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JAPON , Pour Miyazaki, caricaturer Mahomet est « une erreur”

Le génie de l’animation japonaise recommande de ne pas offenser les figures de culte d’autres cultures en les caricaturant.

Un mois après l’attentat contre le journal Charlie Hebdo, le père de l’animation japonaise, Hayao Miyazaki, a confié son avis au sujet des caricatures  publiées par l’hebdomadaire satirique dans une émission de la station de radio TBS. “Je pense qu’on ne devrait pas caricaturer les figures de culte d’une civilisation étrangère. Caricaturer Mahomet est une erreur”, a-t-il répondu au cours de l’interview sur la liberté d’expression menée par le journaliste Osamu Aoki.

Pacifiste convaincu et très critique à l’égard du nationalisme montant au Japon, le directeur du studio Ghibli a ajouté : « Au lieu de se risquer à offenser les autres cultures, les caricaturistes devraient prendre pour cible les hommes politiques de leur propre pays”, relate le Yomiuri Shimbun.

publié au http://www.courrierinternational.com

 


Le parti de Sarkozy veut faire mieux que Le Pen: une «caution-retour» pour les demandeurs de visa

par Salem Ferdi, Le Quotidien d’Oran, 9 juillet 2011

Le parti de Nicolas Sarkozy ne peut plus se passer d’agiter, au moins une fois par semaine, le thème de l’immigration, de l’islam ou de la nationalité présumée douteuse de Français d’origine maghrébine ou africaine. Islam, laïcité, échec scolaire, le ministre français de l’Intérieur ne rate pas une occasion pour taper sur les étrangers et sur les Français « fils d’étrangers ».

Les choses sont allées jusqu’à accuser – en torturant avec mauvaise foi les statistiques – les enfants d’immigrés de plomber la note de l’échec scolaire de la France. Jeudi dernier, le parti de M. Nicolas Sarkozy a tenu une convention « anti-immigré » dans le but de montrer aux électeurs de « souche » tentés de votez pour le Front national que l’UMP fera beaucoup mieux. Et si l’UMP en fait beaucoup trop et se répète jusqu’à la nausée, le secrétaire général de l’UMP, Jean-François Coppé, l’explique avec une évidente mauvaise foi. « Personne ne doit être choqué que nous remettions régulièrement sur la table ces problématiques parce qu’elles sont évolutives ». En réalité, c’est le discours de l’UMP qui est évolutif. Tellement évolutif qu’un journaliste français a noté que ce n’était plus l’UMP qui courait derrière le Front national, mais l’inverse.

Le parti de Nicolas Sarkozy est déjà un parti sous emprise d’une extrême droite populiste xénophobe, anti-étrangers et, on l’a vu lors d’une précédente convention, antimusulmane. Les propositions de l’UMP élaborées avec la collaboration du ministre de l’Intérieur Claude Guéant qui est en campagne sur la thématique amalgame immigration-insécurité-dégradation comportent des propositions générales comme de faire de la question des flux migratoires un des sujets prioritaires du G8 et du G20, de relancer l’Union pour la Méditerranée pour une gestion concertée de migrations et de concentrer l’aide au développement dans les pays du Sahel. Les choses deviennent plus précises quand on approche de l’Europe ou de l’espace Schengen. Là il s’agit de renforcer les contrôles de l’agence Frontex, de créer une Agence de l’espace Schengen pour harmoniser l’octroi de visa.

La notion léonine de «dossiers à risque»

Le cap sécuritaire est clairement affirmé avec un appel à un renforcement des capacités des centres de rétention administrative. L’UMP propose également à ce que l’Europe conditionne le nombre de visas délivrés et l’aide au développement à la « coopération » dont ferait preuve l’Etat du Sud pour « le retour des immigrés illégaux ». Le clou de ces propositions est l’introduction du paiement d’une « caution-retour » pour les demandeurs de visa dont les dossiers sont classés « à risque ». Le demandeur de visa considéré comme « un risque » serait astreint à payer cette caution qui ne lui sera rendue qu’une fois de retour à son pays. Il y a clairement un aspect humiliant dans la procédure qui en cas de sa mise en place au niveau européen – ce n’est pas encore acquis – appellera à une réciprocité automatique. Mais ce qu’il faut noter est qu’en dépit des précautions de langage, on sait que les services consulaires ont tendance à considérer qu’une très grande partie des demandeurs de visa chercheraient à rester en France de manière clandestine. Un rapport de la Cimade rendu public en juillet 2010 illustre parfaitement ce climat de suspicion généralisée. L’Algérie enregistrait, selon ce rapport, le plus fort taux de refus de visas de la part de services consulaires français. A Annaba, ce taux était de 47,82% et de 43,98% à Alger. La Cimade notait que le taux global de refus pour les Algériens se situait à 35% alors que le taux de refus moyen était « de 9,6% en 2008 pour l’ensemble des consulats de France à l’étranger ». Ces chiffres montrent à quel point la suspicion est forte. Le niveau des rejets de visa élevé montre que les services consulaires français gèrent déjà les « dossiers dits à risque ». La formule, très léonine, permet tout ce que l’administration consulaire veut. L’introduction d’une caution-retour pourrait dès lors ne pas concerner les « dossiers à risque » qui sont rejetés. Elle peut devenir une quasi-règle pour l’ensemble des demandeurs de visa. Et ce n’est pas fini. Dans une campagne électorale « évolutive » en France, il ne faudra pas être surpris de voir M. Guéant et Coppé faire preuve de plus d’imagination pour démontrer qu’ils sont meilleurs que Le Pen en matière d’anti-immigrés.

