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26/08/2011 – 10:14:00 – Sicavonline

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La fin proche du conflit libyen suscite l’intérêt des économies développées. Si à court terme, l’industrie pétrolière peut reprendre rapidement des couleurs, les experts de CM-CIC Securities s’attendent à ce que les entreprises occidentales profitent également du développement des secteurs du bâtiment et du luxe. Cette relance devrait également profiter aux autres pays du Maghreb.

 

Des perspectives encourageantes

Les spécialistes de la recherche Afrique de CM-CIC Securities sont formels : « Riche pays pétrolier (9èmes réserves mondiales avec 41,5 milliards de barils) avec une faible population (moins de 6 millions d’habitants), la nouvelle Libye devrait, à court et à moyen terme, et sous condition d’une gestion sans anicroche de la transition post révolutionnaire, constituer un véritable eldorado pour les entreprises françaises et britanniques, dont les gouvernements ont porté à bras le corps l’opposition armée libyenne. »

En effet, « la France et le Royaume-Uni (…) devraient profiter [de leur soutien actif] pour placer leurs pions mais les investisseurs historiques risquent de ne pas se laisser remplacer facilement. L’Italie reste le partenaire occidental le plus important de la Libye, » même si « sa réaction initialement hostile au soutien occidental du CNT et le passé colonialiste, encore fort présent dans l’esprit des libyens, peut peser sur les relations futures entre les deux pays, » anticipe CM-CIC Securities.

Cependant, les pays développés ne devraient pas être les seuls bénéficiaires de la situation, si l’on en croit les spécialistes de CM-CIC Securities : « Les économies de la zone Maghreb devraient également [profiter] du changement de régime du fait de l’adhésion de la Libye à l’Union du Maghreb Arabe, bloc économique régional «mort vivant » depuis sa création en 1989, ainsi que de l’importance des relations économiques liant ce pays notamment avec la Tunisie et le Maroc. »

Sécurisation et (ré)unification du la Libye : des enjeux clés pour le CNT

Pourtant, si la situation est en bonne voie de dénouement, elle n’est pas encore totalement réglée. Mais une fois la guerre terminée, « la stabilisation du pays dans l’après Kadhafi va être la première problématique à gérer pour les nouvelles autorités politiques, » affirme-t-on chez CM-CIC. Car « du fait des tensions tribales et des enjeux pétroliers, la voie est loin d’être dégagée. »

Les experts de l’Afrique de CM-CIC prévoient, dans cette perspective, que « le Conseil National de
Transition devrait profiter de sa victoire pour essayer d’unifier la population autour de lui et constituer un socle pour une « union nationale » et ainsi bâtir rapidement un nouvel Etat. Cependant, la réaction forte de la tribu de Kadhafi, les Gaddafa, prééminente dans les villes de Syrte et de Sabha, devrait être déterminante dans le climat politique et sécuritaire du pays dans les prochains mois. »

La Tunisie et le Maroc, acteurs de la reprise au Maghreb

La reprise d’une activité économique en Libye, permise par la fin de la guerre, est à même de favoriser un rebond de l’économie au Maghreb.
La Tunisie, du fait des relations économiques étroites avec son voisin libyen grâce au tourisme et à l’import/export, est très concernée par la fin du conflit. « La volonté de consolider les relations économiques après la chute du régime de Kadhafi est apparue clairement dans la déclaration du président du CNT lors de son déplacement en Tunisie en juin 2011, où il a annoncé que la Tunisie aurait un rôle important à jouer dans la reconstruction de la Libye, » note CM-CIC Securities. On devrait donc voir une reprise rapide des exportations de main d’œuvre et de matériaux vers la Libye.

