de ce qui se tramait, a quitté Alger pour Oran. Ben Bella a fait intervenir l’ambassadeur d’Egypte à Alger pour trouver un arrangement avec Khider à qui il a demandé de s’éclipser pendant six mois, et à son retour, l’engagement pris pour le partage du pouvoir sera respecté. A son retour, Khider a compris le jeu de celui qu’il considérait comme son fils. Ben Bella a trahi tous ceux qui l’ont aidé, y compris Khider. Sur le plan intellectuel, Ben Bella n’a aucune honnêteté. J’ai travaillé avec lui et je sais de quoi je parle. Il s’approprie les idées des autres en les étalant dans les journaux. Entre 1956 et 1962, il a été emprisonné sans se donner la peine d’améliorer son français. Entre 1965 et 1982, date de sa libération par Chadli, il n’a fait aucun effort pour apprendre l’arabe classique, lui qui se dit arabe. Aujourd’hui, Ben Bella verse, à travers son délire, dans la désinformation et le détournement de l’histoire. C’est pour cette raison que j’ai tenu à lui répondre car le devoir de mémoire m’est imposé comme il s’impose à tous les témoins vivants de notre histoire. Je suis en train d’écrire pour dire et rétablir les vérités telles que vécues. Nul n’a le droit de se taire sur la falsification de l’histoire qui est le patrimoine de tous les Algériens.

A. B.
*Amar Bentoumi a été avocat du PPA-MTLD
de 1947 à 1954, puis avocat du FLN jusqu’en 1962. Député de Constantine à l’Assemblée constituante, il a été le premier ministre de la Justice de l’Algérie indépendante. Après un désaccord avec Ben Bella qui l’a poussé à quitter le gouvernement, il a été interné en compagnie de Farhat Abbas à Adrar.
Ancien bâtonnier d’Alger.

*UNE SOIREE AVEC BEN BELLA
(http://www.jeuneafrique.com/Article/ARTJAJA2626p062-065.xml0/developpement-liberation-hocine-ait-ahmed-flnune-soiree-avec-ben-bella.html)

Par Yugurthen Athahmed, mardi 17 mai 2011,


Les Américains vivent 1984

par Paul Craig Roberts

Le 10 mai 2011
Mondialisation.ca

L’histoire de la Maison Blanche sur “la mort de Ben Laden” s’est totalement décousue par elle-même. Cela fait-il une différence de savoir que dans les 48 heures qui suivirent l’annonce télévisée du président Obama de dimanche soir, l’histoire a tellement changé, qu’elle ne présente plus aucune crédibilité ?

Cela n’a jusqu’ici eu aucune importance pour la BBC, autrefois célèbre et renommée, qui le 9 Mai, 8 jours plus tard, continue de répéter la litanie propagandiste que les navy SEALS ont tué Ben Laden dans son complexe pakistanais, la où Ben Laden vivait en voisin de l’académie militaire pakistanaise, entouré de l’armée pakistanaise.

Même le président pakistanais ne trouve rien à redire de cette histoire rocambolesque. La BBC rapporte que le président lance une enquête totale pour savoir comment Ben Laden a bien pu vivre pendant des années dans une ville de garnison sans jamais être repéré.

Pour la plupart des Américains, l’ a commencé et fini avec ces cinq mots: “nous avons eu Ben Laden”. Les célébrations, la saveur sucrée de la vengeance, du triomphe et de la victoire sur “l’homme le plus dangereux de la planète” sont semblables à l’excitation expérimentée par les supporteurs de sport quand leur équipe de foot bat leur vieil ennemi ou quand leur équipe de baseball gagne les world series. Aucun fan ne veut entendre le jour d’après que cela n’est pas vrai, que tout cela était une erreur. Si ces Américains, des années dans le futur, apprennent que cette histoire n’a été qu’une fadaise orchestrée afin de propulser quelque agenda que ce soit, ils refuseront de le croire et diront que tout cela n’est que du défaitisme libéral-rose-coco.

Tout le monde sait que nous avons tué Ben Laden. Comment pourrait-il en être autrement ? Nous – le peuple indispensable – la nation vertueuse, la seule super-puissance au monde, les chapeaux blancs, sommes destinés à dominer. Il n’y a pas d’autre issue.

Personne n’a remarqué que ceux qui ont fabriqués l’histoire ont oublié de montrer la machine à dialyse rénale, machine qui de fait, a maintenu en vie Ben Laden pendant plus de dix ans. Il n’y avait aucun médecin sur les lieux.

Personne ne se rappellera qu’en Décembre 2001, Fox News a rapporté qu’Oussama Ben Laden était décédé de sa maladie.