QUEL CHANGEMENT POUR QUELLE ALGÉRIE

Publié: 28 avril 2011 dans actualité, analyse & opinion
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QUEL CHANGEMENT POUR QUELLE ALGÉRIE

Alger le 22 avril 2011

COMMUNICATION DE DJAMEL ZENATI

Les récentes révoltes au Maghreb et au Machreq ont fait naître un grand espoir chez tous les peuples de la région. Elles ont réussi par ailleurs à ébranler beaucoup de certitudes et à démystifier des clichés considérés jusque là comme définitivement établis.

En effet, le mythe de l’invincibilité des autoritarismes de la région s’est effondré et le paradigme de l’incompatibilité de l’islam avec la démocratie invalidé. La thèse de l’incapacité génétique des peuples de la région à construire un Etat moderne est écartée et l’idée que ces autoritarismes sont un rempart contre l’intégrisme et le terrorisme est désormais abandonnée.

C’est dans cette conjoncture de grande intensité politique que ressurgit le thème du changement.

La notion de changement

Le changement a longtemps été attribué par la mémoire collective à la thématique officielle.
La forme propositionnelle « changement dans la continuité » ou plus encore sa réplique populaire « changement de façade » l’ont très vite marqué d’une charge suspicieuse et caricaturale.

Depuis quelque temps la problématique du changement revient au devant de la scène et polarise le débat public.
La forme adjectivale « changement radical » avancée dans la foulée des récentes contestations vise à réinscrire cette notion dans la positivité.
Il faut toutefois préciser que le degré de généralité de cette expression et l’unanimité qu’elle suscite tendent à diminuer de sa pertinence.

Pour cela il est impératif de définir le sens que recouvre cet objet complexe, de mettre en évidence sa nécessité et enfin de rendre visible les conditions de sa possibilité.

Pourquoi un changement radical

Le changement radical est dicté tant par le contexte national que par l’environnement international.

En effet l’Algérie est doublement menacée. Elle l’est d’abord par la persistance d’un système politique autoritaire qui ne cesse de produire échec et régression. Le sentiment d’exclusion qui gagne de plus en plus de couches sociales et la paralysie flagrante des institutions légales augurent de lendemains incertains. L’affaiblissement de l’identification à la communauté nationale et le repli dans des structures à solidarité primordiale fragilisent les fondements même de notre nation. L’émergence d’utopies communautaristes, latentes ou dominées, est un signe révélateur.

Elle l’est aussi par les effets pervers et ravageurs d’une mondialisation effrénée.
L’option d’un développement basé exclusivement sur l’industrie extractive a imprimé un caractère rentier à notre économie. Ce qui a engendré une dépendance structurelle de plus en plus accrue. L’embellie financière enregistrée ces dernières années aurait pu être exploitée pour réengager notre pays dans la voie de la reconstruction. Hélas elle n’a servi qu’à grossir les fortunes mal acquises, à entretenir les clientèles, à corrompre les consciences et à tenter d’acheter la paix sociale. Jamais « le paradoxe de l’abondance » n’a eu une aussi parfaite illustration.
Qu’adviendrait-il de notre pays si la demande mondiale en énergie venait à baisser ou que le cours du pétrole chutait ?

