Articles Tagués ‘FFS’


Aujourd’hui s’ouvre la session parlementaire du printemps dans un contexte national, régional et international trouble et troublé.

Au plan interne, l’activité politique a été dominée par l’adoption d’une loi de finances 2016 et une révision de la constitution.

Une loi de finances anti-nationale et anti-sociale; une révision constitutionnelle,  qui, en raison des conditions de son élaboration et  de son adoption, constitue un véritable coup de force institutionnel et constitutionnel.

L’immense majorité des Algériennes et des Algériens commence à subir les conséquences dramatiques de cette loi de finances scélérate et reçoivent des électrochocs répétés suite à une flambée des prix qui n’est pas prête de s’éteindre.

Pourtant, il y a quelques mois, les mêmes autorités assuraient que le pays ne connaissait pas de crise  et qu’il ne serait pas touché par l’austérité.

Aujourd’hui, on prêche le discours de vérité, quel discours tenait-on hier et avant-hier ; le discours de la ruse, du mensonge, du déni de la réalité et de la violence.

Encore aujourd’hui, l’imposture n’est pas finie ; on veut faire croire à l’extérieur que le pays est sur la voie d’une démocratisation graduelle alors que les options retenues visent simplement à renforcer le régime par le droit et non à limiter le pouvoir. Ces options instituent la régression des libertés par la judiciarisation du politique.

Comment peut-on parler de séparation des pouvoirs alors que jusqu’à l’heure actuelle, l’initiative des lois demeure le domaine réservé de l’Exécutif.

Chaque matin, tout Algérien qui sort de chez-lui sait qu’il n’est pas dans un pays plus uni, plus juste, plus libre et plus stable.

Dans ce contexte, l’activité parlementaire va être lourdement impactée par la programmation des lois organiques, à la suite de la dernière révision de la constitution.

Comment ne pas voir que nous sommes en présence d’un véritable carrousel; il y a eu inversion des priorités et cela révèle la logique personnelle, si ce n’est partisane ou clanique, qui a conduit à programmer cette révision en dernier. Ce qui est sûr, c’est qu’on va encore réviser des lois et des réformes qui viennent d’être adoptées.

Cette révision ne permettra pas le changement.

Un aspect méconnu de cette révision, même si elle a donné lieu à quelques lectures d’experts, est son contenu économique.

Nous partageons le point de vue de tous  ceux qui estiment que cette constitution consacre la rupture avec l’Etat-social, la régression syndicale, la dérèglementation de la sphère économique et « l’open sky » en matière du droit du travail.

Ce nouveau modèle économique, n’aurait-il pas nécessité un grand débat  citoyen, un grand débat démocratique ? Ce débat n’a pas eu lieu parceque le pouvoir et certaines forces politiques n’ont pas pu, n’ont pas su ou n’ont pas voulu lever le préalable politique. Pour rassembler les énergies, pour renforcer la cohésion sociale, il eut fallu opter pour un dialogue politique véritable pour reconstruire le consensus national.

A ce propos, le FFS souligne que les différentes initiatives politiques présentes sur la scène médiatico-politique ne se confondent  pas.

Le pouvoir persiste dans une démarche unilatérale et autoritaire parce qu’il pense disposer  des ressources politiques, diplomatiques, financières, économiques, culturelles et sociales pour continuer dans cette voie et qu’il escompte un retournement de la conjoncture pétrolière en sa faveur.

Les origines de la crise algérienne remontent au lendemain de l’indépendance du pays. La crise était présente avant la chute des revenus des hydrocarbures ; même cette dernière l’a aggravé et révélé les vulnérabilités du pays. Chaque jour qui passe démontre qu’aucun acteur politique ou social ne peut à lui seul trouver une issue politique et mettre le pays sur la voie d’un développement durable.

Dans la conjoncture actuelle, le FFS se veut dans la continuité du message de Novembre et du congrès de la Soummam. Il reste fidèle à ses engagements primordiaux de construire démocratiquement la nation algérienne et l’Etat démocratique et social. C’est pourquoi le FFS décide de commémorer le 60ème anniversaire de la création de l’UGTA, bras syndical de la révolution algérienne, par ce recueillement sur la tombe de Aissat Idir.

Dans le domaine de l’action parlementaire, le FFS continuera de populariser et de potentialiser les revendications légitimes de la population.

Le FFS poursuivra dans le travail de proximité auprès de la population et continuera de rechercher et de proposer des mécanismes et des cadres de dialogue et de concertation pour reconstruire le consensus national. Ce consensus ne saurait être la réédition de projets frontistes dépassés ou d’alternances claniques qui ne répondent pas à l’espérance démocratique du peuple algérien.

Sur le plan régional,  le FFS constate avec inquiétude la difficulté des Etats de la région  à peser sur les enjeux régionaux voire à contrecarrer les manœuvres et les options retenues par les puissances étrangères.

Pour le FFS les politiques  de guerre,  loin de lutter efficacement contre le terrorisme, aboutissent souvent à la destruction des Etats et à des situations humanitaires catastrophiques.

Dans cet esprit le FFS soutient une  solution politique en Libye et se prononce contre toute intervention militaire  étrangère dans la région.

Le FFS continue  de croire que la construction démocratique du Maghreb est à même d’apporter à la région et à nos concitoyens la paix, la stabilité et le développement.

Le 1er Secrétaire, Mohamed Nebbou, 

Alger, le 02 mars   2016

← Le FFS ouvre la s

ffs-aissat

Publicités

FFS

Chers camarades, chers amis,

Salam Alaikoum,  azul Fellawen,

Un congrès est un moment de retrouvailles entre militants, un moment de rassemblement, d’échange et de débat d’idées. Une opportunité pour réaffirmer notre engagement militant et notre serment de fidélité à nos valeurs et à nos principes primordiaux.

Un congrès est un événement d’une portée à la fois organique et politique. C’est un moment fort dans la vie de chacune de nos fédérations, mais il faut dire qu’à plusieurs titres, il a toujours été particulier celui de Tizi-Ouzou. Ce que cette dernière a vécu lors des funérailles de notre président Hocine Ait Ahmed illustre parfaitement la responsabilité qui est entre les mains des militantes et des militants de cette fédération.

Chers camarades,

L’enthousiasme qui a accompagné toutes les étapes de la préparation des assises qui nous réunissent aujourd’hui, démontre l’intérêt que vous portez à la construction démocratique de notre parti et à  la consolidation de ses structures.

La démocratie au FFS  est un socle, c’est un fondement. Nous l’exerçons d’abord à notre niveau avant de la préconiser comme modèle de gestion des affaires de la cité.

Nous sommes l’un des rares partis politiques en Algérie qui privilégie le suffrage universel dans les opérations d’installation ou de renouvellement de ses structures locales. Si nous avions choisi cette méthode c’est parce que nous sommes profondément convaincus  que seule la construction démocratique peut constituer un gage pour le développement et le renforcement de  notre parti.

Nous devons en être fiers, car c’est ce qui fait la différence entre nous et les autres. Presque tous les autres.