Si Ben Laden avait contre toute attente pu survivre une autre décennie et attendre, désarmé et sans défense, l’arrivée des Navy SEALS la semaine dernière, comment est-il alors possible que “le cerveau de la terreur”, qui n’a pas seulement tenu en échec la CIA et le FBI, mais aussi 16 autres agences de renseignement ainsi que celles des alliés des Etats-Unis en Europe, Israël, le conseil national à la sécurité, le Pentagone, le NORAD, le contrôle aérien, la sécurité des aéroports, 4 fois dans la même matinée, etc, etc… n’a jamais connu un autre succès, même pas mineur ? Qu’a fait le “maître de la terreur” pendant 10 ans après le 11 Septembre ?

La “mort de Ben Laden” sert trop d’agendas qui couvrent le spectre politique pour que l’évidence de la supercherie soit reconnue par beaucoup. Les patriotes sont euphoriques que l’Amérique ait battu Ben Laden. Les progressistes ont saisi l’opportunité de cette histoire pour villipender les méthodes de justice extra-judiciare des Etats-Unis, ce qui nous brutalise tous. Quelques gens de gauche ont acheté l’histoire à cause de la satisfaction émotionnelle qu’ils recoivent des Arabes oppressés qui rendent les coups à leurs oppresseurs impérialistes. Ces gens de gauche sont très contents qu’il ait fallu une décennie entière aux incompétents américains pour trouver un Ben Laden qui se cachait en pleine vue. Pour ceux-là, l’incompétence américaine à trouver Ben Laden est simplement la preuve de l’incompétence du gouvernement qui déjà avait failli de les protéger lors des attaques du 11 Septembre.

Ceux qui ont donnés les ordres et ceux qui ont écrits ces mémos illégaux et totalement incompétents qui stipulaient que la torture était autorisée par la loi états-unienne et la loi internationale, ainsi mettant Bush et Cheney dans une position où ils pourraient être légalement inquiétés, participent à l’euphorie générale en déclarant que c’est grâce à la torture et les informations ainsi obtenues que les assassins de Ben Laden ont pu le trouver. D’un seul coup d’un seul, la torture, qui était enfin retournée au pilori où elle avait été mise depuis des siècles, est de nouveau une bonne chose. Quoi que ce soit qui puisse mener à l’élimination de Ben Laden est un outil utile et valide.

Ceux qui veulent augmenter la pression sur le Pakistan pour qu’il la ferme au sujet des Américains assassinant des citoyens pakistanais au Pakistan depuis les airs ou par leurs troupes au sol, ont gagné une nouvelle matraque qui va amener le gouvernement pakistanais à se soumettre: “vous nous avez caché Ben Laden !”

Ceux qui veulent continuer à engraisser le complexe militaro-industriel et les pouvoirs de la Sécurité Intérieure (Homeland Security), comme la secrétaire d’état Clinton, utilisent la seconde ou la neuvième mort de Ben Laden comme preuve que l’Amérique a du succès dans sa guerre contre la terreur et que la guerre doit continuer sur ce chemin glorieux jusqu’à ce que tous les ennemis soient éliminés.

La cerise sur le gâteau fut la déclaration du directeur de la CIA disant que la mort de Ben Laden menerait a de nouvelles attaques sur le sol américain et de nouveaux 11 septembre par Al Qaeda qui voudra se venger. Cet avertissement, fait quelques heures à peine après la déclaration du président Obama dimanche soir, “téléphona” l’inévitable message sur internet d’Al Qaeda qui posta que l’Amérique souffrira de nouveaux 11 septembre pour a voir tué leur leader.

Si les Talibans savaient en Décembre 2001 que Ben Laden était mort, quelqu’un pense t’il qu’Al Qaeda ne le savait pas ? En fait, personne du public n’a les moyens de savoir si Al Qaeda n’est pas juste une organisation de façade créée par la CIA et qui est chargée “des annonces d’Al Qaeda”. La pertinence du fait que les annonces faites par Al Qaeda soient faites par la CIA est très forte. Les différentes vidéos reçues et diffusées ces dernières neuf années ont été démontrées falsifiées par des experts. Pourquoi Ben Laden enverrait-il de vidéos montage bidouillées ? Pourquoi Ben Laden a t’il arrêté de s’exprimer sur vidéo, mais seulement par messages audios ? Une personne qui dirige une grosse entreprise terroriste internationale devrait-être capable de produire ses propres vidéos. Il serait aussi certainement entouré de bien meilleure protection que celle de quelques femmes. Où était Al Qaeda, qui selon Donald Rumsfeld consiste en “un groupe d’assassins les plus vicieux et les mieux entrainés sur cette terre” ? Ces hommes les plus dangereux de la planète ont-ils abandonné leur leader ?

