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Algérie / Première visite de l’expert des Nations Unies sur la liberté d’opinion et d’expression

09/04/2011

Le Rapporteur spécial des Nations Unies sur la promotion et la protection du droit à la liberté d’opinion et d’expression, Frank La Rue, visitera pour la première fois l’Algérie du 10 au 17 avril 2011, suite à une invitation du Gouvernement.

« Cette mission sera l’occasion pour moi de me forger une opinion éclairée sur la liberté d’opinion et d’expression en Algérie, en me permettant de recueillir des informations de première main auprès des personnes concernées », a annoncé l’expert indépendant des droits de l’homme, qui se rendra à Alger et à Oran.

Au cours de la visite, le Rapporteur spécial rencontrera des représentants du Gouvernement, du pouvoir judiciaire, du pouvoir législatif, des médias, de la société civile, du système des Nations Unies et d’autres organisations internationales basées en Algérie.

Une conférence de presse aura lieu le dimanche 17 avril à Alger au cours de laquelle le Rapporteur spécial fera part de ses observations et recommandations préliminaires. Les détails relatifs au lieu et à l’heure de la conférence de presse seront précisés ultérieurement par le Bureau des Nations Unies à Alger.

Sur la base des informations recueillies pendant la visite, M. La Rue présentera un rapport contenant ses observations et recommandations finales lors d’une session ultérieure du Conseil des droits de l’homme.

SOURCE United Nations – Office of the UN High Commissioner for Human Rights (OHCHR)


Lorsqu’on ouvrira cette lettre, se sera accomplie une destinée qui, depuis ma plus tendre enfance, n’aura jamais cessé de hanter mon esprit.

J’aurais pu mourir hier sous les balles des soldats de la colonisation, je meurs aujourd’hui sous des balles algériennes dans un pays que l’ironie de l’Histoire a voulu que je connaisse après l’avoir combattu les armes à la main.

Je meurs sous des balles algériennes pour avoir aimé l’Algérie.

Je meurs, parce qu’issu du plus vieux peuple du Maghreb, j’avais caressé le rêve de voir ériger ses antiques traditions démocratiques au rang d’institutions.

Je meurs seul, dans un pays d’indifférence et de racisme.

Je meurs pour avoir naïvement cru qu’il n’y avait qu’un seul socialisme: celui, qui, mettant fin à l’exploitation de l’Homme par l’Homme, met fin à l’exploitation des ventres creux.

Je meurs pour avoir naïvement cru qu’il n’y avait qu’une seule démocratie: celle qui, en assurant le respect des libertés fondamentales, redonne à l’Homme sa dignité et les moyens les plus appropriés pour épanouir sa personnalité.

Je meurs pour ne pas avoir accepté la compromission et le déshonneur dans lesquels se complaisent les plus grand nombre d’élites du Tiers Monde.

Je meurs pour ne pas avoir accepté le silence devant les cris des suppliciés qui hantent les cris des villas mauresques, naguère hauts lieux de pacification.

Je meurs pour avoir vu mourir l’Algérie au lendemain même de sa naissance et pour avoir vu bâillonner l’un des peuples de la Terre qui a payé le plus lourd tribut pour affirmer son droit à l’existence.