Chers camarades, chers amis,

Il est évident qu’un congrès est aussi un moment de compétition. Toutefois, la  compétition, la plus rude et la plus acharnée soit-elle, ne doit pas sortir du cadre  des règles démocratiques et du respect de nos textes. Elle  ne doit pas également primer  sur notre vision de l’avenir, sur la façon dont nous envisageons la prochaine étape, sur le coup d’après.

Vous le savez sans nul doute, ce congrès, malgré toute l’importance qu’il recèle, n’est pas une finalité en soit ; il ne doit, à aucun moment constituer une finalité pour nous.

Nous devons, tous ensemble, faire de ces assises le début d’un processus d’élargissement de notre base militante, un moment pour la consolidation de notre parti et une occasion pour s’ouvrir vers la société et nos concitoyens qui nous regardent, qui nous observent et qui attendent beaucoup du FFS.

Oui, les Algériennes et les Algériens nous respectent et attendent beaucoup de nous.

La formidable mobilisation nationale et populaire  et l’élan de solidarité extraordinaire qu’ont suscité les funérailles de notre Président Hocine Ait-Ahmed (Rahim ahou Allah Wa askanahou fassiha djinanih), démontrent l’attachement de nos concitoyens aux valeurs, aux convictions et aux principes qui furent au centre de la vie de l’homme d’exception qu’il a été et du parti qu’il a fondé.

Le décès du vieux militant a donné, à la jeunesse  notamment, la possibilité d’exprimer  sa ferveur pour ces mots qui imprègnent la pensée et l’éthique politique d’Aït Ahmed: Respect, Fidélité, Liberté.

Je vous dis cela, car nous devons être à l’écoute de cette jeunesse qui a, une fois de plus, prouvé sa maturité et sa reconnaissance à ceux qui sont au service de l’Algérie.

Il est de notre responsabilité et de notre devoir aujourd’hui d’encadrer politiquement cette jeunesse, de capter ses angoisses et ses aspirations et les transposer en une dynamique politique et pacifique en faveur de l’avènement d’un Etat de droit et d’une deuxième république, en un mot d’une Algérie libre, démocratique et heureuse.

C’est le meilleur hommage que nous puissions rendre à Hocine Ait Ahmed.

Au FFS, nous en avons fait notre idéologie et notre serment.

Chers camarades, chers amis,

La situation politique, économique et sociale de notre pays n’est guère reluisante. La chute des prix du pétrole a levé le voile sur un pays impuissant et un pouvoir autiste, en panne de visions et de perspectives. Le mythe du développement et de la stabilité économique et sociale, tant chanté, est vite tombé à l’eau. Il s’est avéré illusion et mensonge. Les répercussions de la crise et les effets néfastes de la politique d’austérité  se font sentir de plus en plus. La cherté de la vie, la dégringolade, sans cesse,  de notre monnaie nationale accable nos concitoyens qui s’enlisent dans la précarité et la pauvreté.

Face à cela : d’un côté,  le pouvoir en place n’affiche aucune volonté politique pour le changement de l’ordre établi. Il continue dans sa gestion unilatérale et autoritaire des affaires de l’Etat, sans se soucier des risques et des retombées  d’une telle gestion sur l’avenir du pays.

De l’autre, les ennemies de l’Algérie et les partisans des politiques du chaos et du morcellement des Etats redoublent de férocité.

Les uns comme les autres constituent un danger sur la pérennité de l’Etat-national, si aucun changement réel n’est amorcé.

Chars camardes, chers amis,

Aujourd’hui, deux semaines après le nouveau coup de force constitutionnel, rien n’a changé dans le vécu quotidien des Algériennes et des Algériens.

Nous l’avons déjà dit, ce n’est pas un texte qui est à l’origine de la crise politique, économique, sociale et morale que vit le pays, ce n’est donc pas un texte qui sortira le pays de cette crise qui s’aggrave de jour en jour.

Au FFS nous demeurons convaincus que la réponse à la crise doit être, globale, concertée, collective et consensuelle, d’où ressort l’urgence d’œuvrer au plus large rapprochement possible entre algériens de tous les horizons pour un consensus national à même de préserver l’unité nationale, la cohésion sociale et l’intégrité territoriale de l’Algérie.

Nous allons continuer à travailler et à ouvrir de nouvelles perspectives avec tous les partisans du projet patriotique et démocratique, car personne ne peut se dresser face à l’espérance démocratique  et patriotique que portent en eux les Algériennes et les Algériens.

Nous considérons toujours que la démocratie et le patriotisme sont inséparables. Ils sont encore plus  liés aujourd’hui qu’hier, surtout que les menaces qui pèsent sur notre pays ne font que s’accroître.

C’est pour cela que nous continuerons à opposer le patriotisme et la démocratie aux partisans de la division et aux prêcheurs de la fragmentation et du morcellement  des Etats, comme nous  continuerons à opposer la démocratie et le patriotisme aux partisans de la dictature,  du statu quo et de l’extrémisme.

Chers amis, chers camarades,

Nous avons toujours mis l’éthique au centre de notre action politique. Les 50 ans d’existence du FFS sont synonymes de constance et de cohérence dans les positions d’intégrité, de transparence et d’honnêteté. Que certains partis ou certains acteurs, connus pour leur versatilité et leur positions controversées, tentent aujourd’hui de s’agripper à la roue de l’histoire en intégrant le lexique, les propositions et l’analyse du FFS dans leurs discours, c’est tant mieux. Comme on le dit, vaut mieux tard que jamais. L’important est dans les bonnes intentions. Mais ne faut-il pas d’abord qu’ils commencent par reconnaître et assumer les erreurs et les fautes du passé ?

Chers amis, chers camarades,

Lors de la dernière session de notre conseil national, nous avons tiré la sonnette d’alarme sur les conséquences désastreuses qu’engendrait une intervention militaire étrangère en Libye. Cela découle de notre doctrine refusant toute forme d’intervention dans les affaires d’un Etat souverain,  de notre attachement aux solutions politiques pour le règlement des conflits, et de notre refus aux politiques de la guerre qui aboutissent souvent à la destruction des Etats et à des situations humanitaires catastrophiques.

Chers camarades, chers amis,

Au moment où les ensembles régionaux se multiplient et s’érigent comme  la façon la plus appropriée pour résister à un ordre mondial dévastateur, la non construction du Maghreb pénalise tous les peuples de la région et s’avère irresponsable, voire suicidaire.

L’édification démocratique du Grand Maghreb est pour le FFS un projet stratégique, une revendication et une exigence à la fois historique, politique et économique. C’est la seule option qui peut garantir la paix, la stabilité et le développement pour les peuples et les pays de la région.

Cette construction ne peut se concrétiser sans dépasser les calculs étriqués et les visions étroites des pouvoirs en place, qui arrangent les intérêts des grandes puissances.

Chers camarades, chers amis,

Dans toutes ces luttes que nous menons, la pensée, les idées et le parcours de notre Président Hocine Ait Ahmed, continueront  à nous éclairer  et nous montrer le chemin pour la construction démocratique de l’Algérie et du Maghreb.

Merci pour votre attention

Je souhaite que ce congrès soit un plein succès.

Bon courage dans vos travaux.

Vive l’Algérie libre et démocratique

Vive le FFS

Gloire à nos martyrs


               La mort d’Aït Ahmed, le vendredi 23 décembre 2015, est un moment pas comme les autres. 