Les spécialistes de l’Afrique chez CM-CIC jugent également que « les nouveaux dirigeants libyens ont tout intérêt à renforcer les échanges commerciaux avec le Maroc pour profiter de sa main-d’œuvre qualifiée, de l’expertise de ses cadres dans les secteurs vitaux de l’économie tels que le BTP, de son offre en produits agricoles bon marché et surtout pour mieux équilibrer le poids des échanges économiques avec la Tunisie et l’Egypte. »

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Afrik.com (France), 6/9/11

Les bouleversements historiques que connaissent la Tunisie et la Libye et qui ont conduit à mettre fin à des régimes dictatoriaux, les réformes constitutionnelles au Maroc dont l’objectif est de consolider la démocratie dans ce pays, et la stabilité relative en Mauritanie avec une volonté de mettre en place un état de droit, tout cela est de nature à lever les obstacles politiques devant des relations naturelles entre les pays du Maghreb et présage une reconstruction de l’Union du Maghreb Arabe sur de nouvelles bases solides, après des décennies de conflits au détriment du développement économique et des aspirations démocratiques des peuples de région .

Dans ce contexte l’Algérie apparait comme une exception qui entrave les retombées positives de ces bouleversements sur l’avenir maghrébin, en s’accrochant à des mécanismes d’action obsolètes et en décalage avec la nouvelle donne géostratégique, même si le peuple algérien aspire, au même titre que les autres peuples de la région, à une moralisation du système de gouvernance, à un développement pérenne et à la liberté politique et démocratique.

Devant la pression du printemps arabe et la rue algérienne, le régime algérien, qui est un régime militaire avec un visage civil, opère un tricotage constitutionnel et multiplie les promesses afin de maintenir son emprise sur le pouvoir et garantir ses intérêts. Il dépense sans compter pour acheter la paix civile. Ce régime perpétue également des tensions avec tous les voisins de l’Algérie. Le but étant de surfer sur le sentiment nationaliste afin de créer un front intérieur contre un danger extérieur imaginaire. Cela lui a permis d’être hermétique à tout changement démocratique réel malgré un simulacre multipartisme et des élections dont les résultats sont connus à l’avance.

C’est à la lumière de ce constat que la position algérienne via à vis de que la question du sahara marocain (occidental) et les tensions avec Rabat qui en résultent peuvent être comprises. Malgré toutes les annonces de l’Algérie que cette question est une affaire onusienne et qu’elle y observe une neutralité, n’empêche que ce pays déploie tous les moyens pour entraver la recherche d’une solution. Elle encourage le Polisario (groupe subsaharien armé qui lutte pour l’indépendance du Sahara marocain et qui a été fondé par l’Algérie et la Libye de Kadhafi) à se retrancher dans l’intransigeance, tout en continuant à l’héberger sur son sol et en lui assurant un soutien diplomatique, financier et militaire sans faille. De même malgré les annonces de séparer ce dossier des autres relations bilatérales, l’Algérie continue à refuser la réouverture des frontières avec le Maroc et à maintenir les échanges entre les deux pays à leur bas niveau.

Lorsque l’Algérie justifie son soutien au Polisario par le principe du droit des peuples à disposer d’eux-mêmes, elle refuse ce même principe au peuple libyen et tunisien. L’Algérie refuse de reconnaitre le conseil national de transition libyen en prétextant aligner sa position sur celle de l’Union Africaine, après l’avoir alignée sur celle de la Ligue Arabe avant que celle-ci ne reconnaisse finalement ce conseil. Après avoir été soupçonnée de fournir des armes et des mercenaires aux forces de Kadhafi avant la prise de Tripoli par les rebelles, elle accorde l’asile à la famille de Kadhafi. Comble de l’ironie, son gouvernement déclare sans convaincre personne l’avoir fait « pour des raisons humanitaires ». En effet, c’est dans cette même Algérie, dans les camps de Tindouf, dans le sud-Ouest du pays où s’opère un véritable génocide depuis presque 40 ans avec la duplicité de l’ONU et de l’Europe qui continuent à traiter l’Algérie comme l’enfant gâté du Maghreb. Dans ces camps, de s générations ont été décimées. Les vivants y errent sans aucun avenir, dans des conditions inhumaines et sans aucune possibilité de quitter ces camps. Ils sont là par la seule volonté de l’Algérie qui les présente comme des victimes du voisin marocain.

