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Salima GHEZALI
Mardi 30 Août 2011

La khotba de Aïd el fitr aura été cette année comme à l’accoutumée bien plus audible, et plus suivie, que le communiqué du conseil des ministres. Les deux ont pourtant brossé la vision du monde selon l’élite au pouvoir en Algérie : Le changement est inéluctable et doit être positif. Il tient compte de l’argument de la science aussi bien que du jugement de l’Histoire, du développement économique autant que des lois de la bonne gouvernance, des énergies renouvelables non moins que de l’unité de la ouma. Allahou Akbar ! On peut s’embrasser.
La traditionnelle cérémonie des vœux qui suit la prière d’el Aïd s’inscrit elle aussi dans le ronronnement multiséculaire. Après un prêche exemplaire sur la guidance dans la voie juste vont un à un défiler les chiffres des gros scandales de corruption rendus publics ces derniers mois. Et en même temps que se tendent les lèvres ministérielles vers la joue présidentielle on entend résonner le son de la gabegie et des mensonges qui caractérisent la gestion des affaires publiques… Quatre bises brèves pour l’Autoroute est-ouest, quatre bises appuyées pour la gestion scandaleuse des hôpitaux et les pénuries de médicaments, deux brèves pour le chef du gouvernement des 10.000 émeutes, quatre nonchalantes pour le secrétaire-général du parti du redressement permanent à coup de barres de fer… et le reste à l’avenant. Puis aves les ambassadeurs des pays musulmans en poste à Alger c’est toute la grandeur de la politique étrangère arabo-islamique qui se met en scène. A coup de deux ou de quatre bises, en costume du golfe arabo-persique ou en veston, les génies du faux renseignement succèdent à ceux du coup de poignard dans le dos et les spécialistes de la guerre anti- subversive prennent le relais de ceux de la guerre de diversion entre quatre bises chaleureuses distribuées à quelques massacreurs de foules et un arrêt médiatique sur l’ambassadeur de Libye avec un mot de Bouteflika qui eût été bien plus utile s’il était venu plus tôt : Errahma ! Une prière qui eût gagné à être prononcée pour les algériens d’abord. Le président comme à son habitude n’a eu aucun mot à l’occasion de l’aïd pour les victimes de l’attentat de Cherchel, tout comme il n’avait eu aucun mot à l’occasion du 5 juillet pour les victimes de la bavure d’Azazga. Et le communiqué du ministère de la défense au lendemain de l’attentat aura du mal à faire oublier que les dignitaires militaires qui se sont déplacés sur les lieux de l’attentat l’ont fait en hélicoptères pendant que des ambulances déglinguées transportaient les blessés le long d’une autoroute bouchée par les encombrements. Nombreux sont ceux qui décéderont en cours de route. Morale de l’histoire : le président ne fait même pas mine de s’intéresser à son peuple et les autres ne font que semblant.
Un tel exercice, que l’on peut répéter à l’échelle de toute la »communauté islamique » a de quoi dégoûter les musulmans du mariage de complaisance entre la religion, l’argent, l’Etat et le pouvoir de vie et de mort sur les êtres. ‘’Mariage de complaisance’’ par ce que les liens entre ces différents pouvoirs ne sont ni conformes aux lois en vigueur ni le résultat d’un quelconque contrat social et politique discuté en tant que tel. Il est l’accommodement de forces en présence unies par une conjoncture aléatoire et un ordre du jour qu’elles n’ont pas rédigé ensemble. Exactement le programme qui est proposé aux oppositions qui se bousculent pour prendre la relève de régimes arrivés en bout de course.
La première grande fête musulmane depuis l’avènement du ‘’printemps arabe ‘’ souligne avec force la difficulté pour cette société particulière à concevoir en même temps la liberté et un ordre juste au sein d’un monde où tous les termes de l’équation politico-économique globale sont de nouveau bouleversés


Déclaration – appel

Marche populaire à Bejaia

20 avril 1980, nos ainés étaient au rendez vous de l’histoire pour la lutte pour la reconnaissance de la langue amazighe et le respect des droits de l’homme. Les artisans des luttes des années 80 avaient subi emprisonnement, torture, intimidations et diverses pressions. Leur combat de porter le message, a l’intérieur comme a l’extérieur, d’une Algérie en lutte pour la liberté, la démocratie et la prospérité de la jeunesse algérienne.

21 ans après, en avril 2001, le pouvoir a récidivé par le recours à la violence et a l’usage des armes en assassinant 126 jeunes en Kabylie. Certains d’entre eux étaient lycéens, collégiens ou même élèves au primaire.

10 ans après le massacre, les assassinats de nos jeunes demeurent impunis. Ni les commanditaires, ni les assassins ne seront traduits en justice.

Lors de la révolution 54-62, les lycées algériens s’engageront corps et âme dans la lutte armée pour la libération du pays. Leur objectif est atteint.
Aujourd’hui, les peuples opprimés, face aux dictateurs, sont en route vers leur libération et luttent pour la dignité, la liberté et la démocratie. Nous, lycéens, serons aussi de ce combat, dans notre pays, pour le changement et la démocratie.

A l’occasion de la commémoration du printemps berbère et du printemps noir, nous appelons les lycéennes et les lycéens, les étudiantes, les forces politiques et l’opposition, les associations et la société civile à prendre part a une marche populaire à Bgayet, le Mercredi 20 avril 2011 à 11h00, de la maison de la culture(Aamriw) au siège de la radio Soummam.

Pour la coordination des lycéens de la willaya de Bejaia :

CL El kseur , CL Sidi aich, CL Seddouk, CL Souk-letnine, CL Akbou, CL Amizour, CL Bejaia , CL Chemino, CL Ouzellaguen, CL Aokas, CL Adekar, CL Kherrata, CL Timezrit, CL Tazmalt, CL Beni-maaouche, CL barbacha, CL Tichy, CL Ighil ali et CL Darguina.

Bgayet, le 13 avril 2011