“Nul ne peut empêcher les idées d’atteindre les âmes” (Gibran Khalil Gibran).
Il ne s’agit pas, dans cette réflexion, de retracer le double parcours du militant pendant l’époque coloniale et postcoloniale mais de tirer des enseignements à la fois pédagogiques et éthiques qui ont alimenté l’engagement politique de Hocine Aït Ahmed (1926-2015) en tant que personnalité politique incarnant une génération née dans la douleur et la conviction.

Deux modes d’identification politique qui ont structuré l’identité politique réflexive de toute une génération où les parcours et les trajectoires de chacun sont rattrapés plus tard par l’histoire réelle d’une société assoiffée de repères et d’idéaux après avoir vécu dans un double processus de dénigrement de soi pendant l’époque coloniale et postcoloniale.
La mort d’Aït Ahmed, le vendredi 23 décembre 2015, à l’âge de 89 ans, est un moment pas comme les autres ; il a pu réconcilier l’Algérie avec elle-même, avec son identité réelle et ses aspirations légitimes, loin de toutes formes de mise en scène et du faire-semblant. Toute personne est rattrapée par son histoire et l’Histoire de toute la société. Le politique est avant tout un acte de conviction incarnant la société réelle. Aït Ahmed (et tant d’autres restés dans l’anonymat) a marqué son parcours par la cohérence, la fidélité et l’engagement sincères que l’histoire, l’histoire réelle (la société) a bien assimilé et adopté comme un personnage hors du commun. L’ancrage socio-anthropologique de Hocine Aït Ahmed, appelé affectueusement et respectueusement par ses admirateurs, militants et même ses adversaires, Da l’Hocine, dans l’imaginaire social et politique de la société algérienne, réside dans sa fidélité culturelle et cultuelle à la lignée symbolique de son origine familiale (cheikh Mohand ou l’Hocine – 1838-1901, chef spirituel), ses engagements précoces pour l’indépendance de l’Algérie (jeune adolescent de 16 ans), ses convictions idéologiques profondes, son éthique politique, et ses capacités de transformer le sens commun avec tout ce qu’il véhicule comme sens et connaissances en un projet de société incarnant l’algérianité, revendiquée depuis la crise dite “berbériste” en 1949. L’histoire et la mémoire sont là, sous forme de refoulés collectifs transformés en imaginaire social, faisant face à une confiscation violente de l’intime identité lointaine et plurielle depuis l’indépendance. C’est cet idéal politique trahi qui a mis Hocine Aït Ahmed, l’un des pionniers de la résistance et de l’indépendance, dans une posture politique délicate juste après la crise sanglante de l’indépendance où des querelles sous-jacentes entre les leaders du mouvement national ont surgi violemment pour des raisons de pouvoir. Il s’agit d’un moment fort dans l’histoire politique de l’Algérie contemporaine. Depuis cette crise politique d’été 1962 où la médiation pacifique a été impossible, le champ politique algérien, produit du mouvement national, sera scindé en deux grandes catégories d’élite politique, en l’occurrence l’élite fonctionnaire soumise et l’élite politique autonome incarnant l’idéal type de l’Algérie réelle. Depuis, le mensonge et la vérité n’ont pas connu de répit. Aït Ahmed a incarné la deuxième voie, le chemin de la vérité, de l’épanouissement, de l’égalité et de la démocratie pour le peuple. C’était un vrai exercice historique qui ne peut que refléter l’altruisme, l’intelligence politique, la culture d’État et le sens de l’Histoire qu’incarne toujours le regretté Hocine Aït Ahmed. Les positions et les engagements à contre-sens des événements, imposés juste après l’indépendance de l’Algérie, seront incarnés dans son parti, le Front des Forces Socialistes (FFS), créé le 29 septembre 1963. Un parti qui devient par la suite une école de socialisation politique et civique nationale pour ses militants et ses sympathisants. Une école politique moderne qui a pu résister au temps par son encrage anthropologique, son innovation du militantisme et sa modernité politique réflexive incarnant les enjeux de chaque génération et les aspirations de la société algérienne. Une école qui a pris corps pour donner naissance à l’espoir aux différentes générations post-indépendance, face à une hégémonie idéologique empêchant toute forme d’épanouissement individuel et collectif et qui a coûté cher à l’Algérie. Il s’agit en premier lieu des mouvements sociopolitiques depuis les années 1980, en commençant par le mouvement dit “Printemps Berbère” qui a été en réalité, dans son essence, un mouvement sociopolitique de contre-hégémonie, dont les idées, les idéaux et les engagements politiques de Hocine Aït-Ahmed ont alimenté la culture politique de cette jeunesse militante et intelligentsia politique ayant déclenché, participé et encadré ce mouvement à Tizi Ouzou et à Alger. Depuis cette date hautement symbolique dans l’histoire des luttes politiques, l’Algérie postcoloniale n’a cessé de connaître des mouvements sociaux de grande envergure, qui ont risqué de mettre en péril sa cohésion nationale, notamment pendant les années 1990, années de toutes les ruptures et des mises en surfaces de ces refoulés collectifs transgénérationnels. Vu le caractère holiste et d’entêtement des pouvoirs publics qui se sont succédé depuis l’indépendance, empêchant toute forme de médiation politique pacifique, la violence avec toutes ses formes prend place. Tellement la nature a horreur du vide, la médiocrité, l’incompétence, l’intolérance, l’inculture, l’inculte et la ruse, deviennent des pratiques langagières et une nouvelle culture dominante. Le danger est là, la société devient captive de ces pratiques politiques anomiques pour que tout se transforme au “normal” ; c’est-à-dire à une perte et à un bouleversement de l’échelle de valeurs sociales censées socialiser des générations sur un “smig” de repères d’intégration et de bien-vivre en commun.  Depuis l’indépendance, le processus d’exclusion et d’exil, avec toutes ses formes (exil extérieur/intérieur), des intelligentsias politiques algériennes dont le cas, entre autres, d’Aït-Ahmed, a donné naissance à une panne aiguë dans la dynamique des idées politiques, empêchant l’innovation et les alternatives dans la gouvernance de l’État. Le peu de personnalités, de militants sincères et d’anonymes qui résistent avec honneur et respect des règles fondamentales de l’équation politique démocratique se trouvent depuis cinq décennies dans une ambiance d’inculture politique bien entretenue, juxtaposée à une ignorance institutionnalisée, au sens Arkounien (Mohammed Arkoun) du terme, où le système éducatif incarne le dénigrement de soi et l’oubli, bien entretenus contre ces personnages qui ont créé l’Histoire plurielle de l’Algérie. La vraie crise de l’Algérie est la crise du sens, du bon sens qu’elle a perdu et que Hocine Aït-Ahmed a tenté courageusement de récupérer : il s’agit de la dignité humaine de l’Algérien, par la réconciliation avec lui-même et le respect par autrui, par les autres cultures et civilisations. Cette construction sociale d’un tel projet de société inachevé reste à construire en réappropriant, entre autres, les idées politiques et le parcours exceptionnel de Hocine Aït-Ahmed, non pas en le sacralisant, mais en l’adoptant et en l’adaptant comme des outils de pédagogie et d’éthique politiques pour l’Algérie qui reste toujours piégée par des visions rétrogrades, anachroniques et figées, imposées depuis plus de cinq décennies. L’Algérie mérite mieux et son fleuve détourné, pour reprendre le titre du fameux roman du regretté Rachid Mimouni, mérite d’être récupéré.

