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Afrique du Nord en danger

Algérie dans le viseur des USA

François Charles. http://www.lautreafrique.info lundi 10 février 2014

Il y a déjà plusieurs mois que les Etats-Unis, après avoir classé l’Algérie comme « pays à risque pour la sécurité des diplomates », ont implanté des installations militaires avec contingents de marines, à la pointe sud de l’Espagne, sans cacher le moins du monde leurs intentions interventionnistes vers le nord de l’Afrique.

Sachant par ailleurs, que les Etats-Unis visent désormais la région frontalière située entre le sud tunisien et l’Algérie : « Signe que les Etats-Unis sont décidés à agir, le Pentagone vient de récupérer, dans le sud de la Tunisie, une ancienne base désaffectée qui doit être rénovée pour intervenir sur le théâtre libyen, affirme une source diplomatique à Tunis. (le Figaro, 1er février 2014), le moins qu’on puisse dire, même s’il n’est question pour l’instant que d’intervenir en Libye, est que l’ogre se rapproche…

Menaces de punition pour n’avoir pas suffisamment soutenu l’intervention militaire française au Mali ? Projet de déstabilisation d’un dernier bastion encore par trop indépendant de l’influence US ?

Toujours est-il que, après les maliens et au vu de l’état de tension régnant dans toute la sous-région, les algériens sont fondés à nourrir de grandes inquiétudes.

Une intervention militaire annoncée

500 marines, huit avions militaires de combat…Les Etats-Unis ont ainsi déployé, depuis l’été 2013, une force militaire d’intervention conséquente, dans la petite ville de Moron en Espagne. Si le stationnement de militaires américains sur le sol espagnol n’est pas un scoop, ce qui est nouveau en revanche est la spécificité dédiée à cette nouvelle implantation. L’aveu du gouvernement espagnol à ce sujet est d’ailleurs de taille : » permettre à l’armée américaine d’intervenir dans le nord de l’Afrique en cas de troubles majeurs ». On ne saurait, en effet, être plus clair !

Aujourd’hui, alors que les USA viennent de faire une demande officielle au gouvernement Rajoy d’augmenter de moitié le contingent des marines déjà en place, appelé « Force de riposte pour la crise en Afrique », on apprend, par le quotidien espagnol El Pais, que sont prévus d’importants mouvements de la marine militaire US sur les côtes espagnoles : » Le 11 février prochain le destroyer américain USS Donald Cook arrivera avec ses 338 membres d’équipage à la base navale de Cadix. Un second navire, USS Ross arrivera en juin et deux autres, USS Porter et USS Carney, en 2015. Au total, ce seront 1100 marines, avec leurs familles, qui s’installeront sur la base de Cadix ».

Interrogé à propos de toutes ces manoeuvres et implantations militaires, Gonzalo de Benito, secrétaire d’Etat espagnol aux affaires étrangères, se contentera de commenter : » Quelles opérations réaliseront ces marines suréquipés ? Je ne peux pas le dire car ces forces sont pas venues pour des opérations précises mais pour des contingences qui peuvent se produire… »

Entre menaces et langue de bois, on mesure combien ces bruits de bottes sont à prendre au très sérieux.

Que ce soit en Italie ou en Espagne, au Nord Mali ou au Niger, qu’elles soient françaises ou US, force est de constater que les implantations militaires se multiplient dans la région proche Maghreb.

L’humanitaire d’abord et puis… la guerre

Toutes les interventions extérieures qui ont procédé, et y tendent encore, à ce processus de désintégration territoriale et politiques des nations, notamment africaines… ont toujours été précédées de campagnes ultra-médiatiques menées sur le terrain de « l’humanitaire ». On connaît parfaitement le déroulé des opérations : « humanitaires » et ONG signalent, généralement là où on le leur dit, une situation dramatique pour les civils, y dénoncent des famines en cours ou à venir, identifient des multitudes de génocides (ou risque de), abreuvent les opinions publiques d’images-choc et finalement… les grandes puissances se voient »contraintes », à leur corps défendant s’entend… d’intervenir au nom du « droit à la vie des populations concernées ». CQFD en Libye, en Côte d’Ivoire, en Centrafrique, au Mali…tous désintégrés, découpés et finalement partitionnés.

