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, le projet d’un Internet hors de tout contrôle

| 30.08.11 | 17h28   •  Mis à jour le 30.08.11 | 18h44

 

Une vingtaine de jeunes gens finalisent un logiciel permettant la création de réseaux sans fil à haut débit 100 % autonomes, qui fonctionneront sur les fréquences Wi-Fi, sans s’appuyer sur aucune infrastructure existante.Conspiritech / Wikimedia commons

Un immeuble confortable et anonyme, au cœur de Washington, à quelques rues de la Maison Blanche. Dans une enfilade de bureaux au fond du 5e étage, une vingtaine de jeunes gens, surtout des garçons, travaillent discrètement, dans une ambiance à la fois studieuse et décontractée. Cette petite équipe, composée d’informaticiens, de juristes et de sociologues, est en train de réaliser l’utopie suprême des hackers et des militants libertaires du monde entier : un logiciel permettant la création de réseaux sans fil à haut débit 100 % autonomes, qui fonctionneront sur les fréquences Wi-Fi, sans s’appuyer sur aucune infrastructure existante – ni relais téléphonique, ni câble, ni satellite. Ils seront mouvants, horizontaux, entièrement décentralisés et échapperont à toute surveillance, car le trafic sera anonyme et crypté.

Ce projet ambitieux – nom de code Commotion– est dirigé par Sascha Meinrath, 37 ans, militant de longue date de l’Internet libre et précurseur des réseaux citoyens – au sein du collectif de journalistes en ligne Indymedia, puis à l’université d’Urbana-Champaign (Illinois), un des berceaux du logiciel libre, et dans diverses start-up et ONG d’action sociale : « J’ai bricolé mon premier réseau autonome il y a dix ans. Les antennes étaient faites avec des boîtes de conserves. » Depuis ces temps héroïques, Sascha Meinrath a fait du chemin. Dans sa version actuelle, Commotion est un projet très officiel. Il est hébergé et financé par l’Open Technology Initiative (OTI), département high-tech de la New America Foundation, organisme prestigieux consacré à l’étude des grands problèmes de la société américaine, et présidé par Eric Schmidt, l’un des patrons de Google.

Grâce à cette tutelle, Sascha Meinrath dispose d’un budget annuel de 2,3 millions de dollars (1,6 million d’euros), auxquels est venue s’ajouter une subvention exceptionnelle de 2 millions, octroyée par le département d’Etat. En effet, les diplomates américains s’intéressent de près à la technologie des réseaux sans fil autonomes, légers et faciles à installer. Ils espèrent les déployer bientôt sur le terrain dans diverses situations d’urgence : dans des zones dévastées par une guerre ou une catastrophe naturelle ; dans les régions les plus déshéritées de la planète, où les populations sont privées de moyens de communication modernes ; et, enfin, comme « outil de contournement » dans des pays dictatoriaux, pour aider les dissidents politiques à communiquer entre eux et avec le reste du monde, en déjouant la surveillance policière et la censure. « Fin 2010, se souvient Sascha Meinrath, j’ai appris un peu par hasard que le département d’Etat avait décidé d’aider ce type de recherches. Nous avons déposé un dossier, en concurrence avec d’autres organisations, et nous avons été choisis. Les autres projets s’appuyaient en partie sur les infrastructures existantes, alors que Commotion les court-circuite entièrement. »

« LE SEUL OUTIL À APPORTER SUR LE TERRAIN, C’EST UNE CLÉ USB »

La subvention fédérale n’a pas suffi à transformer l’équipe de Commotion en fonctionnaires. Josh King, 28 ans, le responsable technique, a gardé son look très rebelle – vêtu de noir de la tête aux pieds, avec chaîne, piercing et cheveux en bataille… Son bureau est encombré d’appareils de toutes sortes, sur lesquels il fait des tests approfondis, car Commotion doit pouvoir fonctionner avec un assemblage hétéroclite. Ses logiciels transforment un routeur Wi-Fi ordinaire, un simple PC ou un smartphone en relais intelligents, capables de connaître en temps réel la configuration du réseau, et de trier les données pour les envoyer vers leurs destinataires, ou vers un autre relais, plus proche du but. Par ailleurs, Commotion peut être facilement raccordé au reste du monde : il suffit qu’un seul des appareils soit connecté à Internet pour que tous les autres profitent de l’accès. « En fait, résume Josh King, le seul outil indispensable à apporter sur le terrain, c’est une clé USB contenant les logiciels, qui doivent être installés sur chacun des appareils appelés à faire partie du réseau. » Depuis le printemps 2011, OTI propose des éléments de Commotion en téléchargement libre sur Internet. Une version de travail complète sera disponible en septembre, afin que des experts de tous les pays puissent l’étudier et faire des suggestions. Sascha Meinrath ne sait pas exactement qui télécharge quoi, car il ne garde aucune trace des internautes venant sur le site : « Si nous conservions une liste de nos visiteurs, nos serveurs pourraient être piratés par différents gouvernements – y compris le nôtre. »