Par : Dr Karim KHALED
Sociologue


Alger, le 02 février   2016 

Communiqué

Les deux chambres du Parlement se réuniront demain, mercredi 03 février 2016, pour l’adoption de l’avant-projet de l’amendement de la constitution proposé par le régime.

L’élaboration ou l’amendement d’une constitution constitue une étape décisive dans la vie d’une Nation, vu que cette opération est destinée, en théorie, à garantir la cohésion et la communion nationales. Malheureusement, le régime algérien a raté cette occasion et a fait de ce rendez-vous une occasion pour aggraver la situation du pays.

Le FFS considère que ce projet n’est qu’une continuité du feuilleton de la violence constitutionnelle exercée contre le peuple algérien, depuis la constitution de 1963.

Ce n’est pas un texte qui est à l’origine de la crise politique, économique, sociale et morale que vit le pays, ce n’est donc pas un texte qui sortira le pays de cette crise qui s’aggrave de jour en jour.

Tout projet constitutionnel doit refléter le plus large consensus possible sinon il est voué à l’échec. A cet effet, le FFS appelle tous les acteurs politiques et sociaux à entamer un processus constituant en vue d’aboutir à un consensus national basé sur l’Etat de droit, la démocratie et les droits de l’Homme.

Le FFS considère que le projet soumis à l’adoption ne sert pas l’intérêt du peuple algérien et représente une menace pour la stabilité du pays et sa cohésion. Pour ces raisons, le FFS a décidé de boycotter cette session extraordinaire du Parlement.

Le FFS s’inscrit en dehors de l’agenda du régime qui ne s’intéresse qu’à sa pérennité.

Le FFS réaffirme la continuité de la lutte aux cotés des Algériennes et des Algériens pour l’instauration d’un Etat de droit et des libertés.

Vive l’Algérie libre et démocratique !

Gloire à nos valeureux martyrs !

Le 1er Secrétaire

Mohamed Nebbou


halet

Rachid HALET. Membre de l’instance présidentielle du FFS

Le FFS semble se diriger vers le report de la la tenue de la conférence nationale du consensus (CNC). Pourquoi ?

Dès le départ nous avons proposé une date et en aucun cas elle n’a été fixée. A partir de là, nous sommes en train de réexaminer cette proposition de date, d’abord au vu de l’état d’avancement de notre préparation à la conférence du consensus national et aussi de l’intérêt et de la sympathie que continue de susciter  cette initiative. Les échanges et les rencontres se poursuivent, il faut quand même en tenir compte. Nous sommes attentifs au fait que certains de nos interlocuteurs politiques nous ont fait part de leur indisponibilité pour ces dates-là. Vu tous ces éléments, je crois que le report de la date ne peut pas être exclu.

Je voudrais souligner deux choses : quelques semaines ou quelques mois de délai, vu les ambitions affichées par cette conférence et les objectifs assignés, peuvent faire toute la différence entre le succès et la possibilité d’un échec. Nous n’avons jamais focalisé sur une date particulière ou sur un accord qui arriverait à une date particulière. Nous gardons notre marge et notre liberté de manœuvre. Je crois que, fondamentalement, le succès ou l’échec d’une telle conférence serait lié à toute la situation politique d’ensemble, au rapport de forces lié à tout ce qui bouge dans la société et éventuellement au sein des institutions.

Aujourd’hui, pensez-vous que la situation permet la tenue d’une telle conférence ?

La situation est marquée par l’incertitude et peut-être même par l’imprévisibilité ; cela a des conséquences sur la préparation et sur les discussions qui sont, il faut le dire, normales par rapport à la préparation de cette conférence avec l’ensemble de nos partenaires. C’est tout de même un grand projet. Je voudrais souligner que notre projet, tel qu’il a été élaboré lors du cinquième congrès, en mai 2013, ne se réduit pas à la tenue d’une conférence ou d’un accord entre quatre ou cinq partenaires ; il a une ambition beaucoup plus grande et c’est un choix justifié. J’estime que notre pays a besoin de transformations politiques, économiques et sociales fondamentales. Et cette conférence nationale de consensus est une étape dans l’approche globale de notre parti.

Le FFS présente son initiative comme un projet pour sauver à la fois le pays de la dérive et apporter un changement profond du système. Pourquoi  dit-on qu’il peine à convaincre ?

Ne tombons pas dans l’angélisme, nous restons convaincus de notre projet, de notre méthode, de notre politique, mais nous n’avons pas la naïveté de croire que tout ira d’une écriture automatique lors de cette conférence. Nous savons que la politique c’est des idées, des convictions mais aussi des intérêts et des ambitions. Le choc de ces intérêts et de ces ambitions explique en partie les choses.
Autre élément : il faut être conscient des réalités  politiques, économiques, sociales et culturelles actuelles. Il y a encore des partisans du statu quo. Force est de constater que le régime ou le système, au-delà des hommes, est quand même toujours là. Jusqu’à l’heure actuelle, malheureusement je dirais, que ce soient des événements nationaux ou des pressions internationales, rien n’a pu l’ébranler de façon durable et l’amener à composer.

Ceci étant, chaque jour est une nouvelle réalité politique. Et quand je dis cela, c’est interroger à la fois le contexte politique national mais aussi le contexte régional et international. Il y a des évènements qui se produisent et s’inscrivent dans la durée, qui nécessiteront à terme des décisions difficiles et exigeront des sacrifices. C’est à la fois la démocratie, la cohésion nationale, la stabilité nationale et la sécurité nationale qui mériteraient qu’on ne s’arrête pas au choc des intérêts et des ambitions.

Pensez-vous que le pouvoir en soit conscient ?

Je vous dirais que je suis assez ambivalent. On pourrait légitimement s’interroger et se dire comment un pouvoir qui prône une approche consensuelle pour nos voisins, que ce soit le Mali, la Libye ou la Tunisie, refuserait-il de s’inscrire avec toutes les forces politiques et sociales du pays dans une perspective de consensus national.

D’un autre côté, et là je voudrais une fois de plus entrer dans la notion de temps, il existe peut-être des difficultés à harmoniser les objectifs de court et de long termes, mais j’insiste en disant que le temps passe et que chaque jour qui passe nous rapproche de la crise. Je crois qu’on n’a pas assez évalué — nous en tant que politiques et même tout ce qui est élite — le revers de la médaille. Si demain, cette offre politique de consensus national venait à échouer, où irait l’Algérie ? Je crois que cela mériterait de s’y attarder.

Lors d’une conférence de presse, vous aviez parlé d’«adversaires du consensus». Qui sont-ils et en quoi le consensus dérange-t-il leurs intérêts ?

J’avais ajouté que c’est dans l’action qu’ils se dévoileraient. Je crois que travailler à la fois dans la société et dans les sphères politiques et civiles en faveur du consensus se traduit par des actes, des initiatives et des risques aussi. Les événements, les attitudes et les décisions ne manquent pas. Je vous cite par exemple le cas d’In Salah. On a bien vu qu’il y avait diversité des positions, des attitudes et des actions.
C’est là qu’on peut évaluer jusqu’à quel point l’engagement est sincère, jusqu’à quel point on se donne les moyens de mettre en œuvre ses engagements.