C’est ainsi que, après avoir rôdé il y a fort longtemps son procédé au Biafra et en Somalie, tous deux désintégrés (1), le »bon » docteur Kouchner, devenu ministre français de gauche et de droite, allait inventer en ex-Yougoslavie, elle aussi désintégrée, la version définitive du « droit d’ingérence » ! Invention qui, après avoir montré toute son efficacité dans l’implosion des Balkans, allait faire florès aux quatre coins d’une planète soumise à la globalisation impériale.

De l’Irak des « armes de destruction massive » à la Libye du « sanguinaire » Kadhafi » meilleur ami de la France, de la Syrie au Mali, de la Côte d’Ivoire à la Centrafrique… on s’aperçoit que c’est surtout au nombre de guerres menées, en son nom, sur le continent qu’on peut mesurer les résultats de cette politique « humanitaire ».

Afrique du Nord, Algérie et Tunisie clairement visées

Qu’on n’oublie pas que le département américain des affaires étrangères a récemment classé l’Algérie dans sa trop fameuse liste des pays « à risque sécuritaire pour les diplomates ». Par ailleurs, au même moment, sous forme d’amendements, était rediscutée au Congrès américain la loi anti-terroriste avec comme objectif affiché de permettre l’intervention des Forces Armées, sans consultation préalable en…Afrique du Nord ! Tiens donc…

Les ONG humanitaires dont on a déjà dit l’empressement à « appeler les grandes puissances » et leurs armées au secours, sont depuis longtemps à pied d’oeuvre en Algérie. Selon la centrale syndicale UGTA (Union Générale des Travailleurs Algériens) ces ONG mènent campagne dans le but de diviser et opposer les populations entre elles : Nord contre Sud, Berbères contre Arabophones, salariés contre chômeurs… En tête de liste de ces « humanitaires » on trouve les ONG telles que Freedom House, Canvas, NED…dont les liens avec la CIA sont un secret de polichinelle. (2)

L’UGTT les accuse nommément d’infiltrer les mouvements sociaux aux fins de « les dévoyer et de les conduire vers des actions violentes, cherchant ainsi à créer une situation de troubles pouvant justifier une intervention extérieure » et encore » Alors que les jeunes manifestent légitimement pour la création d’emplois, contre la précarité et l’exploitation, les jeunes animateurs de Canvas leur proposent de régler la question de l’emploi dans un cadre séparatiste, du Sud de l’Algérie, c’est à dire là où se trouvent les grandes richesses minières, pétrolières et gazières. » Comme par hasard, serait-on tenté d’ajouter ou plutôt…comme d’habitude. (3)

Insécurité et troubles sociaux provoqués en de ça des frontières, insécurité généralisée provoquée au delà. La méthode est connue. Les USA qui s’appuient déjà sur la déstabilisation régionale pour justifier le déploiement de leurs dispositifs militaires en Méditerranée ne manqueront pas de prendre demain le prétexte des troubles sociaux ou « du danger pour les diplomates » pour intervenir directement.

Ne serait-il pas légitime, pourtant, de poser la question de la responsabilité des grandes puissances, et très précisément de celle des USA, dans la prolifération des activités terroristes armées dans toute cette région d’Afrique ? N’est-ce pas, et ce n’est pas là le moindre des paradoxes, au nom de cette insécurité que les USA, par OTAN et France interposées, ont décidé de faire exploser la Libye en 2011 ? N’est-ce pas pour les mêmes raison que l’armée française est entrée en guerre au Mali en 2012. Deux interventions qui, rappelons le, loin de ramener la paix, ajoutant la déstabilisation à la déstabilisation, ont fait du Sahel, et de toute la sous-région, une véritable poudrière.

Ces nouvelles menaces US inscrites dans le cadre de la stratégie dite des « dominos », si chère à l’ancienne administration Bush, doivent être prises très au sérieux. On le voit, les prétextes même les plus fallacieux, ne manquent pas et ne manqueront pas, dans un avenir proche, pour une intervention militaire extérieure. Les grandes puissances ne s’arrêteront pas, bien au contraire, devant les risques de désintégration régionale et leurs conséquences meurtrières pour les peuples.