Cette justification de la nécessité du changement par la menace ne relève aucunement de quelque idéologie sécuritaire, cette dernière consistant à user d’une menace virtuelle à des fins dissuasives

L’enjeu qui se pose à notre pays aujourd’hui transcende les clivages politiques traditionnels et dépasse largement la question du pouvoir.
Il s’agit de relever un double défi.
Le premier défi est celui de l’intégration nationale. Il passe par la reconnaissance de tous les droits à même de fonder une citoyenneté réelle et dynamique, base fondamentale de la démocratie.
Le second a trait au mode d’insertion à l’économie mondiale par la mobilisation rationnelle de toutes les ressources humaines, symboliques et matérielles au profit de tous et dans le souci de préserver notre indépendance.

Quel sens donner au changement

Le slogan «echaab yourid isqat ennidham » qui a fusé de la place etahrir a très vite franchi les frontières égyptiennes pour gagner l’ensemble des pays de la région. Voilà un exemple de mondialisation positive

Ce slogan traduit de la manière la plus forte l’exaspération qu’éprouvent les peuples du Maghreb et du Machreq. On y décèle même une envie de venger les humiliations subies.

Il est évident que penser le changement c’est aller au-delà du slogan et de la psychologie de masse du moment.
Pour ma part je le conçois comme un processus de rupture. Un processus global, ordonné, mettant en mouvement l’ensemble de la société et intervenant dans un climat serein et apaisé. Le processus doit s’accompagner d’une révolution des comportements et des esprits.

Rupture avec le néo-patrimonialisme par la reconnaissance du peuple comme détenteur exclusif de la souveraineté. Il faut abandonner le fallacieux postulat selon lequel le peuple est incapable d’être l’agent de sa propre émancipation.

Rupture avec l’exclusion par la reconnaissance effective de tous les droits.
Rupture avec l’idée que la violence est le moteur de l’histoire et son utilisation comme mode de traitement des conflits politiques et sociaux
Rupture avec la gestion militaro-policière de la société par la dissolution de la police politique sous toutes ses formes.
Rupture avec l’économie rentière et démantèlement de tous les réseaux maffieux et clientélistes.
Rupture avec l’ensemble des dispositifs d’exception.


La famille ALGÉRIE doit être rassemblée. Pour cela il faut :

– réconcilier l’algérien avec son histoire, sa culture et son identité plurielle.
– réconcilier l’algérien avec les valeurs qui ont fait jadis sa grandeur comme la solidarité, la tolérance, le respect, l’honnêteté, l’hospitalité, la sagesse, le travail, etc.
– réconcilier l’algérien avec l’effort intellectuel.
– réconcilier l’algérien avec les institutions républicaines
– réconcilier l’algérien avec l’action politique.

De grandes réformes doivent d’ores et déjà être retenues et je pense particulièrement à l’école et à l’Etat.
L’impartialité de l’administration, par d’exemple, mérite la consécration constitutionnelle au même titre que le principe de l’indépendance de la justice.

Un grand débat national sur l’état du pays doit être organisé. Il ne doit occulter aucune question, notamment celles relatives à la violence et à la corruption, sans toutefois sombrer dans le règlement de compte ou dans la tentation d’un retour au passé.
L’ouverture des médias lourds est une urgence.

C’est une fois l’Algérie rassemblée, réconciliée, qu’elle pourra alors affronter le défi de la mondialisation par la construction de l’ensemble maghrébin. C’est le seul moyen pour mieux se faire entendre, négocier dans de meilleures conditions et bénéficier des avantages de la mondialisation. L’exemple Sud-américains dans ce domaine est à méditer.

Par devoir envers les générations montantes, la dimension stratégique doit imprégner toutes les décisions politiques et tous les aspects de la gestion des affaires de notre pays.

Ces options fondamentales vont constituer le socle sur lequel va reposer le nouveau contrat historique dont la traduction juridique se fera par une assemblée constituante. Une manière de restituer au peuple son pouvoir constituant et de réaliser du même coup l’une des revendications symboles du peuple algérien depuis le mouvement national.

Le changement est-il possible maintenant ?

La possibilité d’un changement radical et pacifique est subordonnée à une convergence des volontés patriotiques conscientes des enjeux et s’inscrivant dans une perspective nationale.
La mobilisation par le bas doit rencontrer l’expression d’une disponibilité par le haut.

Pour cela les forces sociales doivent briser les barrières du corporatisme. Les forces politiques pour leur part doivent se hisser à la hauteur des enjeux et des attentes et se libérer des rancœurs stérilisantes du passé. Quant aux décideurs, il leur revient la plus grande des responsabilités, celle d’éviter le chaos et l’ingérence, l’un favorisant l’autre. Est-il besoin de rappeler que l’ingérence résulte de l’entêtement des dirigeants à rester au pouvoir quitte à provoquer le chaos. Ils offrent ainsi aux puissances occidentales un motif précieux d’intervention. Ces dernières, sous le prétexte de l’assistance, déploient leurs stratégies de remodelage géopolitique pour mieux venir en aide à un capitalisme international en crise. L’exemple de l’Irak et plus récemment celui de la Lybie sont édifiants.