Nous sommes toujours dans notre travail de facilitateurs et je suis gêné de tomber dans des polémiques… Je rappelle tout de même qu’exhumer, en ce moment, des conflits anciens en matière d’histoire, instrumentaliser la religion, jouer à faire peur à la population ne reflète pas un engagement pour le consensus national. Il est important de faire évoluer les choses parce que le statu quo peut s’avérer mortel.
Réaffirmer l’envie de vivre ensemble, de se rassembler autour de valeurs patriotiques et de justice, je crois qu’il n’est jamais inutile de le faire.

C’est l’esprit de l’initiative du FFS ?

C’est ce à quoi nous appelons. Quelque part, on a prétendu que notre démarche n’est qu’un pur deal affiché ou masqué avec le pouvoir. On voit bien que les choses ne sont pas aussi simples. Je préfère ne pas m’attarder là dessus et dire que nous ne sommes ni désespérés, ni démoralisés, ni dans une situation d’isolement tel qu’on le dit. C’est tout à fait inexact, notamment au regard de ce que nous avons pu compter comme compréhension et sympathie à travers  notre mobilisation sur le terrain et même au niveau des forces politiques et sociales. J’ajouterais que pour l’instant, il n’y a pas eu de rupture, contrairement à l’idée répandue. Il y a encore des discussions et une rupture franche n’est qu’une vue de l’esprit. Aucune des forces politiques que nous avons vues récemment n’a parlé de rupture.

Qu’en est-il du FLN ?

C’est illustrer toute la complexité du dialogue entre partis. La première réunion avait, au moins au plan du principe, confirmé la participation du FLN, nous restons sur ce constat, d’ailleurs nous continuons à être en contact avec le FLN qui a délégué deux membres de sa direction pour continuer le dialogue avec le FFS. Et comme je l’ai dit au début, il faut quand même reconnaître que nous avons encore besoin de temps.

Le changement de position d’Amar Saadani a été concomitant à la décision du MSP d’entrer en dialogue avec le pouvoir. Pensez-vous qu’il existe un lien entre les deux positions ?

C’est difficile à affirmer, parce qu’il a aussi repris la parole pour dire que les positions étaient trop éloignées pour donner matière à rapprochement ou à discussion.De mon point de vue, il ne faut pas se renier, garder le contact avec ses propres militants et, en même temps, ne pas tomber dans les surenchères, fussent-elles démocratiques.Pour nous, cette première conférence a à la fois une fonction symbolique et une fonction politique.

La fonction symbolique se traduit par un message en direction de l’opinion nationale et internationale sur le désir de rassemblement patriotique du peuple algérien et sur le désir de réhabiliter le politique, de fonder de nouvelles relations entre partis politiques et d’instaurer aussi la confiance entre les différents partenaires.

La fonction politique était de dire que voilà, nous sommes tous autour de la même table, opposition politique, partis du pouvoir, forces de la société civile, personnalités…, assumons-nous et prenons nos responsabilités.
Nous avons essayé de profiler la conférence en la segmentant. Le premier but est d’arriver à tenir la conférence de consensus, les objectifs viendront après cette première rencontre. C’est là que les discussions s’engageront, que les négociations entre partis se feront et, à partir de là, chacun aura son rôle.

Certains reprochent au FFS de venir avec une feuille blanche…

Les objectifs généraux du dernier congrès du FFS sont connus, c’est la démocratie, c’est l’Etat de droit, c’est la diversification économique et le développement durable, c’est aussi l’équité sociale avec toutes ses déclinaisons. Le FFS a une feuille de route en tant que parti, mais dans cette initiative, nous sommes d’abord un facilitateur. C’est atypique comme organisation, la façon dont nous avons conçu la CNC.

Jusqu’au dernier moment, nous nous situons dans la retenue. Notre but n’est pas que le parti signe des accords bilatéraux, ça viendra peut-être après. Notre objectif est de mettre tous les acteurs autour d’une table et qu’il y ait des discussions sur tout. Personnellement, ma préférence serait qu’il y ait des communications libres, mais ça reste toujours à l’état de proposition.

C’est peut-être cela qu’il y a d’inhabituel ; on propose une date d’aucuns disent c’est la date de la conférence, on propose une définition collective, des points à l’ordre du jour et même du programme sur place, les gens butent. Donc je crois que la seule critique que j’admets est qu’on n’a pas assez discuté.

Donc le FFS prendra le temps qu’il faudra pour réunir tout le monde sans exclusive…

Bien sûr et c’est aussi valable pour toutes les forces, partis ou associations qui seraient à l’heure actuelle engagées dans d’autres initiatives, à charge d’évaluer ensemble ce qui pourrait faire consensus et espaces de consensus. Un seul préalable — même si je n’aime pas le mot préalable quand on parle de consensus — c’est de souscrire à l’Etat de droit et à un engagement moral pour éviter que la conférence ne dégénère en polémique.

Nous sommes décidés à poursuivre notre démarche, nous restons en contact avec toutes les forces politiques que nous avons contactées jusque-là. Nous essayerons éventuellement, dans les plus brefs délais, de constituer une espèce de groupe de contact, parce que nous voudrions que les propositions deviennent incontestables.

Si on regarde les expériences de transition démocratique dans des pays comme l’Amérique latine ou l’Espagne,  le rôle de l’armée a été  important. Pensez-vous que, dans le cas de l’Algérie, il soit important d’associer l’armée à l’œuvre de consensus ?

Au-delà de la forme ou de la nature que prendra cette préparation, ce qui est important de préciser — et c’est un espoir chez moi — c’est que dans leur évaluation, tous ceux qui s’intéressent de près ou de loin à cette institution se sont rendu compte que l’intervention de l’armée dans le domaine politique et même sur le terrain éventuellement n’est pas une garantie de stabilité durable. C’est un point particulièrement important.

Vous parliez de l’Amérique latine, on pourrait regarder peut-être un peu plus près de chez nous. Même si les conditions sont différentes, en Tunisie, l’armée n’a pas eu de rôle ; à l’inverse, en Egypte, l’armée est intervenue avec certaines conséquences. Et on voit où a abouti la dislocation d’une armée nationale en Libye.

Donc il s’agit d’intégrer toutes ces expériences et d’en tirer les conséquences. Je ne pense pas qu’il soit utile d’avoir une position immédiate sur cette question. Il est important de rester attentif à la situation d’ensemble qui influera et influencera l’attitude et l’action des différents acteurs. Non seulement sur la conférence nationale du consensus mais sur bien d’autres espaces, qu’ils soient de types institutionnel ou sociétal.

Vous comptez sur les forces du changement dans les institutions ? Elles existent ?

Nous avons toujours pensé que les forces du changement existent dans les institutions. La société algérienne, de façon générale, est un mélange d’homogénéité et d’hétérogénéité ; c’est un peu paradoxal, mais c’est ainsi que je le perçois.C’est une société complexe, qui a subi des différenciations parfois mal perçues ou perçues de façon graduelle. Donc  il n’y a pas de raison de rendre les choses plus complexes ni de désespérer de l’attitude des uns ou des autres.