L’avertissement du directeur de la CIA concernant de futures attaques terroristes, suivi par une menace suspecte “d’Al Qaeda”, suggèrent que si le public américain continue de perdre son enthousiasme pour les guerres sans fin menées par les Etats-Unis, guerres qui sont faites aux frais du contribuable et donc du déficit budgétaire, aux dépends de la valeur du dollar, de l’inflation, de la sécurité sociale, du Medicare, des programmes de support sociaux et de salaires, de l’emploi, de la sortie de la crise etc, “Al Qaeda” se jouera encore des 16 agences de renseignement, de celles de nos alliés, du NORAD, etc, etc… et infligera de nouveau à la seule super-puissance mondiale une nouvelle défaite humiliante, qui revigorera le support des citoyens pour la “guerre contre le terrorisme”.

Je pense “qu’Al Qaeda” pourrait faire sauter la Maison Blanche, ou le congrès ou les deux, et les Américains croiraient encore à cette fadaise, tout comme les Allemands, un peuple bien mieux éduqué et plus intelligent, se sont laissés bernés par l’incendie du Reichstag, tout comme bon nombre d’historiens par ailleurs.

La raison pour laquelle je dis ceci est pour signifier que les Américains ont succombé à la propagande qui les a conditionnée à croire qu’ils sont sous attaque perpétrée par des ennemis omnipotents. La preuve de ceci est ce qui est diffusé tous les jours. Par exemple j’ai entendu sur la radio nationale publique à Atlanta le 9 Mars, que l’université Emory, une université privée assez côtée gratifia sa classe de 3 500 étudiants fraichement diplômés d’un discours de Janet Napolitano, la directrice de Homeland Security.

Ceci est une agence qui a des gardes-chiourmes payés pour palper les organes génitaux de jeunes enfants et d’adultes dans les aéroports et qui a annoncée l’extension de cette pratique des passagers aériens aux clients de galeries marchandes, aux voyageurs de bus et de trains. Qu’une université sérieuse ait invité une telle personne de bas-étage, qui n’a clairement aucun respect pour les libertés civiles et individuelles des citoyens et qui est totalement dépourvue de tout bon sens commun, pour s’adresser à une classe de jeunes diplômés d’une élite du sud des états-unis est une claire indication que le Ministère de la Vérité a prévalu. Les Américains vivent le 1984 de Georges Orwell.

Pour ceux qui n’ont pas lu ce roman classique d’Orwell, prédisant notre époque, Big Brother, le gouvernement, y pouvait dire aux citoyens n’importe quel mensonge et celui-ci était accepté sans aucune discussion. Comme un lecteur perceptif me fit remarquer un jour, nous les Américains, avec notre “liberté de presse”, sommes à ce point aujourd’hui: “Ce qui est le plus alarmant aujourd’hui est la totale désinvolture de ces mensonges, comme si le gouvernement était devenu tellement confiant de sa capacité à tromper le peuple, qu’il ne fait virtuellement plus aucun effort pour paraître même crédible.”

Un peuple aussi naïf que le peuple américain n’a aucun avenir.

Article original en anglais : http://www.globalresearch.ca/index.php?context=va&aid=24698

Traduit par Résistance 71.


Les restes mortuaires de chefs insurrectionnels algériens retrouvés dans un musée à Paris
El Watan, 7 mai 2011

Les restes mortuaires de dizaines de résistants algériens à la colonisation française, dont ceux de Chérif Boubaghla (mort en 1854) et de Cheikh Bouziane des Zaâtchas (mort en 1849), ont été retrouvés au Muséum national d’histoire naturelle (MNHN) de Paris, a révélé un chercheur en histoire, l’Algérien Farid Belkadi, dans une déclaration diffusée samedi par l’APS.

Ce spécialiste de l’histoire antique et de l’épigraphie libyque et phénicienne, qui s’intéresse également à la période coloniale, a précisé que certains fragments de corps étaient conservés au MNHN de Paris, depuis 1880, date à laquelle ils sont entrés dans la collection « ethnique » du musée.

Ces restes, des crânes secs pour la plupart, appartiennent à Mohamed Lamjad Ben Abdelmalek, dit Chérif « Boubaghla » (l’homme à la mule), au Cheikh Bouziane, le chef de la révolte des Zaatchas (dans la région de Biskra en 1849), à Moussa El-Derkaoui et à Si Mokhtar Ben Kouider Al-Titraoui. La tête momifiée d’Aïssa Al-Hamadi, qui fut le lieutenant du Chérif Boubaghla, fait partie de cette découverte.