Déjà, c’est toute la région qui subit l’incroyable prolifération des armes due à l’explosion de l’état Libyen et au flux continu d’armements en tout genre, totalement irresponsable, à destination d’islamistes extrêmes en Syrie. Les ondes de choc de cette situation on les connait au Mali où une France militairement dépassée se montre très (trop) bienveillante à l’égard de séparatistes très bien équipés, en Algérie où ressurgit une certaine forme de terrorisme islamiste qu’on pensait éradiquée et jusqu’en Tunisie où sévissent désormais des groupes paramilitaires se réclamant de l’Islam et où, dans le même temps, le pouvoir laisse impunis les assassinats d’opposants politiques.

Il apparaît de plus en plus clairement aux populations concernées que ces menées distillatrices dirigées contre des états souverains n’ont pour objectif que de laisser des nations affaiblies aux mains de supplétifs, divisées et impuissantées, incapables de résister aux appétits des multinationales.

C’est bien pourquoi les états d’où sont originaires ces multinationales s’entendent si bien, au gré de leurs intérêts et quoi qu’ils en disent, avec les islamistes les plus furieux, qu’il s’agisse aujourd’hui du Sahel et de la Syrie ou de la Libye hier. Autrement dit, à chacun son pré-carré, à chacun ses profits et ses caisses bien remplies.

Décidément, jamais les « vieilles chimères », portées par les pères fondateurs des Indépendances, comme le « panafricanisme » ou « l’Afrique aux africains »… jetées depuis aux oubliettes de l’histoire, ne semblent pourtant avoir été autant d’actualité.

De toutes les manières et quoi qu’il en soit des débats urgents qu’impose la situation dramatique infligée au continent, l’actualité dicte que l’Algérie ne se voit pas dicter sa conduite sous intervention militaire.

1/ Après le Biafra, Bernard Kouchner expliquera qu’il convient de « convaincre » d’abord les opinions publiques. S’en suivirent alors les opérations à grand spectacles comme « un sac de riz pour la Somalie », « un bateau pour le Vietnam »…les dissensions avec MSF, son départ et la fondation de Médecins du monde.

2/ UGTA Alger le 28 juin 2013 in Fraternité journal du PT algérien

3/ Sur le rôle néfaste des « humanitaires », des ONG et la dislocation des nations, voir http://www.lautreafrique.info (« Banque Mondiale et ONG déstabilisent les états »)


Les Etats-Unis en voie d’exiger l’éviction d’Assad hors de Syrie

18 août

par Bill Van Auken pour WSWS

Le gouvernement Obama est en voie d’exiger explicitement la chute du président Bachar al-Assad de Syrie alors que des puissances régionales rivales intriguent pour se positionner dans le pays déchiré par la crise.

Des responsables gouvernementaux, s’exprimant anonymement, ont déclaré à certains milieux médiatiques qu’Obama publierait un communiqué dès cette semaine pour appeler, au bout de cinq mois d’affrontements sanglants entre les forces de sécurité et les adversaires du régime, à la fin des 11 années de règne d’Assad. Certains avaient prédit que l’annonce paraîtrait jeudi.

Au lieu de cela, la secrétaire d’Etat américaine, Hillary Clinton, s’est montrée prudente, refusant de se laisser induire à exiger le retrait du président syrien. A une question posée lors d’une interview jeudi à la chaîne de télévision CBS News sur les raisons pour lesquelles Washington n’avait pas « fait un demi pas de plus » pour dire « Il doit partir », Clinton a hésité.

« Et bien, je pense que nous avons été très clair dans ce que nous avons dit sur sa perte de légitimité, » a-t-elle dit. « Mais, il est important qu’il ne s’agisse pas seulement de la seule voix américaine. Et nous voulons veiller à ce que ces voix émanent du monde entier. »

Clinton a alors adressé requête non pas à Assad, mais aux puissances de l’Europe occidentale : « Ce que nous devons vraiment faire pour mettre la pression sur Assad c’est sanctionner l’industrie pétrolière et gazière. Et nous voulons voir l’Europe faire plus d’avancées dans cette direction. »

Entre-temps, la Maison Blanche d’Obama a diffusé son propre communiqué jeudi et qui s’est aussi abstenu de réclamer un « changement de régime » syrien. A la place, le communiqué décrit la conversation qui a eu lieu jeudi sur la Syrie entre Obama et le premier ministre turc Recep Tayyip Ergodan. « Les deux dirigeants ont souligné l’urgence de la situation en réitérant leur profonde préoccupation concernant l’usage de la violence par le gouvernement syrien contre les civils et leur conviction de la nécessité de répondre à l’exigence légitime d’une transition démocratique du peuple syrien, » précise le communiqué de la Maison Blanche.