L’espoir est-il permis que la volonté de changement l’emporte sur le statu quo ?

J’en suis profondément convaincu. Le consensus se fera sur cette nécessité de changement. Et j’espère que ce changement se fera sur le mode pacifique, sur le mode démocratique, même si je suis conscient que le changement  pacifique a ses limites aussi et on le voit, mais il vaut mieux qu’un changement violent, avec ses risques et ses dérives.

Nadjia Bouaricha

In elwatan.dz


Le nouveau consensus et la nouvelle société civile

Nous traversons une période de transition. Une période de transition démographique, sociale, économique et politique à l’issue incertaine. Certaines parties, pour des raisons différentes, refusent de la considérer comme telle. Les unes souhaitent tout simplement en masquer les opérations, les autres veulent les ouvrir à la société selon une mesure variable. La thèse que je soutiendrai ici est la suivante : on ne peut à mon sens dissocier la formation d’un consensus de l’émergence d’une élite. Aussi sera-t-il question dans cette transition de la capacité de la société à faire émerger les nouvelles élites qui pourraient diriger le pays et construire le consensus sur la base duquel elles pourraient gouverner. L’ancien consensus qui liait la « famille révolutionnaire » et la société, commence à se déliter en perdant sa base sociale et démographique en même temps que sa légitimité. Le nouveau consensus doit concerner la société civile et la société dans la mesure où il doit aboutir à la construction d’une activité sociale cohérente et équilibrée (1). L’on discutera du caractère implicite ou explicite que peut prendre une telle transition, large ou restreint que peut revêtir un tel consensus.

D’un consensus restreint à son élargissement

Une telle transition sera donc le lieu de luttes de pouvoir autour de la définition du mode de production et de répartition des richesses : comment vont se mettre au travail les différentes catégories sociales, quels droits auront-elles sur le produit de leur travail et les biens communs, quel usage pourront-elles en faire ? C’est dans de tels processus d’appropriation et de production de ressources qu’émergeront les nouvelles forces de la production, les nouvelles élites. Dans une situation caractérisée par une crise de la médiation et de la représentation politique et citoyenne, les autorités pourront répéter qu’elles n’ont pas d’autre choix que d’obtempérer à une politique qui vise à introniser le moindre mal en dégageant les nouvelles élites de l’argent pour prendre le relais du financement public des activités sociales et économiques. La crise de la médiation et de la représentation ayant entamé la capacité de la société à se projeter dans un nouvel état et à s’identifier dans une élite qui pourrait l’y conduire, le nouveau consensus auquel elle peut parvenir ne peut concerner qu’une partie de la société dont la légitimité ne pourra être confortée que par l’efficacité de son action (2). Il faut donc être très modeste.

Un consensus finira par s’imposer à la société, car consensus il doit y avoir, afin que la domination puisse recueillir un minimum d’obéissance. Il pourra être au départ étroit plutôt que large, implicite plutôt qu’explicite, relativement confus plutôt que clair mais au fil de l’exercice du pouvoir, il ne pourra que persister, s’étoffer ou s’amenuiser. Le consensus devra donc être en mesure de se développer. La légitimité démocratique ne pouvant pallier à celle révolutionnaire, la défiance minant le rapport entre les élites et la société, l’autorité devra être confortée par l’exercice du pouvoir (3). De consensus étroit, construit par des intérêts monopolistes dominants, conscients d’eux-mêmes et de leur pouvoir, il devra s’élargir pour intégrer des intérêts toujours plus larges, jusqu’à ce que l’ensemble des intérêts privés aient le pouvoir de se représenter, de s’identifier et de se réaliser dans des intérêts collectifs et des contrats nationaux réguliers. Alors et alors seulement, la légitimité de principe démocratique pourra se substituer à celle de principe révolutionnaire parce que pouvant être suivie d’une légitimité d’exercice qui ne la contestera pas. D’où l’importance de la qualité d’un tel « consensus réduit » au départ : à l’image d’une graine qui renferme le développement d’un arbre et de ses fruits, il doit contenir la formule de son développement étendu.

Pour atteindre le consensus le plus large possible, il aura été remédié à la crise de la médiation et de la représentation sociale et politique. L’identification de la société à son élite aura été réalisée. Il n’y a pas d’autres moyens de sortir la société de sa division, de sa dispersion. Il n’y a pas d’autres moyens de faire contrepoids pour encadrer les intérêts constitués et leur compétition. Il n’y a pas d’autres moyens pour créer une solidarité active entre les différents intérêts et mobiliser de manière intense et rigoureuse les ressources du pays. Un consensus large ne peut être atteint, sans la prise de conscience qu’il est nécessaire et possible d’agréger les demandes, de mutualiser les ressources et les efforts. Mais le consensus le plus large possible ne se donne pas au départ. Ce que nous pouvons avoir au départ c’est un consensus réduit que l’on pourra dire de base qui aura une propension à s’élargir ou à s’effilocher ; c’est la confiance d’une élite en elle-même qui aura tendance ou pas à gagner l’ensemble de la société. La persistance d’un consensus étroit et flottant, qui maintient la société dans l’infra-politique expose celle-ci et le pouvoir politique à une constante instabilité.

Une société civile étagée

Remédier à une telle crise, « entrer dans l’ère politique » aujourd’hui précisément, avec la nouvelle crise mondiale, ne sera pas une chose aisée. En même temps que les marchés concurrentiels se globalisent, se réduit la part du travail dans la production des richesses. Trop de monde est aujourd’hui en dessous des machines, trop peu à côté ou au-dessus. La prise citoyenne sur le cours des choses ne peut être immédiate comme y aspire le plus grand nombre. Dans un contexte technologique de transfert massif du savoir des hommes vers les machines, dans une conjoncture où une énergie fossile bon marché permet l’élargissement de l’usage des machines et où un tel usage aggrave la crise climatique et globalise la menace sur l’espèce humaine, la prise citoyenne ne peut être que complexe et médiate. Aussi la tentation d’un consensus étroit est elle puissante : à quoi bon avoir des associés inutiles ? Car la distance qui sépare une élite en mesure de porter et de défendre les intérêts de la société dans le monde, et la société, a été considérablement réduit mais reste appréciable. Car pour produire une légitimité d’exercice (efficience politique), il ne suffit pas d’une légitimité de principe (révolution ou élections), autrement dit d’une identification de la société à une élite, il faut de plus une élite en mesure de tenir ses promesses et donc de justifier a posteriori sa légitimité. Elle doit conserver la confiance sociale et ne pas la perdre. Dans le cours mondial actuel des choses, dans le sillage du monde occidental, où une part grandissante de l’humanité est vouée à l’irresponsabilité, il n’est pas aisé de tracer le chemin d’une activité volontaire efficace et efficiente. Dans un texte précédent, nous avons distingué un cours local d’un cours mondial, en m’appuyant sur la tripartition de l’économie selon Fernand Braudel. L’un exposé et l’autre soustrait à la compétition internationale. Il nous faudra distinguer deux niveaux de compétition et de représentation et une circulation entre les deux. Sur les deux niveaux, on assistera à une gradation de la prise citoyenne sur le cours des choses qui évoluera d’une nature immédiate à une nature de plus en plus médiate. De directe et simple, elle deviendra de plus en plus indirecte, médiatisée et multiple. Il faudra distinguer des élites avec des objectifs locaux et nationaux d’autres avec des objectifs nationaux et internationaux. Pour que les prises citoyennes puissent être effectives elles doivent être distinctes bien qu’ouvertes les une sur les autres. La maîtrise citoyenne sera sur l’ensemble du corps social ou ne sera pas. Pour être citoyenne, la mise à plat est nécessaire, la maîtrise doit être vérifiable et contestable.