De même que le moulage intégral de la tête de Mohamed Ben-Allel Ben Embarek, le lieutenant et alter ego de l’Emir Abdelkader. Selon les indications fournies par le chercheur, l’origine, la date d’entrée au musée et l’identité des sujets algériens insurgés contre l’autorité française sont inscrites dans la base de données du MNHN sous la forme: « Don du Dr Cailliot, 1881-37 Yaya Ben Said N° 6872, crâne a.m.i » ou encore en ce qui concerne le crâne de Boubaghla : « Don de M.Vital, de Constantine, 1880-24, Bou Barla, dit Le Borgne. 5940, crâne s.m.i ».

« Il a fallu des recherches subsidiaires pour savoir qui était qui, en ce qui concerne les donateurs ou les collectionneurs, certains sont médecins militaires, d’autres sont anthropologistes », a confié le chercheur, qui signale que les crânes de Boubaghla, de Bouziane, de Moussa Al-Darkaoui… portent tous un numéro d’ordre inscrit à même l’os.

Ils sont calfeutrés dans de vulgaires boîtes cartonnées, qui évoquent les emballages desàmagasins à souliers ! Ces boîtes sont elles-mêmes rangées dans les étagères d’énormes armoires métalliques grises aux portes coulissantes, fermées à double-clé, une bien triste fortune pour des hommes de la trempe de Chérif Boubaghla qui sacrifia sa vie et son existence pour que vive lÆAlgérie libre », a-t-il regretté, en exhibant des photos des restes de ces héros.

Pour le chercheur, qui est le premier algérien à avoir accès à cette collection, le but de son travail n’est pas de faire un exposé nécrologique sur la découverte « accablante » de restes mortuaires d’Algériens gardés dans des boîtes cartonnées ou du formol dans un Musée français, mais d’attirer l’attention sur ces symboles forts de l’histoire contemporaine de l’Algérie, qui sont privés de sépultures ».

Selon le directeur des collections au MNHN de Paris, Philipe Mennecier, »rien n’empêcherait le rapatriement de ces restes mortuaires. Il suffit que la partie algérienne en formule la demande ». « Ce sont à l’origine des donations qui font partie du patrimoine national. Et seul un accord entre l’Etat algérien et l’Etat français pourrait faciliter la démarche de rapatriement », a-t-il précisé.


Appel pour une transition démocratique en Algérie
10 Février 2011 Par ahmed.dahmani

Appel pour une transition démocratique en Algérie.

L’Algérie vit un moment dramatique de son histoire, potentiellement aussi explosif que celui qui affecte d’autres pays de la région, du fait des blessures encore ouvertes des deux dernières décennies, des politiques économiques incohérentes et des politiques sociales injustes. Les blocages du système politique autoritaire sont tels que l’émeute apparaît comme l’unique recours à une grande partie de la population qui subit le déni des droits et la hogra des détenteurs du pouvoir. De plus en plus de voix s’élèvent aujourd’hui pour revendiquer un changement radical du système politique autoritaire et corrompu qui préside aux destinées de l’Algérie depuis son indépendance.
La dernière initiative en date, une marche nationale pacifique le 12 février prochain, émanant d’une « coordination nationale pour le changement démocratique » vient de se voir signifier une interdiction en violation des droits et libertés garantis par la Constitution. Un pouvoir, déconnecté de son peuple et sourd aux aspirations des populations, semble décidé à employer tous les moyens répressifs pour empêcher toutes expressions et manifestations populaires et notamment celles de la jeunesse dépossédée de son présent et de son avenir. Ira-t-il jusqu’à l’irréparable comme ce fut le cas en octobre 1988 et avril 2001 ? L’Algérie et les Algériens, non encore remis d’une guerre civile qui a causé des centaines de milliers de morts, des milliers de disparus, des blessures physiques et psychologiques profondes doivent pouvoir retrouver la paix, jouir de conditions d’existence décentes.

Nous appelons tous les patriotes où qu’ils soient pour agir et peser de tout leur poids afin d’en finir avec la répression et d’engager l’Algérie dans une véritable transition démocratique. Cette transition démocratique veillera à la mise en place des institutions nécessaires à l’établissement et au fonctionnement de l’Etat de droit et définira les politiques pour la réalisation d’une société plus juste, plus égalitaire et plus solidaire. Le contexte exige que s’engage un véritable débat national qui associera toutes les sensibilités politiques et culturelles pour une refondation de la République algérienne. Cette refondation, tout en tenant compte des sacrifices et de l’héritage de la lutte de libération nationale, ouvrira la voie au respect effectif des droits et des libertés garantis par les différents pactes internationaux que l’Algérie a ratifiés.

Paris le 9 février 2011

Mohammed Harbi (Professeur d’histoire) ; Madjid Benchikh (Professeur de droit) ; Aïssa Kadri (Professeur de sociologie) ; Ahmed Dahmani (Maître de conférences en économie)

Merci de nous aider à faire connaitre notre appel pour une transition démocratique en Algérie.