Mercredi, Washington a annoncé une légère augmentation des sanctions américaines contre la Syrie, visant la banque commerciale d’Etat de la Syrie (Commercial Bank of Syria) et le premier opérateur de téléphonie mobile syrien, Syriatel.

Le communiqué diffusé jeudi par la Maison Blanche se fait l’écho du contenu de ce que les médias turcs ont appelé un « ultimatum » lancé par le ministre turc des Affaires étrangères, Ahmet Davutoglu, qui était en déplacement mardi à Damas où il a eu un entretien de six heures avec Assad.

L’ambassadeur turc s’est ensuite rendu dans la ville de Hama qui avait été occupée par les forces de sécurité syriennes, et qui auraient utilisé des chars contre les détracteurs du régime, tuant un grand nombre de personnes. S’exprimant à Ankara, Davutoglu a dit que la visite avait confirmé le retrait des unités militaires et des chars syriens de la ville. Hama, un point chaud central dans l’actuelle série de troubles, avait été le théâtre en 1982 de la répression sanglante d’une révolte islamiste. Dirigée contre le père de l’actuel président et son prédécesseur, Hafez al-Assad, la répression avait provoqué la mort de 10.000 à 20.000 personnes.

Le premier ministre Erdogan a qualifié le retrait de victoire de l’intervention diplomatique turque. « Notre ambassadeur est allé à Hama et a dit que les chars et les forces de sécurité avaient commencé à quitter Hama, » a-t-il dit lors d’une intervention télévisée. « C’est extrêmement important pour montrer que nos initiatives ont eu des résultats positifs. »

Même après l’intervention turque, des reportages ont fait état de nouveaux actes de répression militaire, y compris dans des villes situées près de la frontière turque.

Davutoglu a toutefois semblé minimiser ces actions en refusant de les interpréter comme un défi des exigences de la Turquie. « Il est difficile de s’attendre à un retrait dans de telles conditions lorsque la tension s’est tellement exacerbée, » a dit aux journalistes le ministre des Affaires étrangères à Ankara.

L’intervention de la Turquie a fait suite aux dénonciations dimanche dernier de la répression du régime d’Assad par le roi Abdallah d’Arabie saoudite dans ce qui a été décrit comme un discours public sans précédent au peuple syrien.

Abdallah a qualifié les actions du régime d’Assad d’« inacceptables » et a exigé la fin de « la machine de mort et de l’effusion de sang. » Il a aussi demandé au régime syrien d’accorder des « réformes étendues rapidement. »A la fin de ses remarques, le roi saoudien a annoncé qu’il rappelait l’ambassadeur saoudien de Damas. Le Koweït et Bahreïn ont rapidement fait de même.

Le discours et les initiatives diplomatiques de la part des émirats ont été salués publiquement par Washington qui a probablement encouragé ces actions. Les Etats-Unis ne se soucient visiblement pas de la franche ironie de ces trois puissances qui ont collaboré dans la répression sanglante du mouvement de masse en faveur de réformes démocratiques au Barheïn, où est basée la Cinquième flotte américaine, et qui se présentent maintenant en  défenseurs de la démocratie en Syrie.

Alors que des groupes d’opposition syriens et des gouvernements occidentaux ont fait état de 1.600 à 2.000 Syriens tués – dont près d’un cinquième sont du personnel de sécurité – durant les cinq mois de répression et d’affrontements, ce n’est pas la souffrance du peuple syrien qui motive Washington et les autres pouvoirs régionaux à adopter une ligne plus dure contre Assad mais bien plutôt des intérêts stratégiques.

Avec 260 millions de dollars investis en Syrie en 2010, la Turquie détient des intérêts majeurs en Syrie qu’elle est déterminée à sauvegarder et à développer. Il existe aussi des préoccupations de longue date qui ont souvent dominé des relations turco-syriennes conflictuelles, notamment des préoccupations relatives au séparatisme kurde.

Selon le quotidien turc Zaman, Erdogan a tenu la semaine dernière une réunion consacrée à la sécurité avec sa hiérarchie militaire nouvellement nommée pour discuter du « terrorisme » et de la situation syrienne.