Le militaire exposé, le social impliqué.

Ceci étant dit, quelle place pour le militaire dans un tel consensus ? Cette transition politique a-t-elle des chances de voir les militaires « refoulés » dans leurs casernes à la manière des pays démocratiques comme le réclament bien des opposants ? Autrement dit, au sein de la nouvelle élite quelle place pour celle militaire ? Quel rapport entre les sociétés civile et militaire ? Notre réponse défendue à maintes reprises est la suivante : tant que la base économique aujourd’hui en crise fera défaut, le politique ne pourra pas se séparer du militaire. Et le militaire déteindra sur le politique parce que la sécurité des biens et des personnes primera sur le bien-être matériel. La prise citoyenne sur le cours des choses dépendra donc de son rapport au militaire, à sa sécurité physique, elle sera d’abord une prise militaire ou ne sera pas(4). Dans le contexte africain de relative confusion du social et de l’économique, il faut donc interpréter le primat du politique sur le militaire comme une forte implication de la société dans la gestion de sa sécurité et non pas comme une dissociation du politique (de l’économique et donc) du militaire, à l’image du modèle européen. On ne peut commander à l’armée de l’extérieur quand on ne tient pas les cordons de sa bourse. Il faut faire du gouvernement par le peuple et pour le peuple (du politique) avec un social, un économique et un militaire construits de nouvelle manière, relativement aux sociétés européennes. Les sciences sociales européennes pourraient parler de ré-encastrement de l’économique et du sécuritaire dans le social. Comme je l’ai déjà soutenu ailleurs, la « démocratie » comme système ne peut donc émerger que d’une profonde réforme du secteur de la sécurité (justice, police et défense) qui implique la société et ne l’exclut pas. Quant à la nouvelle société civile, comme médiation de la prise citoyenne sur le monde, elle ne peut émerger que d’une différenciation cohérente et efficiente de la société dans le monde. Nous serions comme en présence de deux mouvements et de leur mise en cohérence : l’un procédant du monde vers la société, l’autre de la société vers le monde. L’un d’incorporation et d’échange des progrès du monde, l’autre d’innovation et de mise en cohérence sociales et territoriales.

Tant qu’il ne pourra y avoir une professionnalisation réelle du secteur de la sécurité (5), la sécurité ne pourra être l’affaire de corps particuliers autonomes et la sécurité, le marché et la société resteront sans autonomie réelle (6). La fonction militaire qui ne pourra pas dès lors s’effacer derrière la fonction économique (assurée par une minorité) et celle politique (assurée au nom de la majorité), apparaîtra à la pointe du travail social (7). Sa prééminence restera bien apparente et sa légitimité qu’elle ne pourra tenir de la seule extériorité professionnelle tiendra de sa capacité à déplier les autres fonctions. C’est pour cette raison que le consensus de base devrait définir précisément la grammaire d’une telle fonction de sorte qu’émerge une élite sociale en mesure de gouverner sur la base d’un large consensus.

Notes :

[1] Le discours politique avait coutume de parler de contrat social plutôt que de consensus. Ce n’est pas le lieu de s’étendre ici sur le sujet. On peut aussi apparenter la notion de consensus à celle d’hégémonie culturelle d’Antonio Gramsci. Tous deux requiert le consentement de la société à une certaine domination.

[2] La légitimité de principe est démocratique ou révolutionnaire ; elle est acquise au cours d’une guerre de libération ou d’un processus électoral. La légitimité d’exercice l’est par l’efficacité et l’efficience du politique, qui accroit la confiance sociale ou la défait. Sur ces deux notions de légitimités cf. Juan Linz dans Breakdown of Democratic Regimes ; sur le net voir Guy Hermet « Autoritarisme, démocratie et neutralité axiologique chez Juan Linz », Revue internationale de politique comparée 1/2006 (Vol. 13), p. 83-94.)

[3] C’est dans cette problématique de conservation de la légitimité (issue du principe révolutionnaire) par celle d’exercice que se comprend le point de vue qui nie la nécessité d’une période de transition. Car à la différence de la légitimité révolutionnaire, celle démocratique trop creuse à leurs yeux ne pourra compter ni sur une expérience de pouvoir, ni sur une réelle adhésion de la société.

[4] Une telle évidence devrait aujourd’hui s’imposer. La construction de la société est tributaire de sa prise sur le territoire et ses richesses et l’état de droit de son consentement à une monopolisation de la violence. Il faut que le militaire redevienne dans la société «comme un poisson dans l’eau » et non comme un appareil de capture parmi d’autres. C’est là une condition de l’efficience du politique et de l’émergence d’une société civile.

[5] C’est-à-dire un développement de l’économie de marché en mesure d’entretenir durablement l’efficience d’un tel secteur. En d’autres termes ce que nous avions désigné au plan de la structure sociale comme une séparation de l’économique et du politique (ou autonomisation de l’économique par rapport au politique), puis du politique et du militaire.

[6] La place de l’implication du travail civil dans le travail militaire ou policier est un bon indicateur de cette confusion entre le civil et le militaire.

[7] La prééminence du militaire est prépondérante dans la compétition internationale. Elle est simplement dissimulée ou exposée. Dans les sociétés industrielles, elle passe en arrière plan derrière les nouvelles institutions civiles. On a tort de ne pas voir que la compétition économique à son niveau monopolistique est militaire. Ce n’est pas simplement la géographie qui sert la guerre (Y. Lacoste), c’est la science tout entière. C’est à elle que sont réservées les innovations de pointe avant de se trouver civilisées par la production concurrentielle. Et c’est le secteur militaire qui les finance. Le capitalisme est d’abord un capitalisme d’Etat, et le capitalisme d’Etat d’une puissance industrielle et militaire, son complexe militaro-industriel. Ensuite, un Etat-nation est d’abord un état militaire (c’est pourquoi on parle de nation-Etat avec Juan LINZ pour séparer l’Etat de son bras armé). La monopolisation de la violence par le secteur de la sécurité dans un champ est la condition d’existence de l’état de droit dans ce champ.

Arezki DERGUINI
Bgayet le 02.02.2015


ait ahmed

Le système tribal fondé sur une parenté ethnique réelle ou mythique existe toujours dans les zones rurales des pays en voie de développement.

L’effondrement, aux alentours du 15ème siècle, des trois principales dynasties maghrébines a abouti à un démembrement en de multiples royaumes. L’unification administrative réalisée sous leur bannière s’est brisée pour laisser place à l'(ré)émergence des tribus. Celles-ci, libérées de toute arbitrage imposé par une  » autorité centrale  » tombèrent dans des cycles de guerres inter-tribales.