Récemment, OTI a reçu des messages de militants du « printemps arabe », vivant en Egypte, en Syrie, en Libye, à Bahreïn et au Yémen : « Ils veulent se procurer Commotion, mais nous essayons de les dissuader. C’est trop tôt, il n’est pas sécurisé, ce serait risqué de s’en servir contre un régime répressif. Cela dit, si ça se trouve, des groupes clandestins utilisent déjà des versions provisoires, sans nous le dire. Certains interlocuteurs sont peut-être des agents au service des dictatures, mais peu importe, nous montrons la même chose à tout le monde. »

Sascha Meinrath se donne jusqu’à fin 2012 pour produire une version utilisable par le grand public. Pour aller plus vite, OTI s’approprie des systèmes mis au point par d’autres équipes. Pour la sécurisation, Commotion va intégrer les programmes du projet TOR (The Onion Router), inventé par une bande d’hackers allemands et américains pour circuler sur Internet en évitant d’être repéré. TOR a notamment été utilisé pour protéger les communications du site WikiLeaks –qui a divulgué en 2010 des masses de documents secrets appartenant au gouvernement des Etats-Unis. L’un des créateurs de TOR, l’Américain Jacob Appelbaum, fut un temps très proche de l’équipe de WikiLeaks. A deux reprises, en 2010, il a été arrêté par la police américaine, qui l’a interrogé sur ses activités au sein de WikiLeaks et a saisi ses téléphones et ses ordinateurs. Or, Jacob Appelbaum est aussi un ami personnel de Sascha Meinrath, qui fait appel à lui comme conseiller pour la mise au point de Commotion.

Pour expliquer cette situation paradoxale, Sascha Meinrath évoque la « schizophrénie » du gouvernement fédéral : « Parmi les responsables de Washington, il y a encore des gens formés pendant la guerre froide, qui rêvent de tout bloquer et de tout surveiller, mais il y a aussi des jeunes arrivés avec Obama, qui sont partisans de la transparence et de la liberté d’expression. En privé, de nombreux fonctionnaires du département d’Etat étaient en colère de voir leur hiérarchie critiquer WikiLeaks aussi violemment. Selon eux, l’affaire aurait pu être l’occasion de montrer au monde que les Etats-Unis savent défendre la liberté d’expression et la transparence, en toutes circonstances. »

A présent, Jacob Appelbaum participe à un vaste projet baptisé Freedom Box – un ordinateur basique et bon marché transformé en serveur crypté et sécurisé pour le grand public. Sascha Meinrath envisage d’intégrer Freedom Box au réseau Commotion, notamment pour bénéficier d’une fonction dite de « connexion différée » : « Par exemple, lors d’une manifestation réprimée par la police, un manifestant prend une photo avec un smartphone connecté à Commotion. Internet a été coupé ce jour-là dans le quartier par les autorités, la photo ne peut pas sortir du pays, mais grâce à Commotion, elle est stockée à l’abri, sur une freedoom box locale. Puis, dès qu’Internet est rétabli, la box envoie automatiquement la photo dans le monde entier. »

LES ENTREPRISES DE TÉLÉCOMS, ENNEMIS POTENTIELS

OTI songe à intégrer d’autres appareils expérimentaux, qui permettront aux utilisateurs de partager des masses de fichiers lourds, de faire transiter sur Commotion des appels téléphoniques passés avec des mobiles ordinaires, de transmettre des données dans toutes les gammes de fréquences, et même d’interconnecter plusieurs réseaux voisins : « En juillet, raconte Sascha Meinrath, une équipe d’hackers en camionnette a monté un réseau éphémère, couvrant une zone de 60 km sur 30, à cheval sur l’Autriche, la Croatie et la Slovénie. C’est la preuve qu’on peut fournir une connexion Internet à toute une zone frontalière, sans être physiquement présent dans le pays. » Commotion n’est pas prêt pour un déploiement dans les zones à risque, mais il peut déjà être testé aux Etats-Unis – par exemple, dans les quartiers pauvres des grandes villes, dont les habitants ne peuvent pas se payer d’abonnement Internet classique. A Washington, à Detroit, et dans une réserve indienne californienne, l’OTI est entré en contact avec des associations de quartiers et des groupes militants qui avaient entrepris de créer des réseaux sans fil sauvages, pour offrir aux habitants des accès Internet gratuits. Grâce à son expertise et à son carnet d’adresses, l’équipe d’OTI a fourni à ces amateurs une aide technique et financière décisive.