Le journal a cité un rapport secret préparé par l’Organisation nationale de renseignement turc, estimant que quelque 1.500 parmi les 3.800 combattants supposés du Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK) actifs dans le Sud-Est de la Turquie, près de la frontière syrienne, sont soit des Kurdes syriens soit sont basés en Syrie. Tout en reconnaissant que le régime d’Assad a mené sa propre répression du mouvement kurde, des responsables des services de sécurité turcs se sont plaints de ce que la Syrie a refusé d’extrader vers la Turquie des membres capturés du PKK.

Ils se sont aussi plaints de ce que l’Iran, tout en bombardant les bases de l’aile iranienne du PKK, le Parti pour une vie libre du Kurdistan (PJAK), dans le Nord de l’Irak, a refusé de pratiquer tout échange de renseignement avec la Turquie.

Les implications de ces plaintes sont que la Turquie considère l’instabilité en Syrie comme une menace pour sa sécurité nationale interne. Elle est également hostile à l’influence de l’Iran en Syrie qu’elle cherche à supplanter.

La monarchie saoudite qui est restée silencieuse des mois durant sur les événements en Syrie, même lorsqu’elle a aidé la monarchie de Bahreïn à organiser sa propre répression sanglante, regarde également les événements survenus en Syrie par le prisme de son hostilité à l’influence iranienne dans la région. Sa subite intervention publique peut être motivée par une combinaison de pression exercée par Washington et une tentative opportuniste de déplacer l’équilibre du pouvoir en sa faveur dans des conditions où Assad pourrait être contraint de partir.

L’Iran quant à lui a cherché à renforcer le régime d’Assad, son seul Etat allié dans le monde arabe, tout en cherchant à gagner un soutien arabe contre une intervention américaine dans la crise syrienne. Le président de la Commission de la sécurité nationale et de la politique étrangère du parlement iranien Majlis, Alaeddin Boroujerdi, a rencontré jeudi au Caire le secrétaire général de la Ligue arabe, Nabil al-Arabi, et loué la déclaration de ce dernier appelant à un « dialogue sérieux » en Syrie.

Boroujerdi a aussi déconseillé à la Turquie d’adopter un ton menaçant vis-à-vis de la Syrie, en avertissant que les Etats-Unis étaient en train d’accroître leur intervention dans la région parce qu’ils avaient perdu leur « base » en Egypte après les soulèvements qui ont renversé le président Hosni Moubarak.

Dans sa réaction aux événements syriens, Washington est freiné par sa crainte que la chute d’Assad pourrait provoquer le chaos dans l’ensemble de la région et créer un régime moins inféodé aux intérêts des Etats-Unis. S’exprimant au terme d’une visite la semaine dernière en Irak, le chef d’état-major des armées des Etats-Unis, l’amiral Mike Mullen, a exclu toute intervention directe de l’armée américaine en Syrie.

« En ce qui concerne la Syrie, nous critiquons la violence et la violence doit cesser aussi rapidement que possible, » a dit Mullen aux journalistes. « Il n’y aucune indication de quelque sorte que ce soit que les Américains. seront impliqués directement dans cette affaire. »

Washington, tout comme les pouvoirs régionaux, tente d’exploiter la crise pour promouvoir ses propres intérêts dans la région. Les exigences que Clinton a adressées aux puissances européennes donnent un exemple de la diplomatie intéressée de Washington. Alors que les investissements américains en Syrie sont négligeables, les entreprises pétrolières européennes détiennent des intérêts significatifs dans le pays qui exporte environ 150.000 barils par jour vers l’Europe. Les exportations pétrolières comptent pour près de 30 pour cent des revenus du régime d’Assad.

C’est en raison des intérêts de profit des groupes énergétiques européens, comme Total en France et le géant anglo-hollandais Royal Dutch Shell, que l’Union européenne traîne des pieds pour imposer des sanctions majeures contre le régime syrien.

A l’occasion d’une réunion la semaine passée des ambassadeurs européens en Allemagne, Reuters a rapporté qu’une décision avait été prise pour l’élaboration d’un texte présentant plusieurs options pour « entamer le processus d’examen de la question » des sanctions. Il doit être présenté lors d’une réunion des ministres des Affaires étrangères de l’Union européenne le 2 et 3 septembre prochain en Pologne, a dit un responsable de l’UE à l’agence de presse.

Bill Van Auken

(Article original paru le 12 août 2011)

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