La Kabylie fait exception dans son organisation de type communautaire mais dont l’unité est le village. Le Professeur Duverger donne trois exemples de cité – républiques : l’Agora hellénique, les Landsgemeinde ( demi-cantons helvétiques ) et la Djamaa kabyle. Le vote des lois en présence de l’ensemble des villageois, les traditions de débats publiques lié au principe de rès publica. Le conseil du village kabyle est désigné par consensus, pour une courte période ( au moins une année ) il est assisté de représentants des différentes parties du village au sein de Tajmaât, l’instance collégiale du village ( dont certains sont plus collégiaux que les autres pour des raisons sociales ou économiques, presque partout et toujours ). Le pus souvent les villages se fédèrent à d’autres villages, pour constituer des douars.

Sans vouloir idéaliser l’Agora, les landsgemeinde et les djamâa Kabyles comme des modèles de démocratie, puisque les femmes et les étrangers, notamment, étaient exclus du débat et des droits attachés à la citoyenneté antique. Ces franchises seront, du reste, finalement acquises partiellement par les femmes. Toutefois, la cité Kabyle engage son honneur à protéger la vie et les biens des étrangers ou exilés qui se mettent sous la protection de Tadjmaât.

Pendant des siècles l’Empire romain s’était vu obligé de traiter avec le « Conseil de la Confédération Quinquegentienne  » englobant les 5 plus grandes vallées des 2 versants du Djurdjura. Des siècles plus tard, pour sauvegarder leurs institutions ancestrales contre les velléités centralisatrices des dynasties maghrébines, les kabyles ont pris l’initiative d’arabiser les noms de leurs instances villageoises. C’est ainsi que le Gouram ( le sage ) chef du village s’appelle l’Amin, l’un des surnoms du prophètes qui signifie intègre et digne de confiance. De même que le conseil du village a pris le nom de Tadjmaât ( la djemâa en arabe ), qui veut dire communauté. Même les autres membres de Tadjmâat, prennent l’appellation arabe de Tamen ( plur. Touman ), celui ou ceux qui se portent garant de la gestion de l’Amine.

Les villages et douars ont également fait échec aux tentatives du pouvoir ottoman d’Alger qui, dès le 16e siècle sur les ruines des dynasties maghrébines, s’étaient acharnés à briser ce cadre d’organisation en tentant de ressusciter le système et les conflits tribaux.

En Algérie le phénomène tribal avait été maintenu par la colonisation. Il avait d’abord été géré par  » les Bureaux Arabes  » mis en place pendant la longue conquête militaire pour mieux contrôler les régions amazighophones plus difficiles à soumettre.  » Les Affaires indigènes » désignent à leurs têtes des caids, des aghas et Bachaghas, dénominations et fonctions calquées sur le modèle  » ottoman « . Elles ont pris en compte la spécificité de la Kabylie en nommant des caids à la tête des villages regroupés en douars.

Les prédispositions du village kabyle à devenir des municipalités avaient probablement incité le ministre de l’intérieur socialiste Depreux en visite en Kabylie, en automne 1945, après les grandes répressions de Mai 1945 à ériger, à titre d’expérience, le statut de quelques villages ou douars de Kabylie en communes de  » pleine exercice ». Par opposition aux communes indigènes appelées pudiquement  » mixtes « , dirigées par des potentats – administrateurs. A noter que les Djemâas kabyles ont presque toujours réussi à doubler les institutions administratives coloniales. C’est elles qui désignent des comités Ad Hoc appelés aussi Djamâa, pour régler des litiges intérieurs, réconcilier des villages d’un même douar. Elles parvenaient même à court-circuiter les méandres de la justice coloniale, en réglant de graves crises entre douars de différentes vallées dont les enjeux pouvaient porter sur des questions de souveraineté territoriale ou des dettes d’honneur par exemple.

Les Assemblées communales instituées après l’indépendance avaient une existence fictive et inopérante dans l’ensemble du pays. Leur fonctionnement était faussé par les truquages électoraux, par la primauté du parti unique, l’intrusion généralisée de réseaux mafieux, et la tutelle draconienne et corruptrice des préfets. Le vide politique consécutif à l’extinction des libertés d’expression et d’organisation autonomes, a certes rabattu l’opinion vers les mosquées, mais c’est le système ârouch qui, dans les Constantinois récupérera la scène politicarde, surtout électorale au bénéfice des officiers et autres dignitaires de la Nomenclatura. En Oranie et dans le Sud algérien cette prééminence allait plutôt aux confréries religieuses, en bulletins de vote ou en défilés carnavalesques de soutien aux potentats du coin.

En Kabylie, ni les ârouch ni les confréries religieuses, n’avaient fait leur apparition pendant les élections municipales de 1997. Jamais élections algériennes, même à l’époque coloniale, n’avaient été si ouvertement et brutalement falsifiées, par des commandos fascistes de l’armée, de la police et des milices. Les wilayas de Kabylie ont échappé aux coups de force hystériques grâce a leur contexte sociologico – stratégique. L’habitat n’est pas atomisé comme dans la plupart des campagnes algériennes. Villages et douars formés par des traditions publiques, disons pré-civiques, jaloux de leur souveraineté, et averties contre les techniques de la fraude ont su imposer leur contrôle.

Une grosse épreuve de falsification de la part du pouvoir aurait provoqué des torrents de révolte que le FFS aurait eu du mal à calmer.

Bien sûr, la fraude n’a pas manqué au niveau des listes électorales revues et corrigées par les agents de la DRS nommés à la tête des mairies. Le FFS à remporté 75 pour cent de l’ensemble des APC et des APW ( Conseils de Wilayas ). A Tizi-Ouzou, sur les 67 APC, le FFS en a remporté 48 plus l’APW. A Bejaia, il dirige 36 APC sur 52 et il gère l’APW de Bejaïa. La gestion transparente de ces municipalités en présence des citoyens et citoyennes a permis un dialogue permanent avec eux. Ces derniers savent le refus des autorités de financer les projets économiques et culturels des APC / FFS. Quoiqu’il en soit, les délibérations des ces communes se font en présence de la population; la distribution des logements sociaux se fait sous leur contrôle, recourant notamment au tirage au sort, mais toujours au profit exclusif des familles en détresse. Cette expérience de gestion détonne, évidemment, avec les pratiques mafieuses qui, ailleurs, constituent la règle et provoquent chaque jour des émeutes. Dans d’autres régions du pays.

Le pouvoir local FFS gène, par son caractère exemplaire; cependant, il ne deviendra un  » casus Belli « , que lorsque le Livre Noir confectionné par nos différents élus locaux et wilayaux publia les noms d’officiers et autres comparses civils, qui avaient fait main basse sur les biens communaux tout en s’adonnant aux spéculations foncières. C’est alors que commença en Kabylie la gestation du futur phénomène ârouch : déjà, le serpent était dans l’œuf : les agents de la police politique, les mafieux nommément désignés par le Livre Noir, les chefs des milices, les officiers de gendarmerie privés de leurs bons d’essence gratuits et autres plus grosses faveurs offerts par les APC de papa, se mirent, alors à multiplier rencontres clandestines harcèlement des commerçants et provocations des citoyens.

Hocine Aït-Ahmed

26 mars 2002