Cette fois, les ennemis potentiels sont les entreprises de télécoms, qui pourraient faire pression sur les autorités, pour qu’elles tuent ces initiatives citoyennes à coups de lois et de restrictions bureaucratiques. Sascha Meinrath est conscient de la menace : « Notre technologie va bousculer pas mal de choses, y compris aux Etats-Unis. Si les gens se mettent à construire leurs propres réseaux, le business model des groupes de télécoms va s’effondrer. Il faut s’attendre à ce qu’ils contre-attaquent brutalement. » Commotion devra aussi affronter l’hostilité des majors d’Hollywood, car il peut faciliter le piratage des œuvres sous copyright. Sascha Meinrath est à la fois fataliste et optimiste : « Que ce soit aux Etats-Unis, au Moyen-Orient ou ailleurs, qui va mettre en place ces réseaux alternatifs ? Pas des vieux, on le sait. Ce sont les ados qui vont s’en emparer. Ils s’en serviront pour contester l’ordre établi et aussi pour partager leur musique et leurs films. Ce sera peut-être négatif pour les détenteurs de droits, mais le bilan global sera très positif. »

Yves Eudes

 


Semaine du Web d’Alger

« L’entreprise des TIC ressemble à ce beau cyber parc …entouré de zones hostiles »
Samir Hir, Maghreb Emergent, 25 Avril 2011

La semaine du web d’Alger s’est déroulée du 18 au 23 avril dans le bâtiment baptisé « l’incubateur » du cyber-parc de Sidi Abdellah. Pour rejoindre cet « échantillon » de la future Algérie, situé dans la commune de Mehelma à une vingtaine de kilomètres à l’ouest d’Alger, point de train électrique, de bus à propulsion d’hydrogène ou de jet pack. Il faut se munir de bonnes chaussures de trappeur, avoir un bon sens de l’orientation en guise de GPS et une capacité d’étonnement au-dessus de la normale.

A chercher le lieu sur google earth, on risque de se perdre. On finit par les découvrir, en marchant, nichés au milieu de vastes champs verdoyants – boueux et impraticables quand on s’y aventure – que se partagent les communes de Mehelma et Rahmania. Les blocs d’immeubles cubiques, gris béton ou bleu vitrail, du cyber parc cassent le paysage à la façon du monolithe de l’odyssée de l’espace 2001. Un habitant du coin à la langue de scie affirme que se connecter à internet reste encore une histoire de science-fiction malgré la proximité du « célèbre » cyber-parc. 2001 n’est pas que la référence d’un film culte. C’est aussi en cette année qu’avait été lancée l’étude de faisabilité de la «technopole » Sidi Abdellah. Et de son cyber-parc qui devait regrouper une série de dix bâtiments «intelligents ». Dix ans plus tard, seul trois blocs sont achevés avec l’inévitable revêtement aluminium et verre pour suggérer la modernité de l’ouvrage. Les autres bâtiments, nul besoin de vos dix doigts et encore moins d’une calculette pour les compter, sont encore à l’état de grandes carcasses en béton entourées de charpentes métalliques dénudées inesthétiques. Moussa Benhamadi, le ministre de la Poste et des TIC, himself, qui se disait « sceptique » lors de la réception de la demande de parrainage de l’évènement, est bien venu pour inaugurer la semaine du web. Un jeune participant – décidément, ils respectent rien ces jeunots ! – a trouvé le visiteur « un peu encombrant » puisqu’il a « retardé le déroulement du programme » et focaliser l’attention des médias avec des déclarations sans grande nouveauté. Pourquoi la connexion ADSL reste chère et plafonnée à 1 méga ? Comment expliquer le retard, difficilement justifiable, de la 3G et du paiement électronique ? Réponses à noyer un poisson électronique et rendez-vous fixé à… juin. Mais le ministre s’informe et demande ce que coute le prix de l’abonnement ADSL… 2000 dinars ? Etonnement. Ce n’est pas si cher que cela ! Mais avec un public « averti », le ministre a eu les bonnes comparaisons : c’est le prix que payer un européen avec un salaire minimum dix fois supérieur à celui de l’Algérien pour avoir une connexion d’un débit 20 fois plus rapide et bien plus riche en valeurs ajoutés. Pour la 3G, le ministre évoque le caractère «colossal » de l’investissement. Des « avertis » refont la comparaison et rappellent ce temps, pas si lointain, où personne ne misait sur la rentabilité de la téléphonie mobile avant l’arrivée de l’opérateur privé. Remarque balayée et non avenue ! Pour le payement en ligne, rien de neuf. Une affaire de mentalité des algériens qui continuent à préférer du palpable. Les centaines d’étudiants et visiteurs de la semaine du web auraient eu des avis fort différent mais ils étaient déjà occupés ailleurs.