Les résistances au changement

Les résistances au changement se présentent sous divers aspects et à plusieurs niveaux.

Le pouvoir et ses constellations rejettent catégoriquement l’idée de changement radical sous le prétexte que le pays ne connaît pas de crise politique. La conflictualité croissante dans la sphère sociale est appréhendée en termes d’écart entre ce qui est et ce qui doit être. Ils feignent d’ignorer que cette situation découle directement de choix politiques délibérés. En fait les décideurs veulent à tout prix empêcher une jonction entre les forces sociales et les acteurs politiques militant pour le changement. L’argent public est mis à contribution pour calmer quelque peu cette contestation.

Le premier ministre a été jusqu’à soutenir que le système politique actuel est la seule modalité d’exercice politique et offre toutes les garanties d’une compétition politique démocratique. Il est vrai que des acteurs politiques existent et des élections se tiennent régulièrement. Mais il faut ajouter que ces dernières se caractérisent par un degré zéro d’incertitude et donc sans risque d’alternance. L’autoritarisme s’est en effet doté d’un régime très particulier puisqu’il présente tous les traits de la démocratie sans avoir les attributs. Ce que j’appelle « une dictature consultante ». La vox populi l’a déjà qualifié par l’expression « ellaab hmida erracham hmida ».

Ils usent par ailleurs de techniques de dissuasion comme par exemple celle qui consiste à présenter le changement comme une aventure vers l’incertain. Il n’hésite d’ailleurs pas à rappeler les drames du passé pour susciter une peur annihilante. Le discours du président est à cet égard un exemple de perfection.

L’autre résistance est beaucoup plus insidieuse puisque adossée à l’idée que la contagion est impossible car ce qui se passe en Tunisie et en Egypte s’est déjà produit en Algérie en 1988. Cette thèse repose sur un présupposé évolutionniste et tend à faire croire à l’existence d’un ordre nécessaire de déroulement de l’histoire. Ce qui serait de mauvaise augure pour l’avenir de la Tunisie et de l’Egypte puisque, d’après cette théorie, la prochaine séquence qui attend ces deux pays est une décennie de violence.

La peur de la chute des uns et la quête de sièges et de sinécures des autres expliquent ces postures différentes mais convergentes.

Différer le changement serait offrir notre jeunesse aux aventuriers locaux et aux magnats de la mondialisation.
Le danger des dérives extrémistes est réel car le populisme se nourrit de l’exclusion et utilise le désarroi des populations pour emprisonner leur soif de liberté dans des perspectives étroites et régressives
Lorsqu’on fonde l’ordre politique sur un principe unificateur supérieur, on ne quitte pas la sphère de l’autoritarisme. On ne fait que le réinventer sous une autre forme.
Je pense ici à tous les communautarismes, religieux ou ethnique, qui imposent aux individus de se définir par ce qu’ils sont et non par la conception qu’ils ont de la vie collective. Le système politique n’est plus alors le produit d’un contrat social librement établi mais l’émanation d’une catégorie transcendantale dont les actes échappent à la critique et au contrôle.

Je terminerai cette communication par un message que j’adresse à partir de cette tribune au président de la république.

Monsieur le président,

J’ai écouté attentivement votre discours et j’ai relevé quelques points que je vais vous soumettre

Le premier a trait à votre état de santé. Vous paraissez très affaibli par la maladie. Je tiens à vous souhaiter sincèrement un rapide rétablissement.
Mais vous n’êtes pas sans savoir Monsieur le président que l’Algérie est tout aussi affaiblie que vous. Sa maladie à elle est due à la greffe d’un système autoritaire qu’elle ne cesse de rejeter depuis 1962.
Cette communauté de situation ne pourrait-elle pas provoquer chez vous une marque de solidarité à son égard ?

Le deuxième concerne le décalage flagrant entre le contenu de votre discours et les exigences de la situation. Etes-vous sûr d’être bien informé ? J’ai comme l’impression que vos collaborateurs usent du mensonge pour vous égarer.
Ils l’ont fait avec le président Zéroual et ça lui a valu d’écourter son mandat.
Ils l’ont fait avec le président Boudiaf et ça lui a couté la vie.

Réveillez-vous Monsieur le président et associez-vous à cette grande œuvre de renouvellement de la perspective historique en Algérie.
Le verdict de l’histoire est souvent sévère