Le régime algérien exprime également des « contraintes » de voir des mouvements « terroristes  » infiltrer le nouveau pouvoir de Tripoli ou soutenir des mouvements terroristes algériens, Comprenez « Al Qaïda au Maghreb Islamique ». Le crédit que l’on peut accorder à ses explications est bien mince, puisque pendant les six derniers mois, aucune organisation terroriste n’a pu être identifiée en Libye malgré la profération des armes et la multitude des lignes de front. Sans oublier que tous les responsables politiques et militaires libyens ce cessent de déclarer leur attachement à l’Etat de droit, au multipartisme et à la démocratie.

Mieux que cela, lorsque les rebelles libyens étaient concentrés sur les Kata’ib (unités) de Kadhafi, l’Algérie était le théâtre de plusieurs attentats terroristes sanguinaires dans plusieurs localités se trouvant à l’intérieur des terres, loin des frontières. La lutte contre le terrorisme au niveau maghrébin ne peut se faire en alimentant des tensions et en échangeant des accusations. Il exige l’instauration de nouvelles relations basées sur la confiance entre ces pays. Cela permet la coordination des actions sécuritaires, les échanges d’informations, le suivi des cellules terroristes et les déplacements de leurs éléments, ainsi que l’identification de leurs sources de financement.

Par sa position hostile vis-à-vis du nouveau pouvoir libyen, le régime algérien cherche à créer un foyer de tension supplémentaire, et confisque par la même occasion l’avenir des relations bilatérales entre les deux pays. Le pays du million de martyres pour l’indépendance et la liberté apparait ainsi comme une exception qui entrave la construction.

http://www.afrik.com/article23619.html


Alger–Rabat : les calculs d’un rapprochement annoncé

C’est un peu le serpent de mer des relations algéro marocaines. La frontière entre les deux pays va t elle être rouverte ? Régulièrement ? la question revient au devant de la scène, les deux pays indiquant que cela se produira forcément un jour prochain, puis le sujet retombe aux oubliettes. Ces dernières semaines nous sommes entrés dans une nouvelle phase d’optimisme. Les responsables des deux côtés, et plus particulièrement algériens, ont multiplié les déclarations positives à l’égard du Maroc. Il y a eu le président de la République, le ministre des Affaires étrangères, Mourad Medelci, et le ministre de l’Agriculture, Rachid Benaissa.

Ce énième revirement sur cette question aurait pu n’être qu’un retournement de plus s’il n’intervenait dans un contexte très particulier. Les tensions algéro marocaines sont effectivement au plus mal : le Sahara occidental avec le lobbying du Maroc à l’ONU pour orienter en sa faveur le prochain rapport onusien sur ce dossier, le boycott marocain de la cérémonie d’ouverture de « Tlemcen, capitale de la culture islamique » le 16 avril dernier ou les procès abusifs de militants sahraouis au Maroc, etc.

En d’autres temps, ces évènements auraient suffi à refroidir encore plus les relations entre les deux pays. Malgré tout, le 17 avril dernier, Abdelaziz Bouteflika l’affirmait : « il n’y a aucun problème entre l’Algérie et le Maroc ». « Le problème du Sahara occidental est un problème onusien. Le Maroc est un pays voisin et frère. Il faut coopérer et nous devons coopérer (avec lui) », avait insisté le chef de l’État.