De cent fournisseurs à… aucun

Ailleurs. C’est un programme qui s’est étalé sur six jours. Plusieurs conférences, dont une, très remarquée, en présence du ministre des TIC, animée par Mebarek Boukaba directeur général de Vorax Technologies et vice-président de l’association algérienne des fournisseurs de services internet. Des chiffres sont lancés sur les régressions enregistrées notamment pour les fournisseurs de services internet passés d’une « centaine en 2000 » à « aucun » aujourd’hui pour cause d’agréments retirés. La régression se décline même sur un mode poétique (poé-TIC ?) : «l’entreprise des TIC en Algérie ressemble à ce beau cyber parc…entouré de zones hostiles ». Ah, ces embuches administratives ! Et cet environnement pas préparé. Le programme de la semaine du web, initié principalement par deux jeunes entrepreneurs, Omarouayache Ahmed Mehdi fondateur de CONNEXT, une web agence installée au parc technologique de Sidi Abdellah, et Arab Farid, fondateur de Pureplayer (agence publicitaire) et acteur du web parisien, était riche. Le meilleur, c’était la « startup week-end Alger ». Un concours qui consiste à créer une start-up (entreprise naissante) en moins de 52 heures. On commence par présenter une idée en une minute ! Il faut faire fastoche au pays du dougua dougua (doucement- doucement). De sélection en sélection, sur les 36 équipes participantes, dix sont choisies. Elles passeront deux nuits autour d’une table pour travailler et affiner leurs idées. Au final, quatre équipes décrochent le gros lot, celui d’être suivie professionnellement au sein de l’incubateur du cyber-par cet une possibilité de louer un local dans l’aile des start-up (5000 DA par mois) pour créer une entreprise.

Un pauvre petit méga

Durant cette semaine, on beaucoup parlé de Joomla, système de gestion de contenu web, avec lancement officiel et interventions d’experts venus de l’étranger. Le seul bémol de cette semaine du web est dans… son site web, semaineduweb.com… Un site finalement pas très dynamique, pourtant certifié Joomla, qui manquait de mise à jour, et ne permettait même pas de suivre le déroulement de la semaine du web…sur le web. Les organisateurs ne sont pas les seuls fautifs. Dans ce haut-lieu des TIC qui est censé préfigurer l’E-Algérie de demain, on ne dispose que d’une connexion d’un méga.

Vincent, entrepreneur et développeur web français, invité de la semaine du web d’Alger résume un peu la situation sur son blog (blognode.fr) « Pour les français qui me suivent et qui ont l’habitude d’avoir au minimum 8 Méga de débit avec de l’ADSL ou même du 100 Mega avec de la fibre optique, il faut imaginer qu’en Algérie une connexion de 1 Mega est sans doute un des meilleurs débits que vous pourrez trouver à prix abordable. Du coup, la plupart des sites web algériens proposent peu de contenu, pour l’instant… »


Promotion de l’emploi

D’aucuns savent que les nouvelles technologies de l’information et de la communication constituent de vraies plateformes pour la création d’emplois. Et c’est ce qui incite l’Algérie à se lancer dans la perspective de concrétiser la création d’emplois dans le secteur à travers les différents plans de développement préconisés par Algérie Poste.
Et comme tout passe d’abord par l’autonomie dont devrait jouir cet organisme public, voilà que le ministre du secteur, M. Moussa Benhammadi, déclare, à partir de Constantine, lors d’une visite dans cette wilaya, que les structures locales d’Algérie Poste jouissent « désormais » d’une « autonomie » en matière de gestion des personnels et des finances. Cette décision a été annoncée par le ministre de la Poste et des Technologies de l’information et de la communication, lundi dernier, durant l’inspection de la recette postale de la nouvelle ville Ali-Mendjeli à Constantine. Le ministre a tenu à relever que cette décision s’inscrit en droite ligne des mesures prises par les pouvoirs publics en vue de promouvoir l’emploi. La précision du ministre est de taille. « Chaque structure de wilaya est dorénavant appelée à déterminer ses besoins en toute autonomie, qu’il s’agisse de recrutements ou d’acquisition d’équipements », dira-t-il Et c’est ainsi qu’il n’a pas omis d’appeler les responsables concernés à « exploiter pleinement » la convention signée entre le ministère de la Poste et des TIC et celui de l’Emploi. Il est utile de remarquer qu’en Algérie, les TIC forment 4% du PIB. Pour évoluer vers la création de 100.000 emplois nouveaux directs et 300.000 autres indirects, l’Algérie doit moderniser ses infrastructures. Le développement des TIC, tendance qui favorise la création d’emplois, va ainsi avoir un effet d’entraînement sur la société algérienne. Avec l’avènement de la 3G, une autre opportunité de création de nouveaux métiers, 32 millions d’abonnés de la téléphonie mobile, 800.000 abonnés à l’internet et deux millions d’accès à l’ADSL, l’on enregistre néanmoins que 15% d’entreprises sont connectées et moins de 40% des PME en sont équipées. Pour le web, l’un des moyens importants de fonctionnement des entreprises, le nombre de sites ne dépasse pas 6000 dans tout le pays, ce qui doit inciter les entreprises algériennes à engager plus d’efforts pour être visibles sur le marché international. C’est donc dans ce même ordre d’idées que le ministre a tenu à expliquer, lors de sa visite d’inspection et de travail à Constantine, que « l’enjeu est d’ouvrir, par le biais des dispositifs de soutien à l’emploi, de nouvelles perspectives aux jeunes disposant des diplômes nécessaires et désireux d’investir dans des créneaux en rapport avec les TIC ». Il s’agit, selon M. Benhamadi, de « rompre avec les schémas classiques » afin de permettre également au secteur de se développer davantage en tirant la quintessence du savoir-faire des jeunes algériens en la matière. Il faut rappeler aussi que le chiffre d’affaires pour les télécoms était évalué à 4,7 milliards de dollars en 2009, dont la part consacrée au matériel logiciels et services ne compte pas beaucoup d’activités, alors que ce sont les créneaux les plus porteurs Il est nécessaire de savoir qu’au rythme où s’oriente le développement des TIC, l’économie de l’information est en train d’évoluer vers une économie de réseau qui transforme radicalement le monde du travail. En Algérie, et à titre d’exemple pour citer les nouvelles débouchées pour les femmes, les technologies de l’information et de la communication engendreront de nouvelles formes de travail qui avantagent les femmes en leur permettant de travailler à domicile et de mieux concilier leurs horaires professionnels et familiaux. Pour l’instant, les débouchés les plus prometteurs pour elles sont les emplois qui se créent dans les centres d’appels et ceux dans le traitement de données. D’autres opportunités s’ouvriront également aux femmes algériennes, à savoir les emplois délocalisés à l’échelle internationale, tels que la transcription de comptes rendus médicaux ou les services informatiques, lesquels auront à transformer leur existence et les perspectives de leur carrière. Avec le projet national d’installation de 62 000 km de câbles de fibre optique, l’on assistera à la création de plus de sociétés travaillant dans le secteur de la nouvelle technologie de l’information et de la communication (NTIC), la présence des investisseurs étrangers et la création de milliers d’emplois. On a estimé que 100.000 emplois seront générés par les TIC en Algérie. Et justement à l’annonce de la possibilité de générer ce nombre important de débouchés pour la jeunesse algérienne par la seule mobilisation des moyens offerts par les TIC, le ministre de la Poste et des Technologies de l’Information et de la communication, M. Benhamadi, n’a pas manqué de souligner, au début du mois de février dernier, que la réalisation de cet objectif est lié à la réussite du programme e-Algérie. Autrement dit, la modernisation des infrastructures des télécoms, condition sine qua non pour l’accès au haut et très haut débit et synonyme de réduction de la fracture numérique, est un passage obligé pour la génération par l’appropriation des TIC de nouveaux gisements du travail en Algérie. D’autre part, et lors d’une séance de travail avec les responsables locaux du secteur à Oran, M. Benhamadi avait bien souligné que l’application rigoureuse de e-Algérie permettra de générer 100.000 postes d’emploi directs au bénéfice des jeunes diplômés universitaires et 300.000 autres indirects à travers la création de PME-PMI pour garantir des services dans les TIC.
Saïd Ben