Et le 25 avril, le ministre de l’Agriculture effectuait une visite officielle au Maroc et annonçait une coopération avec le royaume chérifien « pour assurer la sécurité alimentaire » des deux pays. On reparle également d’une relance de l’Union du Maghreb arabe, paralysée depuis des années à cause des tensions entre l’Algérie et le Maroc. Le 1er mars dernier, le ministre de l’Énergie et des mines annonçait également l’existence d’un projet de gazoduc algéro marocain pour approvisionner notre voisin en gaz, à l’occasion de la visite de la ministre marocaine de l’Énergie, Amina Benkhadra. La sécurité alimentaire et l’énergie sont des sujets de coopération extrêmement sensibles. Une coopération dans ces deux domaines passe inévitablement par un réchauffement sérieux des relations.

Alors, une question se pose à la lumière de cette conjonction de gestes de réchauffement entre les deux pays. Pourquoi ? Et surtout, pourquoi aujourd’hui ? La réponse réside peut être dans les évènements qui secouent le monda arabe depuis le début de l’année. Les régimes autoritaires sont secoués les uns après les autres par des mouvements de protestation populaires jamais vus. Chute de Ben Ali en Tunisie et de Moubarak en Égypte, départ inéluctable du président yéménite Ali Abdallah Saleh, guerre civile en Libye entre pro et anti Kadhafi, ou encore Bachar el Assad sur la sellette en Syrie.

De l’autre côté de la région, le Maroc et l’Algérie connaissent aussi leurs crises politiques et sociales, mais jusqu’ici, les pouvoirs en place tiennent le choc. Cependant, les dirigeants Abdelaziz Bouteflika chez nous et la famille royale incarnée par Mohamed VI chez notre voisin, doivent se sentir bien seuls à la table des dirigeants autocratiques de la région, qui se dépeuple de plus en plus. C’est une vieille règle historique, face à une menace commune, les ennemis d’hier se trouvent des intérêts partagés et une solidarité nouvelle. Est ce le calcul que font les pouvoirs marocain et algérien ? Ce qui est sûr, c’est que ce rapprochement aussi soudain qu’inattendu soulève bien des interrogations.

TSA


Israël redoute un Maghreb démocratique

Qui redoute le plus la démocratie dans les pays arabes? A part les autocrates Arabes eux-mêmes?

Le vice-Premier ministre israélien exprime son inquiétude face à la démocratisation du monde arabe, après la dissolution du régime tunisien.

« La chute du régime tunisien dirigé par Zine El Abidine Ben Ali peut avoir de graves répercussions », a déclaré le vice premier ministre Israélien Sylvan Shalom.

Dans un entretien accordé à la radio israélienne vendredi soir, Shalom a déclaré qu’il était issu d’une famille d’immigrants Tunisiens.

« Je crains que nous nous trouvions maintenant devant une nouvelle phase très critique dans le monde arabe. En cas d’effondrement du régime tunisien actuel, la sécurité nationale d’Israël ne sera pas affectée de manière significative dans l’immédiat, a-t-il dit. « Mais nous pouvons cependant supposer que ces développements constituent un précédent qui pourrait se répéter dans d’autres pays, pouvant affecter directement la stabilité de notre système. »

Shalom a ajouté que si les régimes voisins de l’Etat d’Israël devaient être remplacés par des systèmes démocratiques, la sécurité nationale israélienne pourrait être menacée de manière significative.

« Les nouveaux régimes défendraient ou adopteraient des lignes politiques intrinsèquement opposées à la sécurité nationale d’Israël », a-t-il dit.

Le vice-Premier ministre a indiqué qu’Israël et la plupart des régimes arabes ont un intérêt commun à lutter contre ce qu’il a appelé le « fondamentalisme islamique » et ses organisations « radicales » qui menacent Israël.

La menace, a-t-il ajouté, est ce qui motive en grande partie la coordination directe et indirecte en matière de renseignements entre Israël et les régimes arabes.

Shalom a souligné qu’un monde arabe démocratique ferait cesser cette actuelle allégeance, parce qu’un système démocratique serait gouverné par une population en général opposée à Israël.

Par Saleh Naami à Gaza, journal égyptien Al Ahram (Egypte),
Traduit de l’anglais par Djazaïri